{"id":69,"date":"2020-09-23T16:49:22","date_gmt":"2020-09-23T16:49:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/?p=69"},"modified":"2025-07-02T12:46:12","modified_gmt":"2025-07-02T12:46:12","slug":"au-dela-des-frontieres-les-ponts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/au-dela-des-frontieres-les-ponts\/","title":{"rendered":"Au-del\u00e0 des fronti\u00e8res, les ponts"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Georges Banu<\/strong><a name=\"back\" href=\"#end\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"resume\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Les fronti\u00e8res d\u00e9limitent les territoires et s\u00e9parent les arts. Leur suspension entra\u00eene le sacrifice de la puret\u00e9 recherch\u00e9e par \u00ab&nbsp;la s\u00e9paration des genres&nbsp;\u00bb propre \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique classique au profit de \u00ab&nbsp;l\u2019impuret\u00e9&nbsp;\u00bb shakespearienne. Elle s\u2019est impos\u00e9e dans les ann\u00e9es 60 et alors Peter Brook ou Ariane Mnouchkine ont engag\u00e9 une recherche transfrontali\u00e8re, aussi bien au niveau de leurs \u00e9quipes que de leur choix sc\u00e9niques. Plus tardivement cela a conduit \u00e0 la mixit\u00e9 et \u00e0 l\u2019hybridation des formes ou m\u00eame des sexes. La modernit\u00e9 s\u2019affirme par le combat avec les fronti\u00e8res et leur d\u00e9passement constant&nbsp;!<br><strong>Mots\u2013cl\u00e9s:<\/strong> &nbsp;Fronti\u00e8res, impuret\u00e9, mixit\u00e9, hybridation, transgression&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Beyond Borders, Bridges<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Abstract<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Borders define territories and separate the arts. Their suspension leads to the sacrifice of the purity sought by the \u201cseparation of genres\u201d characteristic of classical aesthetics in favor of Shakespearean \u201cimpurity.\u201d This shift became established in the 1960s, when Peter Brook and Ariane Mnouchkine initiated cross-border explorations, both within their teams and in their stage choices. Later on, this led to the mixing and hybridization of forms and even genders. Modernity asserts itself through the struggle with borders and their constant transcendence!<br><br><strong>Keywords:<\/strong>\u00a0borders, impurity, mixing, hybridization, transgression<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde est impur, il l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9, mais de mani\u00e8re moins flagrante qu\u2019aujourd\u2019hui, moins visible et explicite. Le th\u00e9\u00e2tre de Shakespeare a connu le succ\u00e8s qu\u2019il a connu en raison de sa co\u00efncidence avec ce constat concernant le r\u00e9el \u2013&nbsp;<em>l\u2019impuret\u00e9<\/em>&nbsp;\u2013, et s\u2019il a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 obstin\u00e9ment par l\u2019esth\u00e9tique classique, surtout fran\u00e7aise, ce fut pour le m\u00eame motif&nbsp;: \u00e9prise par \u00ab&nbsp;la puret\u00e9&nbsp;\u00bb et la s\u00e9paration des genres, elle ne s\u2019accommodait point de \u00ab&nbsp;l\u2019impuret\u00e9&nbsp;\u00bb shakespearienne. Elle lui r\u00e9pugnait&nbsp;! Mais \u00ab&nbsp;l\u2019impuret\u00e9&nbsp;\u00bb a fini par \u00eatre admise et Shakespeare proposa sa plus complexe affirmation&nbsp;: <em>le monde est impur&nbsp;<\/em>!<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"220\" height=\"325\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/09\/Peter_Brook.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-278\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/09\/Peter_Brook.jpg 220w, https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/09\/Peter_Brook-203x300.jpg 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Peter Brook. Photo: <a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?q=Peter+Brook&amp;tbm=isch&amp;source=iu&amp;ictx=1&amp;fir=ssY3wXcedwWEHM%252CVWur-cv83G_oAM%252C%252Fm%252F01fhwx&amp;vet=1&amp;usg=AI4_-kTHMbTTbcgRQYcVdV9snXm4vXMlZA&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwiBwIz9yMPsAhXKGewKHQ9bDSwQ_B16BAgUEAM#imgrc=ssY3wXcedwWEHM\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Wikipedia<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"au-dela-des-frontieres-identitaires\"><strong>Au-del\u00e0 des fronti\u00e8res identitaires<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Cette impuret\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme une donn\u00e9e du monde se trouve aujourd\u2019hui int\u00e9gr\u00e9e et elle se constitue m\u00eame en horizon de la modernit\u00e9, en perspective et programme. Impuret\u00e9 esth\u00e9tique, dont la manifestation se justifie par l\u2019effort de co\u00efncidence avec la condition multiethnique ou multiraciale de la rue&nbsp;: elle d\u00e9finit les grandes villes devenues polychromes. Foyers urbains \u00ab&nbsp;impurs&nbsp;\u00bb dont le th\u00e9\u00e2tre depuis un certain temps s\u2019efforce de restituer le reflet sc\u00e9nique. Ce mouvement remonte aux ann\u00e9es 68 et aux voyages, aux d\u00e9placements de la jeune g\u00e9n\u00e9ration vers l\u2019Inde surtout&nbsp;: pour preuve, la composition des deux grands collectifs constitu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque, collectifs qui int\u00e8grent les mutations de composition des populations urbaines aussi bien que des exp\u00e9riences spatiales de plus en plus fr\u00e9quentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les distributions des grands spectacles de Peter Brook avant 68 \u00e9taient toutes blanches \u2013&nbsp;homog\u00e8nes et du point de vue racial et du point de vue linguistique&nbsp;\u2013 mais, en suivant le <em>zeitgeist<\/em>, l\u2019esprit du temps, Brook cr\u00e9e le Centre International des Recherches th\u00e9\u00e2trales o\u00f9 il r\u00e9unit des acteurs du monde entier, du Japon et d\u2019Afrique, d\u2019Angleterre et de France. Il jette un pont vers de jeunes gens issus et venus des cultures autres. Le Centre se d\u00e9finit par son h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 qui confirme la volont\u00e9 de communication, d\u2019\u00e9change comme pr\u00e9misse du renouveau. Chez Brook, la couleur et la race n\u2019interviennent plus pour faire sens&nbsp;: chacun peut tout jouer. Comme dans un spectacle qui suscita un v\u00e9ritable choc&nbsp;: <em>Les Iks<\/em>, o\u00f9 les habitants d\u2019une communaut\u00e9 africaine sont interpr\u00e9t\u00e9s par des acteurs sans nulle distinction d\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ariane Mnouchkine, au Th\u00e9\u00e2tre du Soleil, va emprunter la m\u00eame voie quelques ann\u00e9es plus tard dans sa troupe \u00e9galement compos\u00e9e d\u2019acteurs de races et de cultures distinctes. Eux, ils sont des pr\u00e9curseurs qui ont pris des risques, mais qui ont \u00e9t\u00e9 suivis. Brook et Mnouchkine ont \u00e9rig\u00e9 leurs \u00e9quipes en foyers impurs de travail th\u00e9\u00e2tral. En m\u00eame temps, ils ont jet\u00e9 des ponts vers \u00ab&nbsp;l\u2019autre&nbsp;\u00bb en int\u00e9grant sa diff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>La danse, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, s\u2019\u00e9tait engag\u00e9e dans une direction \u00ab&nbsp;plan\u00e9taire&nbsp;\u00bb similaire \u2013&nbsp;pour preuve, l\u2019\u00e9quipe multiculturelle de Maurice B\u00e9jart&nbsp;\u2013, mais pour cet art, les difficult\u00e9s ne se posent pas avec autant d\u2019acuit\u00e9, car l\u2019art du mouvement n\u2019est pas soumis aux d\u00e9fis des mots, des langues, des litt\u00e9ratures. L\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 fut le d\u00e9fi du th\u00e9\u00e2tre en qu\u00eate de ponts au niveau m\u00eame de la pratique th\u00e9\u00e2trale, du jeu et de la composition des troupes.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"au-dela-des-frontieres-des-arts\"><strong>Au-del\u00e0 des fronti\u00e8res des arts<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Progressivement se manifeste un nouveau d\u00e9sir d\u2019ouverture qui entra\u00eene la diminution, voire la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart des fronti\u00e8res qui s\u00e9parent les arts. Impuret\u00e9, cette fois-ci des arts, qui devient sympt\u00f4me de la modernit\u00e9. L\u2019isolement est banni et la porosit\u00e9, la communication s\u2019instaurent au point d\u2019att\u00e9nuer les \u00e9carts au profit des manifestations d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment \u00ab&nbsp;h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes&nbsp;\u00bb. Et l\u2019\u00e9mergence de ce que l\u2019on a appel\u00e9, aux d\u00e9buts des ann\u00e9es 80, avec un mot composite <em>tanztheater<\/em>, le <em>th\u00e9\u00e2tre danse<\/em>, confirme ce d\u00e9sir de d\u00e9passer les fronti\u00e8res, de lancer des ponts qui d\u00e9bordent les domaines artistiques strictement d\u00e9limit\u00e9s afin de convier le public \u00e0 des manifestations \u00ab&nbsp;impures&nbsp;\u00bb. Elles portent aussi la marque du <em>zeitgeist<\/em>, cette fois-ci d\u00e9fini par le d\u00e9sir irr\u00e9pressible de changer, de passer d\u2019une expression \u00e0 une autre, de la danse au th\u00e9\u00e2tre, du mot au mouvement en compagnie de la musique tant\u00f4t \u00e9conome, tant\u00f4t violente. Chaque art att\u00e9nue les diff\u00e9rences propres et souhaite dialoguer, alterner avec un art voisin.<\/p>\n\n\n\n<p>Pina Bausch a amorc\u00e9 avec g\u00e9nie le mouvement, puis, des figures importantes s\u2019y sont associ\u00e9es, surtout les protagonistes de l\u2019\u00e9cole flamande, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, Jan Lawer et ils ont sign\u00e9 des \u0153uvres m\u00e9morables dont l\u2019\u00e9cho persiste aujourd\u2019hui encore. On peut se demander si cette disposition vers la confusion des arts qui a connu un tel \u00e9cho en Flandre ne trouve pas ses racines dans l\u2019art des grands ma\u00eetres comme Breughel, qui fournit dans ses toiles l\u2019image d\u2019un monde confus et agit\u00e9, o\u00f9 danse, chants et jeu se confondent dans un m\u00eame esprit. Le plus c\u00e9l\u00e8bre ex\u00e9g\u00e8te de ce m\u00e9lange, comment l\u2019oublier, est le \u00ab&nbsp;Flamand&nbsp;\u00bb Johan Huizinga&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>La transgression des fronti\u00e8res ne se r\u00e9sume pourtant pas \u00e0 un territoire&nbsp;: comment oublier l\u2019\u0153uvre de Rom\u00e9o Castellucci, qui fascine justement par les \u00e9changes constants entre les arts au nom d\u2019une \u0153uvre commune o\u00f9 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 est cultiv\u00e9e avec une passion extr\u00eame. Les ponts lanc\u00e9s dans toutes les directions finissent par rendre non identifiables les \u0153uvres produites qui captivent justement en tant qu\u2019OVNI&nbsp;: des objets non identifi\u00e9s. \u00c0 la solidit\u00e9 d\u2019une identit\u00e9 de genre artistique succ\u00e8de la perplexit\u00e9, l\u2019incertitude, l\u2019ouverture&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Et comment ne pas reconna\u00eetre dans la pratique de Robert Wilson l\u2019une des premi\u00e8res manifestations de ce d\u00e9bordement des limites et de la qu\u00eate, non pas d\u2019une synth\u00e8se des arts, mais d\u2019un foyer incandescent et indistinct des arts. Ils s\u2019entrecroisent et se relaient. Ils r\u00e9pondent \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration de spectateurs impatients en qu\u00eate de changement perp\u00e9tuel, d\u2019alternance des expressions et d\u2019incertitude des chemins. Parce qu\u2019ils se m\u00ealent, se croisent, parce que chaque art lance des ponts dans la direction d\u2019un autre, ce public press\u00e9 trouve satisfaction&nbsp;! Une pulsion cardiaque commune anime les arts qui s\u2019exercent dans la libert\u00e9 d\u2019un espace sans cl\u00f4ture.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"au-dela-des-frontieres-orientales-occidentales\"><strong>Au-del\u00e0 des fronti\u00e8res orientales \/ occidentales<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>La constitution des ensembles r\u00e9fractaires \u00e0 l\u2019identit\u00e9 unique ou le passage d\u2019un art \u00e0 l\u2019autre r\u00e9sultent d\u2019un travail d\u2019hybridation. On r\u00e9unit des \u00e9l\u00e9ments \u00e9trangers \u2013&nbsp;mais pas totalement&nbsp;\u2013 pour parvenir \u00e0 des compositions nouvelles, inattendues et impr\u00e9vues. C\u2019est le propre du travail d\u2019hybridation&nbsp;: produire de l\u2019inconnu \u00e0 partir du connu, de ce qui pr\u00e9existe et se trouve transform\u00e9 par cette op\u00e9ration bas\u00e9e sur le refus de la \u00ab&nbsp;fronti\u00e8re&nbsp;\u00bb comme s\u00e9paration infranchissable, comme limite. L\u2019hybridation cherche \u00e0 assimiler l\u2019exercice de l\u2019art comme pratique \u00ab&nbsp;hors limites&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette propension parvient \u00e0 son \u00e9tat extr\u00eame lorsqu\u2019il s\u2019agit de la confrontation entre les traditions orientales et les pratiques occidentales. L\u2019opposition, d\u2019embl\u00e9e, para\u00eet infranchissable et semble rendre l\u2019hybridation improbable. Voire m\u00eame vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Mais justement&nbsp;: parce qu\u2019il semble impossible \u00e0 accomplir, il est excitant de s\u2019y livrer&nbsp;! D\u00e9fi dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p>Des deux c\u00f4t\u00e9s, de l\u2019Ouest et de l\u2019Est, s\u2019est manifest\u00e9 un attrait r\u00e9ciproque, et des gens de th\u00e9\u00e2tre occidentaux ou orientaux en ont fait \u00e9tat. Mais d\u2019abord, en Europe, cela s\u2019est limit\u00e9 plut\u00f4t \u00e0 un attrait formul\u00e9 avec fougue par des figures exemplaires telles Meyerhold, Brecht, Eisenstein, sans que cela entra\u00eene des retomb\u00e9es cons\u00e9quentes sur le plan pratique tandis que, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Orient, japonais surtout, on s\u2019est livr\u00e9 \u00e0 des imitations pr\u00e9cipit\u00e9es et finalement de surface, des copies d\u2019emprunt. Initialement les deux cultures th\u00e9\u00e2trales ont engag\u00e9 un \u00e9change rest\u00e9 d\u2019abord limit\u00e9 et d\u00e9pourvu de retomb\u00e9es \u00e9videntes. Mais l\u2019attrait des uns pour les autres s\u2019est manifest\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au nom de cet app\u00e9tit de d\u00e9passement des fronti\u00e8res, un certain nombre d\u2019op\u00e9rations se sont ensuite engag\u00e9es et des metteurs en sc\u00e8ne s\u2019y sont livr\u00e9s. L\u2019hybridation s\u2019est op\u00e9r\u00e9e dans ce domaine sensible, de la diff\u00e9rence maximale, soit en \u00e9chouant soit en fournissant des r\u00e9ussites hors pair. Op\u00e9ration des extr\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"MAHABHARATA von Peter Brook (DVD-Trailer)\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ZoZFxfHvg8U?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Peter Brook, <em>Mahabharata<\/em> (teaser)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Orient s\u2019est amorc\u00e9 initialement un travail de \u00ab&nbsp;conversion&nbsp;\u00bb \u2013&nbsp;c\u2019est le terme que l\u2019on peut utiliser&nbsp;\u2013, \u00ab&nbsp;conversion&nbsp;\u00bb de l\u2019h\u00e9ritage litt\u00e9raire occidental en expressions spectaculaires issues des diff\u00e9rentes traditions. R\u00e9duites \u00e0 des performances plut\u00f4t individuelles, ces tentatives cherchaient \u00e0 transmettre avec les moyens h\u00e9rit\u00e9s de la tradition la complexit\u00e9 des textes surtout shakespeariens. Si la performance pouvait \u00e9blouir, elle restait souvent d\u00e9cevante, car les signes indiens ou chinois paraissaient trop explicites et fournissaient une interpr\u00e9tation rudimentaire des enjeux des personnages ou des situations. L\u00e0 o\u00f9 captive l\u2019ambigu\u00eft\u00e9, l\u2019Orient en limitait son impact et fournissait des \u00e9valuations imm\u00e9diates, r\u00e9ductrices, explicites. Et pourtant, le c\u00f4t\u00e9 \u00ab&nbsp;performatif&nbsp;\u00bb de l\u2019exercice a s\u00e9duit bon nombre de spectateurs, surtout jeunes. Personnellement j\u2019y suis rest\u00e9 insensible. La \u00ab&nbsp;conversion&nbsp;\u00bb m\u2019a sembl\u00e9 \u00eatre une tentative rat\u00e9e d\u2019hybridation, car les deux termes, trop \u00e9cart\u00e9s et \u00e9trangers, paraissaient r\u00e9fractaires l\u2019un \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre pratique fut adopt\u00e9e par des metteurs en sc\u00e8ne, cette fois-ci occidentaux, attir\u00e9s par l\u2019Orient. Chez Eugenio Barba ou Peter Brook, nous avons pu rep\u00e9rer des \u00ab&nbsp;citations diss\u00e9min\u00e9es&nbsp;\u00bb inscrites dans leurs spectacles. Pinc\u00e9es d\u2019Orient distribu\u00e9es avec \u00e9conomie, comme par exemple une marionnette balinaise dans <em>La Conf\u00e9rence des oiseaux<\/em> de Brook, une reprise de la figuration de Krishna avec une trompe d\u2019\u00e9l\u00e9phant dans le <em>Mahabharata<\/em>\u2026&nbsp;: l\u2019Orient intervient ponctuellement telle une r\u00e9f\u00e9rence discr\u00e8te, mais identifiable. Les spectacles de Brook l\u2019int\u00e8grent et l\u2019exposent sur un mode parcimonieux&nbsp;! Chez Barba, il s\u2019immisce d\u2019une mani\u00e8re plus explicite, surtout dans la gestuelle et la plastique des acteurs qui reprennent des mouvements de kathakali pour s\u00e9duire, mais tout autant pour produire des effets ironiques. Chez Barba, il faut l\u2019admettre, il s\u2019agit vraiment d\u2019une hybridation ludique, d\u2019une <em>interculturalit\u00e9<\/em> de plateau&nbsp;! Le spectacle conserve et reconna\u00eet les empreintes des exp\u00e9riences orientales.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux \u00ab&nbsp;citations diss\u00e9min\u00e9es&nbsp;\u00bb s\u2019oppose la solution des \u00ab&nbsp;citations massives&nbsp;\u00bb, explicites, emprunt\u00e9es directement des pratiques de l\u2019Orient. Pour preuve, le choix effectu\u00e9 par Ariane Mnouchkine pour <em>Une chambre en Inde<\/em> o\u00f9 elle int\u00e8gre de longs fragments de danse interpr\u00e9t\u00e9s par des artistes indiens. Ici, l\u2019hybridation s\u2019affiche, s\u2019expose et, implicitement, t\u00e9moigne d\u2019un discours amoureux, le discours de la protagoniste, double d\u2019Ariane Mnouchkine, captiv\u00e9e par le grand r\u00e9cit indien et sa manifestation chor\u00e9graphique, autonome, \u00e9l\u00e9ments insolubles dans le tissu de l\u2019\u0153uvre sc\u00e9nique. Ils viennent d\u2019ailleurs et se pr\u00e9sentent comme tels\u2026 les r\u00e9actions qu\u2019ils suscitent sont ambivalentes, de rejet ou d\u2019adh\u00e9sion. \u00ab&nbsp;Hybridation&nbsp;\u00bb trop explicite&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hybridation s\u00e9duit lorsqu\u2019elle se g\u00e9n\u00e9ralise au point de produire une forme et une expression in\u00e9dites o\u00f9 la tradition de d\u00e9part reste identifiable sans s\u2019afficher de mani\u00e8re flagrante comme citation. Gr\u00e2ce au travail sur le vocabulaire transmis et conserv\u00e9 au Japon ou en Inde, Ariane Mnouchkine a magnifiquement propos\u00e9 pour les Shakespeare ce que l\u2019on pourrait appeler un \u00ab&nbsp;kabuki&nbsp;\u00bb ou un \u00ab&nbsp;kathakali&nbsp;\u00bb imaginaires. On reconna\u00eet la source, mais d\u00e9plac\u00e9e, travaill\u00e9e pour l\u2019\u00e9riger en outil \u00e0 m\u00eame d\u2019\u00eatre employ\u00e9 en vue d\u2019une repr\u00e9sentation de <em>Richard II<\/em> ou de <em>La Nuit des rois<\/em>. Par l\u2019hybridation s\u2019\u00e9labore un langage impur et en raison de cela s\u00e9duisant&nbsp;: on lui reconna\u00eet l\u2019origine, mais sans qu\u2019il y soit r\u00e9duit. Un autre exemple embl\u00e9matique le repr\u00e9sente, dans le spectacle <em>Tambours sur la digue<\/em> o\u00f9, cette fois-ci, Ariane Mnouchkine s\u2019inspire de l\u2019esth\u00e9tique du bunraku pour proposer un langage d\u00e9cal\u00e9, \u00ab&nbsp;hybride&nbsp;\u00bb, car on remplace les marionnettes par des corps humains qui adoptent les postures marionnettiques. La r\u00e9ussite unique s\u2019explique, une fois encore, par l\u2019\u00e9laboration du \u00ab&nbsp;nouveau&nbsp;\u00bb issu d\u2019une hybridation qui conserve la trace de l\u2019autre sans pour autant l\u2019\u00e9riger en socle s\u00e9curitaire, sans mobiliser des citations r\u00e9pertori\u00e9es, car il s\u2019agit de produire un \u00ab&nbsp;troisi\u00e8me terme&nbsp;\u00bb, entre Orient et Occident. Le bunraku de Mnouchkine est venu d\u2019ailleurs et le spectacle fascine parce qu\u2019\u00e9rig\u00e9 en carrefour de communication.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Theatre Du Soleil Tambour\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/N5RXsjTU34M?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">Ariane Mnouchkine, <em>Tambours sur la digue <\/em>(teaser)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce travail d\u2019hybridation savante, en rien m\u00e9canique, se laisse voir du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Orient \u00e9galement comme dans un <em>Hamlet<\/em> japonais o\u00f9 l\u2019on identifie le dispositif du n\u00f4 sans que les signes soient visiblement ins\u00e9r\u00e9s dans la repr\u00e9sentation. Ou, autre exemple, le chef-d\u2019\u0153uvre sign\u00e9 par Masahiro Yasuda avec <em>Titus Andronicus<\/em>, \u0153uvre violente et agressive plac\u00e9e sous le signe de la r\u00e9serve du n\u00f4, de sa lenteur et de sa pudeur. Chaque fois, les ponts sont ouverts et permettent l\u2019\u00e9change culturel. Les travaux de Satoshi Myagi se rattachent \u00e0 la m\u00eame approche qui, chez lui, est m\u00eame plurielle, car nourrie par le Japon, l\u2019Inde et l\u2019Occident. Ou, pour citer des exemples occidentaux, <em>Romeo et Juliette<\/em> dans la mise en sc\u00e8ne d\u2019Omar Poras qui emploie un langage mixte associant le vocabulaire europ\u00e9en \u00e0 celui du kabuki. Ou, plus r\u00e9cemment, le spectacle de Silviu Purcarete avec une pi\u00e8ce japonaise o\u00f9, de m\u00eame, sans identifier pr\u00e9cis\u00e9ment les sources, elles s\u00e9duisent, en produisant un effet de reconnaissance incertaine, une perplexit\u00e9 esth\u00e9tique. Dans ces exemples, la mixit\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, v\u00e9ritable source nourrici\u00e8re du spectacle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"ROM&amp;Eacute;O ET JULIETTE (2013) Clip\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/131634665?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"800\" height=\"450\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Romeo et Juliette<\/em>, mise en sc\u00e8ne d\u2019Omar Poras (2013)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019hybridation conduit \u00e0 une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dans les cas les plus r\u00e9ussis. Celle-ci engendre ce qui est la vis\u00e9e du grand art, <em>l\u2019\u00e9tranget\u00e9<\/em>. \u00ab&nbsp;Le but de l\u2019art consiste \u00e0 rendre \u00e9trange le monde par des travaux sp\u00e9cifiques&nbsp;\u00bb disait Chklovski. En franchissant les fronti\u00e8res identitaires, de domaine propre et de culture, certaines grandes figures d\u2019artistes des temps modernes ont r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019exigence de Chklovski. Et si nous aimons leurs spectacles impurs, h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, c\u2019est en raison de leur\u2026 \u00e9tranget\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"au-dela-des-frontieres-sexuelles\"><strong>Au-del\u00e0 des fronti\u00e8res sexuelles<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Sous l\u2019impact des mouvements li\u00e9s \u00e0 la question du <em>gender<\/em>, les fronti\u00e8res sexuelles ont connu une v\u00e9ritable mutation et s\u2019est instaur\u00e9e une nouvelle libert\u00e9 qui a permis le glissement d\u2019un p\u00f4le \u00e0 un autre, la d\u00e9couverte d\u2019un no man\u2019s land qui a fait sauter les verrous anciens. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, nous avons pu assister \u00e0 une r\u00e9surrection de cette pratique tant rejet\u00e9e par le th\u00e9\u00e2tre occidental moderne et tant utilis\u00e9e par les diff\u00e9rentes traditions, orientales ou occidentales&nbsp;: <em>le travesti&nbsp;<\/em>! Le travesti qui suspend les d\u00e9limitations du genre sexuel et appelle \u00e0 l\u2019usage des ressources physiques des interpr\u00e8tes sans distinction, au nom de la performance artistique seule. Le travesti marque la victoire d\u2019un corps d\u00e9gag\u00e9 des appartenances \u00e0 la gent masculine ou f\u00e9minine&nbsp;: il se pr\u00e9sente comme corps de sc\u00e8ne&nbsp;! Gr\u00e2ce \u00e0 cela s\u2019op\u00e8re un retour au pass\u00e9, \u00e9lisab\u00e9thain ou oriental. Mais cela ne m\u00e8ne pas \u00e0 un spectacle \u00ab&nbsp;arch\u00e9ologique&nbsp;\u00bb bas\u00e9 sur la seule monosexualit\u00e9 \u2013&nbsp;uniquement hommes comme dans les \u00e9poques et les cultures anciennes. Les \u00e9quipes peuvent \u00eatre mixtes, et cela permet la jet\u00e9e d\u2019un pont vers le sexe autre, sexe qui ne d\u00e9termine plus, selon ce crit\u00e8re, la distribution des com\u00e9diens dans des r\u00f4les sexuellement pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9s. Nous assistons soit \u00e0 des retournements ponctuels \u2013&nbsp;le roi Lear ou Hamlet jou\u00e9s par une femme, comme jadis par Sarah Bernhardt&nbsp;\u2013 ou \u00e0 des retournements g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s comme dans <em>Le Roi Lear<\/em> jou\u00e9 exclusivement par des femmes dans le spectacle d\u2019Andrei Serban, ou comme dans <em>Les Bonnes<\/em> de Jean Genet o\u00f9 c\u2019est aux hommes que revient la t\u00e2che d\u2019incarner les deux servantes assassines. Plus r\u00e9cemment, au nom des ponts ouverts par ces incertitudes sexuelles, nous pouvons assister \u00e0 des repr\u00e9sentations o\u00f9 la distribution se compose libre de tout pr\u00e9d\u00e9terminisme sexuel comme dans un r\u00e9cent <em>Jules C\u00e9sar<\/em> o\u00f9 des hommes et des femmes, vieux ou jeunes prenaient en charge la repr\u00e9sentation et \u00e9rigeaient le plateau en surface de jeu r\u00e9fractaire \u00e0 toute fronti\u00e8re. Et nous, dans la salle, nous \u00e9tions convi\u00e9s \u00e0 assumer et admettre cette indistinction sexuelle. Au d\u00e9fi du plateau s\u2019ajoutait alors le d\u00e9fi lanc\u00e9 au public&nbsp;: ensemble, il s\u2019agissait d\u2019exercer et d\u2019appr\u00e9cier cette libert\u00e9 ludique. Une autre forme d\u2019hybridation qui, soit pour l\u2019exercice du travesti, soit pour l\u2019ensemble de la troupe, proc\u00e8de \u00e0 une d\u00e9territorialisation sexuelle et invite le corps \u00e0 s\u2019exprimer en toute franchise.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"en-guise-de-conclusion\"><strong>En guise de conclusion<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Un philosophe a \u00e9crit pol\u00e9miquement un <em>\u00c9loge des fronti\u00e8res<\/em> o\u00f9 le sens qu\u2019il accorde \u00e0 cet hymne de la s\u00e9paration, \u00e0 cet appel aux contours territoriaux infranchissables, \u00e0 ces donn\u00e9es sp\u00e9cifiques de chaque art, consiste \u00e0 affirmer le v\u0153u de la perfection dans le contexte propre, ferm\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ailleurs. Mais tout, dans l\u2019art aujourd\u2019hui, nie pareille posture, car l\u2019hybridation est contagieuse et s\u2019impose comme op\u00e9ration propre \u00e0 l\u2019esprit du temps&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cela n\u2019emp\u00eache pas de faire le silence sur la difficult\u00e9 de franchir les fronti\u00e8res pour les migrants du monde. Mais, implicitement, leur trag\u00e9die invite \u00e0 plaider pour leur porosit\u00e9 tout en reconnaissant le risque que pareille d\u00e9cision comporte. On peut cependant formuler l\u2019hypoth\u00e8se que les arts ont servi de pr\u00e9curseur et indiqu\u00e9 la voie. Les victoires ou les \u00e9checs de l\u2019art moderne ne seront pas \u00e9trangers \u00e0 cette probl\u00e9matique des fronti\u00e8res. Tout se joue entre une dissolution des identit\u00e9s et une nouvelle libert\u00e9, entre un oubli de soi et un repli sur soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, sous l\u2019impact de la pand\u00e9mie, les fronti\u00e8res se ferment et imposent la cl\u00f4ture g\u00e9ographique que l\u2019on croyait \u00e0 tout jamais \u00e9cart\u00e9e. Mais si les territoires se replient sur eux m\u00eames, les artistes ne plient pas et cultivent leur combat pour l\u2019exclusion fronti\u00e8res. Et cela s\u2019\u00e9rige en forme de r\u00e9sistance.<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-thumbnail is-resized alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/09\/image6-150x150.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-67\" style=\"width:150px;height:150px\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>Georges Banu<\/strong>&nbsp;est Pr\u00e9sident d\u2019honneur de l\u2019AICT, Professeur \u00e0 la Sorbonne (Paris III), essayiste et critique de th\u00e9\u00e2tre. Il a sign\u00e9 un grand nombre d\u2019ouvrages consacr\u00e9 surtout au th\u00e9\u00e2tre du XX\u00e8me si\u00e8cle et aux relations entre le th\u00e9\u00e2tre et la peinture. Parmi d\u2019autres, on peut nommer les livres&nbsp;<em>Le rouge et or. Le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019italienne<\/em>&nbsp;(1989),&nbsp;<em>Peter Brook : De Timon d\u2019Ath\u00e8nes \u00e0 La temp\u00eate<\/em>&nbsp;(1991),&nbsp;<em>Exercices d\u2019accompagnement : D\u2019Antoine Vitez \u00e0 Sarah Bernardt<\/em>&nbsp;(2002),&nbsp;<em>La sc\u00e8ne surveill\u00e9e<\/em>&nbsp;(2006). Il a assur\u00e9 la direction des num\u00e9ros sp\u00e9ciaux de la revue&nbsp;<em>Alternatives Th\u00e9\u00e2trales<\/em>&nbsp;(<em>Les r\u00e9p\u00e9titions, D\u00e9buter, Les penseurs de l\u2019enseignement<\/em>). Sur les relations entre le th\u00e9\u00e2tre et la peinture, dans les \u00e9ditions d\u2019Adam Bir\u00f6, il a publi\u00e9 :&nbsp;<em>Le rideau ou la f\u00ealure du monde<\/em>&nbsp;(1997),&nbsp;<em>L\u2019homme de dos<\/em>&nbsp;(2000),&nbsp;<em>Nocturnes : Peindre le nuit, jour dans le noir<\/em>&nbsp;(2005).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2020 Georges Banu<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":137,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-69","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essays"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/09\/featured.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":506,"url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/marionetteatern-60-years-and-more\/","url_meta":{"origin":69,"position":0},"title":"Marionetteatern: 60 Years and More","author":"Georges Banu","date":"November 21, 2020","format":false,"excerpt":"Margareta S\u00f6renson160 pp. \u00c9ditions Stockholmia forkag par Louise Lapointe* Journaliste et critique de th\u00e9\u00e2tre reconnue en Su\u00e8de, Margareta S\u00f6renson poss\u00e8de une connaissance approfondie des arts de la marionnette, de leur histoire, de leur contemporan\u00e9it\u00e9. 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