{"id":607,"date":"2024-12-04T13:09:48","date_gmt":"2024-12-04T13:09:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/?p=607"},"modified":"2024-12-04T21:15:37","modified_gmt":"2024-12-04T21:15:37","slug":"le-dom-juan-de-moliere-makeieff-decapant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/le-dom-juan-de-moliere-makeieff-decapant\/","title":{"rendered":"Le Dom Juan de Moli\u00e8re\/Make\u00efeff\u00a0: d\u00e9capant\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Selim Lander<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#e3c7ca\"><em>Dom Juan<\/em> de Moli\u00e8re\/Make\u00efeff. Compagnie \u00ab&nbsp;Mademoiselle&nbsp;\u00bb. Macha Make\u00efeff&nbsp;: mise en sc\u00e8ne, d\u00e9cor, costumes. Xavier Gallais (dom Juan), Vincent Winterhalter (Sganarelle), Irina Solano (Elvire), Pascal Ternisien (dom Luis, Monsieur Dimanche), Jeanne-Marie L\u00e9vy (une Libertine, musicienne), Xaverine Lefebvre (Charlotte, une Libertine, le Commandeur), Khadija Kouyat\u00e9 (Mathurine, une Libertine), Joaquim Fossi (dom Alfonse, Pierrot, Cuisinier), Anthony Moudir (dom Carlos, Gusman, le Pauvre). En tourn\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence, du 15 au 17 octobre 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>Les spectateurs aixois ont eu bien de la chance de pouvoir assister \u00e0 trois repr\u00e9sentations de ce <em>Dom Juan<\/em>, cr\u00e9\u00e9 au TNP-Villeurbanne (France) en mars, par Macha Make\u00efeff qui s\u2019\u00e9tait d\u2019abord fait conna\u00eetre dans les ann\u00e9es 1990 comme la co-directrice des \u00ab&nbsp;Deschiens&nbsp;\u00bb avec J\u00e9r\u00f4me Deschamps, qui fut directrice de La Cri\u00e9e \u00e0 Marseille de 2011 \u00e0 2022, d\u00e9coratrice, costumi\u00e8re pour quelques op\u00e9ras&#8230; Elle est surtout connue d\u00e9sormais pour ses mises en sc\u00e8ne au sein de sa compagnie \u00ab&nbsp;Mademoiselle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Son <em>Dom Juan<\/em>, qui porte un soin particulier \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique, fait appel \u00e0 Xavier Gallais dans le r\u00f4le titre et \u00e0 Vincent Winterhalter en Sganarelle. La mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s personnelle, loin de jouer sur la pr\u00e9sence d\u2019un s\u00e9ducteur magnifique dans un d\u00e9cor somptueux, a choisi le parti inverse&nbsp;: tout se passe dans un salon un peu d\u00e9cati avec un lit dans une alc\u00f4ve cach\u00e9 par un rideau, un clavecin \u00e0 jardin (son coffre contient des v\u00eatements f\u00e9minins en d\u00e9sordre et c\u2019est de l\u00e0 que sortira l\u2019\u00e9p\u00e9e, le moment venu), une table-tr\u00e9teaux \u00e0 cour, un corbeau empaill\u00e9 dans une vitrine. \u00c0 cour encore, deux fen\u00eatres \u00e0 l\u2019\u00e9tage \u00e0 travers lesquelles certains personnages peuvent observer ce qui se passe plus bas, dans le salon. La seule \u00e9l\u00e9gance du d\u00e9cor tient \u00e0 la grande porte-verri\u00e8re en fond de sc\u00e8ne, ouvrant directement sur l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"400\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-609\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-2.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-2-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-2-768x384.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dom Juan\u00a0: \u00ab\u00a0Oh \u00e7a\u00a0! Monsieur Dimanche, sans fa\u00e7on, voulez-vous souper avec moi\u00a0?\u00a0\u00bb De gauche \u00e0 droite : Vincent Winterhalter (Sganarelle), Pascal Ternisien (Monsieur Dimanche), Xaverine Lefebvre (Libertine), Khadija Kouyat\u00e9 (Libertine), Xavier Gallais (Dom Juan). Photo\u00a0:\u00a0Juliette Parisot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Dom Juan sortira du lit, en cheveux, v\u00eatu d\u2019une sorte de pyjama noir qui sera son habit jusqu\u2019au bout, Sganarelle para\u00eetra plus noblement par\u00e9. Ce Dom Juan-l\u00e0 fut beau sans doute, il demeure capable de s\u00e9duire, mais son \u00e9lan vital semble quelque peu diminu\u00e9. S\u2019il demeure cynique, c\u2019est dans une sorte de second degr\u00e9. Il est entour\u00e9 par trois femmes, dont une musicienne et deux autres plus jeunes que nous verrons sortir successivement de son lit. La beaut\u00e9 de cette mise en sc\u00e8ne tient beaucoup \u00e0 ces deux personnages qui, quoique muets (ils n\u2019existent pas chez Moli\u00e8re), contribuent tr\u00e8s efficacement \u00e0 dessiner le <em>Dom Juan<\/em> de Macha Make\u00efeff.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019unit\u00e9 de lieu, loin de nuire \u00e0 la lecture de la pi\u00e8ce, ne fait que l\u2019enrichir. Par exemple, dans la sc\u00e8ne entre Charlotte et Pierrot (acte 2, sc\u00e8ne 1), quand Charlotte prononce cette phrase&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne m\u2019as tu pas dit, Piarrot, qu\u2019il y en a un qu\u2019est bien pu mieux fait que les autres&nbsp;?&nbsp;\u00bb, elle regarde Dom Juan qui assiste, assis dans un fauteuil, \u00e0 la sc\u00e8ne qui se d\u00e9roule sur la table-tr\u00e9teaux. La sc\u00e8ne o\u00f9 Dom Juan sauve Dom Carlos, escamot\u00e9e par Moli\u00e8re, est ici mim\u00e9e par Sganarelle, post\u00e9 pr\u00e8s de la porte grande ouverte donnant sur l\u2019ext\u00e9rieur et qui observe de loin le combat. <em>Idem<\/em> pour l\u2019invitation \u00e0 d\u00eener du commandeur&nbsp;: c\u2019est alors Dom Juan qui, du m\u00eame poste, encourage Sganarelle hors de vue. \u00c0 la fin, au lieu d\u2019une statue du commandeur, c\u2019est plut\u00f4t son fant\u00f4me qui appara\u00eetra, en l\u2019esp\u00e8ce de l\u2019une des deux jeunes femmes habill\u00e9e en gentilhomme dans un costume blanc.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-608\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-1.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Interm\u00e8de musical. De gauche \u00e0 droite\u00a0: Vincent Winterhalter (Sganarelle), Xavier Gallais (Dom Juan), Khadija Kouyat\u00e9 (danse), Xaverine Lefebvre (danse). Photo\u00a0: Juliette Parisot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La pi\u00e8ce commence sans parole avec une premi\u00e8re sc\u00e8ne dans laquelle deux com\u00e9diens sortent et ressortent sans arr\u00eat en utilisant les trois petites portes \u00e0 jardin, comme pour attiser notre impatience. Enfin, le rideau du lit s\u2019\u00e9carte laissant appara\u00eetre l\u2019une des deux jeunes femmes, en nuisette, qui accomplit un simulacre de toilette avec une \u00e9ponge sortie d\u2019une bassine pos\u00e9e sur le clavecin. Ensuite seulement d\u00e9bute la premi\u00e8re sc\u00e8ne par la tirade de Sganarelle o\u00f9 celui-ci se trompera expr\u00e8s&nbsp;: au lieu de dire \u00ab&nbsp;Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n\u2019est rien d\u2019\u00e9gal au tabac&nbsp;\u00bb, il remplace \u00ab&nbsp;tabac&nbsp;\u00bb par \u00ab&nbsp;th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb, avant de se reprendre. Un premier clin d\u2019\u0153il aux spectateurs, qui n\u2019\u00e9tait pas, celui-l\u00e0, chez Moli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il faut s\u2019amender&nbsp;; encore vingt ou trente ans de cette vie-ci, et puis nous songerons \u00e0 nous&nbsp;\u00bb (acte 4, sc\u00e8ne 7). Dans cette phrase \u00e9clate toute la philosophie de Dom Juan. Loin du <em>carpe diem <\/em>des philosophes, il entend ne reculer devant rien, aucune des vilenies n\u00e9cessaires \u00e0 ses plaisirs. Comme indiqu\u00e9 au d\u00e9but du cinqui\u00e8me acte, il est m\u00eame pr\u00eat \u00e0 feindre un mode de vie exemplaire si cela lui permet, dit-il, de \u00ab&nbsp;m\u00e9nager un p\u00e8re dont j\u2019ai besoin, et me mettre \u00e0 couvert, du c\u00f4t\u00e9 des hommes, de cent f\u00e2cheuses aventures qui pourraient m\u2019arriver [\u2026] L\u2019hypocrisie est un vice privil\u00e9gi\u00e9, qui de sa main ferme la bouche \u00e0 tout le monde et jouit en repos d\u2019une impunit\u00e9 souveraine&nbsp;\u00bb. On n\u2019a pas fait mieux, depuis Moli\u00e8re, pour d\u00e9noncer les vices de la soci\u00e9t\u00e9. Le personnage \u00e9ponyme de <em>Dom Juan<\/em>, au fond, est l\u2019exact sym\u00e9trique de celui du <em>Tartuffe<\/em> (mis en sc\u00e8ne par Macha Make\u00efeff \u00e0 La Cri\u00e9e en 2021), d\u2019abord ouvertement cynique puis carr\u00e9ment hypocrite alors que Tartuffe conna\u00eet l\u2019\u00e9volution inverse.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"224\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-610\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-3.jpg 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-3-300x168.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Charlotte\u00a0: \u00ab\u00a0Est-il encore cheux toi tout nu, Piarrot\u00a0?\u00a0\u00bb De gauche \u00e0 droite\u00a0: Joaquim Fossi (Pierrot), Xaverine Lefebvre (Charlotte), Anthony Moudir (Gusman), Khadija Kouyat\u00e9 (Mathurine). Photo\u00a0: Juliette Parisot<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Faut-il faire dire davantage \u00e0 cette pi\u00e8ce&nbsp;? Sans doute prise par l\u2019ambiance de notre \u00e9poque, Macha Make\u00efeff a tenu \u00e0 faire d\u2019Elvire une h\u00e9ro\u00efne du f\u00e9minisme. \u00ab&nbsp;Je veux faire entendre, \u00e9crit-elle dans une note de travail, une r\u00e9bellion de femme contre un destin assign\u00e9 \u00e0 l\u2019humiliation, au d\u00e9classement par le d\u00e9sir tout puissant d\u2019un homme&nbsp;\u00bb. Le texte n\u2019est gu\u00e8re en accord avec cette interpr\u00e9tation, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire. Quand Elvire vient revoir Dom Juan dans l\u2019espoir de le convaincre de se corriger, elle s\u2019exprime ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le Ciel [\u2026] n\u2019a laiss\u00e9 dans mon c\u0153ur pour vous qu\u2019une flamme \u00e9pur\u00e9e de tout le commerce des sens, une tendresse toute sainte, un amour d\u00e9tach\u00e9 de tout, qui n\u2019agit point pour soi et ne se met en peine que de votre int\u00e9r\u00eat&nbsp;\u00bb. Difficile de voir dans cette sc\u00e8ne la femme rebelle. D\u2019autant que la mise en sc\u00e8ne lui conc\u00e8de un moment de vraie faiblesse au moment o\u00f9 Dom Juan la prend dans ses bras et esquisse avec elle quelques pas de danse&nbsp;: elle ne se d\u00e9livrera de cette \u00e9treinte que lorsqu\u2019il tentera de lui arracher un baiser. Il se trouve par ailleurs que l\u2019interpr\u00e8te d\u2019Elvire, quoique com\u00e9dienne exp\u00e9riment\u00e9e, est apparue \u2013&nbsp;au moins ce soir-l\u00e0&nbsp;\u2013 comme le point faible de la distribution.<\/p>\n\n\n\n<p>On a mentionn\u00e9 plus haut les deux personnages f\u00e9minins de jeunes femmes ajout\u00e9s par Macha Make\u00efeff. L\u2019une, Khadija Kouyat\u00e9, est noire et de taille normale, l\u2019autre, Xaverine Lefebvre, est blanche, tr\u00e8s grande et filiforme. Elles endosseront d\u2019autre r\u00f4les que celui de ma\u00eetresse de Dom Juan, mais en tant que telles elles demeurent muettes et n\u2019apportent que leur gr\u00e2ce et leur beaut\u00e9, en particulier dans des interm\u00e8des imagin\u00e9s par la metteuse en sc\u00e8ne. Cette derni\u00e8re pr\u00e9sente les trois personnages f\u00e9minins ajout\u00e9s comme des \u00ab&nbsp;libertines&nbsp;\u00bb (voir la distribution d\u00e9taill\u00e9e). Muettes et purement d\u00e9coratives, elles apparaissent plut\u00f4t comme des sortes de domestiques \u00e0 la disposition du ma\u00eetre. Certes, le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est appel\u00e9 parfois \u00ab&nbsp;le si\u00e8cle des libertins&nbsp;\u00bb mais sous le r\u00e8gne de Louis XIV, apr\u00e8s 1661, apr\u00e8s que le roi eut affirm\u00e9 son autorit\u00e9, le libertinage sexuel des Grands, femmes comme hommes, n\u2019\u00e9tait plus de saison et Dom Juan (la pi\u00e8ce date de 1665) doit promettre le mariage pour assurer ses conqu\u00eates. Si les d\u00e9pravations sexuelles de certains membres masculins de la noblesse se sont bien s\u00fbr poursuivies, ils avaient recours \u00e0 des prostitu\u00e9es ou des femmes du peuple sans d\u00e9fense (comme on le voit dans la pi\u00e8ce). Il est donc tout \u00e0 fait improbable \u2013&nbsp;et cela ne correspond de toute fa\u00e7on pas au texte&nbsp;\u2013 que Dom Juan ait pu s\u2019entourer de femmes \u00ab&nbsp;libertines&nbsp;\u00bb au sens de femmes ind\u00e9pendantes pratiquant la libert\u00e9 sexuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Macha Make\u00efeff \u00e9choue donc doublement \u00e0 faire de <em>Dom Juan<\/em> une pi\u00e8ce f\u00e9ministe, elle a r\u00e9ussi, avec son Dom Juan fatigu\u00e9 et presque mis\u00e9rable \u00e0 renouveler la vision habituelle de ce personnage si c\u00e9l\u00e8bre et sa mise en sc\u00e8ne tr\u00e8s inventive ravit de bout en bout.<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/Selim-Lander.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-611\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a>Les critiques de <strong>Selim Lander<\/strong> paraissent dans la revue Esprit, sur <a href=\"http:\/\/mondesfrancophones.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">mondesfrancophones.com<\/a> et <a href=\"http:\/\/madinin-art.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Madinin-art.net<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2024 Selim Lander<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em>,&nbsp;#30, Dec. 2024<br>e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":608,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-607","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-content\/uploads\/sites\/31\/2024\/12\/PER-dom-juan-photo-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/607","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=607"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/607\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":612,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/607\/revisions\/612"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/media\/608"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=607"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=607"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/30\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=607"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}