{"id":100,"date":"2026-05-18T17:42:37","date_gmt":"2026-05-18T17:42:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/?p=100"},"modified":"2026-06-07T09:26:37","modified_gmt":"2026-06-07T09:26:37","slug":"pierre-notte-leffort-detre-spectateur-et-lacteur-ca-se-saurait-si-ca-servait-a-quelque-chose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/pierre-notte-leffort-detre-spectateur-et-lacteur-ca-se-saurait-si-ca-servait-a-quelque-chose\/","title":{"rendered":"Pierre Notte, <em>L\u2019Effort d\u2019\u00eatre spectateur<\/em> et <em>L\u2019Acteur, \u00e7a se saurait si \u00e7a servait \u00e0 quelque chose<\/em>"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong><em>L\u2019Effort d\u2019\u00eatre spectateur<\/em><\/strong><br><strong>Besan\u00e7on: Les Solitaires intempestifs, 2016, 96 pp.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong><em>L\u2019Acteur, \u00e7a se saurait si \u00e7a servait \u00e0 quelque chose<\/em> <\/strong><br><strong>Besan\u00e7on: Les Solitaires intempestifs, 2024, 80 pp.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Critique par <strong>Selim Lander<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019Effort d\u2019\u00eatre spectateur<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 presque dix ann\u00e9es de distance, Pierre Notte, homme de th\u00e9\u00e2tre qui touche aussi bien \u00e0 l\u2019\u00e9criture, \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, au jeu, \u00e0 l\u2019enseignement et m\u00eame \u00e0 la composition de chansons, confie ses r\u00e9flexions sur le th\u00e9\u00e2tre dans deux petits livres assez diff\u00e9rents par leur projet, car si le second est bien centr\u00e9 sur l\u2019acteur, le premier d\u00e9borde de beaucoup la question du spectateur. Les deux textes ont \u00e9t\u00e9 pens\u00e9s pour la sc\u00e8ne, en particulier le second, \u00e9crit sans ponctuation mais avec de nombreux retours \u00e0 la ligne comme dans les ouvrages de po\u00e9sie en vers libres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si <em>L\u2019Effort d\u2019\u00eatre spectateur<\/em> consacre bien certains chapitres au sujet indiqu\u00e9 par le titre, \u00e0 son implication personnelle dans le spectacle, d\u2019autant plus indispensable que, contrairement au cin\u00e9ma qui montre, le th\u00e9\u00e2tre ne fait que sugg\u00e9rer, et \u00e0 certains aspects purement mat\u00e9riels bien connus des amateurs de la condition de spectateur \u2013&nbsp;comme le fauteuil g\u00e9n\u00e9ralement inconfortable, la toux ou le sommeil souvent irr\u00e9sistibles&nbsp;\u2013, il contient \u00e9galement plusieurs chapitres qui traitent de l\u2019\u00e9criture, la mise en sc\u00e8ne et, d\u00e9j\u00e0, de l\u2019acteur. Une citation r\u00e9sume un peu tout cela&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Envisager le plateau comme le laboratoire d\u2019une catastrophe, o\u00f9 l\u2019acteur engag\u00e9, corps et voix r\u00e9invent\u00e9s, prend en charge la trag\u00e9die inextricable de l\u2019existence depuis un fait divers, un mythe, une anecdote ou un portrait.&nbsp;\u00bb (p. 62) On retiendra aussi quelques rapides mais pertinentes notations sur les principaux auteurs-metteurs en sc\u00e8ne du monde fran\u00e7ais du th\u00e9\u00e2tre, sur les nouveaux usages de la vid\u00e9o ainsi que sur l\u2019attachement de l\u2019auteur \u00e0 certaines traditions comme les saluts \u00e0 la fin, mais ce premier livre annonce \u00e9galement le suivant par son insistance sur l\u2019importance de l\u2019acteur, somm\u00e9 de se mettre constamment en danger tel le funambule de Jean Genet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Acteur, soit tu atteins au sublime, soit tu vas mourir et nous tuer.&nbsp;\u00bb (p. 81)<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019Acteur<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sous-titre du second ouvrage, <em>L\u2019Acteur, \u00e7a se saurait si \u00e7a servait \u00e0 quelque chose<\/em>, semblant contredire l\u2019affirmation de l\u2019importance de l\u2019acteur, ne peut \u00eatre qu\u2019une antiphrase. Faut-il d\u2019ailleurs parler d\u2019\u00ab&nbsp;acteur&nbsp;\u00bb ou de \u00ab&nbsp;com\u00e9dien&nbsp;\u00bb&nbsp;? Notte, qui s\u2019interroge l\u00e0-dessus et cite quelques poncifs \u2013&nbsp;\u00ab&nbsp;l\u2019acteur habite son personnage \/ le com\u00e9dien est habit\u00e9 par son personnage&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;l\u2019acteur se sert du personnage \/ le com\u00e9dien le sert&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;l\u2019acteur acte en activiste \/ le com\u00e9dien communie, il com-prend&nbsp;\u00bb (p. 39)&nbsp;\u2013 refuse la distinction et conclut simplement que \u00ab&nbsp;la diff\u00e9rence c\u2019est la taille de l\u2019ego, c\u2019est la circonf\u00e9rence du trou du cul&nbsp;\u00bb. (p. 40)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelque irr\u00e9v\u00e9rencieuse qu\u2019elle puisse para\u00eetre, la derni\u00e8re notation se trouve justifi\u00e9e plus loin. Notte voit en effet dans un organe souvent m\u00e9pris\u00e9 \u00ab&nbsp;[l\u2019]absolu point de gravit\u00e9, [l\u2019]astre solaire&nbsp;\u00bb d\u2019o\u00f9 jaillit l\u2019\u00e9nergie de l\u2019acteur, lequel ne serait finalement qu\u2019\u00ab&nbsp;un trou du cul qui serre les fesses&nbsp;\u00bb (p. 55)&nbsp;! Dans ce chapitre intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Les autres&nbsp;\u00bb, l\u2019auteur revient sur les spectateurs, sur ce que le th\u00e9\u00e2tre est pour eux, soit dans le meilleur des cas \u00ab&nbsp;un lieu d\u2019accomplissements miraculeux [\u2026] un chemin pendant lequel sont forg\u00e9s les outils qui \u00e9clipsent la b\u00eatise et la peur et l\u2019ignorance et le m\u00e9pris du monde&nbsp;\u00bb. (p. 57) Si la r\u00e9ussite n\u2019est que rarement au rendez-vous, et bien que le th\u00e9\u00e2tre ne soit pas le seul capable de provoquer un \u00e9tat de gr\u00e2ce, c\u2019est bien cela que nous esp\u00e9rons chaque fois que nous d\u00e9couvrons une nouvelle pi\u00e8ce ou la nouvelle interpr\u00e9tation d\u2019une pi\u00e8ce connue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pourtant cette fois bien au m\u00e9tier d\u2019acteur qu\u2019est consacr\u00e9 l\u2019essentiel de l\u2019ouvrage, depuis la pr\u00e9paration dans La loge (\u00ab&nbsp;une b\u00eate dans une cage&nbsp;\u00bb, p. 8) jusqu\u2019au Retour \u00e0 la maison puis la nuit pendant laquelle, raconte l\u2019auteur, \u00ab&nbsp;je r\u00e9p\u00e9terai mes mots, referai mon entr\u00e9e dans ma t\u00eate, des milliers de fois&nbsp;\u00bb (p. 72).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la loge, se r\u00e9p\u00e9ter comme un mantra&nbsp;: \u00ab&nbsp;faire ce qu\u2019on fait mais sans le faire, \u00eatre l\u00e0 mais sans \u00eatre l\u00e0 et tout faire (faire tout) mais oublier ce qu\u2019on est venu faire (du th\u00e9\u00e2tre) et tout faire (sauf du th\u00e9\u00e2tre)&nbsp;\u00bb (p. 9), car \u00ab&nbsp;ce qui est vrai fait faux et ce qui est faux fait vrai&nbsp;\u00bb (p. 13). Puis vient Le couloir o\u00f9 l\u2019on s\u2019encourage mutuellement par le mot de Cambronne, ce qui est l\u2019occasion de rappeler l\u2019origine de la coutume \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la quantit\u00e9 de crottin laiss\u00e9e par les chevaux amenant les spectateurs ou par ces derniers sur les grattoirs \u00e9tait une indication du nombre des spectateurs et donc de la r\u00e9ussite de la pi\u00e8ce. Dans ce m\u00eame chapitre Notte explique pourquoi les mots merci, vert, corde, de m\u00eame que le sifflement sont interdits au th\u00e9\u00e2tre (c\u00f4t\u00e9 plateau, bien s\u00fbr). L\u2019auteur s\u2019\u00e9merveille aussi, sans pouvoir l\u2019expliquer, que tous les maux dont peut souffrir l\u2019acteur au moment d\u2019entrer en sc\u00e8ne disparaissent subitement&nbsp;: \u00ab&nbsp;la coupure qui saigne, la jambe qui boite, le nez qui coule, la fi\u00e8vre qui monte&nbsp;\u00bb, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rideau, ensuite, \u00ab&nbsp;rideau d\u2019entre les mondes&nbsp;\u00bb qui s\u00e9pare la sc\u00e8ne de la salle, est l\u2019occasion de quelques d\u00e9tails sur les pendrillons (\u00e0 l\u2019italienne ou \u00e0 l\u2019allemande) et sur cour et jardin, avec les machinistes eux-m\u00eames d\u00e9nomm\u00e9s courriers ou jardiniers. Cependant, comme indiqu\u00e9 dans La marque (celle o\u00f9 l\u2019acteur pose son pied), il n\u2019y a d\u00e9sormais plus de rideau et les trois fois trois coups de b\u00e2ton (chacun ayant sa signification) ont \u00e9galement disparu. Entre-temps, le chapitre sur Le costume aura \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019envoyer quelques coups de patte aux metteurs en sc\u00e8ne fran\u00e7ais suppos\u00e9s bien moins soucieux du d\u00e9tail (comme un costume qui gratterait&nbsp;!) que leurs homologues italiens (?). C\u2019est dans Les Partenaires que figurent les consid\u00e9rations sur la diff\u00e9rence \u00e9ventuelle entre \u00ab&nbsp;acteur&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;com\u00e9dien&nbsp;\u00bb rapport\u00e9es plus haut. La voix qu\u2019il faut projeter en bien articulant (\u00ab&nbsp;regarde le lustre et articule&nbsp;\u00bb disait feu Louis Jouvet) \u00ab&nbsp;se place dans la gorge, dans le ventre, dans la t\u00eate&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;dans le masque&nbsp;\u00bb (p. 41) en souvenir des Grecs qui amplifiaient leur voix gr\u00e2ce \u00e0 leur masque dans les immenses th\u00e9\u00e2tres en plein air. (Tous les spectateurs d\u2019aujourd\u2019hui auront remarqu\u00e9 que les jeunes com\u00e9diens ne savent en g\u00e9n\u00e9ral plus porter leur voix, qu\u2019ils ont besoin de micros (\u00ab&nbsp;micro-t\u00eates \u2013&nbsp;micros-cravates&nbsp;\u2013 micro-casques&nbsp;\u00bb) et d\u2019un \u00ab&nbsp;sondier&nbsp;\u00bb en r\u00e9gie pour se faire entendre. <em>O tempora, o mores<\/em>&nbsp;!).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9moire c\u2019est \u00ab&nbsp;deux mois deux heures par jour de dix heures \u00e0 midi \u2013&nbsp;apr\u00e8s on est cuit&nbsp;\u00bb (p. 43), puis viendront les italiennes, les allemandes. Les murs, il y a ceux qu\u2019il faut d\u00e9foncer pour trouver son personnage et, bien s\u00fbr, ce \u00ab&nbsp;quatri\u00e8me mur&nbsp;\u00bb qui isole du public&nbsp;: \u00ab&nbsp;ils me regardent derri\u00e8re leur masque d\u2019entomologiste des catastrophes humaines&nbsp;\u00bb (p. 45). Arrive alors le chapitre sur Les autres, les spectateurs, dont les motivations sont si vari\u00e9es, qui guettent le moment de v\u00e9rit\u00e9 \u2013&nbsp;postillon du trag\u00e9dien, fou rire, trou de m\u00e9moire&nbsp;\u2013 et qu\u2019il va falloir \u00e0 tout prix convaincre. Les mots, c\u2019est comment dire son texte, \u00e0 propos d\u2019un exemple tout simple, une premi\u00e8re r\u00e9plique, \u00ab&nbsp;Qui est l\u00e0&nbsp;?&nbsp;\u00bb qui peut se prononcer avec tant d\u2019intentions diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et Le sens dans tout \u00e7a&nbsp;? Notte ne doute pas \u2013&nbsp;on l\u2019a vu plus haut&nbsp;\u2013 que le th\u00e9\u00e2tre doive \u00eatre autre chose qu\u2019un simple divertissement (d\u2019ailleurs ce mot, celui qui pourrait pourtant venir en premier \u00e0 l\u2019esprit, est absent des deux livres, sauf erreur). Il faut, \u00e9crit-il, non seulement \u00ab&nbsp;jouer \u00e0 construire ensemble des \u00e9bauches de la beaut\u00e9&nbsp;\u00bb, mais \u00ab&nbsp;prendre de la hauteur et sauver le monde \u2013&nbsp;et sa peau en increvables b\u00e2tisseurs de cath\u00e9drales \u00e9ph\u00e9m\u00e8res [\u2026] pour que chacun y trouve sa place, pour se r\u00e9unir se rassembler se ressouder se r\u00e9concilier&nbsp;\u00bb (p. 63).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sauvera-t-on le monde \u00e0 force de b\u00e2tir des cath\u00e9drales \u00e9ph\u00e9m\u00e8res&nbsp;? Il faut beaucoup d\u2019optimisme pour croire cela possible. On voit bien qu\u2019il y a deux sortes de praticiens du th\u00e9\u00e2tre (auteurs, metteurs en sc\u00e8ne, com\u00e9diens), ceux qui cultivent le divertissement et ceux qui se sentent investis d\u2019une mission proprement politique. Les deux ayant en outre l\u2019objectif de gagner leur vie avec leur m\u00e9tier, mais avec \u00e9videmment des strat\u00e9gies diff\u00e9rentes vis-\u00e0-vis des institutions. Notte semble vouloir s\u2019inscrire r\u00e9solument dans la seconde mouvance, encore que ses propres pi\u00e8ces ne soient pas syst\u00e9matiquement engag\u00e9es. L\u2019avant-dernier chapitre, avant Le retour, est consacr\u00e9 aux Saluts&nbsp;: \u00ab&nbsp;ils feront du bruit pour avoir le dernier mot&nbsp;\u00bb et pendant ces instants o\u00f9 tous les malheurs du monde et les petites mis\u00e8res qui accablent sont encore mis de c\u00f4t\u00e9, \u00ab&nbsp;j\u2019aurai l\u2019humilit\u00e9 d\u2019un faux-cul d\u2019hypocrite qui baisse les yeux \u2013&nbsp;qui fait son tour et puis s\u2019en va&nbsp;\u00bb et puis \u00ab&nbsp;je rentrerai vo\u00fbt\u00e9 sans bras sans jambes sans voix \u2013&nbsp;corps de pantin us\u00e9&nbsp;\u00bb (p. 67).<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-content\/uploads\/sites\/34\/2026\/03\/Selim-Lander.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-101\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>Selim Lander<\/strong> vit en Martinique (Antilles fran\u00e7aises). Ses critiques apparaissent dans les revues \u00e9lectroniques <a href=\"https:\/\/mondesfrancophones.com\" data-type=\"link\" data-id=\"mondesfrancophones.com\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">mondesfrancophones.com<\/a>, <a href=\"https:\/\/madinin-art.net\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">madinin-art.net<\/a>, et dans la revue Esprit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2026 Selim Lander<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em>,&nbsp;#33, June 2026<br>e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":102,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-100","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-book-reviews"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-content\/uploads\/sites\/34\/2026\/03\/featured-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":170,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions\/170"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/media\/102"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/33\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}