{"id":644,"date":"2025-11-18T14:58:55","date_gmt":"2025-11-18T14:58:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/?p=644"},"modified":"2025-11-28T16:15:07","modified_gmt":"2025-11-28T16:15:07","slug":"taire-mon-antigone-mythe-dhier-realite-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/taire-mon-antigone-mythe-dhier-realite-daujourdhui\/","title":{"rendered":"<em>Taire, Mon Antigone<\/em> &#8211; Mythe d&#8217;hier, r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;aujourd&#8217;hui"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Selim Lander<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#e3c7ca\"><em>Taire, mon Antigone<\/em> de Tamara Al Saadi (\u00e9criture et mise en sc\u00e8ne), cr\u00e9\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre Dijon Bourgogne le 16 janvier 2025 avec Manon Combes, Ryan Larras, Mohammed Louridi, El\u00e9onore Mallo, Bachar Mar-Khalif\u00e9, Fabio Meschini, Chlo\u00e9 Monteiro, Mayya Sanbar, Tatiana Spivakova, Isma\u00ebl Tifouche Nieto, Marie Tirmont, Cl\u00e9mentine Vignais. Chor\u00e9graphie&nbsp;: Sonia Al Khadir&nbsp;; sc\u00e9nographie&nbsp;: Tamara Al Saadi et Jennifer Montesantos&nbsp;; lumi\u00e8res&nbsp;: Jennifer Montesantos&nbsp;; musiques&nbsp;: El\u00e9onore Mallo, Bachar Mar-Khalif\u00e9, Fabio Meschini&nbsp;; costumes&nbsp;: P\u00e9tronille Salom\u00e9. Vu \u00e0 Aix-en-Provence, au th\u00e9\u00e2tre du Jeu de paume le 2 octobre 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Tamara Al Saadi n\u00e9e en 1986 \u00e0 Bagdad, franco-irakienne, pass\u00e9e par le Conservatoire national d\u2019art dramatique, a d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 avec sa compagnie La Base sept pi\u00e8ces, depuis <em>Place<\/em> couronn\u00e9e lors du festival du th\u00e9\u00e2tre \u00e9mergent \u00ab&nbsp;Impatience&nbsp;\u00bb en 2019 jusqu\u2019\u00e0 <em>Taire <\/em>en 2025, soit une pi\u00e8ce par an&nbsp;! L\u2019auteure qui a souvent travaill\u00e9 avec des adolescents met en sc\u00e8ne quelques-uns d\u2019entre eux dans cette pi\u00e8ce aux nombreux personnages, \u00e0 commencer par Eden, la protagoniste du second volet de <em>Taire<\/em> qui juxtapose deux histoires&nbsp;: celle de l\u2019Antigone du mythe et celle d\u2019une enfant d\u2019aujourd\u2019hui ballott\u00e9e de familles d\u2019accueil en foyers sous la surveillance d\u2019\u00e9ducateurs sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"400\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image1-4.jpg?resize=300%2C400&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-646\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image1-4.jpg?w=300&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image1-4.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Chlo\u00e9 Monteiro (Eden) et Mohamed Louridi (Bachir). Eden\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai peur des images que \u00e7a va cr\u00e9er dans ma t\u00eate\u00a0\u00bb. Photo\u00a0: Christophe Raynaud de Lage<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-white-background-color has-background has-small-font-size\"><em>Nous on est des encombrants.<\/em><br><em>On ne sait pas o\u00f9 nous foutre.<\/em><br><em>On est la cons\u00e9quence d\u2019un truc qui a mal tourn\u00e9 et qui nous pr\u00e9destine \u00e0 mal tourner.<\/em><br><em>On veut nous oublier pour nous effacer.<\/em><br><em>On est coupable des erreurs qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s.<\/em><br><em>On a peur et on fait peur.<\/em><br><em>Il para\u00eet que je suis un danger en devenir et je finis par le croire.<\/em><br><em>Je dois louer ma place sur terre et avec z\u00e9ro thune et \u00e0 chaque inspiration je fais carotte.<\/em><br><em>On est pas des enfants.<\/em><br><em>On, est des mineurs.<\/em><br><em>On nous a plac\u00e9s sous terre.<\/em><br>(extrait du monologue d\u2019Eden)<\/p>\n\n\n\n<p>Cette deuxi\u00e8me partie est passionnante. Tamara Al Saadi, servie par une interpr\u00e8te puissante, Chlo\u00e9 Monteiro (n\u00e9e en 1998), rend absolument cr\u00e9dible la trajectoire de cette \u00ab&nbsp;enfant de l\u2019Assistance&nbsp;\u00bb sur qui s\u2019accable le mauvais sort (une m\u00e8re perturb\u00e9e, incapable de s\u2019occuper d\u2019elle, les familles d\u2019accueil qui se succ\u00e8dent, plus ou moins bien attentionn\u00e9es, les interm\u00e8des dans le foyer o\u00f9 elle se trouve en butte \u00e0 ses camarades et aux \u00e9ducatrices) et qui finit par \u00ab&nbsp;disjoncter&nbsp;\u00bb&nbsp;: la petite fille mod\u00e8le devient une adolescente r\u00e9volt\u00e9e et ing\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<p>Une succession de sc\u00e8nes dramatiques, le plus souvent poignantes, rend compte de cette descente en enfer. Certaines qu\u2019on n\u2019oublie pas&nbsp;: celle o\u00f9 la premi\u00e8re famille d\u2019accueil se voit d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de l\u2019enfant auquel elle s\u2019est attach\u00e9e par une responsable de l\u2019Aide Sociale \u00e0 l\u2019Enfance (ASE) incapable de la moindre humanit\u00e9&nbsp;; celle du dortoir o\u00f9 les filles se racontent dans les termes les plus crus&nbsp;; celle du repas o\u00f9 Eden se fait traiter en esclave par l\u2019assistante familiale&nbsp;; la sc\u00e8ne finale o\u00f9 la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9demption est esquiss\u00e9e, \u2026 seulement esquiss\u00e9e. Malgr\u00e9 la tentative d\u2019une relation amicale avec un camarade de classe, rien dans cette histoire ne peut arracher Eden \u00e0 la fatalit\u00e9. On pourrait peut-\u00eatre consid\u00e9rer que c\u2019est un peu trop, tant d\u2019\u00e9preuves qui s\u2019abattent sur une seule t\u00eate, h\u00e9las on sait que les enfants de l\u2019ASE ont souvent des destin\u00e9es bien malheureuses.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"450\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image2-5.jpg?resize=300%2C450&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-647\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image2-5.jpg?w=300&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image2-5.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fabio Meschini (guitariste), Isma\u00ebl Tifouche Nieto, Cl\u00e9mentine Vignais (Ism\u00e8ne, \u00e0 genoux) et Manon Combes (Cr\u00e9on, assis en haut), Maya Sambar (Antigone, de dos). Ism\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne sommes que des femmes, nous sommes donc trop agies par nos \u00e9motions\u00a0\u00bb. Photo\u00a0: Christophe Raynaud de Lage<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Si <em>Taire<\/em> m\u00e9rite d\u2019\u00eatre vue, c\u2019est donc avant tout pour l\u2019histoire d\u2019Eden. Il faut dire que reprendre \u00e0 nouveaux frais le mythe d\u2019Antigone \u00e9tait une gageure. En l\u2019occurrence, Tamara Al Saadi a choisi de se d\u00e9marquer de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en rendant son Antigone enti\u00e8rement muette&nbsp;: pr\u00e9sente dans de nombreuses sc\u00e8nes, elle ne prendra jamais la parole.<\/p>\n\n\n\n<p>Un personnage muet peut se montrer captivant. On pense ici par exemple \u00e0 la pi\u00e8ce <em>Acting<\/em> de Xavier Durringer avec Niels Arestrup, Kad Merad et un Patrick Bosso en observateur silencieux qu\u2019on ne pouvait quitter des yeux. Ici, par contre, on voit mal pourquoi Antigone, quelles que soient les circonstances, refuse de s\u2019exprimer, y compris lors de la sc\u00e8ne avec Polynice, lequel a franchi clandestinement les remparts de Th\u00e8bes uniquement pour la voir. Par ailleurs, autant la langue des personnages de la partie Eden fait mouche, autant celle de la partie Antigone para\u00eet souvent artificielle et ampoul\u00e9e, ainsi dans cette r\u00e9plique d\u2019\u00c9t\u00e9ocle s\u2019adressant \u00e0 Polynice&nbsp;: \u00ab&nbsp;Votre vie ne tient qu\u2019\u00e0 un fil, imposteur. Je vous conseille de passer votre chemin et d\u2019oublier cette cit\u00e9 qui ne vous reconna\u00eet pas&nbsp;\u00bb. Les deux expressions toutes faites (la vie ne tient qu\u2019\u00e0 un fil, passez votre chemin) iraient mieux dans une com\u00e9die que dans une sc\u00e8ne dramatique entre deux fr\u00e8res qui finiront par s\u2019entretuer. Parfois, au contraire, la langue, n\u00e9glig\u00e9e, appara\u00eet anachronique comme dans la r\u00e9plique du garde qui accompagne la troisi\u00e8me photo. Sans doute, toute cette partie apprendra-t-elle quelque chose \u00e0 ceux des spectateurs qui n\u2019auraient jamais entendu parler d\u2019Antigone, cependant pour les autres cette langue qui sonne souvent faux, l\u2019attitude incompr\u00e9hensible d\u2019Antigone (constamment r\u00e9duite au silence sauf un mot qui conclut la pi\u00e8ce, elle n\u2019explique donc pas pourquoi elle se devait d\u2019enfreindre l\u2019ordre de Cr\u00e9on et d\u2019enterrer Polynice) ne facilitent pas l\u2019adh\u00e9sion.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"602\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image3-4.jpg?resize=800%2C602&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-648\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image3-4.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image3-4.jpg?resize=300%2C226&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/image3-4.jpg?resize=768%2C578&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Tatiana Spivakova, Manon Combes (Cr\u00e9on), \u00c9l\u00e9onore Mallo (bruiteuse), Mohamed Louridi (le garde). Le garde\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n\u2019est m\u00eame pas un corps, c\u2019est un truc qui \u00e9tait vivant mais qui n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s int\u00e9ressant\u00a0\u00bb. Photo\u00a0: Christophe Raynaud de Lage<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ces remarques ne sauraient faire oublier la magie de la mise en sc\u00e8ne, la virtuosit\u00e9 des com\u00e9diens qui endossent sans coup faillir plusieurs r\u00f4les (ils ne sont que douze pour vingt-six personnages), l\u2019intelligence du d\u00e9cor avec des passerelles amovibles, la fa\u00e7ade d\u2019un b\u00e2timent (tour \u00e0 tour maison ou palais), les chansons en arabe qui ponctuent la pi\u00e8ce, les jeux d\u2019ombre et de lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Tamara Al Saadi et sa compagnie n\u2019en sont pas \u00e0 leur coup d\u2019essai, ce travail t\u00e9moigne de leur professionnalisme et la partie Eden, servie encore une fois par une interpr\u00e8te \u00e9blouissante dans ce r\u00f4le, est une vraie r\u00e9ussite. Reste le d\u00e9s\u00e9quilibre entre les deux parties et une question finale. Pourquoi avoir voulu juxtaposer des histoires aussi diff\u00e9rentes&nbsp;? Le titre complet, <em>Taire, mon Antigone,<\/em> semble dire que le personnage d\u2019Eden serait une Antigone d\u2019aujourd\u2019hui. Certes, elles sont toutes les deux r\u00e9volt\u00e9es, l\u2019une s\u2019exprimant par ses cris, l\u2019autre par ses silences, mais il y a un monde entre Antigone, h\u00e9ro\u00efne qui se sacrifie pour un principe moral et Eden qui n\u2019a d\u2019autre id\u00e9al que celui d\u2019\u00eatre aim\u00e9.<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-thumbnail alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/Selim-Lander.jpg?resize=150%2C150&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-460\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/Selim-Lander.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/Selim-Lander.jpg?w=200&amp;ssl=1 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>Selim Lander<\/strong> vit en Martinique (Antilles fran\u00e7aises). Ses critiques paraissent dans la revue \u00e9lectronique <a href=\"https:\/\/mondesfrancophones.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">mondesfrancophones.com<\/a> et dans la revue <em>Esprit<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2025 Selim Lander<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em>,\u00a0#32, December 2025<br>e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png?w=800&#038;ssl=1\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":645,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-644","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/32\/wp-content\/uploads\/sites\/33\/2025\/11\/featured-4.jpg?fit=800%2C533&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/644","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=644"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/644\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":650,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/644\/revisions\/650"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/media\/645"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=644"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=644"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/32\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=644"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}