{"id":135,"date":"2019-10-20T09:05:01","date_gmt":"2019-10-20T09:05:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/?p=135"},"modified":"2025-07-02T12:50:55","modified_gmt":"2025-07-02T12:50:55","slug":"insupportable-vieillesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/insupportable-vieillesse\/","title":{"rendered":"Insupportable vieillesse ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Jean-Pierre Han<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"resume\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap abstract\">Florian Zeller est l\u2019un des rares dramaturges \u00e0 plonger d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment dans le sujet de la vieillesse. Il le fait dans une trilogie consacr\u00e9e \u00e0 trois figures de base qui composent la famille&nbsp;: le p\u00e8re, la m\u00e8re et le fils. Sachant toutefois que ce n\u2019est jamais de la m\u00eame famille dont il nous parle. <em>Le P\u00e8re<\/em>, interpr\u00e9t\u00e9 par le grand com\u00e9dien Robert Hirsch, qui avait l\u2019\u00e2ge du r\u00f4le au moment de la cr\u00e9ation, est la pi\u00e8ce qui aborde la th\u00e9matique de la vieillesse, avec toutes ses cons\u00e9quences, de la mani\u00e8re la plus directe.<br><strong>\u039cots-cl\u00e9s : <\/strong>vieillesse \u2013 maladie, d\u00e9mence, architecture th\u00e9\u00e2trale, com\u00e9diens \u00e2g\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Unbearable Old Age?<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Abstract<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"abstract\">Florian Zeller is one of the few playwrights who deliberately delve into the subject of old age. He does so in a trilogy dedicated to three basic figures that make up the family: the father, the mother, and the son. However, it is never the same family he talks about. <em>The Father<\/em>, performed by the great actor Robert Hirsch, who was the right age for the role at the time of its creation, is the play that addresses the theme of old age, with all its consequences, in the most direct way.<br><strong>Keywords:<\/strong> old age, illness, dementia, theatrical structure, elderly actors<\/p>\n\n\n\n<p>Si les pi\u00e8ces de Florian\nZeller ont connu et connaissent toujours un tr\u00e8s grand succ\u00e8s en France\n\u2013&nbsp;on ne compte plus les r\u00e9compenses qui sont venues les couronner&nbsp;\u2013,\nc\u2019est tr\u00e8s curieusement par le biais de l\u2019engouement qu\u2019elles ont provoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger,\ndans de tr\u00e8s nombreux pays, qu\u2019elles ont fini par acqu\u00e9rir en retour leur vraie\nrenomm\u00e9e. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai pour <em>Le P\u00e8re <\/em>cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Paris en 2012.\nOr, heureuse co\u00efncidence, cette pi\u00e8ce entre tr\u00e8s exactement dans la cat\u00e9gorie\ndu sujet propos\u00e9 pour ce dossier \u00ab&nbsp;Le th\u00e9\u00e2tre dans un monde\nvieillissant&nbsp;\u00bb. De quoi s\u2019agit-il en effet&nbsp;? D\u2019un p\u00e8re, Andr\u00e9, \u00e2g\u00e9 de\n80 ans comme indiqu\u00e9 par l\u2019auteur dans le g\u00e9n\u00e9rique de la pi\u00e8ce. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"522\" data-attachment-id=\"136\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/insupportable-vieillesse\/image1-6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5.jpeg\" data-orig-size=\"800,522\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"image1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Florian Zeller, Le P\u00e8re \u00e0 Paris en 2012&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5.jpeg\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-136\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5.jpeg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5-300x196.jpeg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5-768x501.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Florian Zeller, <em>Le P\u00e8re<\/em> \u00e0 Paris en 2012<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Un homme que la vieillesse\nest en train de d\u00e9truire en le plongeant dans la maladie (d\u2019Alzheimer\npeut-\u00eatre, alors que l\u2019auteur, lui, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 parler de\n\u00ab&nbsp;d\u00e9mence&nbsp;\u00bb). Andr\u00e9 ne parvient plus \u00e0 distinguer le pass\u00e9 du\npr\u00e9sent. Il oublie tout, ne sait plus s\u2019il est chez lui ou chez sa fille ou\nencore dans une maison m\u00e9dicalis\u00e9e, a m\u00eame oubli\u00e9 que sa seconde fille a \u00e9t\u00e9\nvictime d\u2019un accident peut-\u00eatre mortel. Tout se m\u00e9lange dans son esprit. <\/p>\n\n\n\n<p>Le constat qu\u2019en fait\nFlorian Zeller est terrifiant. Et pourtant\u2026 L\u2019intelligence th\u00e9\u00e2trale (et\nsouvent sa mani\u00e8re de composer ses textes, notamment dans <em>La M\u00e8re<\/em>) de\nl\u2019auteur consiste \u00e0 ne pas nous livrer un r\u00e9cit lin\u00e9aire, ici celui de la\nd\u00e9ch\u00e9ance d\u2019Andr\u00e9. Il nous fait, pour ainsi dire, vivre le parcours chaotique\ndu p\u00e8re de l\u2019int\u00e9rieur. C\u2019est le monde vu et v\u00e9cu par ce vieillard qu\u2019il nous\nest donn\u00e9 d\u2019appr\u00e9hender. D\u00e8s lors nous finissons, nous lecteurs ou spectateurs,\npar ne plus savoir o\u00f9 nous en sommes, et m\u00eame parfois \u00e0 prendre pour argent\ncomptant les d\u00e9lires du vieil homme. Restent toutefois quelques indices\n\u2013&nbsp;comme la progressive disparition des meubles sur sc\u00e8ne nous indiquant\nque nous changeons peut-\u00eatre de lieu&nbsp;\u2013 qu\u2019Andr\u00e9 per\u00e7oit les choses\ndiff\u00e9remment. \u00abC\u2019est \u00e0 la\nfois le m\u00eame salon, et un autre. Quelques meubles ont disparu&nbsp;\u00bb\nnous indique la didascalie de l\u2019auteur concernant la sc\u00e8ne 3. Un peu plus loin,\n\u00e0 la sc\u00e8ne 10, \u00abtoujours\nle m\u00eame salon qui continue son d\u00e9pouillement progressif\u00bb,\nest-il pr\u00e9cis\u00e9\u2026 Il n\u2019y qu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re sc\u00e8ne o\u00f9 les choses semblent enfin\nclaires&nbsp;: \u00ab&nbsp;un lit blanc,\nqui fait penser aux lits que l\u2019on trouve dans les h\u00f4pitaux. Andr\u00e9 ne sait pas\no\u00f9 il est. Puis la Femme entre. Elle a une blouse blanche&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"video-1\"><strong>Video 1<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Le Pe\u0300re au theatre H\u00e9bertot avec Robert Hirsch (Bande annonce)\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/bfty6Xk_1ms?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est une constante de\nl\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale de Zeller que de proposer une autre construction\ndramatique qui, \u00e0 certains \u00e9gards, \u00e9pouse le d\u00e9veloppement de la pens\u00e9e du\npersonnage principal. Il op\u00e8re un v\u00e9ritable travail de d\u00e9construction pour\nreconstruire les choses \u00e0 sa mani\u00e8re. Il le dit tr\u00e8s clairement&nbsp;: \u00abce qui m\u2019a toujours int\u00e9ress\u00e9\ndans l\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale, c\u2019est une relative complexit\u00e9 dans la construction\ndramaturgique. Mes pi\u00e8ces ressemblent souvent \u00e0 des labyrinthes&nbsp;\u00bb<em>\u2026<\/em> et de parler \u00e9galement d\u2019\u00abarchitecture\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a dans <em>Le P\u00e8re <\/em>une\narchitecture tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9e de la pens\u00e9e du personnage principal. En\ncontrepoint, Zeller \u2013&nbsp;c\u2019est son style&nbsp;\u2013 \u00e9crit de mani\u00e8re tout \u00e0 fait\nclaire et simple, dans un langage apparemment compr\u00e9hensible par tous. Ses\npi\u00e8ces, et <em>Le P\u00e8re<\/em> n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette r\u00e8gle, mettent en sc\u00e8ne peu de\npersonnages. Ici sa fille Anne (un pr\u00e9nom qui revient souvent dans ses \u0153uvres,\nmais qui ne recouvre pas, bien s\u00fbr, le m\u00eame personnage), son compagnon ou mari,\nPierre, Laura la garde-malade, un Homme et une Femme qui pourraient, parfois,\ntout aussi bien \u00eatre Anne et Pierre\u2026 Tout se joue en huis clos. Celui de la\npens\u00e9e d\u2019Andr\u00e9 dont la d\u00e9gradation, et sa volont\u00e9 de retrouver son enfance et\nsa m\u00e8re, finissent par \u00eatre touchantes. Cette description presque clinique de\nla d\u00e9ch\u00e9ance mentale d\u2019un homme, pour aussi impitoyable qu\u2019elle est, ne manque\npas de moments plaisants et presque dr\u00f4les.<\/p>\n\n\n\n<p>Une dr\u00f4lerie que le jeu,\ntout en nervosit\u00e9, du com\u00e9dien qui cr\u00e9a le r\u00f4le, accentua. Il s\u2019agissait en\neffet d\u2019une de nos plus grandes figures th\u00e9\u00e2trales, capable de briller dans le\nvaudeville et de nous \u00e9mouvoir dans les plus grandes trag\u00e9dies, Robert Hirsch,\nqui avait plus que l\u2019\u00e2ge d\u2019Andr\u00e9, 88 ans, et une dynamique de jeu qui ne\npouvait qu\u2019\u00e9blouir. La pi\u00e8ce \u00e0 sa cr\u00e9ation lui devait beaucoup ; qu\u2019en a-t-il \u00e9t\u00e9 dans les autres pays o\u00f9 elle a\n\u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e&nbsp;? Les com\u00e9diens avaient-ils l\u2019\u00e2ge du r\u00f4le&nbsp;? Petite\nquestion pas si anodine que cela, car enfin, si l\u2019art du th\u00e9\u00e2tre consiste \u00e0 se\ntravestir, \u00e0 faire jouer des r\u00f4les de vieilles personnes par des acteurs plus\njeunes, \u00e0 composer, il n\u2019en reste pas moins que faire jouer le r\u00f4le d\u2019Andr\u00e9 par\nun acteur de son \u00e2ge apportait ind\u00e9niablement un poids d\u2019authenticit\u00e9 de la\npart de quelqu\u2019un introduisantune sorte de distance \u2013&nbsp;un autre\nregard&nbsp;\u2013 par rapport \u00e0 sa propre vieillesse. Du coup, c\u2019est l\u2019\u00e2ge du\ncom\u00e9dien qui nous attirait, et l\u2019admiration que l\u2019on pouvait lui porter d\u2019\u00eatre\nd\u2019une aussi grande lucidit\u00e9 et ma\u00eetrise de jeu. Il faut vu Robert Hirsch dans\nson pyjama ray\u00e9 ou dans sa robe de chambre, se d\u00e9battant dans les affres de la\nmaladie de son personnage. Un tr\u00e8s grand moment th\u00e9\u00e2tral, incontestablement,\ndoubl\u00e9 par le fait que nous savions tous que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 une ses derni\u00e8res\nprestations, la derni\u00e8re allant se produire dans une autre pi\u00e8ce de Florian\nZeller, <em>Avant de s\u2019envoler, <\/em>cr\u00e9\u00e9e en 2016, et qui fut traduite en\nanglais par Christopher Hampton sous le titre de <em>The Height of the Storm<\/em>.\nLe <em>Guardian <\/em>lui d\u00e9cernera le titre de meilleur spectacle de l\u2019ann\u00e9e\n2018.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re pi\u00e8ce met en\nsc\u00e8ne un couple qui vit ensemble depuis cinquante ans. Andr\u00e9 (toujours le m\u00eame\npr\u00e9nom) et Madeleine sont devenus ins\u00e9parables au point de ne former quasiment\nqu\u2019une seule et m\u00eame personne. L\u00e0 encore, avec l\u2019apparition de leurs deux filles\nvenues passer un week-end chez eux, se pose la question de savoir de quoi sera\nfait le court avenir qui les concerne. Que vont-ils devenir&nbsp;? Comment\nenvisager une s\u00e9paration par la mort d\u2019un des deux protagonistes&nbsp;? Autant\nde questions que Florian Zeller pose avec pertinence. C\u2019est bien d\u2019amour au\nsens le plus fort du terme dont il est question. Aux c\u00f4t\u00e9s de Robert Hirsch,\nc\u2019est la grande com\u00e9dienne Isabelle Sadoyan, qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait \u00e2g\u00e9e de 88\nans, qui lui donnait la r\u00e9plique. Cette fois-ci c\u2019\u00e9tait la vieillesse v\u00e9cue \u00e0\ndeux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et comme toujours chez\nFlorian Zeller, d\u00e8s qu\u2019il est question de vieilles personnes, malades ou pas,\nles enfants s\u2019interrogent sur la mani\u00e8re de les accompagner le plus fid\u00e8lement\npossible, quitte \u00e0 ce que cela empi\u00e8te sur leurs vies personnelles. C\u2019est le\ncas d\u2019Anne dans <em>Le P\u00e8re, <\/em>c\u2019est le cas des deux s\u0153urs dans<em> Avant de\ns\u2019envoler\u2026 <\/em>Les personnes \u00e2g\u00e9es ne sont jamais seules&nbsp;: ce que nous\nmontre \u00e0 chaque fois l\u2019auteur, ce sont les r\u00e9percussions de leur attitude sur\nl\u2019ensemble de la famille. C\u2019est en effet le noyau familial (pour ainsi dire le\nroman familial) qui est mis en exergue et qui fait, bien s\u00fbr, th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le P\u00e8re <\/em>fait partie d\u2019une sorte de\ntrilogie dont <em>La M\u00e8re<\/em> est le premier volet et <em>Le Fils<\/em> le dernier.\nUn ordre \u00e9trange qui refuse toute chronologie inutile, puisque de toute fa\u00e7on,\nles trois pi\u00e8ces sont pour ainsi dire ind\u00e9pendantes. Reste que certains points\ncommuns relient ces trois pi\u00e8ces, notamment dans la description des maladies\nmentales qui touchent les protagonistes principaux. <em>La M\u00e8re <\/em>(cr\u00e9\u00e9e en\n2010) met en sc\u00e8ne une femme \u2013&nbsp;elle se pr\u00e9nomme Anne elle aussi&nbsp;\u2013 qui\nvit entre r\u00e9alit\u00e9 et r\u00eave. M\u00eame si elle a un fils, Nicolas, qui a 25 ans (et\nune fille qui ne l\u2019int\u00e9resse gu\u00e8re), elle est encore jeune, et n\u2019entre pas dans\nla cat\u00e9gorie qui nous int\u00e9resse ici. Ce qui, en revanche, est int\u00e9ressant,\nc\u2019est qu\u2019elle perd pied petit \u00e0 petit avec le r\u00e9el, comme Andr\u00e9 dans <em>Le\nP\u00e8re, <\/em>mais pas pour les m\u00eames raisons.L\u00e0 aussi, pass\u00e9, pr\u00e9sent,\nfutur finissent par se m\u00e9langer. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence les personnages de Florian Zeller\nsont tous, peu ou prou, psychiatriques \u2013&nbsp;c\u2019est lui qui le dit&nbsp;\u2013 et\nl\u2019\u00e2ge ne fait rien \u00e0 l\u2019affaire. Tout au plus la vieillesse est-elle un facteur\nqui facilite et augmente ce danger. L\u2019int\u00e9r\u00eat de <em>La M\u00e8re<\/em>, c\u2019est que sa\nconstruction, son \u00ab&nbsp;architecture&nbsp;\u00bb, est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame que celle\ndu <em>P\u00e8re, <\/em>ce qui n\u2019est pas le cas pour<em> Le Fils, <\/em>d\u2019une construction\nlin\u00e9aire&nbsp;: plus r\u00e9aliste, elle finira en v\u00e9ritable trag\u00e9die avec le\nsuicide du fils. C\u2019est bien toujours le noyau familial, m\u00eame r\u00e9duit \u00e0 sa plus\nsimple expression, comme dans <em>Le P\u00e8re<\/em>, qui importe \u00e0 Florian Zeller\u2026 La\nvieillesse est donc toujours source d\u2019ennuis pour la proche famille (l\u2019enfant\nou les enfants)\u2026 \u00c0 deux reprises, le compagnon d\u2019Anne, Pierre, pose la question\nfrontalement \u00e0 Andr\u00e9&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;<\/em>Est-ce que vous comptez emmerder le monde encore longtemps&nbsp;?<em>&nbsp;\u00bb<\/em>\nOn ne saura jamais si cette phrase est effectivement dite par Pierre, s\u2019il la\npense, ou si elle fait partie du r\u00eave d\u2019Andr\u00e9&nbsp;; en tout cas, elle a le\nm\u00e9rite d\u2019\u00eatre parfaitement claire&nbsp;! Comme est claire toute l\u2019\u00e9criture de\nFlorian Zeller, mais c\u2019est une clart\u00e9 qui laisse toutes les questions en\nsuspens, une clart\u00e9 \u00e0 la Harold Pinter en quelque sorte. Et nous naviguons\nd\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre sans trop savoir o\u00f9 nous en sommes, jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9solution\nfinale. Entre-temps les vagues des sentiments se sont succ\u00e9d\u00e9s&nbsp;: nous\nsommes tr\u00e8s rapidement pass\u00e9s d\u2019une \u00e9motion \u00e0 une autre. Le p\u00e8re qui occupe\ntout l\u2019espace est tour \u00e0 tour dr\u00f4le, \u00e9mouvant, aga\u00e7ant, insupportable, quand il\nn\u2019est pas tout cela \u00e0 la fois&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"video-2\"><strong>Video 2<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Le P\u00e8re\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/xnKaLUedvPY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce type d\u2019architecture et\nd\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trales demande du doigt\u00e9 de la part du metteur en sc\u00e8ne qui doit\n\u00e0 chaque moment proposer ses propres choix entre de multiples interpr\u00e9tations\npossibles. Si <em>Le P\u00e8re<\/em>, en France, a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour Robert Hirsch, il va\nsans dire que la pi\u00e8ce a eu la chance d\u2019\u00eatre mise en sc\u00e8ne par Ladislas Chollat\nqui semble \u00eatre le metteur en sc\u00e8ne attitr\u00e9 de l\u2019auteur&nbsp;; il a mont\u00e9\nmaintes de ses pi\u00e8ces et conna\u00eet parfaitement son univers\u2026 tr\u00e8s\nfamilial,&nbsp;comme dans la pi\u00e8ce <em>Elle t\u2019attend<\/em> (2011) o\u00f9 appara\u00eet de\nmani\u00e8re fugace et au milieu d\u2019autres membres de la tribu, un p\u00e8re \u00e2g\u00e9 et\nmalade\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9\u00e9 en 2012, <em>Le P\u00e8re<\/em>,\ndevant son imm\u00e9diat succ\u00e8s, a \u00e9t\u00e9 repris en 2015 toujours avec Robert Hirsch\ndans le r\u00f4le-titre. Le com\u00e9dien avait 90 ans et toujours toute la ma\u00eetrise de\nson art. Il n\u2019est pas rare, chez nous, de voir des com\u00e9diens \u00e2g\u00e9s continuer \u00e0\njouer. Des listes d\u2019\u0153uvres th\u00e9\u00e2trales avec des r\u00f4les pour personnes \u00e2g\u00e9es\ncirculent, et l\u2019on ne sera pas surpris d\u2019y retrouver les noms de Thomas\nBernhard, Martin Crimp, Eug\u00e8ne Durif, Denise Bonal, Guillaume Cayet\u2026 et de\nbiens d\u2019autres, mais il est rare, voire exceptionnel, de trouver des \u0153uvres\ncomme celle de Florian Zeller qui osent aborder de front les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0\nla vieillesse. On ne manquera pas non plus de souligner que l\u2019un des grands\nsucc\u00e8s th\u00e9\u00e2traux de la saison 2018-19, \u00e0 Paris, aura \u00e9t\u00e9 <em>Les Chaises<\/em>\nd\u2019Ionesco mont\u00e9es par Bernard L\u00e9vy, et qui mettent en sc\u00e8ne deux vieillards,\nl\u2019un de 95 ans (l\u2019homme), l\u2019autre de 94 ans (la femme). Il est bien question\ndans cette \u0153uvre, pr\u00e8s de trois quarts de si\u00e8cle apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, et pour\nreprendre ce que disait le dramaturge Adamov \u00e0 l\u2019\u00e9poque, de la \u00ab&nbsp;vieillesse fondamentale qui n\u2019a rien\n\u00e0 voir avec l\u2019\u00e2ge et qui, \u00e0 un certain niveau de conscience, repr\u00e9sente un \u00e9tat\nde l\u2019existence humaine&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019en voudrais enfin de\nterminer cet article sans citer ce qui demeure, pour moi, un grand moment de\nth\u00e9\u00e2tre v\u00e9cu il y a pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle, en 1973, et o\u00f9 il \u00e9tait question de\nla vieillesse et de l\u2019app\u00e9tit de vie de son h\u00e9ro\u00efne. Il s\u2019agit d\u2019<em>Harold et\nMaude <\/em>d\u2019apr\u00e8s Colin Higgins, superbement interpr\u00e9t\u00e9 par la grande\ncom\u00e9dienne Madeleine Renaud (qui cr\u00e9a aussi en 1961 <em>Oh les beaux jours<\/em>\nde Samuel Beckett dans une mise en sc\u00e8ne de Roger Blin) qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, \u00e9tait\n\u00e2g\u00e9e de 73 ans\u2026 Moment de gr\u00e2ce qui disait tr\u00e8s simplement l\u2019amour de la vie et\nqui parlait de notre humaine condition. Le r\u00f4le fut repris en 1985 par Denise\nGrey alors \u00e2g\u00e9e de 89 ans. Tout cela appartient d\u00e9finitivement \u00e0 l\u2019histoire de\nnotre th\u00e9\u00e2tre\u2026<a name=\"end\">&nbsp;<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image6-3-150x150.jpeg\" alt=\"\" alignnone=\"\"><br>&nbsp;\n\n\n\n<p><a name=\"end\" href=\"#back\">*<\/a><strong>Jean-Pierre Han<\/strong>&nbsp;: Journaliste et critique dramatique. A cr\u00e9\u00e9 la revue <em>Frictions, th\u00e9\u00e2tres-\u00e9critures<\/em> dont il dirige la r\u00e9daction. R\u00e9dacteur en chef des <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em>. Collabore \u00e0 de nombreuses publications fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res. A enseign\u00e9 pendant quinze ans \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Etudes Th\u00e9\u00e2trales de Paris III-Sorbonne nouvelle, \u00e0 Paris X, Universit\u00e9 d\u2019\u00c9vry. Ancien pr\u00e9sident du Syndicat de la critique de th\u00e9\u00e2tre, musique, danse.&nbsp;Vice-Pr\u00e9sident de l\u2019AICT (Association internationale des critiques de th\u00e9\u00e2tre). Directeur des stages pour jeunes critiques. Derniers livres parus <em>Critique dramatique et alentours<\/em> (Th\u00e9\u00e2tres-\u00c9critures), 2015, <em>Roger Vitrac : Portrait en \u00e9clats<\/em> (Th\u00e9\u00e2tres-\u00c9critures), 2017.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2019 Jean-Pierre Han<br><em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"Creative Commons Attribution International License\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">This work is licensed under the<br>Creative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":136,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[13],"class_list":["post-135","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-special-topic","tag-st-front"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/wp-content\/uploads\/sites\/21\/2019\/10\/image1-5.jpeg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":64,"url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/20\/la-vie-des-personnes-agees-a-lepoque-neo-liberale\/","url_meta":{"origin":135,"position":0},"title":"La vie des personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque n\u00e9o-lib\u00e9rale","author":"Jean-Pierre Han","date":"October 8, 2019","format":false,"excerpt":"Jisoo Nam* R\u00e9sum\u00e9 Comment peut-on d\u00e9finir les personnes \u00e2g\u00e9es? 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