{"id":83,"date":"2022-11-07T20:53:11","date_gmt":"2022-11-07T20:53:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/?p=83"},"modified":"2025-07-02T11:59:38","modified_gmt":"2025-07-02T11:59:38","slug":"marginalisation-pollution-et-migration-dans-la-piece-a-la-peripherie-de-sedef-ecer-defis-et-perspectives-du-questionnement-ecologique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/marginalisation-pollution-et-migration-dans-la-piece-a-la-peripherie-de-sedef-ecer-defis-et-perspectives-du-questionnement-ecologique\/","title":{"rendered":"Marginalisation, pollution et migration dans la pi\u00e8ce <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em> de Sedef Ecer\u00a0: d\u00e9fis et perspectives du questionnement \u00e9cologique"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Christina A. Oikonomopoulou<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Tamar \u2014 La p\u00e9riph\u00e9rie du monde est une poubelle [\u2026]<br>Azad \u2014 Nous, on n\u2019a rien qui nous reste d\u2019avant. Pas d\u2019attaches, pas de racines, pas de nombril<\/p>\n<cite>Ecer 2011, 76<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Notre travail a comme objet d\u2019\u00e9tude la pi\u00e8ce <font class=\"no-italics\">\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/font> (2011) de l\u2019\u00e9crivaine turque francophone Sedef Ecer. Nous essayerons de d\u00e9pister l\u2019identit\u00e9 et la signification de la question \u00e9cologique pour la configuration de la charpente th\u00e9matique, la structuration de l\u2019espace, du temps et de l\u2019action dramatiques de la pi\u00e8ce, pour le parcours existentiel des h\u00e9ros et les probl\u00e9matiques pos\u00e9es par l\u2019autrice. Dans ce cadre, nous tenterons de d\u00e9montrer que le questionnement \u00e9cologique de la pi\u00e8ce ecerienne, per\u00e7u sous son aspect n\u00e9gatif de pollution qui affecte irr\u00e9m\u00e9diablement l\u2019environnement et le sort des humains, constitue un dispositif significatif aux liens inextricables quoique volatils avec la marginalisation sociale et la p\u00e9rip\u00e9tie migratoire. <br><br><strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;: <\/strong>th\u00e9\u00e2tre, francophone, \u00e9cologie, marginalisation, migration<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Marginalization, Pollution, and Migration in Sedef Ecer\u2019s Play <\/strong><em><strong>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/strong><\/em><strong>: Challenges and Perspectives of Ecological Inquiry<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Abstract<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">This study focuses on the play <font class=\"no-italics\">\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/font> (2011) by the Turkish Francophone writer Sedef Ecer. We aim to identify the nature and significance of the ecological question in shaping the thematic framework, structuring the spatial, temporal, and dramatic action of the play, as well as influencing the existential journey of the characters and the issues raised by the author. Within this framework, we seek to demonstrate that the ecological inquiry in Ecer\u2019s play, viewed through its negative dimension of pollution that irreversibly impacts the environment and human fate, constitutes a significant mechanism intertwined, albeit precariously, with social marginalization and the vicissitudes of migration.<br><br><strong>Keywords:<\/strong> theatre, Francophone, ecology, marginalization, migration<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Positionnement<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Notre \u00e9tude s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce que peut nous r\u00e9v\u00e9ler la pi\u00e8ce <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em> (2011) de l\u2019\u00e9crivaine turque francophone<sup>[1]<\/sup> Sedef Ecer par rapport aux questionnements de la repr\u00e9sentation dramatique de la notion, de l\u2019identit\u00e9, des aspects et des d\u00e9fis de l\u2019\u00e9cologie. Avant de nous pencher sur notre sujet, nous allons pr\u00e9senter quelques \u00e9l\u00e9ments biobibliographiques de l\u2019autrice, afin de positionner cette pi\u00e8ce dans l\u2019\u00e9volution de son \u00e9criture dramatique et son trajet auctorial, et tenter par la suite d\u2019\u00e9valuer la contribution autobiographique sous forme d\u2019autofiction significative dans le modelage de l\u2019identit\u00e9 th\u00e9matique et esth\u00e9tique particuli\u00e8re de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que notre analyse soit exclusivement focalis\u00e9e sur une approche critique de la version textuelle de la pi\u00e8ce, nous pr\u00e9senterons aussi tr\u00e8s bri\u00e8vement les mises en sc\u00e8ne de l\u2019\u0153uvre, ainsi que leur r\u00e9ception par le public et la presse. D\u2019autre part, la pr\u00e9sentation de l\u2019action dramatique de <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em> qui suivra nous servira de base pour l\u2019interpr\u00e9tation critique de l\u2019\u0153uvre par rapport \u00e0 la question \u00e9cologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on se penche par la suite sur les d\u00e9finitions de l\u2019image \u00e9cologique et de l\u2019identit\u00e9 \u00e9cologique dans le domaine du th\u00e9\u00e2tre offertes par Carl Lavery, Lawrence Buell et Flore Garcin-Marrou, et finalement par Julie Sermon, c\u2019est pour constituer un cadre de r\u00e9flexion indispensable pour d\u00e9chiffrer la question \u00e9cologique dans cette pi\u00e8ce de Sedef Ecer, ainsi que ses rapports de substance dialectique avec la dramatisation de la marginalisation des groupes d\u2019humains et la migration.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons ainsi essayer par la suite de d\u00e9montrer que la pi\u00e8ce <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em> de Sedef Ecer s\u2019inscrit dans la lign\u00e9e des pi\u00e8ces \u00e9cologiques. Or, la dramaturge turque francophone proc\u00e8de \u00e0 une ouverture remarquable du questionnement \u00e9cologique en le liant avec la r\u00e9alit\u00e9 br\u00fblante de la marginalisation sociale soutenue et tol\u00e9r\u00e9e par plusieurs agents des instances \u00e9tatiques et financi\u00e8res, ainsi que, dans une \u00e9tape post\u00e9rieure, avec le profil p\u00e9nible et inhumain de l\u2019aventure migratoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre, nous ambitionnons de d\u00e9montrer que l\u2019autrice, au lieu de proposer une image \u00e9cologique id\u00e9ale ou au moins plausible qui valoriserait la conscience humaine et la vie collective en parfaite harmonie avec la nature, opte pour la repr\u00e9sentation d\u2019un espace submerg\u00e9 par la pollution industrielle et la marginalisation de ses habitants qui se transforment en des \u00eatres nomades cherchant leur sort dans un \u00ab&nbsp;ailleurs&nbsp;\u00bb id\u00e9alis\u00e9, mais si cruel en r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En nous appuyant sur l\u2019exploration de la pr\u00e9pond\u00e9rance de l\u2019espace topographique de la colline des anges et des djinns qui accueille l\u2019action sc\u00e9nique et toutes les probl\u00e9matiques pos\u00e9es par la dramaturge, nous tenterons de prouver que la conscience \u00e9cologique est cultiv\u00e9e \u00e0 travers une ample dramatisation de la d\u00e9gradation environnementale, structur\u00e9e en \u00e9tapes qui valorisent la perception et le v\u00e9cu interg\u00e9n\u00e9rationnel de la pollution et de la marginalisation.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que la question \u00e9cologique ne se contente pas de s\u2019av\u00e9rer la th\u00e9matique principale de l\u2019\u0153uvre, mais elle acquiert les dimensions d\u2019un r\u00e9gulateur majeur qui structure l\u2019espace, l\u2019action et le temps dramatiques et sc\u00e9niques, affecte le corps et d\u00e9termine les actes et le trajet des protagonistes pouss\u00e9s \u00e0 la migration, \u00e9tape finale de leur sort qui les transformera en sujets nomades d\u2019une fatalit\u00e9 presque tragique et priv\u00e9s de toute possibilit\u00e9 de catharsis m\u00eame destructrice ou mortelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre analyse se cl\u00f4turera avec une conclusion o\u00f9 nous essayerons de r\u00e9capituler les points majeurs de notre approche de la pi\u00e8ce et valoriser son importance pour notre sensibilisation, individuelle et collective d\u2019ailleurs, envers de pareils aspects dystopiques de nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-84\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image1.jpeg 600w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image1-300x300.jpeg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image1-150x150.jpeg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sedef Ecer, <em>On the Periphery, <\/em>Potrero Stage, San Francisco, photo d\u2019Adam Tolbert, photo credit Crowded Fire, 9 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019autrice Sedef Ecer<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Romanci\u00e8re, dramaturge, sc\u00e9nariste, metteuse en sc\u00e8ne, com\u00e9dienne, chroniqueuse et traductrice, Sedef Ecer est n\u00e9e \u00e0 Istanbul en 1965 (Ecer, site personnel II, <em>L\u2019Avant-sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2tre<\/em>). Enfant prodige du cin\u00e9ma, elle a jou\u00e9 depuis l\u2019\u00e2ge de trois ans, surtout comme protagoniste, dans plus de vingt films de la production cin\u00e9matographique turque tout au long des ann\u00e9es \u201970. Depuis l\u2019\u00e2ge de dix ans, elle a fait sa scolarit\u00e9 en langue fran\u00e7aise au lyc\u00e9e stambouliote Galatasaray (Steinmetz). En 1989, elle s\u2019installe dans la capitale fran\u00e7aise. Admise au Conservatoire National Sup\u00e9rieur d\u2019Art dramatique de Paris, elle a suivi un programme \u00e9ducatif adress\u00e9 \u00e0 des artistes professionnels de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re (Centre National de Th\u00e9\u00e2tre). Sedef Ecer a \u00e9crit jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui une quinzaine de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre en fran\u00e7ais<sup>[2]<\/sup>, parmi lesquelles <em>Sur le seuil <\/em>(Ecer 2009), <em>Les Descendants<\/em> (Ecer 2013), <em>Va jusqu\u2019o\u00f9 tu pourras <\/em>(Ecer, Bellier, Cotton 2013), <em>Lady First <\/em>(Ecer 2016), <em>Ruptures <\/em>en collaboration avec l\u2019\u00e9crivaine serbo-croate francophone Sonia Ristic (Ecer et Ristic 2020), ainsi que des \u0153uvres litt\u00e9raires et th\u00e9\u00e2trales en langue turque (Ecer, site personnel II). Elle est aussi chroniqueuse et r\u00e9dactrice de plus de 500 articles de presse, de sc\u00e9narii et de romans en langue turque (Ecer, site personnel II). Son premier roman francophone <em>Tr\u00e9sor national <\/em>(Ecer 2021) est d\u00e9j\u00e0 s\u00e9lectionn\u00e9 pour des prix litt\u00e9raires et a re\u00e7u des critiques dithyrambiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pi\u00e8ces th\u00e9\u00e2trales de Sedef Ecer ont \u00e9t\u00e9 plusieurs fois mises en sc\u00e8ne en France, en Turquie, dans plusieurs pays d\u2019Europe et aux \u00c9tats-Unis, et sont int\u00e9gr\u00e9es dans le corpus d\u2019\u00e9tude des universit\u00e9s am\u00e9ricaines, fran\u00e7aises et grecques. Son \u0153uvre est traduite en arm\u00e9nien, italien, polonais, persan, allemand, anglais et grec. Elle est soci\u00e9taire de la SACD (Soci\u00e9t\u00e9 des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques) et membre fondatrice du Parlement des \u00e9crivaines francophones.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrice translingue<sup>[3]<\/sup>, Sedef Ecer confesse qu\u2019elle \u00e9crit en fran\u00e7ais, mais ayant conserv\u00e9 \u00ab&nbsp;son cerveau turc&nbsp;\u00bb (Steinmetz). L\u2019\u00e9crivaine passe avec aisance d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, tout en insistant sur le charme de sa division g\u00e9ographique, personnelle et de cr\u00e9ation. Se caract\u00e9risant en tant qu\u2019 \u00ab\u00e9crivaine immigr\u00e9e&nbsp;\u00bb (Pozzo), elle insiste sur sa double identit\u00e9 d\u2019appartenance et&nbsp; son oscillement heureux entre les deux pays, la France et la Turquie, en d\u00e9clarant \u00ab&nbsp;ni d&#8217;ici, ni d&#8217;ailleurs mais toujours entre-deux&nbsp;\u00bb (Pozzo).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"533\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image2.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-85\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image2.jpeg 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image2-225x300.jpeg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sedef Ecer, <em>On the Periphery, <\/em>Potrero Stage, San Francisco, photo credit David Allen Studios, 9 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie&nbsp;<\/em><\/strong>: <strong>\u00e9criture, repr\u00e9sentations, r\u00e9ception et critiques<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie <\/em>(Ecer 2011) fut \u00e9crite en fran\u00e7ais entre 2009 et 2010 \u00e0 Istanbul et \u00e0 Paris (Ecer 2011, 5), et publi\u00e9e en 2011 par les \u00e9ditions L\u2019Espace d\u2019un Instant en co\u00e9dition avec les \u00e9ditions de l\u2019Amandier (Ecer 2011, 5). Elle fut repr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois le 3 mars 2014 au Th\u00e9\u00e2tre de Suresnes Jean Vilar \u00e0 Paris, dans une mise en sc\u00e8ne de Thomas Bellorini. Sedef Ecer y d\u00e9tenait le r\u00f4le de Sultane (Ecer, Site personnel I). La pi\u00e8ce a connu une r\u00e9ception tr\u00e8s positive par les critiques et la presse (Ecer, Site personnel IV). <em>Le Figaro <\/em>parle d\u2019\u00ab&nbsp;un conte color\u00e9&nbsp;\u00bb (H\u00e9liot), <em>L\u2019Humanit\u00e9 <\/em>\u00ab&nbsp;d\u2019une pi\u00e8ce qui met dans le mille&nbsp;\u00bb (<em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>), et <em>L\u2019Express<\/em> estime qu\u2019\u00ab&nbsp;on est conquis par tant de d\u00e9licatesse&nbsp;\u00bb&nbsp;; enfin, l\u2019art de Sedef Ecer consiste \u00e0 \u00ab&nbsp;tricoter ces \u00e9l\u00e9ments&nbsp;\u00bb (<em>L\u2019Express<\/em>). En 2020, <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em>, sous son titre anglais <em>On the Periphery, <\/em>fut mont\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre Potrero Stage de San Francisco dans une mise en sc\u00e8ne d\u2019Erin Gilley et une traduction anglaise d\u2019Evren Odcikin (Ecer, Site personnel III). Cette production am\u00e9ricaine de la pi\u00e8ce fut \u00e9galement couronn\u00e9e d\u2019un grand succ\u00e8s et a suscit\u00e9 les applaudissements enthousiastes du public et des critiques de presse, comme en t\u00e9moignent les commentaires dithyrambiques de journaux <em>New York Times, Broadway World, San Francisco Chronicle<\/em> et tant d\u2019autres (Ecer, Site personnel IV).<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie&nbsp;<\/em><\/strong>:<strong> action dramatique de la pi\u00e8ce<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019action de la pi\u00e8ce se d\u00e9roule alternativement \u00e0 deux \u00e9tapes temporelles diff\u00e9rentes qui correspondent aux deux g\u00e9n\u00e9rations des protagonistes. Nous nous trouvons au milieu d\u2019un bidonville contemporain d\u2019Istanbul, situ\u00e9 loin de la route p\u00e9riph\u00e9rique de la ville, qu\u2019on appelle \u00ab&nbsp;la colline des anges et des djinns&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 7). Dilcha et Bilo avaient d\u00e9cid\u00e9 de partir de leur village pour tenter leur chance dans la grande ville. Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu pour quelque temps par les d\u00e9chets de la ville jet\u00e9s sur la colline, ils finissent par travailler comme ouvriers \u00e0 l\u2019usine d\u2019insecticides qui s\u2019est install\u00e9e pr\u00e8s de chez eux, mais tr\u00e8s loin de la toile urbaine. D\u2019autres immigr\u00e9s de la province turque ont suivi leur exemple, et peu \u00e0 peu un bidonville a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre am\u00e9nag\u00e9 dans cet espace clos, extr\u00eamement pauvre, coup\u00e9 du reste de la ville, un monstre, oserions-nous dire, de la tendance de p\u00e9riurbanisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Azad est le fils de Dilcha et de Bilo, Tamar est la fille de Kyb\u00e9l\u00e9e, tsigane, \u00ab&nbsp;nomade gu\u00e9risseuse&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 17) qui vit \u00ab&nbsp;\u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la p\u00e9riph\u00e9rie&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 17), dans un endroit pr\u00e9cis de la colline des anges et des djinns, encore plus marginalis\u00e9 puisque exclu et \u00e9loign\u00e9 du reste des habitants. Les deux enfants sont n\u00e9s sans nombril, \u00e0 cause de la pollution provoqu\u00e9e par l\u2019usine. Devenus orphelins \u00e0 la mort de leurs parents survenue pendant la gr\u00e8ve des ouvriers qui refusaient de travailler \u00e0 l\u2019usine produisant le \u00ab&nbsp;Stop Herbe&nbsp;\u00bb, Azad et Tamar continuent \u00e0 vivre dans cette favela stambouliote, rejet\u00e9s par la communaut\u00e9 urbaine exactement comme les poubelles qui les nourrissent. Ils sont plong\u00e9s dans la mis\u00e8re et la pollution environnementale provoqu\u00e9e par l\u2019usine de sablage des blue-jeans qui se trouve pr\u00e8s de leur baraque. Ils expriment \u00e0 plusieurs reprises leur volont\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de quitter la marginalisation du bidonville et d\u2019\u00e9migrer en Europe occidentale, lieu onirique et id\u00e9al \u00e0 leurs yeux. Peu importe que la seule connaissance qu\u2019ils aient de cette terre onirique et id\u00e9ale pour eux, c\u2019est son nom qu\u2019ils arrivent \u00e0 peine \u00e0 prononcer&nbsp;: \u00abOc-ci-dent&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 25-28, 37-43, 53-55, 61, 67).<\/p>\n\n\n\n<p>Quand Azad d\u00e9cide d\u2019immigrer clandestinement en France, Sultane, star de la t\u00e9l\u00e9vision turque dont l\u2019\u00e9mission <em>La Sultane du p\u00e9riph<\/em> (Ecer 2011, 19) peut satisfaire tous les d\u00e9sirs exprim\u00e9s par ses spectateurs, accomplit le r\u00eave de Tamar d\u2019aller \u00e0 Paris pour rencontrer son bien-aim\u00e9 (Ecer 2011, 66). Mais d\u00e8s que les cam\u00e9ras de t\u00e9l\u00e9vision s\u2019\u00e9teignent, Tamar se retrouvera dans un autre lieu marginalis\u00e9, au-del\u00e0 d\u2019une autre p\u00e9riph\u00e9rie, dans un squat mis\u00e9reux et inhumain o\u00f9 Azad se loge avec d\u2019autres immigr\u00e9s clandestins. La pi\u00e8ce se cl\u00f4t avec une nouvelle publication par Sultane, mais cette fois-ci pour la marque des casseroles \u00ab&nbsp;Miracle&nbsp;\u00bb qui \u00ab&nbsp;continuera \u00e0 cr\u00e9er des miracles pour ceux qui n\u2019ont pas d\u2019espoir, pas d\u2019attaches, pas de racines, pas de nombril&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 77), toujours sur la colline des anges et des djinns qui, dor\u00e9navant, est nettoy\u00e9e et pr\u00eate \u00e0 accueillir de nouveaux logements modernes (Ecer 2011, 76). Et c\u2019est juste avant le baisser du rideau que nous apprenons avec \u00e9tonnement que Sultane fut aussi un des enfants de la colline des anges et des djinns, puisque n\u00e9e \u00e9galement sans nombril (Ecer 2011, 77).<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>La colline des anges et des djinns&nbsp;: r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 et contextualisation dramatique<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Dans sa \u00ab&nbsp;Note d\u2019auteur&nbsp;\u00bb, Sedef Ecer insiste sur le r\u00e9alisme de son inspiration, en pr\u00e9cisant que la r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9 de sa cr\u00e9ation est directement puis\u00e9e dans la situation contemporaine turque, et par extension dans celle de notre plan\u00e8te qui souffre constamment de la pollution et de la marginalisation humaine. Elle d\u00e9clare avec franchise ses intentions auctoriales, orient\u00e9es vers la mise en relief de la mis\u00e8re et de la pauvret\u00e9 des humains, v\u00e9ritables t\u00e9moins d\u2019une dystopie qui se d\u00e9roule devant nous. L\u2019autrice pr\u00e9cise&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>J\u2019ai souhait\u00e9 ancrer cette histoire de favela ou de <em>slum <\/em>en Turquie, mais un autre metteur en sc\u00e8ne que moi peut la transposer dans un autre pays, puisqu\u2019il y a malheureusement l\u2019embarras du choix&nbsp;: notre plan\u00e8te se remplit de plus en plus de ces habitats p\u00e9riph\u00e9riques, sans aucune infrastructure, o\u00f9 l\u2019on repousse les populations dont on ne veut pas et o\u00f9 l\u2019on a toujours peur que tout soit d\u00e9moli du jour au lendemain. <\/p>\n<cite>Ecer 2011, 14<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u2019encadrement topographique de la pi\u00e8ce qui renvoie directement au pays d\u2019origine de l\u2019\u00e9crivaine est davantage orient\u00e9 vers une identification avec Istanbul, sa ville natale, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation d\u2019un autre r\u00e9seau de r\u00e9f\u00e9rentialit\u00e9s li\u00e9 cette fois-ci aux personnages de l\u2019\u0153uvre. C\u2019est ainsi que deux des protagonistes f\u00e9minines de la pi\u00e8ce sont des transcriptions dramatis\u00e9es de personnalit\u00e9s r\u00e9elles d\u2019Istanbul, \u00e0 savoir Sultane qui est \u00ab&nbsp;inspir\u00e9e d\u2019une vraie pr\u00e9sentatrice istanbuliote&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 17) et Kyb\u00e9l\u00e9e, \u00ab&nbsp;inspir\u00e9e d\u2019une Rrom [sic] m\u00e9dium d\u2019Istanbul&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 17). Ayant grandi \u00e0 Istanbul dans une maison dont \u00ab&nbsp;les fen\u00eatres donnaient sur la mer de Marmara&nbsp;\u00bb (Steinmetz), Sedef Ecer, pour qui Istanbul est \u00ab&nbsp;une ville tentaculaire qui se d\u00e9veloppe de plus en plus vers la p\u00e9riph\u00e9rie, en repoussant aux marges des populations dont elle ne veut pas, tout en laissant le centre aux riches et aux promoteurs&nbsp;\u00bb (Steinmetz), s\u2019inspirera des ph\u00e9nom\u00e8nes de l\u2019industrialisation et de la pollution environnementale, li\u00e9s \u00e0 l\u2019urbanisation et surtout \u00e0 la p\u00e9riurbanisation (Nessi, Le N\u00e9chet, Terral) qui ont connu depuis les ann\u00e9es \u201980 des rythmes acharn\u00e9s de pr\u00e9sence et de cons\u00e9quences dans plusieurs pays du globe (Tarr, McNeil, Bernardt et Massard-Guillbaud), pour donner dans <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em>, gr\u00e2ce \u00e0 un processus auctorial vivement autofictionnel et richement r\u00e9f\u00e9rentiel \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 stambouliote, une image compl\u00e8tement apocalyptique, d\u00e9mythifi\u00e9e, cruelle, d\u00e9grad\u00e9e et marginalis\u00e9e de cette ville historique l\u00e9gendaire.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que la colline des anges et des djinns, bidonville turc \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la grande ville (Ecer 2011, 13), constitue l\u2019espace sc\u00e9nique unique et le lieu dramatique par excellence de la pi\u00e8ce. Dans cette perspective, l\u2019action dramatique extra-sc\u00e9nique est assur\u00e9e par le r\u00e9cit des protagonistes toujours fig\u00e9s dans ce cadre topographique. D\u2019ailleurs, cette liaison entre action et narration qui fa\u00e7onne l\u2019ensemble de la pi\u00e8ce comme une alternance constante de s\u00e9quences d\u2019\u00e9volution dramatique et de conte r\u00e9cit\u00e9 par les personnages r\u00e9pond parfaitement au projet auctorial de Sedef Ecer pour une identit\u00e9 transdisciplinaire de la pi\u00e8ce et pour une configuration structurale et esth\u00e9tique singuli\u00e8re de son texte, proche de la particularit\u00e9 du cin\u00e9ma. La dramaturge explique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Les personnages racontent cette histoire parfois avec distance, comme s\u2019ils disaient un conte oriental dans un espace non d\u00e9fini, parfois en prenant part aux \u00e9v\u00e9nements [\u2026.] C\u2019est une structure alternant des t\u00e9moignages purs avec des moments o\u00f9 les personnages sont \u00ab&nbsp;en situation&nbsp;\u00bb car je reste convaincue de la force d\u2019un acteur qui livre une parole d\u00e9pourvue de toute fioriture, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un close-up, tr\u00e8s rapproch\u00e9 au cin\u00e9ma.<\/p>\n<cite>Ecer 2011, 13-14<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Marqu\u00e9e de marginalisation et surtout de pollution environnementale qui affectent d\u00e9cisivement les personnages, leur quotidiennet\u00e9 et leur parcours existentiel en termes de conservation ou de d\u00e9passement de ses\/leurs limites, la colline des anges et des djinns pr\u00e9dispose les spectateurs \u00e0 une \u00e9mergence de la probl\u00e9matisation de l\u2019image \u00e9cologique, d\u2019ailleurs identique \u00e0 ce que Carl Lavery, professeur de Th\u00e9\u00e2tre et de Performance \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Glasgow, d\u00e9finit comme celle \u00ab&nbsp;qui nous met en contact avec la terre en troublant les fronti\u00e8res de notre soi-disant humanit\u00e9&nbsp;\u00bb (Lavery).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette instauration de liens fermes et irr\u00e9versibles entre humains et environnement que nous apercevons dans l\u2019espace clos, s\u00e9questr\u00e9, marginalis\u00e9 et pollu\u00e9 de la colline des anges et des djinns d\u00e9clenchera une suite de r\u00e9actions de la part de ses habitants, d\u2019abord d\u2019ancrage par la population de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, puis d\u2019\u00e9loignement et de migration, tant d\u00e9sir\u00e9s et tent\u00e9s par la jeunesse, en d\u2019autres termes la seconde g\u00e9n\u00e9ration de ce lieu p\u00e9riph\u00e9rique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"603\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image3.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-86\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image3.jpeg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image3-300x226.jpeg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image3-768x579.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sedef Ecer, <em>On the Periphery, <\/em>Potrero Stage, San Francisco, photo credit David Allen Studios, 9 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Dramatisation du triptyque marginalisation-pollution environnementale-migration \u00e0 cause de la pollution environnementale&nbsp;: \u00e9tapes et g\u00e9n\u00e9rations<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Essayant d\u2019analyser les aspects du th\u00e9\u00e2tre \u00ab&nbsp;\u00e9cosophique&nbsp;\u00bb qui fait \u00e9cho aux th\u00e9ories d\u00e9velopp\u00e9es par Arne Ness et F\u00e9lix Guattari, Ma\u00eetresse de conf\u00e9rences en \u00e9tudes th\u00e9\u00e2trales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s Flore Garcin-Marrou, commente que \u00ab&nbsp;la posture \u00e9cosophique [\u2026] traite les dimensions environnementales, sociales et subjectives de mani\u00e8re <em>absolument globale<\/em>, en vue d\u2019une reformulation \u00e9volutive de notre relation au monde&nbsp;\u00bb (Garcin-Marrou 9). De m\u00eame, pour le professeur am\u00e9ricain Lawrence Buell, dont le nom figure parmi les premiers initiateurs de l\u2019approche th\u00e9orique des \u0153uvres litt\u00e9raires appel\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00e9cocritique&nbsp;\u00bb (Buell), quatre sont les crit\u00e8res qui d\u00e9fissent l\u2019imaginaire et l\u2019\u00e9criture \u00e9cologiques et environnementaux d\u2019un\/une cr\u00e9ateur\/trice&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>1. L\u2019environnement non humain est pr\u00e9sent non pas simplement comme un cadre mais comme une pr\u00e9sence qui tend \u00e0 sugg\u00e9rer que l\u2019histoire humaine est impliqu\u00e9e dans l\u2019histoire naturelle. 2. L\u2019int\u00e9r\u00eat humain n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme le seul int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime. 3. La responsabilit\u00e9 humaine envers l\u2019environnement fait partie de l\u2019orientation \u00e9thique du texte. 4. Une id\u00e9e de l\u2019environnement comme processus plut\u00f4t que comme constante ou fait donn\u00e9 est au moins implicitement pr\u00e9sente dans le texte.<\/p>\n<cite>Sermon 526<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Nous allons d\u00e9montrer par la suite comment ces param\u00e8tres instaur\u00e9s par Flore Garcin-Marrou et Lawrence Buell s\u2019appliquent pleinement dans la pi\u00e8ce ecerienne, tout en sculptant son identit\u00e9 d\u2019\u0153uvre th\u00e9\u00e2trale \u00e9cologique&nbsp;; d\u2019une part, \u00e0 travers la dramatisation des personnages et de leur sort, et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9mergence de l\u2019engagement auctorial, model\u00e9 par le positionnement \u00e9cologique, qui acquiert les dimensions de la dramatisation d\u2019un environnement submerg\u00e9 par la pollution, pour laquelle est responsable l\u2019attitude contre-\u00e9thique, illicite sinon criminelle des agents \u00e9tatiques et financiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, \u00e0 travers les deux \u00e9tapes temporelles de l\u2019action dramatique, \u00e0 savoir le pr\u00e9sent sc\u00e9nique qui correspond \u00e0 la seconde g\u00e9n\u00e9ration de h\u00e9ros, et le pass\u00e9 extra-sc\u00e9nique qui est racont\u00e9 par les personnages de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, nous devenons t\u00e9moins de l\u2019histoire \u00e9cologique de la colline des anges et des djinns, \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la vie, aux p\u00e9rip\u00e9ties et au sort de ses habitants. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une vision intertemporelle et interg\u00e9n\u00e9rationnelle de l\u2019espace dramatique de la pi\u00e8ce, mais dont le param\u00e8tre constant demeure la pollution de la nature et la marginalisation qui plonge les personnages dans un statisme presque fatal duquel ils ont du mal \u00e0 s\u2019\u00e9vader. Pour souligner cette persistance sans fin de la d\u00e9gradation environnementale qui s\u2019oppose \u00e0 la fluidit\u00e9 humaine et l\u2019\u00e9volution g\u00e9n\u00e9rationnelle, Sedef Ecer propose dans sa \u00ab&nbsp;Note d\u2019Auteur&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Je souhaiterais pr\u00e9ciser que l\u2019architecture de la pi\u00e8ce, qui est con\u00e7ue pour que trois com\u00e9diens puissent interpr\u00e9ter six personnages, n\u2019est pas li\u00e9e \u00e0 des raisons de production et peut devenir un vrai choix de fond&nbsp;: le m\u00eame com\u00e9dien pourrait jouer Azad puis Bilo, la m\u00eame com\u00e9dienne Tamar puis Dilcha et une deuxi\u00e8me com\u00e9dienne Sultane puis Kyb\u00e9l\u00e9e pour ce que ces figures repr\u00e9sentent dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<cite>Ecer 2011, 14<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Or, la dramaturge g\u00e8re de fa\u00e7on diff\u00e9rente les liens entre la pollution industrielle de la colline des anges et des djinns et les deux g\u00e9n\u00e9rations de ses personnages. Si la mentalit\u00e9 et les r\u00e9actions de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration sont marqu\u00e9es par l\u2019ignorance, la candeur et leur liaison mat\u00e9rielle et affective \u00e0 la d\u00e9charge et \u00e0 l\u2019usine d\u2019insecticides, consid\u00e9r\u00e9es comme source unique et pr\u00e9cieuse de leur survivance, la seconde vague g\u00e9n\u00e9rationnelle des habitants de la colline est sensibilis\u00e9e aux probl\u00e8mes caus\u00e9s par la pollution, d\u2019o\u00f9 la d\u00e9cision d\u2019Azad et de Tamar de quitter leur lieu d\u2019habitation. Nous discernons dans cette image de la nature pollu\u00e9e la volont\u00e9 de l\u2019autrice de repr\u00e9senter sur sc\u00e8ne l\u2019\u00e9volution de la conscience et de la sensibilisation \u00e9cologiques pendant l\u2019\u00e9poque contemporaine, \u00ab&nbsp;o\u00f9 nous sommes pass\u00e9s d\u2019une ignorance et d\u2019un m\u00e9pris collectif sur le sujet dans les ann\u00e9es 1970-1980, \u00e0 un \u00e9veil des consciences \u00e0 ce propos lors de l\u2019entr\u00e9e dans le second mill\u00e9naire&nbsp;\u00bb (Patrux 112).<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la pollution soit une situation permanente pour la colline des anges et des djinns, \u00e9mergent trois phases de d\u00e9gradation environnementale qui correspondent au pass\u00e9, au pr\u00e9sent et \u00e0 l\u2019avenir de l\u2019espace topographique et au trajet des personnages qui y est li\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re vague d\u2019habitants, incarn\u00e9e par Bilo et Dilcha, souffre d\u2019abord par la pollution de la d\u00e9charge, puis par celle provoqu\u00e9e par l\u2019usine d\u2019insecticides (Ecer 2011, 7). La seconde g\u00e9n\u00e9ration de Tamar et d\u2019Azad se trouve menac\u00e9e par l\u2019usine de sablage des blue-jeans, alors qu\u2019\u00e0 la fin de la pi\u00e8ce la colline voit la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle usine qui fabrique les casseroles \u00ab&nbsp;Miracle&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 77).<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants initiaux de la colline sont repr\u00e9sent\u00e9s comme compl\u00e8tement adapt\u00e9s \u00e0 la marginalisation et \u00e0 la pollution caus\u00e9e par la d\u00e9charge. Victimes de l\u2019urbanisation, Bilo et Dilcha ont pris le chemin vers la grande ville pour y tenter leur chance (Ecer 2011, 7). De l\u00e0 d\u00e9coule un premier sch\u00e9ma de posture qui unit le triptyque marginalisation-pollution-migration, et qui sera, vainement sans doute, renvers\u00e9 par Tamar et Azad de la seconde g\u00e9n\u00e9ration d\u2019habitants de la colline. Nous pouvons ainsi convoquer ici la migration int\u00e9rieure de Dilcha et de Bilo comme une premi\u00e8re \u00e9tape de transposition des h\u00e9ros qui aboutira \u00e0 leur installation \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville. N\u00e9anmoins, ils gardent de leur exode rural la nostalgie et le r\u00eave utopique de la vie campagnarde calme et paisible, m\u00eame si le m\u00e9thane produit par les d\u00e9chets envahit l\u2019environnement de leur quartier (Ecer 2011, 31). Bilo explique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Mais la colline des anges et des djinns restait rurale quand m\u00eame. C\u2019\u00e9tait exactement comme notre vie d\u2019avant, \u00e0 la campagne. Nous avions des poules, des moutons et m\u00eame des vaches, nos rapports de voisinage ressemblaient \u00e0 ceux qu\u2019on avait au village. Les gar\u00e7ons du quartier veillaient sur l\u2019honneur des filles, les femmes cuisinaient pour les voisines, les hommes se serraient les coudes. <\/p>\n<cite>Ecer 2011, 42<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Par quoi, ce milieu g\u00e9ographique p\u00e9riurbain est compl\u00e8tement d\u00e9coup\u00e9 du reste de la ville. Sa localisation p\u00e9riph\u00e9rique, sa marginalisation g\u00e9ographique et sociale fonctionne comme une condition qui attire les maux de la pollution, la catastrophe \u00e9cologique de son sol et de son environnement naturel. Marginalis\u00e9e, sale et minable, la colline des anges et des djinns accueille une d\u00e9charge qui plonge les habitants dans la mis\u00e8re et l\u2019appauvrissement. \u00ab&nbsp;On avait vu sur les montagnes de d\u00e9chets. Comme les riches qui regardaient la mer depuis leur balcon en buvant leur <em>drink<\/em>, nous buvions notre th\u00e9 en regardant les poubelles. Et parfois, en regardant les explosions&nbsp;\u00bb, affirme Bilo (Ecer 2011, 7). Situ\u00e9 aux confins d\u2019Istanbul, le bidonville ecerien est ostensiblement un lieu limit\u00e9 et d\u00e9limit\u00e9 aust\u00e8rement par rapport \u00e0 la toile urbaine du statu quo social, un v\u00e9ritable espace frontalier (Anzald\u00faa, Nail), une zone d\u00e9grad\u00e9e qui fait penser au hangar obscur, d\u00e9grad\u00e9, marginalis\u00e9 et criminel de la pi\u00e8ce colt\u00e9sienne<em> Quai Ouest<\/em> (Kolt\u00e8s). Dans son ouvrage <em>Sociologie urbaine<\/em>, Raymond Ledrut d\u00e9clare que&nbsp;\u00ab&nbsp;pour \u2018\u2018prot\u00e9ger\u2019\u2019 la ville et sa forme, on l\u2019enferme dans son p\u00e9rim\u00e8tre, on lui impose un \u2018\u2018zonage\u2019\u2019&nbsp;\u00bb (Ledrut 5). Il para\u00eet que c\u2019est le cas du bidonville de la pi\u00e8ce ecerienne. Au milieu de ce r\u00e9servoir d\u2019ostracisme social, les agents \u00e9tatiques et institutionnels de la ville ont canalis\u00e9 les migrants de la campagne, d\u00e9pos\u00e9 leurs poubelles, et install\u00e9 la production des produits polluants.<\/p>\n\n\n\n<p>Il va de soi que Sedef Ecer dote ses personnages de candeur, d\u2019ignorance et d\u2019optimisme na\u00eff dans leurs r\u00e9actions \u00e0 l\u2019alt\u00e9ration totale de leur espace d\u2019habitation. \u00c0 travers une repr\u00e9sentation pleine de sarcasme et d\u2019ironie acerbe et extr\u00eame, ainsi que pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame dans sa caract\u00e9risation de l\u2019humeur et des r\u00e9actions de ses h\u00e9ros, la dramaturge met en avant non seulement le manque d\u2019information et d\u2019\u00e9ducation des personnages en mati\u00e8re de pollution et de conscience \u00e9cologique, mais elle insiste sur leur niveau de vie extr\u00eamement mis\u00e9rable et tragique, d\u2019autant plus qu\u2019ils sont laiss\u00e9s \u00e0 leur sort par l\u2019analg\u00e9sie \u00e9tatique. Dilcha raconte&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019\u00e9tait comme un parc d\u2019attraction, le m\u00e9thane. \u00c7a amusait les enfants et en m\u00eame temps \u00e7a leur faisait peur. On parlait tout le temps du \u2018\u2018m\u00e9thane\u2019\u2019, du coup. On leur disait&nbsp;: \u2018\u2018Si tu ne manges pas bien, c\u2019est le m\u00e9thane qui te punira !\u2019\u2019&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 31).<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde \u00e9tape de la pollution environnementale qui frappe Bilo, Dilcha et leurs voisins est celle de la fabrication de l\u2019usine d\u2019insecticides, entreprise par \u00ab&nbsp;l\u2019homme le plus riche du pays, de la patrie et de la \u2018\u2018nation\u2019\u2019. Les trois \u00e0 la fois&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 41). Cette expansion industrielle sur la colline des anges et des djinns, financ\u00e9e par des alliances louches et obscures instaur\u00e9es entre le pouvoir \u00e9tatique et les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, ne perturbera en rien les conceptions des habitants envers leur niveau de vie lamentable. Les personnages s\u2019y adaptent parfaitement, alors qu\u2019ils trouvent \u00e0 la fabrication de la nouvelle usine la meilleure justification pour leur r\u00e9solution de migration et la satisfaction, sans doute illusoire, de leur besoin de se sentir int\u00e9gr\u00e9s dans la toile urbaine. Cette adaptation parfaite de la mentalit\u00e9, de la vie et m\u00eame du corps \u2013les enfants sans nombril\u2013 des personnages \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 toutes ses transformations nous invite \u00e0 la rapprocher du naturalisme des protagonistes ibs\u00e9niens (Boyer) dont le sort, le plus souvent tragique, est en concordance avec le milieu qui leur donne naissance ou qui les entoure. Dilcha affirme&nbsp;: \u00ab&nbsp;On n\u2019avait pas quitt\u00e9 notre campagne pour rien [\u2026.] On avait enfin de l\u2019argent. On n\u2019allait m\u00eame plus aux poubelles. On \u00e9tait enfin devenus des citoyens [\u2026.] Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 travailler \u00e0 l\u2019usine. Nous \u00e9tions heureux&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 42-43).<\/p>\n\n\n\n<p>La persistance des habitants \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019usine malgr\u00e9 les cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur leur vie et sur leur avenir, puisque \u00ab&nbsp;une eau verte, tr\u00e8s verte, fluo, brillante, s\u2019est mise \u00e0 couler dans tout le quartier&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 43), et \u00ab&nbsp;certaines femmes qui travaillaient \u00e0 l\u2019usine accouchaient de b\u00e9b\u00e9s bizarres&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 44) qui n\u2019avaient pas de nombril (Ecer 2011, 52), ainsi que le prolongement de leur bonheur dans ces conditions inhumaines (Ecer 2011, 43), les am\u00e8nera \u00e0 une v\u00e9ritable insurrection afin que l\u2019usine reste ouverte apr\u00e8s les efforts du gouvernement de remplacer cette zone industrielle et marginalis\u00e9e par un \u00ab&nbsp;nouveau quartier moderne et hygi\u00e9nique&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 61). Malgr\u00e9 leurs efforts pour conserver intacts leur quartier et l\u2019usine, Dilcha, Bilo et Kyb\u00e9l\u00e9e seront tu\u00e9s par les forces de la police et de l\u2019arm\u00e9e (Ecer 2011, 70). Rien de moins qu\u2019une fin de vie h\u00e9ro\u00efque mais tragique pour les h\u00e9ros de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, qui souligne leur \u00e9chec de dominer sur leur terre malgr\u00e9 sa pollution et sa d\u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de la colline des anges et des djinns est tout ce qui reste de ce lieu d\u00e9plorable et de ses premiers habitants, victimes de la pollution, de la marginalisation sociale et de l\u2019indiff\u00e9rence \u00e9tatique. Expuls\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 de la toile urbaine, Azad et Tamar sont aussi condamn\u00e9s \u00e0 la mis\u00e8re et l\u2019exploitation d\u2019un renvoi punisseur et marginalisant, social, politique et \u00e9conomique. Dans l\u2019usine polluante install\u00e9e au milieu de leur favela, on fabrique des jeans qui se vendent \u00ab&nbsp;tr\u00e8s cher de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du p\u00e9riph&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 28). N\u00e9s sans nombril \u00e0 cause de l\u2019usine des pesticides, ils semblent r\u00e9p\u00e9ter le sort et la fatalit\u00e9 de leurs parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, en \u00e9tant au courant des effets destructeurs de la pollution provoqu\u00e9e par l\u2019industrie des jeans, les deux jeunes de la p\u00e9riph\u00e9rie r\u00eavent de s\u2019\u00e9vader de la claustrophobie de ce lieu stagnant et n\u00e9gatif. Azad dit \u00e0 Tamar&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu veux faire quoi&nbsp;? Tu veux rester ici et mourir devant la t\u00e9l\u00e9&nbsp;? [\u2026] Mourir en crachant tes poumons \u00e0 force de travailler \u00e0 l\u2019usine&nbsp;?&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 27). Les protagonistes de cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u00e9sirent conna\u00eetre l\u2019Occident et ils se d\u00e9clarent pr\u00eats \u00e0 se conformer \u00e0 la vie europ\u00e9enne. La phrase \u00ab&nbsp;Oh la la&nbsp;\u00bb que Tamar r\u00e9p\u00e8te sans arr\u00eat quand elle parle de Paris (Ecer 2011, 38-43, 51, 59, 65) n\u2019est qu\u2019un leitmotiv qui fait ressortir la volont\u00e9 des deux stambouliotes de refuser leur pass\u00e9 plong\u00e9 dans la marginalisation et la pollution et chasser leur r\u00eave \u00e0 l\u2019occidentale. Tamar dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Moi, je ne voudrais pas aller \u00e0 Londres ni en Am\u00e9rique. Moi, je voudrais aller \u00e0 Paris. \u00c0 Paris. Oh l\u00e0 l\u00e0. Je m\u2019en fiche de l\u2019esp\u00e8ce Schengen&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 40).<\/p>\n\n\n\n<p>En ce sens, la posture qui d\u00e9rive du triptyque marginalisation-pollution-migration est disloqu\u00e9e et entreprise par les deux jeunes de fa\u00e7on tout \u00e0 fait diff\u00e9rente par rapport \u00e0 la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, \u00e0 cause de leur perception totalement sensibilis\u00e9e \u00e0 l\u2019environnement qui les entoure, et de leur conscience lucide sur les cons\u00e9quences n\u00e9fastes de la pollution. C\u2019est ainsi que la catastrophe environnementale et le manque d\u2019opportunit\u00e9s dans le bidonville totalement marginalis\u00e9 de la colline des anges et des djinns deviennent la cause principale de la fuite des deux h\u00e9ros loin du bidonville, bref la raison de leur migration loin de leur pays. Azad dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne travaillerai pas \u00e0 l\u2019usine non plus. Je ne veux pas cracher mes poumons pour fabriquer des blue-jeans pour des \u2018\u2018Oc-ci-dent-aux\u2019\u2019. Moi, je veux \u00eatre un \u2018\u2018occidental\u2019\u2019 moi-m\u00eame. Je veux qu\u2019on habite l\u00e0-bas&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 40).<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, transform\u00e9s en \u00ab&nbsp;sujets nomades&nbsp;\u00bb (Braidotti 22), Azad et Tamar nous inviteront \u00e0 devenir leurs compagnons de route, leurs camarades tout au long de leur p\u00e9rip\u00e9tie de d\u00e9racinement et d\u2019installation sur une nouvelle terre d\u2019accueil. C\u2019est l\u2019occasion d\u2019ailleurs pour la dramaturge de nous offrir la possibilit\u00e9 de suivre, \u00e0 travers une vision totalement r\u00e9aliste sinon dystopique, toutes les \u00e9tapes du processus migratoire de deux jeunes, depuis les motifs d\u2019abandon de leur terre natale, la travers\u00e9e clandestine, dangereuse et hostile de plusieurs pays par Azad (Ecer 2011, 58-60), le voyage plein de gloire m\u00e9diatique de Tamar organis\u00e9 par Sultane (Ecer 2011, 63-66), et l\u2019arriv\u00e9e de deux jeunes en France, initialement un pays de Cocagne \u00e0 leurs yeux, finalement lieu cauchemardesque comportant peu de diff\u00e9rences avec leur terre natale. \u00c0 la fin de sa conversation avec Tamar par \u00ab&nbsp;Webcam&nbsp;\u00bb, Azad s\u2019exclamera juste apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 la capitale fran\u00e7aise&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tamar&nbsp;! Je ne te vois plus. \u00c7a a coup\u00e9. Je vois de ma fen\u00eatre\u2026 le p\u00e9riph, Tamar. Le p\u00e9riph. Mais le p\u00e9riph de Paris&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 60). Or, la mise sous tension de la migration de deux protagonistes que Sedef Ecer se propose de positionner comme une \u00e9tape finale mais ostensiblement d\u00e9finitive de la condition de marginalisation et de pollution environnementale doit \u00eatre \u00e9galement circonscrite dans le projet auctorial de la dramaturge qui t\u00e9moigne de sa volont\u00e9 de dramatiser son propre \u00e9tat d\u2019\u00ab\u00e9crivaine immigr\u00e9e&nbsp;\u00bb (Pozzo), tout en ayant recours \u00e0 une autofiction librement et richement mani\u00e9e et repositionn\u00e9e dans la charpente dramatique. Dans sa Note d\u2019auteur pour <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em>, l\u2019autrice d\u00e9clare sans ambages&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon statut \u2018\u2018d\u2019\u00e9crivaine immigr\u00e9e\u2019\u2019 m\u2019a emmen\u00e9e une fois de plus vers un th\u00e8me qui questionne l\u2019identit\u00e9 d\u00e9racin\u00e9e&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 13).<sup>[4]<\/sup><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"627\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image4.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-87\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image4.jpeg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image4-300x235.jpeg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image4-768x602.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sedef Ecer, <em>On the Periphery, <\/em>Potrero Stage, San Francisco, photo credit David Allen Studios, 9 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>On parle de quelle catharsis&nbsp;?<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Mais qu\u2019est-ce qu\u2019il reste de cette p\u00e9rip\u00e9tie migratoire, de cette aventure des h\u00e9ros de la seconde g\u00e9n\u00e9ration qui, afin d\u2019abandonner la d\u00e9gradation environnementale et sociale de la colline, a d\u00e9cid\u00e9 de prendre le chemin de l\u2019exil&nbsp;? Azad et Tamar n\u2019ont finalement pas r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9vader de la fatalit\u00e9 de la marginalisation de leur lieu d\u2019origine. C\u2019est la fin violente de leurs espoirs pour une vie meilleure en Occident, et c\u2019est aussi la fin de la pi\u00e8ce. Bien que leur nouveau domicile en France ne soit pas situ\u00e9 dans un espace poignard\u00e9 par la pollution \u00e9cologique comme ce fut le cas dans la colline des anges et des djinns, nous retrouvons les deux h\u00e9ros condamn\u00e9s dans un \u00e9tat de marginalisation spatiale et sociale, entass\u00e9s dans un squat. Le cercle vicieux du bannissement social, m\u00eame dans son \u00e9tat de d\u00e9placement g\u00e9ographique, d\u00e9clare sa victoire sur les personnages de qui il prive toute possibilit\u00e9 d\u2019espoir ou encore de catharsis, m\u00eame destructrice ou mortelle. Condamn\u00e9s perp\u00e9tuellement \u00e0 la stagnation, \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition, dirions-nous, de leur sort qui inclut la marginalisation et la pollution environnementale, ils s\u2019exclament avec amertume et en tant que Sisyphes de notre temps&nbsp;: \u00ab&nbsp;La p\u00e9riph\u00e9rie du monde est une poubelle&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 76). Parall\u00e8lement \u00e0 leur suspension ontologique qui les transforment en des \u00eatres nomades, sans attaches ni racines (Ecer 2011, 76), le cercle vicieux de la pollution environnementale d\u00e9clare sa victoire sur le bidonville, puisqu\u2019une nouvelle usine est fond\u00e9e qui fabrique les casseroles \u00ab&nbsp;Miracle&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 76) et dont Sultane fait la publicit\u00e9 \u00e0 son \u00e9mission en d\u00e9clarant avec s\u00fbret\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne croyez pas les calomnies de la presse, il n\u2019y a rien de canc\u00e9rig\u00e8ne dans nos casseroles, la marque \u00ab&nbsp;Miracle&nbsp;\u00bb continuera \u00e0 cr\u00e9er des miracles pour ceux qui n\u2019ont pas d\u2019espoir, pas d\u2019attaches, pas de racines, pas de nombril.&nbsp;\u00bb (Ecer 2011, 77)<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"568\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image5.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-88\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image5.jpeg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image5-300x213.jpeg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image5-768x545.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sedef Ecer, <em>On the Periphery, <\/em>Potrero Stage, San Francisco, photo d\u2019Adam Tolbert, photo credit Crowded Fire, 9 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre dramatique <em>\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie<\/em> de l\u2019\u00e9crivaine turque francophone Sedef Ecer, par sa th\u00e9matique, la dramatisation du parcours de ses protagonistes et les probl\u00e9matiques qu\u2019elle pose, porte les traits caract\u00e9ristiques d\u2019une pi\u00e8ce \u00e0 caract\u00e8re \u00e9cologique. Or, les pr\u00e9occupations \u00e9cologiques qui \u00e9mergent de cette \u0153uvre sous la forme de types de pollution aux cons\u00e9quences n\u00e9fastes pour l\u2019environnement et les humains fonctionnent comme la pierre angulaire de probl\u00e9matiques pos\u00e9es par l\u2019autrice sur le questionnement de la marginalisation sociale et de la migration. Si l\u2019on accepte l\u2019affirmation de Julie Sermon, Ma\u00eetresse de conf\u00e9rence \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Lyon II, Dramaturge et Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, selon qui \u00ab&nbsp;par les r\u00e9cits qu\u2019ils donnent \u00e0 entendre, les images qu\u2019ils donnent \u00e0 voir, les \u00e9motions qu\u2019ils procurent, les artistes peuvent non seulement contribuer \u00e0 produire des id\u00e9es et des valeurs en phase avec l\u2019urgence \u00e9cologique, mais surtout, ils ont le pouvoir d\u2019agir sur nos sensibilit\u00e9s et nos repr\u00e9sentations&nbsp;\u00bb (Sermon 526), nous constatons que la pi\u00e8ce ecerienne nous offre un instantan\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnel de l\u2019\u00e9volution de la question \u00e9cologique \u00e0 travers son aspect envers, fond\u00e9 sur la n\u00e9gativit\u00e9 d\u2019un carr\u00e9 \u00e9v\u00e9nementiel dramatique de probl\u00e9matisation politico-id\u00e9ologique, qui unit l\u2019analg\u00e9sie \u00e9tatique avec la pollution environnementale et la marginalisation humaine avec l\u2019impasse de la migration. Inspir\u00e9e par les circonstances de notre vie actuelle et imbib\u00e9e d\u2019un riche imaginaire autofictionnel, cette cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale dramatise gr\u00e2ce \u00e0 une audace aigu\u00eb mais perspicace un fragment de dystopie r\u00e9elle universelle de nos soci\u00e9t\u00e9s actuelles que la plupart d\u2019entre nous ignorent ou feignent d\u2019ignorer.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image6.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-89\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image6.jpeg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image6-300x200.jpeg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image6-768x512.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sedef Ecer, <em>On the Periphery, <\/em>Potrero Stage, San Francisco, photo d\u2019Adam Tolbert, photo credit Crowded Fire, 9 novembre 2020<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Notes de fin<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><a name=\"end1\" href=\"#back1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Voir sur le terme \u00ab&nbsp;auteur francophone&nbsp;\u00bb Little 421-436, Verstraete et Baggesgaard, Bueno Alonso 685-696, et Virgine 58-68.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><a name=\"end2\" href=\"#back2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Pour une approche critique de l\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale de Sedef Ecer, voir Oikonomopoulou 2022, 536-538, Oikonomopoulou 2021, Oikonomopoulou 2018, 181-193, Oikonomopoulou 2018 II, 93-105, Oikonomopoulou&nbsp; 2017, 57-71, et Oikonomopoulou 2017 II.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><a name=\"end3\" href=\"#back3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Voir \u00e0 titre indicatif sur le translinguisme et les \u00e9crivains translingues Ausoni, et Kellman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><a name=\"end4\" href=\"#back4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Voir \u00e0 titre indicatif sur l\u2019immigration et le d\u00e9racinement des auteurs francophones Garnier 97-102, et Albert 7-22.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Albert, Christiane. \u00ab&nbsp;Introduction&nbsp;\u00bb, Christiane Albert (dir.), <em>L\u2019immigration dans le roman francophone \u2013contemporain<\/em>. Karthala, 2005, p. 7-22.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Anzald\u00faa, Gloria. Borderlands\/ La Frontera. The New<em> Mestiza<\/em>. Aunt lute Books, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Ausoni, Alain. <em>M\u00e9moires d\u2019outre-langue. L\u2019\u00e9criture translingue de soi<\/em>. Slatkine, 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Bernhardt, Christoph et Massard-Guilbaud, Genevi\u00e8ve (dir.). <em>Le D\u00e9mon moderne. La Pollution dans les soci\u00e9t\u00e9s urbaines et industrielles d&#8217;Europe<\/em>. Presses universitaires Biaise-Pascal, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Boyer, R\u00e9gis. \u00ab&nbsp;Mesure et d\u00e9mesure&nbsp;: les ressorts du tragique chez Ibsen&nbsp;\u00bb. Muriel Lazzarini Dossin (dir.), <em>Th\u00e9\u00e2tre, tragique et modernit\u00e9 en Europe (XIX<sup>e <\/sup>&amp; XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles), <\/em>Peter Lang, 2004.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Braidotti, Rosi. <em>Nomadic Subjects. Embodiment and Sexual Difference in Contemporary Feminist Theory<\/em>. Columbia UP, 1994.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Buell, Lawrence.<em> The Environmental Imagination: Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture.<\/em> The Belknap Press of Harvard UP, 1995.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Bueno Alonso, Josefina. \u00ab&nbsp;Francophonie plurielle&nbsp;: l\u2019expression d\u2019une nouvelle identit\u00e9 culturelle&nbsp;\u00bb, Ignacio I\u0148arrea Las Heras, Mar\u00eda Jes\u00fas Salinero Cascante (coord.), <em>El texto como encrucijada&nbsp;: estudios Franceses y Franc\u00f3fonos, <\/em>La Rioja, Universidad de La Rioja, vol. 1, 2003, pp. 685-696.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Centre National de Th\u00e9\u00e2tre. <em>Sedef Ecer<\/em>. <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.artcena.fr\/auteurs-soutenus\/sedef-ecer\" target=\"_blank\">Sedef Ecer | ARTCENA<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\"><em>&#8212;.<\/em> <em>\u00c0 la P\u00e9riph\u00e9rie.<\/em> \u00c9ditions de l\u2019Amandier\/\u00c9ditions L\u2019Espace d\u2019un Instant, 2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\"><em>&#8212;.<\/em> <a href=\"https:\/\/www.sedefecer.com\/a-la-peripherie\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie | sedefecer<\/a>. Site personnel, I.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <a href=\"https:\/\/www.sedefecer.com\/biographie\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Bios &amp; cr\u00e9ations | sedefecer<\/a>. Site personnel, II.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <a href=\"https:\/\/goldenthread.org\/productions\/on-the-periphery\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Golden Thread | On the Periphery<\/a>. Site personnel, III.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. \u00ab&nbsp;Lady first&nbsp;\u00bb. <em>L\u2019Avant-Sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2tre, <\/em>n\u00b0 1405, juin 2016, p. 11-59.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <em>Les Descendants. <\/em>\u00c9ditions de l\u2019Amandier\/\u00c9ditions L\u2019Espace d\u2019un Instant, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <a href=\"https:\/\/www.sedefecer.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Sedef Ecer<\/a>. Site personnel, IV.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <em>Sur le seuil. <\/em>\u00c9ditions de l\u2019Amandier, 2009.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <em>Tr\u00e9sor National<\/em>.J.-C. Latt\u00e8s, 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;, Belier, Michel et Cotton, Stanislas. <em>Va jusqu\u2019o\u00f9 tu pourras. <\/em>Lansman, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212; et Ristic, Sonia. <em>Ruptures. <\/em>Lansman, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Garcin-Marrou, Flore. <a href=\"https:\/\/www.floregarcinmarrou.com\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Article_Flore-Garcin-Marrou_Pour-un-th%C3%A9%C3%A2tre-%C3%A9cosophique_version-Gen%C3%A8ve-2....pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Article_Flore-Garcin-Marrou_Pour-un-th\u00e9\u00e2tre-\u00e9cosophique_version-Gen\u00e8ve-2&#8230;.pdf (floregarcinmarrou.com)<\/a>. Anna Barseghian, Isabelle Papalo\u00efzos et Stefan Kristensen (dir.). <em>La B\u00eate et l\u2019adversit\u00e9<\/em>. M\u00e9tis Presses, 2017, pp. 1-11.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Garnier, Xavier. \u00ab&nbsp;Les litt\u00e9ratures francophones sont-elles mineures, d\u00e9territorialis\u00e9es, rhizomatiques&nbsp;? R\u00e9flexions sur l\u2019application de quelques concepts deleuziens \u00bb, V\u00e9ronique Bonnet (dir.), Fronti\u00e8res de la francophonie&nbsp;; francophonie sans fronti\u00e8res, revue \u00ab&nbsp;Itin\u00e9raires et Contacts de Cultures&nbsp;\u00bb, vol. 30, \u00e9d. L\u2019Harmattan, 2002, p. 97-102.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">H\u00e9liot, Armelle. <a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/theatre\/2014\/03\/04\/03003-20140304ARTFIG00186-les-freres-bellorini-la-peripherie-et-paroles-gelees.php\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Les Fr\u00e8res Bellorini: \u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rieetParoles gel\u00e9es (lefigaro.fr)<\/a>. <em>Figaro Culture<\/em>, 4 mars 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Kellman, Steven G. <em>The Translingual Imagination<\/em>. U of Nebraska P, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Kolt\u00e8s, Bernard-Marie. <em>Quai Ouest<\/em>. Les \u00c9ditions de Minuit, 1985.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\"><em>L\u2019Avant-Sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2tre.<\/em> \u00ab&nbsp;Sedef Ecer, l\u2019auteure&nbsp;\u00bb,n\u00b0 1405, juin 2016, p. 6.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Lavery, Carl. <a href=\"https:\/\/www.thaetre.com\/2019\/03\/29\/comment-penser-limage-ecologique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Comment penser l\u2019image \u00e9cologique dans le th\u00e9\u00e2tre contemporain : l\u2019image \u00e9l\u00e9mentaire dans Some Things Happen All At Oncede Mike Brookes et Rosa Casado &#8211; tha\u00eatre (thaetre.com)<\/a>. <em>Tha\u00eatre<\/em>, 10 juillet 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Ledrut, Raymond. <em>Sociologie urbaine<\/em>.\u00e9d. PUF, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\"><em>L\u2019Express. <\/em><a href=\"https:\/\/blogs.lexpress.fr\/theatre\/2014\/03\/21\/a-la-peripherie-thomas-bellorini-met-en-scene-lauteur-turque-sedef-ecer-une-reussite\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">A la P\u00e9riph\u00e9rie Thomas Bellorini met en sc\u00e8ne l\u2019auteure turque Sedef Ecer. Une r\u00e9ussite | Les lendemains de la g\u00e9n\u00e9rale &#8211; Lexpress<\/a>. 21 mars 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Little, Roger. \u00abWorld Literature in French; or is Francophonie frankly phoney?\u00bb, <em>European Review, <\/em>vol. 9, issue 4, October 2001, pp. 421-436.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\"><em>L\u2019Humanit\u00e9.<\/em> <a href=\"https:\/\/www.humanite.fr\/culture-et-savoirs\/theatre\/la-peripherie-cest-une-piece-de-theatre-qui-met-dans-le-mille-527723\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00c0 la p\u00e9riph\u00e9rie, c\u2019est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre qui met dans le mille | L&#8217;Humanit\u00e9 (humanite.fr)<\/a>. 12 mai 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">McNeill, John. <em>Du nouveau sous le soleil Une histoire de I\u2019environnement mondial au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>. Champ Vallon, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Nail, Thomas.<em> Theory of the Border. <\/em>Oxford UP, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Nessi, H\u00e9l\u00e8ne, Le N\u00e9chet, Florent et Terral, Laurent. \u00ab&nbsp;Changement de regard sur le p\u00e9riurbain, quelles marges de man\u0153uvre en mati\u00e8re de durabilit\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb. <em>G\u00e9ographie, \u00c9conomie, Soci\u00e9t\u00e9, Lavoisier<\/em>, n\u00b0 18(1), 2016, p.15\u201333.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Oikonomopoulou, Christina A. \u00ab&nbsp;Des r\u00eaves utopiques aux r\u00e9alit\u00e9s dystopiques&nbsp;: regards non conformistes de l\u2019humanit\u00e9 dans le th\u00e9\u00e2tre de Sedef Ecer&nbsp;\u00bb, communication dans le cadre du XVI<sup>e<\/sup> Colloque International d\u2019\u00c9tudes Francophones, CIEFT, <em>Politiquement (in)correct en francophonie. (In)Conformismes de la pens\u00e9e et de la parole<\/em>. Universit\u00e9 de Timi\u015foara, Roumanie, 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. \u00ab&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/ler.letras.up.pt\/site\/default.aspx?qry=id05id1184id2768&amp;sum=sim\" target=\"_blank\">Femme, migration et communication num\u00e9rique : e-passeur.com de Sedef Ecer<\/a>&nbsp;\u00bb. <em>Interc\u00e2mbio<\/em>, 2<sup>e<\/sup> s\u00e9rie, vol. 10, 2017, p. 57-71.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. \u00ab&nbsp;Femmes dramaturges francophones issues des Balkans&nbsp;: du cosmopolitisme international \u00e0 la collectivit\u00e9 universelle&nbsp;\u00bb, Conf\u00e9rence dans le cadre de l\u2019Organisme Acad\u00e9mique Citizen TALES, direction de la Professeure Vassiliki Rapti, Emerson College, USA, 2021, <a href=\"https:\/\/youtu.be\/ja7sYJ33WNs\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/youtu.be\/ja7sYJ33WNs<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. \u00ab&nbsp;Repr\u00e9sentations id\u00e9alis\u00e9es et d\u00e9mythifi\u00e9es de Constantinople dans les \u0153uvres litt\u00e9raires et dramatiques des \u00e9crivains francophones contemporains, Sonia Ristic, Sedef Ecer, Mat\u00e9i Visniec et Mohamed Kacimi&nbsp;\u00bb. Haralampos Minaoglou (dir.). <em>Actes du Colloque Constantinople dans l\u2019histoire et la litt\u00e9rature<\/em>, 2018, p. 181-193.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. \u00ab Repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales de la migration et de l\u2019immigration chez des dramaturges francophones balkaniques&nbsp;: Sonia Ristic, Sedef Ecer, Mat\u00e9i Visniec&nbsp;\u00bb, Actes du XVe Colloque international <em>Passages, Arriv\u00e9es, Travers\u00e9es&nbsp;: optiques d\u2019une litt\u00e9rature en mouvement<\/em>. Universit\u00e9 Aristot\u00e9licienne de Thessalonique, Facult\u00e9 des Lettres, Secteur des Etudes M\u00e9di\u00e9vales et N\u00e9ohell\u00e9niques, 2018, pp. 93-105.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">&#8212;. <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/sedefecerturkce.over-blog.com\/2017\/01\/sedef-ecer-in-neo-barok-tiyatrosu-dr.christina-oikonomopoulou.html\" target=\"_blank\">Le th\u00e9\u00e2tre n\u00e9obaroque de Sedef Ecer<\/a><\/em>. Office de tourisme turc, 24\/3\/2017, traduction en turc par Izzeddin Calislar.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Patrux, Romain. \u00ab&nbsp;Sensibiliser pour un engagement plus fort de nos concitoyens en faveur de l\u2019environnement&nbsp;\u00bb. <em>POUR,<\/em> n\u00b0 223, 2014, p. 109-121.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Pozzo, Herv\u00e9. <a href=\"https:\/\/www.francetvinfo.fr\/monde\/europe\/sedef-ecer-on-habite-une-langue-comme-on-habite-un-pays_3069115.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Sedef Ecer : \u00abOn habite une langue comme on habite un pays\u00bb (francetvinfo.fr)<\/a>. <em>FranceInfo, <\/em>24 f\u00e9vrier 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Sermon, Julie. \u00ab&nbsp;Th\u00e9\u00e2tre et paradigme \u00e9cologique&nbsp;\u00bb. <em>Les Cahiers de la Justice<\/em>&nbsp;\u00bb, n\u00b0 3, 2019, pp. 525-536.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Steinmetz, Muriel. <a href=\"https:\/\/www.humanite.fr\/culture-et-savoirs\/sedef-ecer\/sedef-ecer-jecris-en-francais-mais-jai-garde-mon-cerveau-turc-527727\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Sedef Ecer : \u00abJ\u2019\u00e9cris en fran\u00e7ais mais j\u2019ai gard\u00e9 mon cerveau turc\u00bb | L&#8217;Humanit\u00e9 (humanite.fr)<\/a>. <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, 12 mai 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Tarr, Jo\u00ebl A. <em>The Search for the Ultimate Sink: Urban Pollution in Historical Perspective<\/em>. University of Akron Press, 1996.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Verstraete, Hansen Lisbeth et Baggesgaard Mads Anders. <em>\u00c9crire le monde en langue fran\u00e7aise<\/em>, Presses Universitaires de Vincennes, 2017.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"hangingIndent\">Virgine, Marie. \u00ab&nbsp;De la Francophonie \u2018\u2018centrip\u00e8te\u2019\u2019 \u00e0 une Francophonie p\u00e9riph\u00e9rique&nbsp;\u00bb, <em>Alternative francophone, <\/em>vol.1, 2, 2009, p. 58-68.<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-thumbnail alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/Christina-A.-Oikonomopoulou-150x150.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-91\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>Christina A. Oikonomopoulou<\/strong> est Docteure de Litt\u00e9rature g\u00e9n\u00e9rale et compar\u00e9e (Sorbonne Universit\u00e9, Facult\u00e9 des Lettres, 1998, directeur de recherche Pierre Brunel). Elle enseigne depuis 2003 au D\u00e9partement d\u2019\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales de l\u2019Universit\u00e9 de P\u00e9loponn\u00e8se les \u00e9critures th\u00e9\u00e2trales-monde d\u2019expression fran\u00e7aise, la terminologie th\u00e9\u00e2trale fran\u00e7aise (FOS, FLE) et l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre europ\u00e9en et mondial, qui constituent d\u2019ailleurs ses int\u00e9r\u00eats scientifiques. Principales publications (\u00e0 titre indicatif)&nbsp;: <em>Cours de Culture et de Terminologie th\u00e9\u00e2trales fran\u00e7aises <\/em>(\u00e9d. H\u00e9rodote, 2022), <em>\u00c9critures dramatiques d\u2019expression fran\u00e7aise, <\/em>volume I&nbsp;: \u00ab&nbsp;Europe&nbsp;\u00bb (\u00e9d. Papazissis, 2023), Isma\u00ebl Saidi, <em>Djihad, pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, <\/em>Traduction, \u00c9dition et Postface (\u00e9d. Epikentro, 2021).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2022 Christina A. Oikonomopoulou<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN:2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":89,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-83","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essays"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/09\/image6.jpeg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=83"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1207,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83\/revisions\/1207"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/media\/89"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=83"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=83"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=83"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}