{"id":260,"date":"2016-04-04T17:37:32","date_gmt":"2016-04-04T17:37:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/?p=260"},"modified":"2023-03-22T21:04:00","modified_gmt":"2023-03-22T21:04:00","slug":"ptite-souillure-comedie-sacree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/ptite-souillure-comedie-sacree\/","title":{"rendered":"P\u2019tite Souillure, com\u00e9die sacr\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong>Selim Lander<\/strong><a href=\"#end1\">*<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"262\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/ptite-souillure-comedie-sacree\/photo-s-lander-comp-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6.jpg\" data-orig-size=\"336,423\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Photo-S-Lander-comp-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6.jpg\" class=\"alignnone size-medium wp-image-262\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6-238x300.jpg\" alt=\"Photo-S-Lander-comp-8x6\" width=\"238\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6-238x300.jpg 238w, https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6.jpg 336w\" sizes=\"auto, (max-width: 238px) 100vw, 238px\" \/><\/p>\n<p><i>P\u2019tite Souillure<\/i> de Koffi Kwahul\u00e9, mise en sc\u00e8ne par Damien Dutrait et Nelson-Raffael Madel. Th\u00e9\u00e2tre des Deux Saisons \u00e0 Fort-de-France (Martinique) en mars 2013.<\/p>\n<p>Summary<\/p>\n<p>As opposed to so many texts which are performed nowadays, Koffi Kwahul\u00e9\u2019s<i> P\u2019tite Souillure<\/i>, presented at the Th\u00e9\u00e2tre Aim\u00e9 C\u00e9saire in Fort de France, could be<i> <\/i>called<i> <\/i>a real play with a complex structure and the unexpected developments of vaudeville. Inspired by references to the ancient rites of Koffi Kwahul\u00e9\u2019s native Ivory Coast, <i>P\u2019tite Souillure <\/i>is nevertheless entirely modern, with the characters presenting many facets, and the truth always remaining ambiguous. If a \u201cmask\u201d, or rather the man bearing it, has been murdered before the action begins, everybody in the play, actually, has something to hide\u2026 Let us then immerse ourselves in this stage narrative \u2013 somewhere between an imaginary tale and a bourgeois drama \u2013 to see what Nelson-Raffael Madel, an actor of Martinican origin, and his colleagues from the Th\u00e9\u00e2tre des deux saisons, have made of this strange story.<\/p>\n<p>Deux jeunes metteurs en sc\u00e8ne, le Martiniquais Nelson-Raffael Madel et Damien Dutrait, se sont associ\u00e9s pour monter <i>P\u2019tite Souillure<\/i> \u00e0 Fort-de-France (Martinique), avant de montrer leur production en juillet 2013 au festival d\u2019Avignon.<\/p>\n<p>Koffi Kwahul\u00e9, originaire de C\u00f4te-d\u2019Ivoire, est un \u00e9crivain de th\u00e9\u00e2tre reconnu, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une \u0153uvre consid\u00e9rable (vingt-trois pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, des romans, des nouvelles, un essai sur Jarry). Son th\u00e9\u00e2tre est savant ; il affectionne les constructions complexes, les personnages ambigus, le tout traduit dans une langue au registre vari\u00e9, depuis la po\u00e9sie la plus pure jusqu\u2019aux grossi\u00e8ret\u00e9s les plus crues. <i>P\u2019tite souillure<\/i> illustre les multiples talents de ce dramaturge.<a href=\"#end2\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>La construction est circulaire. Au d\u00e9part, un intrus, nomm\u00e9 Ik\u00e9dia, d\u00e9barque dans une famille bourgeoise (papa m\u00e9decin, maman au foyer, la jeune fille r\u00e9volt\u00e9e) et annonce qu\u2019il va incendier la maison. \u00c0 la fin il y mettra effectivement le feu. Entre-temps, nous aurons appris pourquoi il avait une bonne raison de le faire. La premi\u00e8re \u00e9nigme de la pi\u00e8ce est donc en r\u00e9alit\u00e9 double ? Pourquoi pr\u00e9tend-il incendier la maison et le fera-t-il vraiment ? Nous aurons d\u2019abord la r\u00e9ponse \u00e0 la premi\u00e8re question : son p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par une femme de la maison. Ce qui engendre imm\u00e9diatement une nouvelle \u00e9nigme : laquelle de la m\u00e8re ou de la fille est responsable ? Mais Koffi Kwahul\u00e9 est un auteur contemporain : ni les questions ni les r\u00e9ponses ne sont formul\u00e9es directement. Voici par exemple comment il fait savoir que quelqu\u2019un a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 et qu\u2019il s\u2019agit du p\u00e8re d\u2019Ik\u00e9dia. Ce dernier, sur la sc\u00e8ne, fait mine d\u2019abattre le p\u00e8re (de la famille) avec un fusil. Le dialogue sous-entend qu\u2019ils se sont parl\u00e9 tous les deux \u00e0 propos d\u2019un meurtre et qu\u2019Ik\u00e9dia sait d\u00e9j\u00e0 de quoi il retourne. Mais le spectateur est dans l\u2019ignorance de ce qu\u2019ils ont pu se dire avant ; il voit simplement le jeu de sc\u00e8ne accompagn\u00e9 du dialogue suivant :<\/p>\n<p>IK\u00c9DIA : C\u2019\u00e9tait ainsi ?<br \/>\nLE P\u00c8RE : Non, <i>elle (?)<\/i> tenait d\u2019abord le fusil ainsi, entre les jambes.<\/p>\n<p>Le dialogue se poursuit pendant un moment sur d\u2019autres sujets \u2013 la m\u00e8re est malade, la fille est fragile \u2013, avant qu\u2019il soit temps de nous apprendre que c\u2019est le p\u00e8re d\u2019Ik\u00e9dia qui a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9. L\u2019auteur s\u2019y prend ainsi :<\/p>\n<p>LE P\u00c8RE : C\u2019\u00e9tait votre p\u00e8re ?<br \/>\nIK\u00c9DIA : Appelez-moi Ik\u00e9dia.<br \/>\nLE P\u00c8RE : C\u2019\u00e9tait votre p\u00e8re ?<br \/>\nIK\u00c9DIA : Je vous ai dit de m\u2019appeler Ik\u00e9dia.<br \/>\nLE P\u00c8RE : C\u2019\u00e9tait votre p\u00e8re.<\/p>\n<p>Ik\u00e9dia n\u2019a pas besoin de r\u00e9pondre \u00e0 la question qui lui est pos\u00e9e pour que nous comprenions que le p\u00e8re a bien devin\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019autres \u00e9nigmes ne seront pas \u00e9lucid\u00e9es. Ainsi, la fille, appel\u00e9e \u00ab P\u2019tite Souillure \u00bb, porte-t-elle ce nom en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019inceste qu\u2019elle commettrait avec son p\u00e8re ? La m\u00e8re le laisse entendre \u00e0 plusieurs reprises mais la fille le nie avec une v\u00e9h\u00e9mence plut\u00f4t convaincante. Autre exemple : Qui est vraiment Ik\u00e9dia, un homme r\u00e9el, ou le spectre qui hante la conscience des membres de la famille ? Il dispose en effet de pouvoirs quasi-magiques. Comment a-t-il trouv\u00e9 la maison o\u00f9 se trouve la meurtri\u00e8re ? Il cherchait une voiture rouge et la m\u00e8re en poss\u00e8de une : est-ce un indice suffisant ? <i>A priori<\/i> non, mais Ik\u00e9dia semble dou\u00e9 du don d\u2019omniscience, l\u2019une de ses formules favorites \u00e9tant \u00ab Je le sais, c\u2019est tout \u00bb, lorsque ses interlocuteurs s\u2019\u00e9tonnent qu\u2019il soit au courant de telle ou telle chose qu\u2019il n\u2019est pas cens\u00e9 savoir.<\/p>\n<p>Le personnage d\u2019Ik\u00e9dia se rattache du plus pr\u00e8s \u00e0 la mythologie africaine qui nourrit une part de l\u2019inspiration de l\u2019auteur. Il est fils d\u2019un \u00ab masque \u00bb qui dansait devant le m\u00e9tro en chantant une m\u00e9lop\u00e9e \u00e9sot\u00e9rique, avant d\u2019\u00eatre abattu, donc, d\u2019un coup de fusil. On peut alors admettre qu\u2019Ik\u00e9dia ait h\u00e9rit\u00e9 des pouvoirs de son p\u00e8re. Mais la pr\u00e9sence de l\u2019Afrique, \u00e0 travers ce \u00ab masque \u00bb, oblige \u00e0 porter sur la pi\u00e8ce un \u00e9clairage particulier : il devient difficile d\u2019accorder cr\u00e9dit \u00e0 la m\u00e8re lorsqu\u2019elle pr\u00e9tend avoir tir\u00e9 au hasard, sans h\u00e9siter d\u2019ailleurs \u00e0 se contredire : \u00ab Peut-\u00eatre parce qu\u2019il d\u00e9pareillait dans la ville\u2026 J\u2019ai horreur de ce qui d\u00e9pareille\u2026 \u00bb Cette interpr\u00e9tation devient \u00e9vidente par la distribution dans la version du Th\u00e9\u00e2tre des deux saisons : tandis que la famille est jou\u00e9e par des Blancs, c\u2019est Nelson-Raffael Madel, le Martiniquais de couleur, qui interpr\u00e8te Ik\u00e9dia.<\/p>\n<p>On ne peut pas parler de cette pi\u00e8ce sans s\u2019attarder un instant sur les caract\u00e8res. Le p\u00e8re ne quitte que rarement son r\u00f4le de personnage falot, s\u2019il en est, conciliant, principalement charg\u00e9 de servir de faire-valoir. Ik\u00e9dia adopte au contraire le plus souvent l\u2019attitude du macho brutal et cynique, qui adore clouer le bec de ses interlocuteurs avec des formules d\u00e9finitives. Il abandonne pourtant son attitude myst\u00e9rieuse et hautaine lorsqu\u2019il \u00e9voque sa m\u00e8re, la femme du \u00ab masque \u00bb.<\/p>\n<p>Les deux femmes apparaissent d\u2019embl\u00e9e plus complexes. P\u2019tite Souillure n\u2019a pas un discours coh\u00e9rent : l\u2019intrus est-il vraiment cet Ik\u00e9dia qu\u2019elle aurait rencontr\u00e9 auparavant et qui peut-\u00eatre l\u2019aurait mise enceinte ? Ou a-t-elle profit\u00e9 de l\u2019intrusion d\u2019un inconnu pour faire semblant de retrouver en lui cet Ik\u00e9dia r\u00e9el ou imaginaire ? Il est bien difficile de r\u00e9pondre puisque, dans une m\u00eame tirade, elle peut aussi bien l\u2019appeler Ik\u00e9dia et lui dire pour finir qu\u2019il n\u2019est pas Ik\u00e9dia, sans que le personnage interpell\u00e9 ainsi prenne la peine de rectifier.<\/p>\n<p>La m\u00e8re est tant\u00f4t une bourgeoise autoritaire, mais qui reste soucieuse des convenances, tant\u00f4t d\u00e9vor\u00e9e de jalousie \u00e0 l\u2019encontre de P\u2019tite Souillure dans laquelle elle voit une rivale, tant\u00f4t enfin femelle en rut. Elle passe d\u2019un personnage \u00e0 l\u2019autre en changeant de jeu comme de discours. Elle n\u2019h\u00e9site ni devant le langage ordurier ni devant la langue la plus pr\u00e9cieuse. Face \u00e0 un Ik\u00e9dia dominateur, elle est le seule \u00e0 oser lui dire son fait : \u00ab petit merdeux \u00bb, \u00ab sale petit trou du cul \u00bb, \u00ab encul\u00e9 \u00bb, \u00ab petit con \u00bb, \u00ab petit branleur \u00bb. D\u00e9contenanc\u00e9 par cette avalanche d\u2019insultes, Ikedia osera un simple \u00ab je vais te buter, vieille enflure \u00bb, avant de poursuivre l\u2019offensante hors du plateau\u2026 o\u00f9 les deux antagonistes succomberont \u00e0 une attirance que rien \u2013 ou presque \u2013 ne pouvait laisser pr\u00e9voir. Apr\u00e8s quoi la m\u00e8re se montrera tr\u00e8s complaisante \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Ik\u00e9dia, ne l\u2019appelant plus que \u00ab mon petit sucre \u00bb. Et ceci n\u2019est qu\u2019un exemple de changement atmosph\u00e9rique dans une pi\u00e8ce o\u00f9 les phases de haute et de basse pression se succ\u00e8dent constamment.<\/p>\n<p>Koffi Kwahul\u00e9 exploite toutes les ressources de la langue. Cela est en particulier vrai pour la m\u00e8re. Mais les autres personnages s\u2019expriment eux-m\u00eames diff\u00e9remment, au gr\u00e9 des circonstances. Ik\u00e9dia, on l\u2019a dit, n\u2019est plus le m\u00eame quand il \u00e9voque sa m\u00e8re. Le p\u00e8re lui-m\u00eame finit par changer lorsque, \u00e0 la fin, il se met \u00e0 raconter, sur le mode incantatoire, la prise d\u2019Ourgashi par le guerrier Hajik, au temps o\u00f9 \u00ab Babylone ensevelissait Nabuchodonosor \u00bb. P\u2019tite Souillure est celle qui change le moins de ton, sinon de discours, ne quittant gu\u00e8re le registre de l\u2019adolescente agressive et \u00e9nerv\u00e9e.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce comporte des morceaux \u00e0 plusieurs voix, comme au d\u00e9but dans les deux duos qui s\u2019expriment en alternance, l\u2019un constitu\u00e9 du p\u00e8re et Ik\u00e9dia, l\u2019autre de la m\u00e8re et de la fille. Tandis qu\u2019\u00e0 la fin la famille temporairement r\u00e9unie entonne une sorte d\u2019oratorio parl\u00e9, \u00e0 trois voix, centr\u00e9 autour de l\u2019histoire du guerrier Hajik qui a pris Ourgashi mais ne l\u2019a pas d\u00e9truite : allusion transparente \u00e0 Ik\u00e9dia qui menace toujours de br\u00fbler la maison\u2026, ce qu\u2019il finira d\u2019ailleurs par faire.<\/p>\n<p>Une trouvaille doit enfin \u00eatre signal\u00e9e. Le \u00ab masque \u00bb est \u00e9tranger. Quand il danse, il chante une sorte de m\u00e9lop\u00e9e qui doit \u00eatre \u00e9crite logiquement dans une autre langue que celle de la pi\u00e8ce. Koffi Kwahul\u00e9 a choisi le portugais, langue pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e du fran\u00e7ais mais qui n\u2019est pas pour autant compr\u00e9hensible par la plupart des spectateurs francophones. Comment, alors, faire en sorte que le spectateur comprenne malgr\u00e9 tout les paroles ? La solution imagin\u00e9e par l\u2019auteur consiste \u00e0 introduire une sc\u00e8ne entre Ik\u00e9dia et le p\u00e8re au cours de laquelle ce dernier mime la danse du \u00ab masque \u00bb en chantant la m\u00e9lop\u00e9e en fran\u00e7ais. Plus tard, dans la pi\u00e8ce, Ik\u00e9dia reprendra la m\u00eame m\u00e9lop\u00e9e mais cette fois en portugais, suppos\u00e9 \u00eatre la langue de son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Cela nous am\u00e8ne \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de Nelson-Raffael Madel et Damien Dutrait. Dans les didascalies, Koffi Kwahul\u00e9 pr\u00e9cise que le portugais n\u2019est utilis\u00e9 qu\u2019\u00e0 titre indicatif, qu\u2019il suffit que ce passage soit jou\u00e9 dans une \u00ab autre langue (ou patois) que celle de la pi\u00e8ce \u00bb. Dans la version pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Fort-de-France, Nelson-Raffael Madel \u2013 qui s\u2019est lui-m\u00eame charg\u00e9 du r\u00f4le d\u2019Ik\u00e9dia \u2013 utilise fort logiquement le cr\u00e9ole martiniquais et l\u2019effet s\u2019av\u00e8re saisissant pour des spectateurs qui ne s\u2019attendaient pas \u00e0 l\u2019irruption soudaine de leur langue maternelle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_261\" aria-describedby=\"caption-attachment-261\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"261\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/ptite-souillure-comedie-sacree\/ptite-souillure2-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Ptite-souillure2-8x6.jpg\" data-orig-size=\"800,532\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Ptite-souillure2-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Deux confrontations en parall\u00e8le : (de gauche \u00e0 droite) Emmanuelle Ramu et C\u00e9line Vacher, Paul Nguyen et Nelson-Raffael Madel.&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Ptite-souillure2-8x6.jpg\" class=\"wp-image-261\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Ptite-souillure2-8x6.jpg\" alt=\"Deux confrontations en parall\u00e8le : (de gauche \u00e0 droite) Emmanuelle Ramu et C\u00e9line Vacher, Paul Nguyen et Nelson-Raffael Madel.\" width=\"700\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Ptite-souillure2-8x6.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Ptite-souillure2-8x6-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Ptite-souillure2-8x6-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-261\" class=\"wp-caption-text\">Deux confrontations en parall\u00e8le : (de gauche \u00e0 droite) Emmanuelle Ramu et C\u00e9line Vacher, Paul Nguyen et Nelson-Raffael Madel.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le jeu des com\u00e9diens est excellent. Paul Nguyen interpr\u00e8te le p\u00e8re, C\u00e9line Vacher P\u2019tite Souillure. Une mention particuli\u00e8re pour Emmanuelle Ramu qui campe une m\u00e8re \u00e9poustouflante ; elle semble mener le jeu du d\u00e9but \u00e0 la fin alors m\u00eame qu\u2019elle n\u2019est pas pr\u00e9sente dans la plupart des moments cruciaux de l\u2019intrigue. On a d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 combien le choix d\u2019un Martiniquais pour interpr\u00e9ter Ik\u00e9dia paraissait opportun. Il se trouve par ailleurs que l\u2019\u00e2ge, la prestance, la voix de Nelson-Raffael Madel collent parfaitement avec son personnage initial de voyou arrogant. L\u2019accompagnement musical est confi\u00e9 \u00e0 un violoncelliste, Thomas Le Saulnier.<\/p>\n<p>Un mot, pour finir, de la sc\u00e9nographie. Puisqu\u2019il y a \u00e0 la fois une maison et un jardin, un rideau le plus souvent baiss\u00e9 dissimule le jardin. Constitu\u00e9 d\u2019\u00e9troites bandes de tissu dispos\u00e9es verticalement, il ne manque pas d\u2019\u00e9l\u00e9gance ; il peut \u00eatre ais\u00e9ment travers\u00e9, ou s\u2019\u00e9carter pour laisser appara\u00eetre, au besoin, la t\u00eate du \u00ab masque \u00bb ou le musicien. La maison, pour sa part, comporte un escalier, en fait un escabeau en bois, g\u00e9ant, mobile, sur lequel se juche de temps en temps P\u2019tite Souillure. L\u2019ameublement se r\u00e9duit \u00e0 un canap\u00e9 rouge (pr\u00e9vu par l\u2019auteur), lui aussi mobile, et \u00e0 un gu\u00e9ridon portant une carafe et quelques verres. Le jardin est symbolis\u00e9 par de grandes fleurs rouges artificielles, des anthuriums : dispositif simple, pourtant spectaculaire.<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Note de fin<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-size: 13px\">\n<a name=\"end2\"><\/a>[1] Le texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, avec celui d\u2019une autre pi\u00e8ce, Big Shoot, aux \u00c9ditions th\u00e9\u00e2trales (Montreuil) en 2010.<\/p>\n<hr>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"262\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/ptite-souillure-comedie-sacree\/photo-s-lander-comp-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6.jpg\" data-orig-size=\"336,423\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Photo-S-Lander-comp-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6.jpg\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-262\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6-150x150.jpg\" alt=\"Photo-S-Lander-comp-8x6\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><br \/>\n<a name=\"end1\"><\/a>*<b>Selim Lander<\/b> lives in Martinique (French West Indies). His theatre reviews appear in the following webjournals: mondesfrancophones.com and madinin-art.net.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2014 Selim Lander<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selim Lander* P\u2019tite Souillure de Koffi Kwahul\u00e9, mise en sc\u00e8ne par Damien Dutrait et Nelson-Raffael Madel. Th\u00e9\u00e2tre des Deux Saisons \u00e0 Fort-de-France (Martinique) en mars 2013. Summary As opposed to so many texts which are performed nowadays, Koffi Kwahul\u00e9\u2019s P\u2019tite<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":262,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-260","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews","","tg-column-two"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2016\/04\/Photo-S-Lander-comp-8x6.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7qGXm-4c","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/260","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=260"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/260\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":754,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/260\/revisions\/754"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/media\/262"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=260"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=260"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/9\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}