{"id":264,"date":"2016-02-17T18:47:59","date_gmt":"2016-02-17T18:47:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/?p=264"},"modified":"2022-05-29T09:21:08","modified_gmt":"2022-05-29T09:21:08","slug":"lipsynch-lorsque-dure-lenchantement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/lipsynch-lorsque-dure-lenchantement\/","title":{"rendered":"Lipsynch : Lorsque dure l\u2019enchantement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Michel Va\u00efs<\/strong><a href=\"#end1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-265\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1275459941.png\" alt=\"1275459941\" width=\"180\" height=\"254\" \/><\/p>\n<p><strong><em>Lipsynch<\/em><\/strong> (2008). <em>Texte co\u00e9crit<\/em> par Robert Lepage et Marie Gignac, avec la collaboration des com\u00e9diens Fr\u00e9d\u00e9rike B\u00e9dard, Carlos Belda, Rebecca Blankenship, Lise Castonguay, John Cobb, Nuria Garcia, Sarah Kemp, Rick Miller et Hans Piesbergen. <em>Mise en sc\u00e8ne <\/em>: Robert Lepage assist\u00e9 de F\u00e9lix Dagenais. <em>S<\/em><em>c\u00e9nographie <\/em>: Jean Hazel. <em>\u00c9clairages <\/em>: \u00c9tienne Boucher. <em>Environnement<\/em> <em>sonore <\/em>: Jean-S\u00e9bastien C\u00f4t\u00e9.<em>Costumes <\/em>: Yasmina Gigu\u00e8re. <em>Accessoires <\/em>: Virginie Leclerc.<em>R\u00e9alisation<\/em> <em>des<\/em> <em>images <\/em>: Jacques Collin. <em>Coproduction<\/em> d\u2019Ex Machina et du Th\u00e9\u00e2tre Sans Fronti\u00e8res de Newcastle, cr\u00e9\u00e9e en 2008, pr\u00e9sent\u00e9e en tourn\u00e9e mondiale depuis, et notamment \u00e0 Montr\u00e9al (Qu\u00e9bec, Canada), au <em>Th\u00e9\u00e2tre Denise-Pelletier<\/em>, mars 2010.<\/p>\n<p>Depuis plus d\u2019un quart de si\u00e8cle, le Qu\u00e9b\u00e9cois Robert Lepage alterne les spectacles solos et les sagas. Apr\u00e8s <em>la Trilogie des dragons<\/em> (1985) et <em>les Sept Branches de la rivi\u00e8re Ota<\/em> (1994), et cinq solos, voici une pi\u00e8ce qui a connu sa longueur \u2013 sinon sa version \u2013 d\u00e9finitive en 2008. <em>Lipsynch<\/em> dure 9 heures, ce qui inclut quatre pauses de 20 minutes et un entracte de 45 minutes pour manger. On peut voir le spectacle en trois soir\u00e9es ou en une seule s\u00e9ance marathon, ce que j\u2019ai choisi en toute confiance. On entre dans le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 13h et on en ressort \u00e0 22h. Sans aucun effort, je suis rest\u00e9 bien r\u00e9veill\u00e9 alors que parfois, des pi\u00e8ces d\u2019une heure parviennent sans peine \u00e0 m\u2019endormir. C\u2019est que dans cette nouvelle saga de Robert Lepage, il y a toujours quelque chose qui nous tient en haleine, y compris pendant les transitions entre les tableaux, qui sont soit dramatis\u00e9es soit trait\u00e9es comme des \u0153uvres d\u2019art abstraites. Je recommande donc ce choix qui permet de bien \u00ab s\u2019installer \u00bb dans la dur\u00e9e de la fresque spectaculaire, et de s\u2019abandonner au suspense qui ne nous quitte pas, de la premi\u00e8re sc\u00e8ne jusqu\u2019\u00e0 la fin. En outre, d\u2019une pause \u00e0 l\u2019autre, on se met \u00e0 discuter avec les autres spectateurs, car nous partageons tous une m\u00eame aventure, un m\u00eame enchantement. Le th\u00e9\u00e2tre nous donne rarement de telles occasions de socialiser.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re cr\u00e9ation du ma\u00eetre de l\u2019image tranche avec ses pr\u00e9c\u00e9dents spectacles puisqu\u2019elle traite cette fois de la voix et, par extension, de la parole, de la langue, du langage, bref, de la communication verbale. La voix est donc pr\u00e9sente sous toutes ses coutures : cri du nourrisson ou organe du com\u00e9dien expert en postsynchronisation (<em>lipsynch<\/em>, en anglais), devant doubler un film ; voix envo\u00fbtante d\u2019une cantatrice ou absente d\u2019un p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dont la fille a oubli\u00e9 le son ; voix que la technologie permet de modifier aujourd\u2019hui ; voix de l\u2019aphasique et voix qui s\u2019exprime dans divers idiomes, y compris dans une langue invent\u00e9e. On entend m\u00eame parler avec assurance et autorit\u00e9 une voiture, un banal r\u00e9pondeur t\u00e9l\u00e9phonique, un magn\u00e9to ou, signe des temps, un r\u00e9frig\u00e9rateur.<\/p>\n<p>En neuf heures, neuf personnages principaux (plus quelque 150 secondaires), interpr\u00e9t\u00e9s par autant d\u2019acteurs de divers pays \u2013 ayant tous contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation par des improvisations dirig\u00e9es \u2013, vivent sous nos yeux des pans essentiels de leur histoire personnelle. Ces parcours, comme nous y a habitu\u00e9 Lepage, se croisent et s\u2019entrelacent sur plus d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration. La voix, fil conducteur et ciment des histoires, synonyme d\u2019identit\u00e9, permet de remonter jusqu\u2019\u00e0 la source de l\u2019\u00e9motion. Trois des com\u00e9diens sont aussi chanteurs (de rock, de jazz, de gr\u00e9gorien, d\u2019op\u00e9ra) ; tous s\u2019expriment en anglais (surtout), fran\u00e7ais, allemand, espagnol (d\u2019Espagne et du Nicaragua : deux accents diff\u00e9rents), mais la plus grande part du spectacle comporte des surtitres. Si bien que l\u2019on comprend tout sans peine, le spectateur ma\u00eetrisant graduellement le langage de l\u2019\u00e9motion. Exceptionnellement convaincants, les com\u00e9diens vont jusqu\u2019\u00e0 traverser les genres avec maestria. Ainsi, John Cobb compose une vieille orthophoniste anglaise, ex aphasique, absolument inoubliable.<\/p>\n<figure id=\"attachment_269\" aria-describedby=\"caption-attachment-269\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-269\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1364320333.jpg\" alt=\"Nuria Garcia dans Lipsynch, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9\" width=\"500\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1364320333.jpg 500w, https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1364320333-300x197.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-269\" class=\"wp-caption-text\">Nuria Garcia dans <i>Lipsynch<\/i>, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_268\" aria-describedby=\"caption-attachment-268\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-268\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1289292733.jpg\" alt=\"John Cobb, Lise Castonguay, Nuria Garcia, dans Lipsynch, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9\" width=\"500\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1289292733.jpg 500w, https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1289292733-300x197.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-268\" class=\"wp-caption-text\">John Cobb, Lise Castonguay, Nuria Garcia, dans <i>Lipsynch<\/i>, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<p>La premi\u00e8re sc\u00e8ne expose avec force un moment cl\u00e9 auquel on fera r\u00e9f\u00e9rence pendant tout le spectacle : une femme meurt doucement dans un avion, entre Francfort et Montr\u00e9al, avec son b\u00e9b\u00e9 dans les bras. Plus que muet, le long tableau est d\u2019un silence pesant. Une cantatrice, Ada (merveilleuse Rebecca Blankenship), qui est t\u00e9moin de la sc\u00e8ne, parviendra plus tard \u00e0 adopter ce b\u00e9b\u00e9. Jeremy, devenu chanteur comme sa m\u00e8re adoptive, partira \u00e0 la recherche de ses racines au Nicaragua apr\u00e8s avoir r\u00e9alis\u00e9 un film mettant en sc\u00e8ne un fantasme de sa m\u00e8re biologique. Dans une autre sc\u00e8ne, une chanteuse de jazz qu\u00e9b\u00e9coise est op\u00e9r\u00e9e au cerveau par un neurochirurgien allemand (il deviendra le conjoint d\u2019Ada), op\u00e9ration qui la laissera temporairement aphasique. Sa s\u0153ur, libraire \u00e0 Qu\u00e9bec, surmonte sa schizophr\u00e9nie en organisant des activit\u00e9s d\u2019animation culturelle et en lisant les po\u00e8mes du Qu\u00e9b\u00e9cois Claude Gauvreau, \u00e9crits dans une langue invent\u00e9e, l\u2019explor\u00e9en. Un \u00e9pisode du spectacle a lieu aux \u00celes Canaries : c\u2019est l\u2019enterrement grotesque du p\u00e8re d\u2019un technicien sonore vivant \u00e0 Londres.<\/p>\n<p>Comme d\u2019habitude, le public suit les destins de tous ces personnages sans difficult\u00e9, tant l\u2019action est limpide, quoique entortill\u00e9e. Toujours aussi ing\u00e9nieux, Lepage use habilement de technologies nouvelles, sonores ou visuelles (ou de technologies anciennes, mais rarement utilis\u00e9es sur une sc\u00e8ne) et ma\u00eetrise par dessus tout l\u2019art de les th\u00e9\u00e2traliser. Il est aid\u00e9 en cela par une arm\u00e9e de deux douzaines de techniciens, qui viennent saluer \u00e0 la fin avec les acteurs. Interrog\u00e9 au sujet de la pr\u00e9sence si forte de travailleurs des coulisses, il explique que certains th\u00e9\u00e2tres fortement syndiqu\u00e9s, o\u00f9 le spectacle est pr\u00e9sent\u00e9, ont des exigences en mati\u00e8re d\u2019emplois sp\u00e9cialis\u00e9s : il y faut un dipl\u00f4me pour brancher un fil ou appuyer sur un bouton. Mais apparemment, la pi\u00e8ce peut aussi \u00eatre jou\u00e9e avec un nombre de techniciens quatre fois moindre.<\/p>\n<p>Sur le plan sc\u00e9nographique, <em>Lipsynch<\/em> offre d\u2019int\u00e9ressants changements de perspectives. L\u2019utilisation de panneaux coulissants, r\u00e9versibles, pivotants, servant d\u2019\u00e9crans transparents ou opaques, multiplie \u00e0 l\u2019infini les possibilit\u00e9s de configuration. On est en avion, dans le m\u00e9tro de Londres, en train, dans des studios d\u2019enregistrement ou une salle d\u2019op\u00e9ration, \u00e0 la chapelle Sixtine, au fond d\u2019un caveau de cimeti\u00e8re espagnol, dans une cuisine ou un salon hupp\u00e9, toujours avec la m\u00eame \u00e9vidence et la m\u00eame clart\u00e9. Parfois, le spectateur assiste \u00e0 un tableau de l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019action \u00e9tant confin\u00e9e \u00e0 une pi\u00e8ce ferm\u00e9e : appartement ou librairie, par exemple. Parfois, on utilise un support filmique (comme des films de famille muets, ou le t\u00e9moignage d\u2019une aphasique), ou des projections fixes (notamment du cerveau humain), qui contribuent \u00e0 construire des images aussi puissantes que m\u00e9morables. Tout cet arsenal technologique se d\u00e9ploie et se transforme avec pr\u00e9cision, en souplesse ; disons-le : cela tient de la prestidigitation. Le summum \u00e0 cet \u00e9gard arrive lorsque des personnages se placent autour d\u2019un piano \u00e0 queue compos\u00e9 de plusieurs images virtuelles, qu\u2019ils finissent par <em>traverser<\/em> et qui dispara\u00eet en un clin d\u2019\u0153il, par enchantement.<\/p>\n<p>On le sait, Lepage aime \u00e9galement remuer les \u00e9motions : amours d\u00e9\u00e7ues, agressions sexuelles, maladies et deuils touchent le spectateur, alors que certaines situations font plut\u00f4t place \u00e0 un comique inattendu, parfois absurde. Cependant, certains personnages (l\u2019inspecteur de police Jackson, le technicien Sebastian) demeurent sch\u00e9matiques, int\u00e9gr\u00e9s dans des tableaux plut\u00f4t anecdotiques ou superficiels. On flirte aussi avec le m\u00e9lodrame, la musique appuyant avec force un jeu plus cin\u00e9matographique que th\u00e9\u00e2tral. Ici, le temps s\u2019\u00e9coule avec lenteur, allant jusqu\u2019\u00e0 suspendre son vol ; l\u00e0, il semble s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, menant le spectateur consentant par le bout du nez. \u00c0 la fin, on est gagn\u00e9 par la simplicit\u00e9 d\u2019une finale chant\u00e9e, d\u2019une intense po\u00e9sie, touchante \u00e0 en arracher les larmes (la Symphonie N<sup>o<\/sup> 3 de Gorecki), et on se dit que Lepage nous a bien eus ! Comme partout dans le monde, les Montr\u00e9alais ont conclu la journ\u00e9e par une longue ovation.<\/p>\n<figure id=\"attachment_267\" aria-describedby=\"caption-attachment-267\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-267\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1237874820.jpg\" alt=\"Rick Miller, John Cobb, Rebecca Blankenship dans Lipsynch, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9\" width=\"500\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1237874820.jpg 500w, https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1237874820-300x198.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-267\" class=\"wp-caption-text\">Rick Miller, John Cobb, Rebecca Blankenship dans <i>Lipsynch<\/i>, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_266\" aria-describedby=\"caption-attachment-266\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-266\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1098132044.jpg\" alt=\"Fr\u00e9d\u00e9rike B\u00e9dard dans Lipsynch, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9\" width=\"500\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1098132044.jpg 500w, https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1098132044-300x198.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-266\" class=\"wp-caption-text\">Fr\u00e9d\u00e9rike B\u00e9dard dans <i>Lipsynch<\/i>, Dir. Robert Lepage \u00a9 \u00c9rick Labb\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-265\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/3\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2016\/02\/1275459941-150x150.png\" alt=\"1275459941\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end1\"><\/a>[1] <strong>Michel Va\u00efs<\/strong> est Docteur en \u00e9tudes th\u00e9\u00e2trales (Universit\u00e9 de Paris 8), a enseign\u00e9 douze ans dans trois universit\u00e9s qu\u00e9b\u00e9coises et anim\u00e9 des \u00e9missions sur le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la Cha\u00eene culturelle de Radio-Canada pendant 21 ans. Il a publi\u00e9 <em>L&#8217;\u00c9crivain sc\u00e9nique<\/em> (Presses de l&#8217;Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, 1978),<em>L&#8217;accompagnateur. Parcours d&#8217;un critique de th\u00e9\u00e2tre<\/em> (Varia, 2005) et l\u2019ouvrage collectif <em>Dictionnaire des artistes du th\u00e9\u00e2tre qu\u00e9b\u00e9cois<\/em> (Qu\u00e9bec Am\u00e9rique, 2008). R\u00e9dacteur en chef de la revue de th\u00e9\u00e2tre <em>Jeu<\/em>, il est secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association internationale des critiques de th\u00e9\u00e2tre depuis 1998.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2010 Michel Va\u00efs<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Va\u00efs[1] Lipsynch (2008). Texte co\u00e9crit par Robert Lepage et Marie Gignac, avec la collaboration des com\u00e9diens Fr\u00e9d\u00e9rike B\u00e9dard, Carlos Belda, Rebecca Blankenship, Lise Castonguay, John Cobb, Nuria Garcia, Sarah Kemp, Rick Miller et Hans Piesbergen. 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