{"id":283,"date":"2016-03-17T18:11:52","date_gmt":"2016-03-17T18:11:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/?p=283"},"modified":"2022-05-22T10:55:19","modified_gmt":"2022-05-22T10:55:19","slug":"en-dehors-du-theatre-au-coeur-du-theatre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/en-dehors-du-theatre-au-coeur-du-theatre\/","title":{"rendered":"En dehors du th\u00e9\u00e2tre, au c\u0153ur du th\u00e9\u00e2tre"},"content":{"rendered":"<p><strong>Michel Va\u00efs<\/strong><a href=\"#end1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-284\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/vais.jpg\" alt=\"vais\" width=\"140\" height=\"188\" \/><\/p>\n<p>Au Qu\u00e9bec, des exp\u00e9riences th\u00e9\u00e2trales hors-les-murs se multiplient depuis quelques ann\u00e9es, et parmi celles-ci, il y a beaucoup de manifestations dites \u00ab ambulatoires \u00bb, o\u00f9 le public est amen\u00e9 \u00e0 se d\u00e9placer. Je vais \u00e9voquer quelques unes de ces aventures (je n\u2019ose pas parler de \u00ab spectacle \u00bb), en insistant sur une exp\u00e9rience r\u00e9cente, plut\u00f4t exceptionnelle, qui a eu lieu \u00e0 Montr\u00e9al le 3 novembre 2011, et qui s\u2019intitulait <em>Projet blanc<\/em>. Dans ce cas, un spectacle au 2<sup>e<\/sup> degr\u00e9 a eu lieu \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, pendant un autre spectacle qu\u2019il est venu parasiter.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on parle de th\u00e9\u00e2tre hors du th\u00e9\u00e2tre, on pense d\u2019embl\u00e9e \u00e0 des performances, qui se d\u00e9roulent souvent dans des mus\u00e9es ou dans des galeries d\u2019art, et qui tiennent des arts visuels ou interdisciplinaires, du multim\u00e9dia, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de l\u2019installation. Depuis quarante ans, un des premiers performeurs \u00e0 s\u2019adonner \u00e0 ce genre de d\u00e9marche fut le New-Yorkais Vitto Acconci. Dans <em>Following Piece<\/em>, en 1969, il prenait au hasard une personne dans la rue et la suivait jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle disparaisse chez elle, \u00e0 son bureau ou dans un autre espace priv\u00e9. En 1970, Acconci choisissait une personne dans un mus\u00e9e et envahissait son espace jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle parte ou qu\u2019elle le chasse ! L\u2019exp\u00e9rience s\u2019intitulait <em>Proximity Piece<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_286\" aria-describedby=\"caption-attachment-286\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-286\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1093652166.jpg\" alt=\"Michel Va\u00efs au congr\u00e8s de l'AICT \u00e0 Varsovie.\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1093652166.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1093652166-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1093652166-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-286\" class=\"wp-caption-text\">Michel Va\u00efs au congr\u00e8s de l&#8217;AICT \u00e0 Varsovie.<\/figcaption><\/figure>\n<p>On peut aussi mentionner Janet Cardiff, une artiste visuelle canadienne d\u2019Alberta, qui, en 1991, invitait les gens \u00e0 des \u00ab promenades audio \u00bb de vingt minutes environ (qu\u2019elle appelait des <em>Walks<\/em>) avec un audio-guide. Il en existe aujourd\u2019hui une vingtaine, qui sont command\u00e9es par des mus\u00e9es dans plusieurs pays du monde. En 1999, une autre Canadienne, l\u2019artiste Nadine Norman, a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Paris, au Centre culturel canadien, <em>Call Girls<\/em>. Les clients, qui avaient r\u00e9pondu \u00e0 une petite annonce, prenaient rendez-vous avec une h\u00f4tesse pour une s\u00e9ance priv\u00e9e d\u2019une demi-heure, \u00ab 100% dialogue \u00bb. Ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re aventure du genre \u00e0 Paris puisque d\u00e9j\u00e0, entre le 1<sup>er<\/sup> et le 9 avril 1979, la Fran\u00e7aise Sophie Calle contactait quarante-cinq personnes pour leur demander de venir dormir dans son lit. En \u00e9change de quoi, l\u2019artiste photographiait chaque personne toutes les heures, ce qui lui a permis de publier un livre et de faire une exposition sous le titre <em>les Dormeurs<\/em>. Trois ans plus tard, en 2002, Sophie Calle a re\u00e7u ses visiteurs, couch\u00e9e dans un lit install\u00e9 au premier \u00e9tage de la Tour Eiffel. Chacun devait lui raconter une histoire pendant cinq minutes pour ne pas qu\u2019elle s\u2019endorme. Cela s\u2019appelait <em>Chambre avec vue<\/em>.<\/p>\n<p>Malheureusement je n\u2019ai pas fait partie des dormeurs, ni des visiteurs, de Mme Calle. Cependant, en 1986, j\u2019\u00e9tais un des spectateurs d\u2019une com\u00e9dienne qu\u00e9b\u00e9coise, Anne-Marie Provencher. Celle-ci a cr\u00e9\u00e9 un spectacle pour spectateur unique, intitul\u00e9 <em>la Tour<\/em>. Cela se passait au Nouveau Th\u00e9\u00e2tre exp\u00e9rimental de Montr\u00e9al, dans le lieu qui se nomme l\u2019Espace Libre et qui est am\u00e9nag\u00e9 dans une ancienne caserne de pompiers. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019immeuble principal du th\u00e9\u00e2tre, il y a une tour dans laquelle les pompiers suspendaient leurs tuyaux d\u2019incendie l\u2019hiver pour les faire s\u00e9cher \u00e0 l\u2019abri du gel. Alors, chaque spectateur se rendait individuellement \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la tour et le spectacle d\u2019une heure, en t\u00eate \u00e0 t\u00eate, se d\u00e9roulait en montant jusqu\u2019en haut des escaliers. <em>La Tour<\/em> a donc \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e 79 fois, pour 79 spectateurs.<\/p>\n<p>On peut nommer d\u2019autres artistes qui offrent aussi des spectacles pour spectateur unique. En 2002, au Carrefour international de th\u00e9\u00e2tre de Qu\u00e9bec, le Franco-Argentin \u00c9z\u00e9chiel Garcia-Romeu pr\u00e9sentait <em>la M\u00e9ridienne<\/em>, spectacle de marionnettes miniatures pour spectateur unique. Cr\u00e9\u00e9 en 1995, ce spectacle de quinze minutes a \u00e9t\u00e9 vu par plus de 6 000 personnes.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante, le Fran\u00e7ais Boris Charmatz, a pr\u00e9sent\u00e9 <em>h\u00e9\u00e2tre-\u00e9l\u00e9vision (pseudo-spectacle)<\/em>, au Festival international de nouvelle danse de Montr\u00e9al. Il faisait coucher le spectateur sur un piano, d\u2019o\u00f9 il assistait seul \u00e0 un \u00e9trange spectacle de danse de 45 minutes, dans un \u00e9tat proche de l\u2019hypnose ou du demi-sommeil, au point o\u00f9 il se demandait s\u2019il \u00e9tait en train d\u2019halluciner. Charmatz dit vouloir que le spectateur retrouve le plein pouvoir d\u2019imaginer et d\u2019interpr\u00e9ter l\u2019\u0153uvre sans \u00eatre influenc\u00e9 par les autres spectateurs.<\/p>\n<p>Toujours en 2003, la compagnie mexicaine Baul Teatro pr\u00e9sentait <em>Caja Misteriosa<\/em> (\u00ab la bo\u00eete myst\u00e9rieuse \u00bb) au Festival Juste pour rire de Montr\u00e9al et au Festival de th\u00e9\u00e2tre de rue de Shawinigan, aussi au Qu\u00e9bec. C\u2019\u00e9tait une sorte de <em>peep show<\/em>, o\u00f9 l\u2019on invitait le spectateur \u00e0 se pencher sur la bo\u00eete pour un spectacle de marionnettes de trente secondes, avec des \u00e9couteurs sur les oreilles. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, au Br\u00e9sil, la compagnie Caixa de imagens (\u00ab la bo\u00eete \u00e0 images \u00bb) offrait des petits spectacles de trois \u00e0 cinq minutes, \u00e0 d\u00e9guster seul. Chaque fois, les artistes affirment que ce n\u2019est pas le nombre de spectateurs qui compte, mais la qualit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n<p><strong>Farine Orpheline<\/strong><\/p>\n<p>Les Qu\u00e9b\u00e9cois d\u00e9ploient beaucoup d\u2019imagination pour nommer leurs compagnies th\u00e9\u00e2trales. Celle dont je vais vous parler maintenant s\u2019appelle \u00ab Farine Orpheline \u00bb, car elle a cr\u00e9\u00e9 son premier spectacle dans une ancienne minoterie. Plus tard, le nom de la compagnie est devenu : \u00ab Farine Orpheline cherche ailleurs meilleur \u00bb. Ce groupe s\u2019est d\u2019abord donn\u00e9 pour objectif de jouer dans des espaces abandonn\u00e9s, comme une aile d\u2019un h\u00f4pital psychiatrique ou une ancienne usine. En 2001, pour <em>H.L.H.L. Sympt\u00f4mes et pr\u00e9l\u00e8vements<\/em>, chaque spectateur \u00e9tait isol\u00e9 avec un audio-guide, dans l\u2019h\u00f4pital psychiatrique Hippolyte Lafontaine, \u00e0 Montr\u00e9al. On a interpr\u00e9t\u00e9 cela comme une mani\u00e8re de contester les divertissements de masse en offrant plut\u00f4t une exp\u00e9rience plus profonde comme une forme de r\u00e9sistance. L\u2019ann\u00e9e suivante, des artistes ayant fait partie de Farine Orpheline sont all\u00e9s plus loin avec leur nouvelle compagnie, le Th\u00e9\u00e2tre du Grand Jour. Leur spectacle, <em>Mai 02, libert\u00e9 \u00e0 la carte<\/em>, a mobilis\u00e9 pendant trois jours une soixantaine d\u2019artistes. Individuellement, chaque spectateur \u00e9tait amen\u00e9 par un \u00ab guide \u00bb dans divers endroits de la ville, o\u00f9 il assistait ou participait \u00e0 de petites situations th\u00e9\u00e2trales. Par exemple, il pouvait coucher avec quelqu\u2019un dans un lit, ou mendier dans la rue, ou accorder une entrevue \u00e0 un poste de radio communautaire, ou encore lancer un nain dans l\u2019espace. Naturellement, c\u2019est le genre d\u2019exp\u00e9rience qu\u2019un spectateur se rappellera toute sa vie ! En tout cas, on est oblig\u00e9 de renoncer au confort et \u00e0 la passivit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre conventionnel devant de telles obligations. 150 personnes en tout ont particip\u00e9 \u00e0 cette manifestation.<\/p>\n<p>Les membres de Farine Orpheline sont all\u00e9s plus loin en 2003, avec <em>Co\u00efncidence d&#8217;un potentiel infini<\/em>. Cette fois, on faisait visiter un quartier avec un audio-guide, en incitant les promeneurs \u00e0 bien regarder les maisons et les boutiques qu\u2019ils longeaient. En m\u00eame temps, par l\u2019audio-guide, on pouvait entendre de pr\u00e9tendus t\u00e9moignages ou des confessions des gens qui vivaient derri\u00e8re les fa\u00e7ades des immeubles. Le promeneur avait donc vraiment le sentiment d\u2019\u00eatre indiscret, au point o\u00f9 il ne pouvait plus distinguer entre ce qui \u00e9tait r\u00e9el et ce qui \u00e9tait mis en sc\u00e8ne. Pendant la promenade, on regardait bizarrement des gens qui attendaient l\u2019autobus ; d\u2019autres personnes regardaient les promeneurs de leur fen\u00eatre, certains leur parlaient ; et naturellement, les organisateurs jouaient \u00e0 fond sur les co\u00efncidences, le hasard, l\u2019impr\u00e9vu. La rue enti\u00e8re devenait th\u00e9\u00e2tre et la fiction se cr\u00e9ait au m\u00eame rythme que le spectateur progressait. Chacun avait l\u2019impression de voir dans la rue les gens qui lui parlaient dans ses oreilles. Ce qui influen\u00e7ait aussi la r\u00e9ception, c\u2019\u00e9tait la volont\u00e9 d\u2019abandon de chaque spectateur, sa vigilance, son ouverture d\u2019esprit, sa disponibilit\u00e9 ; mais aussi sa tol\u00e9rance \u00e0 l\u2019impr\u00e9vu et son attention. Chaque parcours devenait donc unique. Chaque spectateur \u00e9tait aussi invit\u00e9 \u00e0 ramasser un objet qu\u2019il trouvait sur sa route, \u00e0 le mettre dans un sac et \u00e0 lui donner un nom avant de le rapporter \u00e0 la fin aux responsables du spectacle. C\u2019est en mai 2003 que <em>Co\u00efncidence d\u2019un potentiel infini<\/em> a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 au Festival TransAm\u00e9riques de Montr\u00e9al par \u00ab Farine Orpheline cherche avenir meilleur \u00bb.<\/p>\n<p><strong><em>Projet blanc<\/em><\/strong><strong> d\u2019Olivier Choini\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Et nous voici arriv\u00e9 le 3 novembre 2011. Le concepteur de <em>Projet blanc<\/em> est Olivier Choini\u00e8re, auteur et metteur en sc\u00e8ne radical qui a fait partie de Farine Orpheline et du Th\u00e9\u00e2tre du Grand Jour. Sa nouvelle compagnie a pris un nom plus modeste : elle s\u2019appelle L\u2019Activit\u00e9. Laur\u00e9at du prix de la critique du meilleur spectacle en 2010 (pour <em>Chante avec moi<\/em>, qui sera repris cette ann\u00e9e), Choini\u00e8re s\u2019interroge constamment sur la place du spectateur dans la repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale. Cette fois, le \u00ab spectacle \u00bb, si l\u2019on peut utiliser cette expression, n\u2019a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 qu\u2019une seule fois, devant 76 spectateurs. Le public \u00e9tait convoqu\u00e9 \u00e0 18h30 au Monument-National, qui est un grand th\u00e9\u00e2tre bien connu du centre ville de Montr\u00e9al \u2013 en fait, c\u2019est le plus vieux th\u00e9\u00e2tre au Canada \u2013 et qui appartient maintenant \u00e0 l\u2019\u00c9cole nationale de th\u00e9\u00e2tre. Les trois salles servent pour les productions des \u00e9tudiants et sont lou\u00e9es le reste du temps \u00e0 diverses compagnies ou \u00e0 des festivals. Mais ce n\u2019est pas au Monument-National que le spectacle a eu lieu. Munis de lecteurs audio et d\u2019\u00e9couteurs, les spectateurs ont \u00e9t\u00e9 pri\u00e9s de se rendre \u00e0 pied, non loin de l\u00e0, au Th\u00e9\u00e2tre du Nouveau Monde (TNM), pour assister \u00e0 une repr\u00e9sentation de <em>l\u2019\u00c9cole des femmes<\/em> de Moli\u00e8re, mise en sc\u00e8ne par Yves Desgagn\u00e9s. On leur avait donn\u00e9 des billets pour assister \u00e0 cette repr\u00e9sentation, \u00e0 partir du dernier balcon (le paradis). Il faut pr\u00e9ciser que ni la directrice du th\u00e9\u00e2tre, ni le metteur en sc\u00e8ne, ni les autres spectateurs ou les acteurs n\u2019\u00e9taient au courant de cette incursion de spectateurs clandestins. Et personne d\u2019entre eux ne s\u2019est rendu compte de ce qui s\u2019est pass\u00e9 pendant cette repr\u00e9sentation du 3 novembre 2011.<\/p>\n<figure id=\"attachment_285\" aria-describedby=\"caption-attachment-285\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-285\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1166687447.jpg\" alt=\"Difficile de repr\u00e9senter Projet blanc autrement que par un cadre vide, comme l'a fait Olivier Choini\u00e8re de la compagnie L'Activit\u00e9. Image puis\u00e9e dans le num\u00e9ro 143 de la revue de th\u00e9\u00e2tre Jeu, paru en juin 2012.\" width=\"700\" height=\"538\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1166687447.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1166687447-300x231.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/1166687447-768x590.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-285\" class=\"wp-caption-text\">Difficile de repr\u00e9senter Projet blanc autrement que par un cadre vide, comme l&#8217;a fait Olivier Choini\u00e8re de la compagnie L&#8217;Activit\u00e9. Image puis\u00e9e dans le num\u00e9ro 143 de la revue de th\u00e9\u00e2tre Jeu, paru en juin 2012.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Car pendant que les \u00ab faux spectateurs \u00bb assistaient \u00e0 une vraie repr\u00e9sentation de <em>l\u2019\u00c9cole des femmes<\/em> de Moli\u00e8re, ils \u00e9coutaient dans leurs \u00e9couteurs les commentaires pr\u00e9enregistr\u00e9s et extr\u00eamement corrosifs d\u2019Olivier Choini\u00e8re, sur le th\u00e9\u00e2tre conventionnel ou institutionnel, dont le TNM est l\u2019embl\u00e8me. Choini\u00e8re \u00e9tait constamment pr\u00e9sent avec les spectateurs, mais ses propos avaient \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. Dans un \u00ab Avertissement \u00bb qu\u2019il a publi\u00e9 sur Internet apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9rience, en m\u00eame temps que son texte d\u2019accompagnement, Olivier Choini\u00e8re note que \u00ab <em>Projet blanc<\/em> n\u2019est pas une lettre ouverte, ni une s\u00e9rie de commentaires, ni une critique \u00bb :<\/p>\n<blockquote><p><em>Projet blanc<\/em> est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre contemporain, prenant la forme d\u2019une adresse au spectateur par le biais d\u2019un lecteur audio et d\u2019une paire d\u2019\u00e9couteurs qui font coexister plusieurs \u00ab pr\u00e9sents \u00bb, plusieurs temps de la repr\u00e9sentation. La lecture du texte ne pourra fournir qu\u2019une id\u00e9e parcellaire du spectacle, puisque l\u2019exp\u00e9rience du spectateur, sa pr\u00e9sence au c\u0153ur de la repr\u00e9sentation, constituait en soi une partition qu\u2019il est impossible de retranscrire ici. <em>Projet blanc<\/em> \u00e9tait enti\u00e8rement synchronis\u00e9 \u00e0 la rue comme au spectacle de <em>l\u2019\u00c9cole des femmes<\/em>. Chaque \u00e9l\u00e9ment textuel ou sonore r\u00e9pondait \u00e0 ce qui pouvait \u00eatre vu par le spectateur dans la rue ou, dans le th\u00e9\u00e2tre, correspondait \u00e0 une action sc\u00e9nique, \u00e0 un changement de d\u00e9cor ou \u00e0 une r\u00e9plique sp\u00e9cifique, selon un minutage pr\u00e9cis. J\u2019ai inscrit le minimum d\u2019indications sonores ou sc\u00e9niques n\u00e9cessaires \u00e0 la bonne compr\u00e9hension du texte. Une surench\u00e8re d\u2019informations alourdirait la lecture sans jamais permettre au lecteur de saisir la totalit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il faut pr\u00e9ciser que les 76 participants au <em>Projet blanc<\/em> ne savaient pas d\u2019avance ce qui allait se produire. C\u2019\u00e9tait un secret bien gard\u00e9. Ils l\u2019ont appris au fur et \u00e0 mesure. Choini\u00e8re les a assur\u00e9s qu\u2019il ne se passerait rien de f\u00e2cheux et qu\u2019on ne leur demanderait pas de participer, en ajoutant que son seul pouvoir consistait \u00e0 \u00eatre entendu par eux sans \u00e9mettre un seul son, d\u2019\u00eatre entendu simultan\u00e9ment par plusieurs personnes, en silence. Comme les spectateurs de <em>Projet blanc<\/em>, il allait attendre que quelque chose arrive, sans savoir s\u2019il allait se passer quelque chose ou non.<\/p>\n<p>Un peu plus loin, il a dit vouloir \u00eatre le contemporain de leur vie de spectateurs au moment d\u2019un spectacle. Selon lui, le th\u00e9\u00e2tre est l\u2019art qui lui rappelle le plus le temps pr\u00e9sent car une pi\u00e8ce dit fatalement toujours quelque chose sur le temps de sa repr\u00e9sentation. M\u00eame un classique est contemporain de son lecteur car chaque lecture le r\u00e9actualise. C\u2019est m\u00eame cela qui en fait un classique. Ce en quoi Choini\u00e8re n\u2019est en rien r\u00e9volutionnaire. Mais il a ajout\u00e9 que le pr\u00e9sent \u00e9tait complexe et, toujours avant d\u2019entrer au TNM, il a fait observer aux participants les d\u00e9tails de la rue qu\u2019ils parcouraient : boutiques, autres salles de spectacles, voitures, <em>peep shows<\/em>\u2026 Il disait que tout ce qui se passe dans la ville est ins\u00e9parable du th\u00e9\u00e2tre, et doit m\u00eame se trouver au c\u0153ur du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Lorsque les gens se sont arr\u00eat\u00e9s en face du th\u00e9\u00e2tre, il leur a fait remarquer ce qu\u2019il y avait sur la marquise o\u00f9 l\u2019institution c\u00e9l\u00e9brait ses 60 ans : \u00ab Soyez de la f\u00eate. \u00bb Le TNM pr\u00e9sentait comme premier spectacle de sa 60<sup>\u00e8me<\/sup> saison <em>l\u2019\u00c9cole des femmes<\/em>, pour rappeler que Moli\u00e8re \u00e9tait l\u2019auteur favori de la compagnie depuis ses d\u00e9buts.<\/p>\n<p>Chaque spectateur \u00e9tait ensuite invit\u00e9 \u00e0 entrer dans le th\u00e9\u00e2tre avec un billet qu\u2019on lui donnait, \u00e0 cacher ses \u00e9couteurs et son guide audio, et \u00e0 s\u2019asseoir \u00e0 son si\u00e8ge dix minutes avant le d\u00e9but pr\u00e9vu de la repr\u00e9sentation. Il pouvait aller aux toilettes au besoin, devait lire le programme \u2013 gratuit \u2013 de la pi\u00e8ce et mettre ses \u00e9couteurs d\u00e8s que le noir se ferait dans la salle, pr\u00eats \u00e0 appuyer sur la touche 2 de leur appareil. Le spectacle commen\u00e7ait par les trois coups que l\u2019acteur principal frappait avec le b\u00e2ton qu\u2019on appelle le \u00ab brigadier \u00bb dans la tradition fran\u00e7aise. Les spectateurs clandestins devaient enclencher leur guide audio au moment pr\u00e9cis du 3<sup>e<\/sup> coup.<\/p>\n<p>On avait pr\u00e9vu toute \u00e9ventualit\u00e9 : si un placier devait poser des questions \u00e0 un spectateur du paradis, il fallait r\u00e9pondre qu\u2019il faisait partie d\u2019un groupe de recherche. Et s\u2019il demandait pourquoi il avait des \u00e9couteurs, il fallait dire que l\u2019appareil contenait des questions du professeur au sujet de <em>l\u2019\u00c9cole des femmes<\/em>. Le commentaire audio de Choini\u00e8re disait m\u00eame : \u00ab Mens. Invente quelque chose. \u00bb<\/p>\n<p>Dans ses commentaires pendant le spectacle, Choini\u00e8re soulignait les propos du metteur en sc\u00e8ne expliquant ou justifiant les raisons qui l\u2019ont amen\u00e9 \u00e0 monter cette pi\u00e8ce de Moli\u00e8re \u00e0 Montr\u00e9al, en 2011, et de la fa\u00e7on qu\u2019il l\u2019a fait. Choini\u00e8re voulait donc orienter la mani\u00e8re dont les spectateurs liraient la pi\u00e8ce. Il y avait dans la mise en sc\u00e8ne du \u00ab th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre \u00bb par lequel on voulait apparemment produire un effet de r\u00e9el. Dans une vid\u00e9o promotionnelle de ce spectacle, Yves Desgagn\u00e9s, le metteur en sc\u00e8ne, parlait d\u2019une pi\u00e8ce qui a \u00ab des r\u00e9sonnances terribles dans notre soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, qui fait \u00e9cho aux \u00ab probl\u00e8mes avec la pornographie, la p\u00e9dophilie et ces hommes qui encore r\u00e9cemment enfermaient des jeunes filles, sinon leur propre fille, dans la cave pour leur faire des enfants \u00bb. C\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de mettre Moli\u00e8re en dialogue avec notre \u00e9poque.<\/p>\n<p>Le commentaire audio rappelait que le metteur en sc\u00e8ne disait : \u00ab J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aborder la pi\u00e8ce comme un auteur contemporain, avec une vision contemporaine, et je veux confronter Moli\u00e8re \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle de 2011. \u00bb Or Choini\u00e8re ajoutait plus loin :<\/p>\n<blockquote><p>Cette <em>\u00c9cole des femmes<\/em> n\u2019a rien \u00e0 voir avec Moli\u00e8re. Le seul sujet de cette pi\u00e8ce, c\u2019est le th\u00e9\u00e2tre dans lequel tu es assis, th\u00e9\u00e2tre qui se regarde dans le miroir et qui rime avec lui-m\u00eame, avec son cadre de sc\u00e8ne, son rideau rouge et son mur de brique.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il parlait d\u2019un \u00ab objet de mus\u00e9e \u00bb, qui doit \u00eatre avant tout rentable, mais qui produit un \u00ab th\u00e9\u00e2tre mort \u00bb, \u00e0 \u00ab l\u2019insupportable rigidit\u00e9 cadav\u00e9rique \u00bb. \u00c0 cela, il opposait la soci\u00e9t\u00e9 vivante et vibrante qui nous entoure. Sur un ton calme, il incitait donc les spectateurs \u00e0 s\u2019indigner, \u00e0 sortir de leur passivit\u00e9, \u00e0 exiger un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la hauteur de leur intelligence, \u00e0 refuser de se laisser manipuler par la machine de propagande mercantile des directions des th\u00e9\u00e2tres, lesquelles ne veulent que les endormir. Il demandait constamment \u00e0 ses spectateurs de revenir aux questions essentielles : \u00ab Pourquoi \u00eates-vous ici ? Qu\u2019est-ce qui se passe devant vous ? \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, pour la premi\u00e8re fois, un commentaire critique s\u00e9ditieux, subversif et hautement politique, se faisait entendre en temps r\u00e9el pendant une repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale \u2013 c\u2019\u00e9tait une vraie critique en direct \u2013, et ce sans que personne ne s\u2019en rende compte dans la salle ou sur la sc\u00e8ne et sans que soit troubl\u00e9e la repr\u00e9sentation. Des t\u00e9moins ont soulign\u00e9 la grande adresse de cette op\u00e9ration pirate ; je dirais que c\u2019\u00e9tait un acte courageux, que je qualifierais de terrorisme culturel. On a aussi not\u00e9 l\u2019humour du narrateur. Mais ce n\u2019est pas tout. L\u2019\u00e9v\u00e9nement du jeudi 3 novembre 2011 a eu lieu pr\u00e9cis\u00e9ment la veille du d\u00e9but des travaux du 12<sup>e<\/sup> Congr\u00e8s qu\u00e9b\u00e9cois du th\u00e9\u00e2tre, qui est un \u00e9v\u00e9nement biennal. Et cette ann\u00e9e, le th\u00e8me du Congr\u00e8s \u00e9tait justement \u00ab Les th\u00e9\u00e2tres institutionnels et le d\u00e9veloppement de l\u2019art th\u00e9\u00e2tral \u00bb. Il devait notamment \u00e9tudier le rapport entre ces institutions et le th\u00e9\u00e2tre \u00e9mergent. Le moment \u00e9tait donc bien choisi pour prendre position sur des enjeux cruciaux concernant l\u2019activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale qu\u00e9b\u00e9coise. Il \u00e9tait rafra\u00eechissant de voir un artiste se faire critique de mani\u00e8re aussi spectaculaire.<\/p>\n<p>Les 76 participants de <em>Projet blanc<\/em> ont appris par leurs \u00e9couteurs que l\u2019\u00e9v\u00e9nement se terminait avec l\u2019entracte. Ils pouvaient ensuite choisir de rester au TNM pour voir la seconde partie de <em>l\u2019\u00c9cole des femmes<\/em>, mais aucun d\u2019entre eux n\u2019est rest\u00e9.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que le lendemain matin que la directrice du TNM, Lorraine Pintal, a appris par hasard ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 la veille dans le th\u00e9\u00e2tre qu\u2019elle dirige depuis pr\u00e8s de 20 ans. Elle l\u2019a appris pendant le congr\u00e8s auquel elle participait, de la bouche d\u2019un des participants. Et elle a \u00e9t\u00e9 furieuse ! D\u2019abord, elle a accus\u00e9 les critiques, notamment le nouveau r\u00e9dacteur en chef de la revue <em>Jeu<\/em>, qui a \u00e9crit sur son site Web un article applaudissant l\u2019audace de cette exp\u00e9rience. Dans une lettre intitul\u00e9e \u00ab Projet noir ! \u00bb, que madame Pintal a envoy\u00e9e par la suite, elle revient sur son accusation, disant que le vrai coupable, c\u2019est \u00e9videmment l\u2019auteur du spectacle et non le critique qui a applaudi ! Elle parle d\u2019un acte d\u00e9magogique, irrespectueux et m\u00e9prisant \u00e0 l\u2019endroit des artistes et du public du TNM, qui sont trait\u00e9s comme des imb\u00e9ciles ou des moutons. Elle annonce aussi qu\u2019une lettre plus \u00e9labor\u00e9e et sign\u00e9e par plusieurs artistes allait suivre, en mars 2012. C\u2019est-\u00e0-dire, maintenant. Nous allons donc publier dans le prochain num\u00e9ro de la revue <em>Jeu<\/em> deux points de vue sur ce \u00ab spectacle \u00bb, avec une lettre de Lorraine Pintal.<\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-284\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/7\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2016\/03\/vais-140x150.jpg\" alt=\"vais\" width=\"140\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end1\"><\/a>[1]\u00a0Ex-r\u00e9dacteur en chef de la Revue de th\u00e9\u00e2tre <em>Jeu,<\/em> journaliste ind\u00e9pendant et traducteur, <strong>Michel Va\u00efs<\/strong> est Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association internationale des critiques de th\u00e9\u00e2tre depuis 1998. Apr\u00e8s des \u00e9tudes en lettres fran\u00e7aises \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al et \u00e0 McGill, il a obtenu un doctorat d\u2019\u00e9tudes th\u00e9\u00e2trales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris 8. Il a re\u00e7u la m\u00e9daille d\u2019or du Rayonnement culturel d\u00e9cern\u00e9 par la Renaissance fran\u00e7aise et plusieurs prix Jean-B\u00e9raud pour son activit\u00e9 de critique de th\u00e9\u00e2tre, notamment au journal <em>Le Devoir<\/em> et \u00e0 la cha\u00eene culturelle de Radio-Canada pendant 21 ans. Michel Va\u00efs publi\u00e9 ses m\u00e9moires en novembre 2005 : <em>L\u2019accompagnateur. Parcours d\u2019un critique de th\u00e9\u00e2tre<\/em> (\u00c9d. Varia). Le premier <em>Dictionnaire des artistes du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois<\/em>, dont il est directeur \u00e9ditorial, a paru en 2008 (\u00c9d. JEU\/Qu\u00e9bec Am\u00e9rique).<br \/>\n<strong>Michel Va\u00efs<\/strong> (BA University of Montreal, MA McGill University, Ph.D University of Paris 8), is editor emeritus of the Montreal theatre journal Revue de th\u00e9\u00e2tre <em>Jeu<\/em>, free-lance theatre critic, writer, translator and secretary general of the International Association of Theatre Critics since 1998. His present work-in-progress is <em>Le th\u00e9\u00e2tre au Qu\u00e9bec: d\u2019o\u00f9 il vient et ce qu\u2019il est<\/em>. (<em>Theatre in Quebec: what is is and where it comes from<\/em>)<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2012 Michel Va\u00efs<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Va\u00efs[1] Au Qu\u00e9bec, des exp\u00e9riences th\u00e9\u00e2trales hors-les-murs se multiplient depuis quelques ann\u00e9es, et parmi celles-ci, il y a beaucoup de manifestations dites \u00ab ambulatoires \u00bb, o\u00f9 le public est amen\u00e9 \u00e0 se d\u00e9placer. 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