{"id":353,"date":"2022-11-12T20:55:33","date_gmt":"2022-11-12T20:55:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/?p=353"},"modified":"2022-11-20T17:52:05","modified_gmt":"2022-11-20T17:52:05","slug":"erinnerung-redux-meandre-memoriel-du-port-et-critique-post-coloniale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/erinnerung-redux-meandre-memoriel-du-port-et-critique-post-coloniale\/","title":{"rendered":"<em>Erinnerung Redux<\/em> : M\u00e9andre m\u00e9moriel du port et critique post-coloniale"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>John Yves Pinder<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#e3c7ca\"><em>Port \u00e0 Port<\/em>. Concept et Direction\u00a0:Marl\u00e9ne Douty, Eliana Sch\u00fcler, Valeria Stocker, Koffi Edem. Collaboratrice Artistique\u00a0:Leicy Valenzuela. Performance\u00a0: Atsou Jean Adzigbli, Brigitte Sefako Abra Agbokou, Viola G\u00fcse, Segnon Guy Hounou, Delphin Semevo Hountondji, F\u00e9licit\u00e9 Notson Kodjo-Atsou, Djani David Mikem, Nebou N\u2019Diaye, Naomi Kelechi Odhiambo, Yulia Su\u00e1rez Bergmann. Son\u00a0: Simone Nowicki, Frederik. Production : PK3000 \/ Katja Kruglikova, X Perspektiven, Compagnie Artistique Carrefour. Administration : ASA-FF e.V. Compagnie Artistique Carrefour (Togo) et X Perspektiven (Allemagne\/Suisse). 14.08.2022, 20 heures (premi\u00e8re 13.08.2022), Hambourg.<\/p>\n\n\n\n<p>Un public d\u2019une cinquantaine de personnes s\u2019est install\u00e9 sur les grandes marches de l\u2019esplanade du Baaken, l\u2019un des nombreux petits havres qui sillonnent le bras nord de l\u2019Elbe \u00e0 Hambourg. Un vent l\u00e9ger et le bruit lointain des voitures bercent un soir doux. Huit interpr\u00e8tes v\u00eatus de chemises et pantalons <em>blue jeans <\/em>sont assis \u00e0 une vingtaine de m\u00e8tres du public, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des barri\u00e8res situ\u00e9es en bordure du quai. Comme le public, les huit font dos \u00e0 la Hafencity, un quartier au centre d\u2019un projet gigantesque de r\u00e9am\u00e9nagement urbain qui voit l\u2019ancien port franc du Baaken faire place \u00e0 des zones r\u00e9sidentielles et commerciales, culturelles et touristiques ancrant la ville hans\u00e9atique dans le capitalisme ondoyant de demain. C\u2019est dans ce lieu, pendant cette petite heure de performance organis\u00e9e dans le cadre du festival d\u2019\u00e9t\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre Kampnagel, que les huit interpr\u00e8tes feront revenir \u00e0 la m\u00e9moire un pass\u00e9 colonial refoul\u00e9 par le caract\u00e8re lisse architectural du port.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Port \u00e0 Port, <\/em>le fruit d\u2019une collaboration entre une compagnie togolaise et une germanophone, commence avec un r\u00e9cit de voyage racont\u00e9 sur le casque audio distribu\u00e9 au public. Voyage&#8230; c\u2019est beaucoup dire. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019une attente infernale pour des papiers qui permettront \u00e0 un sujet togolais, suspendu \u00e0 la messagerie vocale du consulat allemand, de venir en Allemagne. L\u2019atermoiement prend subitement fin lorsque les \u00e9toiles du firmament bureaucratique s\u2019alignent, comme par miracle. Les huit, six Togolaises et Togolais<strong>,<\/strong> ainsi que deux femmes membres de X Perspectiven, qui \u00e9taient jusqu\u2019alors assis au bord du quai, se l\u00e8vent, font leurs adieux, et se retournent vers le public. Le rythme change. Le silence et la stagnation font place \u00e0 des tomb\u00e9es et lev\u00e9es subites de corps en course qui viennent gravir et descendre les gradins improvis\u00e9s. La coordination du collectif et le rythme saccad\u00e9 de leur redescente \u00e9voque un passage de douane. Les huit interpr\u00e8tes arrivent finalement et prennent le temps de s\u2019asseoir, de se pr\u00e9senter et de partager \u00e0 voix haute ce que le port \u00e9voque pour eux&nbsp;: sons et images, endroits et personnes, voire syst\u00e8me social et organisation \u00e9conomique que l\u2019on nomme capitalisme.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"532\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-poraport-photo-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-355\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-poraport-photo-1.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-poraport-photo-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-poraport-photo-1-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Brigitte Sefako Abra Agbokou, Yulia Su\u00e1rez Bergmann et Delphin Semevo Hountondji sur le quai nord du Baaken. Photo&nbsp;: Mo Poori<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette s\u00e9quence, le public est invit\u00e9 par l\u2019audio \u00e0 se diriger vers un petit bosquet o\u00f9 ses membres prennent un moment pour faire connaissance en se regardant et en se souriant. Certains interpr\u00e8tes sont partis en direction du pont qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre rive, d\u2019autres restent du c\u00f4t\u00e9 des escaliers. Sur l\u2019audio, les voix f\u00e9minines et masculines, francophones et germanophones s\u2019alternent sur un mode interrogatif. Elles invitent le public \u00e0 regarder de plus pr\u00e8s ce lieu familier pour certains, \u00e9trange pour d\u2019autres. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est ce que le port&nbsp;? Qui est le port&nbsp;? Quelles traces laisse-t-il dans nos vies&nbsp;?&nbsp;\u00bb, sont les questions pos\u00e9es sur l\u2019audio qui reviendront tout du long. C\u2019est seulement lorsqu\u2019une voix audio invite le public \u00e0 s\u2019adosser au banc qui longe le pont et \u00e0 dire adieu \u00e0 une personne absente par un signe de la main offert au vent que la question coloniale fait surface. Toujours sur l\u2019audio, une voix demande au public de prendre un moment pour se mettre des exp\u00e9riences de ports en m\u00e9moire. Une lettre d\u2019un voyageur africain maintenant \u00e0 Hambourg se fait aussi entendre. Le voyageur rappelle qu\u2019au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle, les troupes allemandes partaient du port du Baaken sur la ligne W\u00f6rmann en direction de la Namibie afin de mater dans un bain de sang les insurrections des peuples Herero et Nama. \u00c0 part un nombre de rues nomm\u00e9es en l\u2019honneur des entrepreneurs et pionniers imp\u00e9riaux, peu de traces restent de ces massacres. Comment se rem\u00e9morer et ne pas oublier&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question est lourde de sens dans une Allemagne o\u00f9 les d\u00e9bats contemporains sur la m\u00e9moire (<em>Erinnerung<\/em>) descrimes coloniaux sont particuli\u00e8rement vifs dans les milieux culturels et politiques. Les crimes coloniaux de l\u2019empire allemand (1871-1918) sont moins connus que ceux des grandes puissances imp\u00e9riales de l\u2019\u00e9poque, mais pas moins brutaux et significatifs. Une des questions qui se posent est de savoir si la <em>Erinnerung <\/em>de la Shoah, qui apr\u00e8s de nombreuses d\u00e9cennies de refoulement est devenue int\u00e9grante \u00e0 la vie de l\u2019\u00c9tat et de la soci\u00e9t\u00e9 civile, n\u2019a pas contribu\u00e9 \u00e0 un aveuglement ou \u00e0 un oubli des crimes coloniaux ant\u00e9rieurs. Pour certains, un d\u00e9centrement de l\u2019imaginaire collectif allemand doit s\u2019op\u00e9rer afin qu\u2019une confrontation avec un pass\u00e9 colonial puisse se faire, laquelle aiderait aussi \u00e0 l\u00e9gitimer la compensation financi\u00e8re des victimes de ces crimes g\u00e9nocidaires. La rem\u00e9moration ritualis\u00e9e de <em>Port \u00e0 Port<\/em> contribue donc \u00e0 sa fa\u00e7on \u00e0 cette d\u00e9construction-reconstruction d\u2019une histoire collective soigneusement ensevelie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le but est louable. On se demandera, n\u00e9anmoins, si le didactisme de l\u2019audio, qui donne une touche plus contemplative \u00e0 la performance, ne risque pas de tomber dans un consensualisme convenu malgr\u00e9 la polyphonie de l\u2019enregistrement. Le public n\u2019est pas compos\u00e9 d\u2019\u00e9coliers lambdas mais de festivaliers majoritairement germanophones fr\u00e9quentant d\u00e9j\u00e0 en toute probabilit\u00e9 Kampnagel, l\u2019un des fers de lance de la mouvance d\u00e9coloniale dans le milieu culturel hambourgeois. Le risque d\u2019un entre-soi est esquiv\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence des interpr\u00e8tes qui rejoignent les spectateurs afin de leur offrir un d\u00e9fil\u00e9 de \u00ab&nbsp;sape&nbsp;\u00bb en mode devinette. Un interpr\u00e8te se pavane en montrant un habit afin d\u2019interroger les autres sur son origine. Les autres devinent et, ce faisant, leurs v\u00eatements et chaussures laissent entrevoir un syst\u00e8me combin\u00e9 et in\u00e9gal de production et de consommation. Cette d\u00e9monstration, faite \u00e0 un moment o\u00f9 plus rien ne se donne \u00e0 entendre sur le casque, diff\u00e9rencie le geste de <em>Port \u00e0 Port <\/em>d\u2019une culture m\u00e9morielle lib\u00e9rale souvent incapable de faire le lien entre violences extr\u00eames \u00e0 caract\u00e8re raciste et capitalisme. Le jeu se termine par un autre moment d\u2019intimit\u00e9&nbsp;: face-\u00e0-face fugaces dans lesquels les huit interpr\u00e8tes partagent avec le public des souvenirs quotidiens les liant au port.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"533\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-356\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-2.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-2-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Delphin Semevo Hountondji, Atsou Jean Adzigbli et Djani David Mikem traversant le pont avec le public. Photo&nbsp;: Mo Poori<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019investigation et l\u2019introspection introduites par l\u2019audio rythment la premi\u00e8re partie de la performance mais pas la deuxi\u00e8me qui s\u2019inaugure avec un interpr\u00e8te pressant les membres du public jusqu\u2019\u00e0 l\u2019autre rive, o\u00f9 il monte seul sur le mirador orange du Baaken qui donne vue sur la ville. De l\u00e0, le guide sur sa tour dresse le paysage imaginaire d\u2019un port, probablement Lom\u00e9 au Togo. Sa description fait aussi le calque d\u2019une division bien r\u00e9elle entre le nord de Hambourg et son sud accueillant les masses de travailleurs immigr\u00e9s. Le discours de l\u2019homme, pr\u00e9sentant maintenant au public des biens <em>made in Togo<\/em> aussi fictionnel que le paysage, montre que les flux de commodit\u00e9s vont aussi dans l\u2019autre sens&nbsp;: de l\u2019Europe \u00e9conomiquement dominante au Togo sp\u00e9cialis\u00e9 dans le commerce des rejetons seconde-main d\u2019une mondialisation en perp\u00e9tuelle d\u00e9rive.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-357\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-3.jpg 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-3-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Atsou Jean Adzigbli et Brigitte Sefako Abra Agbokou dansant sur la rive sud. Photo&nbsp;: Mo Poori<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019homme press\u00e9 redescend de sa tour et se dirige avec les autres vers le quai de la rive sud pendant que le public prend place sur l\u2019escalier qui surplombe l\u2019esplanade. Le calme revient et les membres du public sont pris un \u00e0 un par la main et plac\u00e9s au bas des gradins. Les corps forment un archipel autour duquel viennent circuler certains interpr\u00e8tes en silence. Ils regardent le public dans le blanc des yeux et un partage se fait. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que le port&nbsp;? Qui est le port&nbsp;?&nbsp;\u00bb, les questions reviennent sur l\u2019audio pendant que le public contemple d\u2019autres femmes et hommes en bleu se mouvoir sur les escaliers. Les mouvements, danses et exclamations de ces derniers rappellent une derni\u00e8re fois que les corps souffrants et regimb\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui portent aussi en eux les traces des meurtrissures et r\u00e9voltes d\u2019hier et de demain.<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-thumbnail alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/John-Yves-Pinder-150x150.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-354\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>John Yves Pinder<\/strong> est chercheur et enseignant. Il enseigne \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Leuphana de L\u00fcneburg et habite \u00e0 Hambourg. Avant de d\u00e9m\u00e9nager en Allemagne, il \u00e9tait bas\u00e9 en Grande Bretagne o\u00f9 il a compl\u00e9t\u00e9 sa th\u00e8se de doctorat \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Leeds en 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2022 John Yves Pinder<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN:2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":356,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-353","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-content\/uploads\/sites\/27\/2022\/11\/PER-portaport-photo-2.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/353","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=353"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/353\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":553,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/353\/revisions\/553"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/media\/356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=353"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=353"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/26\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=353"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}