{"id":511,"date":"2020-11-21T09:50:24","date_gmt":"2020-11-21T09:50:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/?p=511"},"modified":"2022-02-05T09:50:44","modified_gmt":"2022-02-05T09:50:44","slug":"shakespeare-in-the-theatre-patrice-chereau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/shakespeare-in-the-theatre-patrice-chereau\/","title":{"rendered":"Shakespeare in the Theatre: Patrice Ch\u00e9reau"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Dominique Goy-Blanquet,<\/strong> <strong>260 pp. Bloomsbury<\/strong><br><strong>Arden Shakespeare Series<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">par <strong>Philippe Rouyer<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage publi\u00e9 dans la collection \u00ab&nbsp;<em>Shakespeare in the Theatre<\/em>&nbsp;\u00bb en anglais est sign\u00e9 par Dominique Goy-Blanquet, professeure \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Picardie, pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise Shakespeare de 2009 \u00e0 2015, membre du comit\u00e9 de r\u00e9daction de la <em>Quinzaine litt\u00e9raire<\/em>, puis <em>En attendant Nadeau<\/em>. Elle a publi\u00e9 des essais dans diverses revues en anglais et en fran\u00e7ais, des contributions au <em>Times Literary Supplement<\/em>, \u00e0 <em>Esprit<\/em>, \u00e0 la <em>Literary Encyclopedia Online<\/em> et \u00e0 la revue <em>Books<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ses r\u00e9cents ouvrages, <em>Shakespeare\u2019s Early History Plays: From Chronicle to Stage<\/em> (Oxford University Press, 2003), <em>Shakespeare et l\u2019invention de l\u2019histoire<\/em> (3<sup>e<\/sup> \u00e9d. revue et augment\u00e9e, Classiques Garnier, 2014), l\u2019\u00e9dition de <em>Joan of Arc, A Saint for All Reasons: Studies in myth and politics<\/em> (Ashgate 2003), du livre posthume de Richard Marienstras, <em>Shakespeare et le d\u00e9sordre du monde <\/em>(Gallimard, 2012), des<em> Lettres \u00e0 Shakespeare <\/em>(Thierry Marchaisse, 2014) et de <em>C\u00f4t\u00e9 cour, c\u00f4t\u00e9 justice <\/em>: <em>Shakespeare et l\u2019invention du droit<\/em> (Classiques Garnier, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Avant ce <em>Shakespeare in the Theatre: Patrice Ch\u00e9reau<\/em> dont nous rendons compte, elle a fait le point avec divers collaborateurs qui sont pour la plupart des tenants de l\u2019\u00e9cole stratfordienne sur la question de l\u2019identit\u00e9 de Shakespeare&nbsp;: <em>Shakespeare, combien de pr\u00e9tendants&nbsp;? <\/em>\u00c9ditions Thierry Marchaisse, collection octets, 21 avr. 2016 (<em>Dominique Goy<\/em>&#8211;<em>Blanquet<\/em>, <em>Fran\u00e7ois Laroque<\/em>, Roger Chartier, James Shapiro, Daniel Bougnoux, Christophe Camard, Jonathan Frances, Lois Potter, Jacques Darras, Gis\u00e8le Venet, Henri Suhamy, Paul Edmonson, Stanley Wells, Richard Wilson).<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation de cet ouvrage reste mesur\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le pr\u00e9sent ouvrage apporte la r\u00e9ponse de sp\u00e9cialistes fran\u00e7ais, anglais et am\u00e9ricains face \u00e0 un point de vue qui leur semble gravement m\u00e9conna\u00eetre les r\u00e9alit\u00e9s historiques caract\u00e9risant l\u2019\u00e9criture et les conditions th\u00e9\u00e2trales \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9lisab\u00e9thaine. Leurs contributions crois\u00e9es entendent, \u00e0 leur tour, verser au dossier quelques donn\u00e9es d\u00fbment v\u00e9rifi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors Shakespeare, un \u00ab&nbsp;mensonge&nbsp;\u00bb qui n\u2019aurait que trop dur\u00e9, ou, au contraire, valeur s\u00fbre de l\u2019Angleterre \u00e9ternelle&nbsp;? Au lecteur d\u2019en juger&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas question dans ce compte rendu de rouvrir le d\u00e9bat autour de la question. Le raisonnement qui conduit aux hypoth\u00e8ses \u00ab&nbsp;schismatiques&nbsp;\u00bb est toujours le m\u00eame&nbsp;: on argue du fait que Shakespeare n\u2019est all\u00e9 ni \u00e0 Oxford ni \u00e0 Cambridge pour attribuer son \u0153uvre \u00e0 un autre homme plus noble ou plus lettr\u00e9 que lui parmi ses contemporains. Shakespeare \u00e9tait roturier et il n\u2019est pas concevable qu\u2019un fils de gantier puisse \u00eatre l\u2019auteur d\u2019une \u0153uvre aussi consid\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019\u00e9tude de Dominique Goy-Blanquet consacr\u00e9e \u00e0 la place de Shakespeare dans l\u2019\u0153uvre de Patrice Ch\u00e9reau (7 nov. 1944 &#8211; 7 oct. 2013), un des plus grands metteurs en sc\u00e8ne fran\u00e7ais de la p\u00e9riode 1964-2013, internationalement reconnu, parle de l\u2019\u0153uvre de Shakespeare et pas de l\u2019homme&nbsp;; d\u2019ailleurs, \u00e0 notre connaissance, Ch\u00e9reau n\u2019a jamais abord\u00e9 ce probl\u00e8me d\u2019identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Peter Brook a publi\u00e9 en 1972 un pamphlet \u2013&nbsp;<em>Alas, poor Yorick or what if Shakespeare fell off the wall&nbsp;<\/em>\u2013 \u00e9dit\u00e9 par la Royal Shakespeare Company, qu\u2019on retrouve dans <em>The Quality of Mercy<\/em> (Nick Hern, 2013), o\u00f9 il r\u00e9sume bien la question&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Shakespeare was a genius<\/em>&nbsp;\u00bb, insiste Brook, \u00ab&nbsp;<em>and genius can arise in the humblest of backgrounds. No one doubts that Leonardo was truly Leonardo da Vinci, even though he was an illegitimate child from an Italian village.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"l-inspiration-shakespearienne\"><strong>L\u2019inspiration shakespearienne\u2026<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Le remarquable travail de <em>Dominique Goy<\/em>&#8211;<em>Blanquet dans ce <\/em><em>Shakespeare in the Theatre: Patrice Ch\u00e9reau<\/em>, <em>accompagne celui qui a su faire de Shakespeare son ma\u00eetre en mati\u00e8re textuelle et sc\u00e9nographique et a su, comme d\u2019autres avec lui, nous permettre de renouveler notre compr\u00e9hension de son \u0153uvre. On lira avec grand int\u00e9r\u00eat le chapitre 9 (Ch\u00e9reau\u2019s heirs \u2013&nbsp;les h\u00e9ritiers de Ch\u00e9reau) qui montre que sa lecture de Shakespeare s\u2019inspire et inspire aussi la pr\u00e9sentation sc\u00e9nique et textuelle du Barde depuis la cr\u00e9ation de Richard II en 1970 au Gymnase (Marseille) du 9 au 27 janvier et \u00e0 l\u2019Od\u00e9on (Paris) du 29 janvier au 14 f\u00e9vrier.<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir fait ses d\u00e9buts dans l\u2019atelier th\u00e9\u00e2tral du Lyc\u00e9e, Patrice Ch\u00e9reau est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au public en 1966 gr\u00e2ce \u00e0 une pi\u00e8ce d\u2019Eug\u00e8ne Labiche, <em>L\u2019Affaire de la rue Lourcine<\/em>. Directeur du Th\u00e9\u00e2tre de Sartrouville de 1966 \u00e0 1969, il part ensuite en Italie au Piccolo Teatro de Milan. En 1972, il devient codirecteur du Th\u00e9\u00e2tre National Populaire (TNP) de Villeurbanne aux c\u00f4t\u00e9s de Roger Planchon. De 1982 \u00e0 1990, il dirige avec Catherine Tasca le Th\u00e9\u00e2tre des Amandiers \u00e0 Nanterre, et y cr\u00e9e une \u00e9cole d\u2019acteurs. Le chapitre 1&nbsp;: <em>the formative years<\/em> (les ann\u00e9es de formation) est un excellent r\u00e9sum\u00e9 qui montre que, tr\u00e8s vite, Ch\u00e9reau qui se passionne pour le th\u00e9\u00e2tre allemand (<em>Les Soldats<\/em> de Jakob Lenz, laur\u00e9at du prix des jeunes compagnies en 1967, <em>Toller<\/em> de Tankred Dorst en 1970 au Piccolo Teatro de Strehler) et d\u00e9couvre Brecht, fait de Shakespeare son mentor.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa premi\u00e8re mise en sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre de la Commune (Aubervilliers) et \u00e0 Sartrouville en 1966 est une pi\u00e8ce d\u2019un jeune auteur grec, Dimitri Dimitriadis, <em>Le Prix de la r\u00e9volte au march\u00e9 noir<\/em>&nbsp;: des \u00e9tudiants choisissent des extraits de Shakespeare dans leur atelier de th\u00e9\u00e2tre et le travail devient une pi\u00e8ce&nbsp;; pour Ch\u00e9reau, ces jeunes intellectuels se posent la question du r\u00f4le de la culture et de leur position dans un contexte r\u00e9volutionnaire et font appel \u00e0 Shakespeare pour parler des horreurs de notre monde actuel&nbsp;; mais, fid\u00e8les d\u2019Artaud et de Brecht, ils abandonnent Shakespeare. La mise en sc\u00e8ne de Ch\u00e9reau est une condamnation de leur choix.<\/p>\n\n\n\n<p>Ch\u00e9reau est \u00e9galement r\u00e9alisateur de films (<em>L\u2019Homme bless\u00e9<\/em>, <em>La Reine Margot<\/em> ou encore <em>Ceux qui m\u2019aiment prendront le train<\/em>) et metteur en sc\u00e8ne d\u2019op\u00e9ra. Avec Pierre Boulez, il signe notamment la mise en sc\u00e8ne du <em>Ring<\/em> de Wagner au Festival de Bayreuth. Son parcours th\u00e9\u00e2tral est marqu\u00e9 autant par les textes classiques que les dramaturgies contemporaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a notamment contribu\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre l\u2019\u0153uvre de Bernard-Marie Kolt\u00e8s en France. En 2010, Ch\u00e9reau est invit\u00e9 par le Mus\u00e9e du Louvre et con\u00e7oit le cycle <em>Les visages et les corps<\/em> m\u00ealant th\u00e9\u00e2tre, danse, cin\u00e9ma et op\u00e9ra, etc. En 2013, il met en sc\u00e8ne <em>Elektra<\/em> de Strauss pour le Festival lyrique d\u2019Aix-en-Provence. L\u2019appendice I de <em>Shakespeare in the Theatre <\/em>comporte une excellente chronologie des principales cr\u00e9ations de Ch\u00e9reau.<\/p>\n\n\n\n<p>Une tr\u00e8s bonne et concise introduction (p. ix-xii), une liste des illustrations (malheureusement squelettique, 4 photos mais aucune de mises en sc\u00e8ne&nbsp;!!), 9 chapitres, 2 appendices, des notes (copieuses et remarquables), une bibliographie s\u00e9lective, un index rendent ce livre non seulement indispensable \u00e0 la connaissance de l\u2019\u0153uvre de Patrice Ch\u00e9reau, mais surtout de la place de Shakespeare dans sa th\u00e9orie de la mise en sc\u00e8ne sous tous ses aspects et de la place du texte pour lesquelles il a toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les traductions de po\u00e8tes comme Yves Bonnefoy ou Pierre Leyris.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"mais-peu-de-mises-en-scene-de-shakespeare\"><strong>Mais peu de mises en sc\u00e8ne de Shakespeare<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Sur une production de plus de 60 pi\u00e8ces (y compris op\u00e9ras, films et travaux d\u2019\u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre \u2013&nbsp;voir chapitre 6, <em>Teaching and Education<\/em>&nbsp;\/&nbsp;enseignement et \u00e9ducation&nbsp;\u2013), Ch\u00e9reau n\u2019a mont\u00e9 que 9 pi\u00e8ces de Shakespeare dont 7 en travaux d\u2019\u00e9cole (1984&nbsp;: <em>Comme il vous plaira, La Nuit des rois, Beaucoup de bruit pour rien, Peines d\u2019amour perdues<\/em>) et fragments (1998&nbsp;: <em>Henry VI<\/em> et <em>Richard III).<\/em> <em>Richard II<\/em> en 1970 \u2013&nbsp;chapitre 2&nbsp;: <em>First Elizabethan encounters<\/em>&nbsp;\/&nbsp;premi\u00e8res rencontres \u00e9lisab\u00e9thaines), <em>Hamlet<\/em> en 1988 au Festival d\u2019Avignon, Cour d\u2019Honneur (chapitre 4 <em>Hamlet modern<\/em>). Il aurait d\u00fb y avoir <em>Le Conte d\u2019hiver<\/em>, mais c\u2019est Luc Bondy qui l\u2019a mont\u00e9 \u00e0 Avignon en m\u00eame temps que <em>Hamle<\/em>t en 1988. Il y avait eu <em>Le Massacre \u00e0 Paris<\/em> de Marlowe en 1972 et le <em>Lear<\/em> d\u2019Edward Bond en 1975 au Th\u00e9\u00e2tre National Populaire, \u00e0 Villeurbanne, qui doivent beaucoup \u00e0 Shakespeare. <em>Comme il vous plaira<\/em> devait \u00eatre mont\u00e9 aux Ateliers Berthier Od\u00e9on Paris) en ao\u00fbt 2013, mais Ch\u00e9reau nous a quitt\u00e9 un peu avant, quel signe extraordinaire&nbsp;: Ch\u00e9reau est pratiquement n\u00e9 avec <em>Richard II<\/em> et mort avec <em>Comme il vous plaira.<\/em> Il faut lire dans ce chapitre 2 les pages 28 \u00e0 45 sur <em>The Singing Sands<\/em> \u2013&nbsp;le sable qui chante) \u2013&nbsp;<em>Richard II.<\/em> La critique a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s divis\u00e9e et cela m\u00e9rite d\u2019\u00eatre lu&nbsp;! Sans exag\u00e9rer, on peut dire que sur tous les plans, cette mise en sc\u00e8ne est d\u00e9j\u00e0 le v\u00e9ritable testament artistique et politique de Ch\u00e9reau&nbsp;; c\u2019est un hommage \u00e0 Jean Vilar qui l\u2019avait mont\u00e9 et jouait Richard II en Avignon en 1947 pour l\u2019ouverture du premier festival. C\u2019est aussi une condamnation de la mani\u00e8re dont on a jusque-l\u00e0 mont\u00e9 Shakespeare, m\u00eame si Roger Planchon avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 avec son <em>Richard III<\/em> \u00e0 Avignon en 1966. Le texte \u00e9tait l\u00e0 \u00e0 la virgule pr\u00e8s, et la machinerie th\u00e9\u00e2trale et le jeu des acteurs racontaient l\u2019histoire de mani\u00e8re lin\u00e9aire et limpide. De ce jour date la pr\u00e9sence \u00e9crasante de Shakespeare qui d\u00e9tr\u00f4ne Moli\u00e8re sur la sc\u00e8ne fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais toutes les cr\u00e9ations analys\u00e9es dans les chapitres 5, 7 et 8 en particulier \u2013&nbsp;<em>Farewell to Shakespeare <\/em>(adieux \u00e0 Shakespeare)&nbsp;\u2013 parlent de la mise en sc\u00e8ne de <em>Ph\u00e8dre<\/em>, d\u2019<em>Elektra<\/em> de Richard Strauss et de <em>Comme il vous plaira<\/em> que Ch\u00e9reau n\u2019aurait jamais mont\u00e9es s\u2019il n\u2019y avait pas eu Shakespeare.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chapitres 3 \u2013&nbsp;<em>Through space and time<\/em> (\u00e0 travers l\u2019espace et le temps), 5 \u2013&nbsp;<em>Contemporary writers at Les Amandiers<\/em> (auteurs contemporains aux Amandiers)&nbsp;\u2013 et 7 \u2013&nbsp;<em>Movable pictures<\/em> (le cin\u00e9ma)&nbsp;\u2013, sont passionnants car quelle que soit l\u2019\u0153uvre mont\u00e9e, Shakespeare est comme toujours le fil directeur. Ch\u00e9reau nous fait d\u00e9couvrir Marivaux avec <em>La Dispute <\/em>(1973, Gait\u00e9 Lyrique, Paris)&nbsp;: Ch\u00e9reau d\u00e9clare que \u00ab&nbsp;<em>La Dispute<\/em> m\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 moi-m\u00eame&nbsp;\u00bb car c\u2019est Marivaux qui l\u2019a conduit \u00e0<em> Comme il vous plaira. <\/em>De m\u00eame que sa passion pour<em> Le Roi Lear<\/em> lui a permis de monter \u00e0 Bayreuth de 1976 \u00e0 1980 le <em>Ring<\/em> de Wagner encens\u00e9 et vilipend\u00e9 par la critique. Son <em>Peer Gynt<\/em> d\u2019Ibsen en 1981 au TNP est pour lui un autre <em>Hamlet<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chapitre 4 \u2013&nbsp;<em>Hamlet modern<\/em> (Hamlet moderne) ouvre sur <em>Interaction: Kolt\u00e8s\u2019s Shakespeare<\/em>. C\u2019est encore la preuve que Ch\u00e9reau, qui nous a fait conna\u00eetre l\u2019\u0153uvre incontournable de&nbsp; Bernard Marie Kolt\u00e8s d\u00e8s 1983 au Th\u00e9\u00e2tre des Amandiers avec <em>Combat de n\u00e8gre et de chiens<\/em> (la m\u00eame saison que <em>Les N\u00e8gres<\/em> de Jean Genet), n\u2019oublie pas Shakespeare en montant <em>Quai Ouest <\/em>(Amandiers, 1986), <em>Dans la solitude des champs de coton<\/em> (Amandiers, 1986), <em>Le retour au d\u00e9sert<\/em> (Th\u00e9\u00e2tre Renaud-Barrault, Paris, 1988), ni <em>Roberto Zucco, <\/em>la derni\u00e8re pi\u00e8ce de Kolt\u00e8s en 1989 qu\u2019il ne montera pourtant pas&nbsp;; ce sera Peter Stein. <em>Dans la solitude des champs de coton<\/em> fait \u00e9cho \u00e0 <em>Hamlet<\/em> qu\u2019il travaille pour 1988 et \u00e0 <em>Roberto Zucco. <\/em>\u00ab&nbsp;Il est certain que mon retour \u00e0 Shakespeare portait la marque de Kolt\u00e8s&nbsp;\u00bb, \u00e9crit-il dans Collectif Georges Banu, Cl\u00e9ment Hervieu-L\u00e9ger, <em>J\u2019y arriverai un jour&nbsp;: Patrice Ch\u00e9reau<\/em>, 12<sup>e<\/sup> prix Europe pour le Th\u00e9\u00e2tre, Actes Sud, mai 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>Et bien s\u00fbr il y a ce <em>Hamlet<\/em> (Festival d\u2019Avignon, 1988) qui est le r\u00e9sultat d\u2019un long travail sur la traduction du po\u00e8te Yves Bonnefoy, choisie par Ch\u00e9reau, avec le fabuleux d\u00e9cor en bois, horizontal et fait de trappes de Richard Peduzzi, pos\u00e9 au pied du mur du Palais des Papes. On lira avec bonheur les pages 98 \u00e0 112. Bonnefoy, Ch\u00e9reau et Peduzzi ont travaill\u00e9 comme de vrais \u00e9rudits pour donner au public une version \u00e0 la fois fid\u00e8le et novatrice de <em>Hamlet.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le chapitre 7 \u2013&nbsp;<em>Movable pictures<\/em> (le cin\u00e9ma)&nbsp;\u2013, Ch\u00e9reau appara\u00eet comme un fervent admirateur d\u2019Orson Welles parce que, \u00e9crit-il, \u00ab&nbsp;je cherchais dans ses films leur inspiration shakespearienne&nbsp;\u00bb (lettre \u00e0 F. Regnault du 3 octobre 1989). Parmi ses films, on retiendra <em>Tous ceux qui m\u2019aiment prendront le train<\/em> (1998) et surtout <em>La Reine Margot<\/em>, (1994) d\u2019apr\u00e8s Alexandre Dumas (script Ch\u00e9reau et Dani\u00e8le Thompson), avec Isabelle Adjani dans le r\u00f4le-titre. \u00ab&nbsp;Shakespeare est plus que jamais le mod\u00e8le, \u00e9crit Dominique Goy-Blanquet, dans la ferme d\u00e9termination de Ch\u00e9reau \u00e0 d\u00e9passer le traditionnel conflit entre la fiction artistique\/litt\u00e9raire et le divertissement populaire.&nbsp;\u00bb Ch\u00e9reau \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est Shakespeare et Marlowe qu\u2019il faut retrouver dans ce film&nbsp;; narration \u00e9vidente, structure \u00e9vidente, retour \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9lisab\u00e9thaine, retour \u00e0 la grande Histoire, celle qui \u00e9crase les hommes et les femmes, qui a perdu tout sens et qui est devenue, comme le dit Shakespeare, \u00ab&nbsp;une histoire racont\u00e9e par un idiot, pleine de bruit et de fureur [<em>Macbeth<\/em>, acte V, sc. 5]&nbsp;\u00bb (Patrice Ch\u00e9reau, \u00ab&nbsp;notes du r\u00e9alisateur&nbsp;\u00bb, <em>Dossier de presse de<\/em> La Reine Margot, 1994, p. 2.<\/p>\n\n\n\n<p>Tentons pour conclure de r\u00e9sumer pourquoi Shakespeare est central dans la pens\u00e9e et le travail de Patrice Ch\u00e9reau.<\/p>\n\n\n\n<p>Pratiquement toutes les mises en sc\u00e8ne et les films de Ch\u00e9reau font appel \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Shakespeare. Ch\u00e9reau est certes un tr\u00e8s grand metteur en sc\u00e8ne doubl\u00e9 d\u2019un \u00e9rudit. Classique ou contemporaine, sa fa\u00e7on d\u2019aborder une pi\u00e8ce est de lire tout ce qu\u2019il peut trouver sur son histoire sur la sc\u00e8ne, son contexte (voir ce qu\u2019il a lu autour de <em>Hamlet<\/em> p. 102-4), des parall\u00e8les \u2013&nbsp;<em>La Dispute de Marivaux<\/em> (1973) l\u2019a men\u00e9 \u00e0 <em>As You Like It<\/em> qu\u2019il devait monter en 2014&nbsp;!&nbsp;\u2013, des \u00e9chos avec d\u2019autres \u2013&nbsp;<em>Platonov,<\/em> Avignon (1987) l\u2019a conduit \u00e0 <em>Hamle<\/em>t (en 1988), par exemple&nbsp;\u2013, et ensuite de tout laisser de c\u00f4t\u00e9, partir du texte brut, de la sc\u00e8ne vide \u2013&nbsp;un hommage \u00e0 Peter Brook&nbsp;\u2013, la chair nue des corps au sol au milieu de piliers dress\u00e9s et une machinerie tr\u00e8s (trop) visible [<em>aggressive<\/em>], le c\u0153ur de l\u2019intrigue, sa pens\u00e9e profonde reste cach\u00e9e&nbsp;; c\u2019est toujours un non-dit qu\u2019il faut d\u00e9couvrir, \u00e9crit Ch\u00e9reau (<em>Les Visages et les Corps<\/em>, 2010). Le besoin de briser l\u2019\u00e9corce, de r\u00e9v\u00e9ler les ressorts profonds de l\u2019intrigue va de pair avec la recherche de l\u2019\u00e2me secr\u00e8te de l\u2019acteur (F. Benhamou, <em>Patrice Ch\u00e9reau, figurer le r\u00e9el<\/em>, 2015)&nbsp;; il est fascin\u00e9 par la violence et le choc des corps&nbsp;; pour les acteurs, le travail avec lui est un long voyage au bout de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019une <em>Master Class<\/em> \u00e0 Nantes juste avant les premi\u00e8res r\u00e9p\u00e9titions de <em>Ph\u00e8dre<\/em> cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019Od\u00e9on, Ateliers Berthier, Paris, en 2003, peu de temps avant son d\u00e9c\u00e8s, il dit \u00ab&nbsp;l\u2019admiration sans borne [qu\u2019]il a pour Shakespeare qui lui a appris tout ce qu\u2019il sait du th\u00e9\u00e2tre mais [il] pense que la trag\u00e9die grecque est souvent plus proche de nous que l\u2019\u0153uvre de Shakespeare qui met un \u00e9cran entre nous et lui&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un tr\u00e8s solide article publi\u00e9 dans les <em>Actes<\/em> de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise Shakespeare \u00ab&nbsp;Shakespeare et la France&nbsp;\u00bb(18, 2000, p 193-208), Catherine Treilhou-Balaud\u00e9 conclut&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce que Shakespeare offre sp\u00e9cifiquement \u00e0 un homme de th\u00e9\u00e2tre comme Patrice Ch\u00e9reau, c\u2019est sans doute cette coexistence, non de l\u2019\u00e9pique et du dramatique mais d\u2019une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 manifeste et d\u2019une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 int\u00e9rioris\u00e9e, reflet d\u2019une repr\u00e9sentation moderne du sujet dissoci\u00e9 qui est encore la n\u00f4tre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Shakespeare offre \u00e0 Ch\u00e9reau la possibilit\u00e9 d\u2019approfondir sa vision de l\u2019Histoire, des th\u00e8mes et des questions que se pose le th\u00e9\u00e2tre contemporain (Dimitriadis, Wenzel, et surtout Kolt\u00e8s et m\u00eame Genet), mais pas seulement (Marlowe, Marivaux, Tchekhov \u2013&nbsp;c\u2019est sa mise en sc\u00e8ne de <em>Platonov<\/em> (Amandiers, Nanterre, 1987) qui a conduit Ch\u00e9reau \u00e0 <em>Hamlet<\/em>). C\u2019est surtout sa mise en sc\u00e8ne de <em>Richard II<\/em> d\u00e8s 1970 qui d\u00e9termine sa vision et sa pratique du th\u00e9\u00e2tre, et sa mani\u00e8re d\u2019enseigner le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 de jeunes acteurs. Sa r\u00e9flexion sur l\u2019histoire et sa th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 chez Shakespeare lui permet de la mettre en parall\u00e8le avec ses significations conflictuelles d\u2019aujourd\u2019hui. Elles sont port\u00e9es par la mise en sc\u00e8ne qui tourne r\u00e9solument le dos \u00e0 la sc\u00e8ne frontale \u00e0 l\u2019italienne qu\u2019il adore pourtant. Cela permet \u00e0 Ch\u00e9reau une confrontation fructueuse entre le monde shakespearien politique, esth\u00e9tique et culturel et celui d\u2019aujourd\u2019hui, et de se pencher sur les passages violents d\u2019une \u00e9poque \u00e0 une autre. Chez Shakespeare, l\u2019espace est confrontation permanente entre ce qui semble (\u00ab&nbsp;th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb) et ce qui est (le miroir \u00e0 l\u2019acte IV du <em>Richard II<\/em> de Ch\u00e9reau). Les corps des acteurs disent ce que le texte n\u2019\u00e9crit pas explicitement&nbsp;; chez Ch\u00e9reau l\u2019espace, le d\u00e9cor, la machinerie, les costumes, les accessoires \u2013&nbsp;les valises, par exemple&nbsp;\u2013, la musique qui m\u00e9lange les \u00e9poques, les mat\u00e9riaux (sable, bois, eau), <em>tout<\/em> fonctionne en m\u00eame temps et avec une \u00e9gale pertinence.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme pour Shakespeare, chez Ch\u00e9reau l\u2019espace est toujours m\u00e9taphoris\u00e9 (comme le traitement sc\u00e9nique du fant\u00f4me dans son <em>Hamlet<\/em>) et donne au texte sa juste valeur et \u00e0 la fable son rythme fid\u00e8le qu\u2019il nous propose. La question du th\u00e9\u00e2tre d\u00e9termine sa vision et sa pratique du th\u00e9\u00e2tre, art total.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous l\u2019avez compris&nbsp;: ce livre est de ceux qu\u2019on doit lire et relire. Shakespeare, gr\u00e2ce \u00e0 Ch\u00e9reau, est pour longtemps encore notre contemporain.<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-thumbnail is-resized alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/11\/Rouyer_Philippe-by-Julien-Falsimagne-150x150.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-513\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/11\/Rouyer_Philippe-by-Julien-Falsimagne-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/11\/Rouyer_Philippe-by-Julien-Falsimagne.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>Philippe Rouyer<\/strong> Professeur \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Michel de Montaigne-Bordeaux 3 a fond\u00e9 le d\u00e9partement des arts du spectacles en 1991. Il a \u00e9t\u00e9 critique pour <em>Acteurs,<\/em> revue fran\u00e7aise de th\u00e9\u00e2tre pendant dix ans. Il a fait partie des membres fondateurs du Festival des Chantiers de Blaye. Il a activement particip\u00e9 au Comit\u00e9 de r\u00e9daction de la<em> World encyclopedia of contemporary theatre<\/em> (Europe) d\u00e8s 1986 et r\u00e9dig\u00e9 l\u2019article national <em>France<\/em> pour cette Encyclop\u00e9die publi\u00e9e en 1995.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2020 Philippe Rouyer<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":512,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-511","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-book-reviews"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2020\/11\/CS-Bks-coverChereau.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":146,"url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/22\/le-theatre-en-confinement-quest-ce-que-nous-avons-regarde-en-turquie\/","url_meta":{"origin":511,"position":0},"title":"Le th\u00e9\u00e2tre en confinement : qu\u2019est-ce que nous avons regard\u00e9 en Turquie ?","author":"par Philippe Rouyer","date":"December 9, 2020","format":false,"excerpt":"Par Ece Yassitepe Ayyildiz* R\u00e9sum\u00e9 Y a-t-il d\u00e9j\u00e0 eu un temps o\u00f9 nous avons eu la chance de voir tant de pi\u00e8ces, sans jamais \u00eatre de vrais spectateurs? 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