{"id":344,"date":"2016-03-03T16:49:33","date_gmt":"2016-03-03T16:49:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/?p=344"},"modified":"2022-05-29T08:18:29","modified_gmt":"2022-05-29T08:18:29","slug":"antoine-vitez-trois-fois-electre-antoine-vitz-three-times-electra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/antoine-vitez-trois-fois-electre-antoine-vitz-three-times-electra\/","title":{"rendered":"Antoine Vitez : Trois fois \u00c9lectre  (Antoine Vitz : Three Times Electra)"},"content":{"rendered":"<h6 style=\"text-align: center;\">Un coffret livre, CD et DVD. (A boxed book, CD and DVD). La Maison d&#8217;\u00e0 C\u00f4t\u00e9, IMEC et INA (France)<\/h6>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Ir\u00e8ne Sadowska-Guillon<\/strong><a href=\"#end1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-348 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1191799881.w450-h3272.png\" alt=\"1191799881.w450-h3272\" width=\"271\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1191799881.w450-h3272.png 271w, https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1191799881.w450-h3272-270x239.png 270w\" sizes=\"auto, (max-width: 271px) 100vw, 271px\" \/><\/p>\n<p>Il arrive que certains metteurs en sc\u00e8ne entretiennent un lien particulier avec l&#8217;\u0153uvre d&#8217;un auteur. Pour Jouvet par exemple c&#8217;\u00e9tait Giraudoux, pour Ch\u00e9reau Kolt\u00e8s, pour Mesguisch Shakespeare et son Hamlet. Pour Vitez <em>\u00c9lectre<\/em> de Sophocle.<\/p>\n<p><em>\u00c9lectre<\/em> de Sophocle, premi\u00e8re mise en sc\u00e8ne d&#8217;Antoine Vitez en 1966 au Th\u00e9\u00e2tre &#8211; Maison de la Culture de Caen, inaugurale de son th\u00e9\u00e2tre, sera l&#8217;ancrage et le fil conducteur de son parcours. Il montera encore<em>\u00c9lectre<\/em> en 1971 au Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Ivry et en 1986 \u00e0 Chaillot, en la retraduisant chaque fois lui-m\u00eame et en r\u00e9interrogeant le texte de Sophocle pour en proposer des versions sc\u00e9niques diff\u00e9rentes. \u00c9velyne Istria sera chaque fois son \u00c9lectre.<\/p>\n<p>Caen o\u00f9 il d\u00e9bute, Ivry o\u00f9 il se r\u00e9v\u00e8le, Chaillot o\u00f9 il triomphe, les trois lieux marqu\u00e9s du sceau d&#8217;<em>\u00c9lectre<\/em>, sont autant les \u00e9tapes de sa trajectoire que de l&#8217;\u00e9volution esth\u00e9tique, philosophique et politique de son engagement d&#8217;homme et d&#8217;artiste.<\/p>\n<p>Vitez a beaucoup travaill\u00e9 sur le mythe (<em>Andromaque<\/em>, <em>Ph\u00e8dre<\/em>, <em>Iphig\u00e9nie<\/em>, <em>Hamlet<\/em>, <em>Faust<\/em>). Pourquoi revient-il sans cesse \u00e0 <em>\u00c9lectre<\/em> et \u00e0 celle de Sophocle ? Le mythe de la vengeance d&#8217;\u00c9lectre et d&#8217;Oreste a aussi \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par Eschyle qui y a vu un acte h\u00e9ro\u00efque de justice, Euripide pr\u00e9sente les vengeurs comme victimes d&#8217;une mal\u00e9diction et du destin.<\/p>\n<p>Pour Vitez <em>\u00c9lectre<\/em> de Sophocle repr\u00e9sente un \u00e9quilibre plus parfait que celle d&#8217;Eschyle et d&#8217;Euripide entre la famille et le social, le politique, entre le microcosme et le macrocosme, chacun des deux \u00e9l\u00e9ments \u00e9tant pris comme m\u00e9taphore de l&#8217;autre.<\/p>\n<p>Sa premi\u00e8re<em> \u00c9lectre<\/em> en 1966, jou\u00e9e dans un espace d\u00e9pouill\u00e9, sombre, large \u00e9tait tr\u00e8s statuaire, hi\u00e9ratique, les acteurs presque immobiles, toute l&#8217;action concentr\u00e9e sur \u00c9lectre, la parole venant des temps lointains prof\u00e9r\u00e9e dans le public.<\/p>\n<p>La seconde <em>\u00c9lectre<\/em> en 1971 se joue sur une longue et \u00e9troite sc\u00e8ne dans un rapport bifrontal au public. Les visages des acteurs peints en or, tel des masques, le jeu d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment expressif, provocant, d\u00e9monstratif. En reprenant sa traduction de la pi\u00e8ce Vitez y introduit des fragments de po\u00e8mes de Yannis Ritsos, dit en grec en voix off.<\/p>\n<p>Dans sa troisi\u00e8me <em>\u00c9lectre<\/em> de 1986 il amplifie le contraste entre la r\u00e9alit\u00e9 du d\u00e9cor et des costumes et l&#8217;\u00e9loignement po\u00e9tique du texte. Il situe l&#8217;action de la pi\u00e8ce dans une cuisine, dans la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne de la Gr\u00e8ce contemporaine en conf\u00e9rant aux personnages des comportements simples, triviaux, anachroniques par rapport \u00e0 la trag\u00e9die de Sophocle.<\/p>\n<p>Le ch\u0153ur dans <em>\u00c9lectre<\/em> est repr\u00e9sent\u00e9 par trois femmes, porte-parole du public, parlant chacune \u00e0 son tour.<\/p>\n<p>\u00ab Antoine Vitez &#8211; remarque Jean-Loup Rivi\u00e8re &#8211; n&#8217;a pas fait trois mises en sc\u00e8ne d&#8217;<em>\u00c9lectre<\/em>, il n&#8217;en a fait qu&#8217;une seule en trois temps. Avec trois versions de la m\u00eame pi\u00e8ce il invente une sorte de mise en sc\u00e8ne perp\u00e9tuelle.\u2026 \u00c9lectre avait un pass\u00e9, elle a d\u00e9sormais un avenir car le temps retrouv\u00e9 n&#8217;est pas celui qui \u00e9tait pass\u00e9 mais celui que le crime ancien avait fig\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>L&#8217;approche des trois <em>\u00c9lectre<\/em> de Vitez propos\u00e9e dans le coffret inscrit ce ph\u00e9nom\u00e8ne unique dans la trajectoire th\u00e9\u00e2trale de Vitez. Le CD audio r\u00e9unit une s\u00e9lection d&#8217;extraits d&#8217;entretiens avec Vitez sur ces trois versions d&#8217;<em>\u00c9lectre<\/em> et sur la mise en sc\u00e8ne en g\u00e9n\u00e9ral. Vitez raconte son enfance, sa rencontre avec le th\u00e9\u00e2tre, ses premiers r\u00f4les d&#8217;acteur, ses doutes et sa tentation de renoncement puis le tournant avec<em>\u00c9lectre<\/em>, parle de sa traduction, du travail avec les acteurs, les d\u00e9corateurs dans ses mises en sc\u00e8ne d&#8217;<em>\u00c9lectre<\/em>.<\/p>\n<p>Le DVD comprend des extraits assez longs des <em>\u00c9lectre<\/em> de 1966 et 1971 et l&#8217;int\u00e9gralit\u00e9 du spectacle de 1986 \u00e0 Chaillot film\u00e9 par le cin\u00e9aste Hugo Santiago.<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie d&#8217;entretiens avec Antoine Vitez r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 ces occasions, apporte un \u00e9clairage tr\u00e8s pr\u00e9cis sur les divers aspects et sur l&#8217;\u00e9volution de son approche de la pi\u00e8ce. Le livre, \u00e0 travers les textes et les documents r\u00e9unis par Nathalie L\u00e9ger, retracent chronologiquement le trajet vit\u00e9zien d&#8217;<em>\u00c9lectre<\/em> en <em>\u00c9lectre<\/em>, \u00e0 partir de sa traduction de l&#8217;\u0153uvre inclue dans le volume, de ses propres commentaires, r\u00e9flexions et extraits de son journal de travail, les t\u00e9moignages de ses collaborateurs, des analyses et des articles critiques. Parmi ces t\u00e9moignages des pages sur Yannis Ritsos texte de Hugo Santiago sur son approche cin\u00e9matographique du th\u00e9\u00e2tre, un long entretien avec \u00c9velyne Istria sur son parcours avec Vitez enfin les distributions des trois <em>\u00c9lectre<\/em> et des extraits des programmes de salle des spectacles.<\/p>\n<p>Une iconographie extr\u00eamement riche \u00e9maille le livre : photos des spectacles, pages manuscrites de la traduction, des notes et des annotations d&#8217;Antoine Vitez, croquis de Yannis Kokkos.<\/p>\n<p>Un travail extr\u00eamement pr\u00e9cis, fouillant les divers aspects du rapport de l&#8217;artiste \u00e0 l&#8217;\u0153uvre et \u00e0 sa cr\u00e9ation, qui constitue sinon la bible, au moins une m\u00e9moire de ce th\u00e9\u00e2tre \u00ab \u00e0 combustion lente \u00bb dont r\u00eavait Antoine Vitez.<\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-205\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1247626675-150x150.jpg\" alt=\"1247626675\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1247626675-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1247626675-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/5\/wp-content\/uploads\/sites\/7\/2016\/03\/1247626675-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><br \/>\n<a name=\"end1\"><\/a>[1] <strong>Irene Sadowska-Guillon <\/strong>is a free-lance critic based in Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2011 Irene Sadowska-Guillon<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un coffret livre, CD et DVD. 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