{"id":182,"date":"2016-03-08T18:33:53","date_gmt":"2016-03-08T18:33:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/?p=182"},"modified":"2023-03-21T17:26:05","modified_gmt":"2023-03-21T17:26:05","slug":"madeleine-et-la-chine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/madeleine-et-la-chine\/","title":{"rendered":"Madeleine et la Chine"},"content":{"rendered":"<p><strong>Herv\u00e9 Guay<\/strong><a href=\"#end1\">*<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-186\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849-225x300.jpg\" alt=\"1314976849\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/p>\n<p><em>JE PENSE \u00c0 YU<\/em>, texte de Carole Fr\u00e9chette ; mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac ; sc\u00e9nographie de Jean Bard ; costumes de Cynthia Saint-Gelais ; \u00e9clairages d\u2019Andr\u00e9 Rioux ; environnement sonore de Philippe Brault ; accessoire de vid\u00e9o de Lo\u00efc Lacroix Hoy ; vid\u00e9o de David Leclerc ; maquillage de Suzanne Tr\u00e9panier ; production du Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Aujourd\u2019hui, \u00e0 Montr\u00e9al (Canada), du 3 au 28 avril 2012.Les \u00e9v\u00e9nements de la place Tienanmen sont loin derri\u00e8re nous. Pourtant, alors que tant d\u2019individus semblent les avoir oubli\u00e9s, Madeleine, personnage de <em>Je pense \u00e0 Yu<\/em>, fait une fixation sur l\u2019un de ses principaux acteurs, Yu Dongyue. Le d\u00e9clencheur ? Un entrefilet lu dans un quotidien annon\u00e7ait la lib\u00e9ration apr\u00e8s 17 ans de captivit\u00e9 du militant chinois condamn\u00e9 \u00e0 la prison pour avoir jet\u00e9 de la peinture sur le portrait g\u00e9ant de Mao qui domine la place. Mais Madeleine a aussi d\u2019autres raisons plus personnelles de s\u2019attacher \u00e0 cet \u00e9tranger : un pass\u00e9 mao\u00efste, l\u2019adoption d\u2019un enfant chinois annul\u00e9e \u00e0 un moment o\u00f9 sa vie basculait, un d\u00e9sir confus de justice et d\u2019audace dans un monde devenu froid et insensible. Bref, Madeleine est \u00e0 un tournant d\u2019une existence qui a pris l\u2019eau et qu\u2019elle n\u2019arrive plus \u00e0 reprendre comme si de rien n\u2019\u00e9tait.<\/p>\n<p>Cependant, si, mis bout \u00e0 bout, quelques fragments de ses jours la portent vers Yu Dongyue, \u00e0 qui cet emprisonnement a fait perdre la raison, aucun n\u2019explique r\u00e9ellement le vide abyssal qu\u2019il vient combler dans la vie de cette traductrice quadrag\u00e9naire de Montr\u00e9al. Aucun ne permet d\u2019appr\u00e9hender cette profonde crise existentielle survenue \u00e0 l\u2019improviste, au d\u00e9tour d\u2019un \u00e9ni\u00e8me d\u00e9m\u00e9nagement, sinon une fuite insens\u00e9e vers un ailleurs d\u2019autant plus prenant qu\u2019il est lointain et qu\u2019il lui est loisible de l\u2019id\u00e9aliser.<\/p>\n<figure id=\"attachment_185\" aria-describedby=\"caption-attachment-185\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-185\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1163988730.jpg\" alt=\"Marie-Christine L\u00ea-Huu (Lin) et Marie Brassard (Madeleine) dans Je pense \u00e0 Yu de Carole Fr\u00e9chette, mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac. \u00a9 Val\u00e9rie Remise.\" width=\"700\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1163988730.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1163988730-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1163988730-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-185\" class=\"wp-caption-text\">Marie-Christine L\u00ea-Huu (Lin) et Marie Brassard (Madeleine) dans Je pense \u00e0 Yu de Carole Fr\u00e9chette, mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac. <br \/>\u00a9 Val\u00e9rie Remise.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019auteure dramatique qu\u00e9b\u00e9coise, Carole Fr\u00e9chette, fait donc se croiser une fois de plus l\u2019Orient et l\u2019Occident dans une de ses pi\u00e8ces. Elle y \u00e9tait parvenue avec brio avec <em>Le collier d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<\/em> en 2002 o\u00f9 une femme plus tr\u00e8s jeune parcourait Beyrouth en reconstruction \u00e0 la recherche d\u2019un bijou de pacotille<a href=\"#end2\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. Aux souffrances mineures de l\u2019une faisaient \u00e9cho les douleurs majeures des autres. Voici que l\u2019auteure dont l\u2019\u0153uvre est traduite en 18 langues remet cela avec <em>Je pense \u00e0 Yu<\/em> cr\u00e9\u00e9 presque simultan\u00e9ment \u00e0 Montr\u00e9al, Calgary et en France. Une nuance s\u2019est toutefois ajout\u00e9e. \u00c0 force de naviguer dans Internet, Madeleine se noie dans l\u2019histoire des trois jeunes gens de la place Tienanmen plut\u00f4t que de vraiment y \u00eatre sensible. Aussi est-elle rappel\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 par deux autres personnages qui, de leur c\u00f4t\u00e9, gardent les deux pieds sur terre : J\u00e9r\u00e9mie, p\u00e8re d\u2019un enfant d\u00e9pendant affectif, et Lin, \u00e9tudiante ayant immigr\u00e9 de fra\u00eeche date au Canada, laquelle ne cesse de r\u00e9clamer \u00e0 Madeleine les le\u00e7ons de fran\u00e7ais que cette derni\u00e8re ne tient plus du tout \u00e0 lui donner.S\u2019il s\u2019agit du plus politique des textes de Fr\u00e9chette et qu\u2019un certain didactisme n\u2019en est pas absent, l\u2019\u00e9crivain parvient adroitement \u00e0 trouver un \u00e9quilibre entre le moi et le monde dans cette qu\u00eate tout \u00e0 la fois introspective et tourn\u00e9e vers l\u2019autre. Densit\u00e9 obtenue par le huis clos o\u00f9 se r\u00e9fugie cette femme repli\u00e9e sur son int\u00e9riorit\u00e9, une int\u00e9riorit\u00e9 toute hant\u00e9e des souffrances d\u2019une Chine qu\u2019elle ne conna\u00eet que par le truchement de son ordinateur. Pendant ce temps, elle refuse paradoxalement de communiquer avec la vraie Chinoise qui frappe constamment \u00e0 sa porte. Au croisement du journal, du th\u00e9\u00e2tre \u00e9pique, du monodrame et du drame psychologique, cette pi\u00e8ce situ\u00e9e dans un petit appartement montr\u00e9alais devient une interface o\u00f9 s\u2019affrontent conceptions occidentales et orientales, pass\u00e9 et pr\u00e9sent, r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, ainsi que monde r\u00e9el et virtuel. En d\u00e9pit de ses qualit\u00e9s litt\u00e9raires, <em>Je pense \u00e0 Yu<\/em> n\u2019est pas non plus une pi\u00e8ce d\u00e9pourvue d\u2019humour \u00e0 cause des petits malentendus et mensonges qui la pars\u00e8ment, Madeleine n\u2019osant pas se montrer ouvertement \u00ab poss\u00e9d\u00e9e \u00bb par la victime des prisons chinoises dont elle s\u2019entiche.<\/p>\n<figure id=\"attachment_184\" aria-describedby=\"caption-attachment-184\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-184\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1155872959.jpg\" alt=\"Marie Brassard (Madeleine) dans Je pense \u00e0 Yu de Carole Fr\u00e9chette, mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac. \u00a9 Val\u00e9rie Remise.\" width=\"700\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1155872959.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1155872959-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1155872959-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-184\" class=\"wp-caption-text\">Marie Brassard (Madeleine) dans Je pense \u00e0 Yu de Carole Fr\u00e9chette, mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac. \u00a9 Val\u00e9rie Remise.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Lors de la cr\u00e9ation en langue fran\u00e7aise de la pi\u00e8ce au Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Aujourd\u2019hui \u00e0 Montr\u00e9al, Marie Gignac, ancienne com\u00e9dienne vedette de Robert Lepage, a surtout privil\u00e9gi\u00e9, dans sa mise en sc\u00e8ne, une facette de la pi\u00e8ce, peut-\u00eatre pas la plus f\u00e9conde, d\u2019ailleurs, \u00e9tant donn\u00e9 son \u00e9criture composite, \u00e0 savoir le drame psychologique qui oppose Madeleine \u00e0 J\u00e9r\u00e9mie et \u00e0 Lin. Par exemple, \u00e0 toutes les fois que le texte prend la forme du journal intime, une voix off s\u2019\u00e9l\u00e8ve accompagn\u00e9e visuellement des recherches de Madeleine dans Internet projet\u00e9es sur grand \u00e9cran auxquelles a imm\u00e9diatement acc\u00e8s le spectateur. Le r\u00e9alisme, voire le naturalisme, du texte est ainsi accentu\u00e9 et, durant un bon moment, le public a davantage l\u2019impression d\u2019\u00eatre au cin\u00e9ma qu\u2019au th\u00e9\u00e2tre, la parole prof\u00e9r\u00e9e directement sur sc\u00e8ne \u00e9tant surtout au rendez-vous un peu plus tard quand les rares dialogues s\u2019engagent.Ce choix de mise sc\u00e8ne retarde l\u2019engagement plus vif de Marie Brassard dans le r\u00f4le de l\u2019h\u00e9ro\u00efne de cette pi\u00e8ce. Ses talents de diseuse ne sont pas non plus requis dans cette mise en sc\u00e8ne qui la cantonne un peu trop, \u00e0 mon avis, dans le registre de la femme ordinaire. S\u2019il en va de m\u00eame de Jean-Fran\u00e7ois Pich\u00e9 en J\u00e9r\u00e9mie, cela est moins d\u00e9rangeant dans la mesure o\u00f9 son menuisier monoparental demeure monolithique. Reste la pittoresque \u00e9tudiante chinoise camp\u00e9e par Marie-Christine L\u00ea-Huu. La com\u00e9dienne r\u00e9ussit \u00e0 incarner \u00e0 travers elle le courage quotidien et l\u2019obstination de qui cache silencieusement ses souffrances et ses espoirs plut\u00f4t que de les \u00e9crire ou de les hurler.<\/p>\n<figure id=\"attachment_183\" aria-describedby=\"caption-attachment-183\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-183\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1385669378.jpg\" alt=\"Jean-Fran\u00e7ois Pich\u00e9 (J\u00e9r\u00e9mie) dans Je pense \u00e0 Yu de Carole Fr\u00e9chette, mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac. \u00a9 Val\u00e9rie Remise.\" width=\"700\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1385669378.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1385669378-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1385669378-768x509.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-183\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Fran\u00e7ois Pich\u00e9 (J\u00e9r\u00e9mie) dans Je pense \u00e0 Yu de Carole Fr\u00e9chette, mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac. \u00a9 Val\u00e9rie Remise.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il m\u2019a aussi sembl\u00e9 que cette mise en sc\u00e8ne emp\u00eachait les parties les plus \u00e9piques du texte d\u2019\u00eatre mieux d\u00e9tach\u00e9es de l\u2019ensemble. Des v\u00e9ritables modulations de la parole sont en quelque sorte rendues difficiles dans ce jeu presqu\u2019enti\u00e8rement naturaliste. La musicalit\u00e9 de cette \u00e9criture, si perceptible \u00e0 la lecture, est par cons\u00e9quent largement \u00e9vacu\u00e9e de cette version sc\u00e9nique qui assure en contrepartie au texte une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et une fluidit\u00e9 plus grandes que celle que le lecteur pouvait anticiper. Tr\u00e8s fr\u00e9quent s\u2019est aussi av\u00e9r\u00e9 l\u2019usage des technologies sonores et visuelles tout au long du spectacle, sans pourtant que celles-ci d\u00e9r\u00e9alisent beaucoup la situation. Ce n\u2019est pas dire pour autant que Gignac ne s\u2019\u00e9vertue pas \u00e0 faire saisir au spectateur \u00e0 quel point le regard de Madeleine sur les \u00e9v\u00e9nements est d\u00e9form\u00e9 par l\u2019affectivit\u00e9 et son temp\u00e9rament d\u2019intellectuelle id\u00e9aliste. La metteure en sc\u00e8ne y parvient notamment en confrontant la vision de Madeleine du portrait d\u00e9figur\u00e9 de Mao par de longues coul\u00e9es de peinture rouge aux petites gouttelettes que les \u0153ufs lanc\u00e9s par les trois \u00e9tudiants ont, en r\u00e9alit\u00e9, trac\u00e9 sur l\u2019immense effigie du dirigeant chinois. Or, si elle est critique et rend justice \u00e0 la dimension r\u00e9aliste du texte, cette mise en sc\u00e8ne a pour d\u00e9faut d\u2019accentuer la dimension didactique du drame au lieu de lui conf\u00e9rer une v\u00e9ritable port\u00e9e \u00e9pique, ce qui n\u2019aurait pu \u00eatre obtenu qu\u2019en cr\u00e9ant une distance entre ce qui est dit et ce qui est v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Pour cette raison peut-\u00eatre, la plus r\u00e9cente pi\u00e8ce de Carole Fr\u00e9chette \u00e0 Montr\u00e9al a \u00e9t\u00e9 plus fra\u00eechement re\u00e7ue de la part de la critique qu\u00e9b\u00e9coise que la plupart de ses cr\u00e9ations pr\u00e9c\u00e9dentes. Il n\u2019en demeure pas moins que <em>Je pense \u00e0 Yu<\/em> offre une int\u00e9ressante plong\u00e9e dans les m\u00e9andres d\u2019une psych\u00e9 perm\u00e9able aux grands combats politiques de notre \u00e9poque en m\u00eame temps que cette pi\u00e8ce le fait, paradoxalement, en l\u2019inscrivant dans le confort des quatre murs d\u2019un appartement. Pareille situation brosse un clich\u00e9 bien ressemblant d\u2019un Occident o\u00f9 le passage \u00e0 l\u2019acte, postmodernisme aidant, est devenu une chose de plus en plus impensable et impens\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<p><b>Note de fin<\/b><\/p>\n<p style=\"font-size:13px\">\n<a name=\"end2\"><\/a>[2] Une critique sur le spectacle cr\u00e9\u00e9 par le Th\u00e9\u00e2tre du Flamboyant sur ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans<em> Critical Stages | Sc\u00e8nes critiques<\/em>, n. \u00ba 1, octobre 2009, par Alvina Ruprecht : \u00ab Lorsque le Qu\u00e9bec et la Martinique se croisent\u00bb : <a href=\"http:\/\/www.criticalstages.org\/criticalstages\/131?category=37\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.criticalstages.org\/criticalstages\/131?category=37<\/a><\/p>\n<hr>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-186\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849-150x150.jpg\" alt=\"1314976849\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end1\"><\/a>*<strong>Herv\u00e9 Guay <\/strong>est professeur r\u00e9gulier au D\u00e9partement de Lettres et Communication sociale, Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Trois-Rivi\u00e8res. Il est aussi Directeur de la revue Tangence et Pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise d&#8217;\u00e9tudes th\u00e9\u00e2trales.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2012 Herv\u00e9 Guay<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Herv\u00e9 Guay* JE PENSE \u00c0 YU, texte de Carole Fr\u00e9chette ; mise en sc\u00e8ne de Marie Gignac ; sc\u00e9nographie de Jean Bard ; costumes de Cynthia Saint-Gelais ; \u00e9clairages d\u2019Andr\u00e9 Rioux ; environnement sonore de Philippe Brault ; accessoire de<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":186,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-182","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews","","tg-column-two"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-content\/uploads\/sites\/8\/2016\/03\/1314976849.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7kGC0-2W","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/182","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=182"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/182\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":700,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/182\/revisions\/700"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/media\/186"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=182"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=182"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/6\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=182"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}