{"id":610,"date":"2018-05-30T19:55:45","date_gmt":"2018-05-30T19:55:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/?p=610"},"modified":"2022-02-06T21:17:25","modified_gmt":"2022-02-06T21:17:25","slug":"la-crise-de-lhumain-chez-joel-pommerat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/la-crise-de-lhumain-chez-joel-pommerat\/","title":{"rendered":"La crise de l\u2019humain chez Jo\u00ebl Pommerat"},"content":{"rendered":"<p><strong>Kalliopi Exarchou<\/strong><a href=\"#end\" name=\"back\">*<\/a><\/p>\n<blockquote><p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>: Dans le contexte de la crise de l\u2019humain aujourd\u2019hui, Pommerat ose s\u2019aventurer sur le terrain de la solitude et de la souffrance. Il interroge la vie, mais il le fait, en la montrant, sans parler de bien ou de mal. Sa dramaturgie se distingue par la re-pr\u00e9sentation de diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s, concernant l\u2019existence humaine, qui puissent procurer la <em>catharsis<\/em>. Pommerat invite ses spectateurs, \u00e0 travers le brouillage des limites de l\u2019<em>imaginaire<\/em> et du <em>r\u00e9el<\/em>, \u00e0 une action, voire une r\u00e9action contre les destin\u00e9es prescrites d\u2019un monde \u00e0 la recherche du sens perdu de la vie.<\/p>\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong>: Crise de l\u2019humain<strong>, <\/strong>Imaginaire\/r\u00e9el<strong>, <\/strong>Catharsis<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans le cadre de la crise du drame contemporain, \u00e0 compter de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 nos jours, le th\u00e9\u00e2tre, compl\u00e8tement lib\u00e9r\u00e9 de tout canon aristot\u00e9licien, est ouvert \u00e0 toutes les formes artistiques et litt\u00e9raires. Les th\u00e9oriciens contemporains axent leur probl\u00e9matique sur le nouvel espace dramatique o\u00f9 les fronti\u00e8res c\u00e8dent leur place au \u00ab\u00a0d\u00e9sordre\u00a0\u00bb cr\u00e9atif et \u00e0 la \u00ab\u00a0r\u00e9invention du drame\u00a0\u00bb (Sarrazac, <em>\u00c9tudes <\/em>th\u00e9\u00e2trales 16). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, Jean-Pierre Sarrazac insiste sur l\u2019id\u00e9e de la crise dont les composantes majeures, \u00e0 savoir, \u00ab\u00a0crise de la fable, crise du personnage, crise du dialogue, crise du rapport sc\u00e8ne-salle\u00a0\u00bb (Sarrazac, <em>Lexique du drame moderne et contemporain<\/em> 20), constituent la crise en question qui semble \u00eatre \u00ab\u00a0[\u2026] <em>sans fin<\/em>, aux deux sens du vocable. D\u2019une crise permanente\u00a0; d\u2019une crise sans solution, sans horizon pr\u00e9\u00e9tabli\u00a0\u00bb (Sarrazac, <em>Lexique du drame moderne et contemporain <\/em>19).<\/p>\n<h6>Video 1<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QDeNJmZNvRg?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<figure id=\"attachment_611\" aria-describedby=\"caption-attachment-611\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"611\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/la-crise-de-lhumain-chez-joel-pommerat\/joel-pommerat-paris-theatre-de-lodeon-3-juillet-2013\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/1-2.jpg?fit=200%2C271&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"200,271\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;12&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;David Balicki&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;P21+&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;Joel POMMERAT, Paris, Th\\u00e9\\u00e2tre de l&#039;Od\\u00e9on, 3 juillet 2013.&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1372755707&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;Cession des droits \\u00e0 Jo\\u00ebl Pommerat et sa compagnie Louis Brouillard jusqu&#039;en f\\u00e9vrier 2019.&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;80&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;100&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.0049999867934844&quot;,&quot;title&quot;:&quot;Joel POMMERAT, Paris, Th\\u00e9\\u00e2tre de l&#039;Od\\u00e9on, 3 juillet 2013.&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Joel POMMERAT, Paris, Th\u00e9\u00e2tre de l&amp;#8217;Od\u00e9on, 3 juillet 2013.\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Jo\u00ebl Pommerat&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/1-2.jpg?fit=200%2C271&amp;ssl=1\" class=\"wp-image-611 size-full\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/1-2.jpg?resize=200%2C271&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"271\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-611\" class=\"wp-caption-text\">Jo\u00ebl Pommerat<\/figcaption><\/figure>\n<p>La dramaturgie moderne, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, en ce qui nous concerne, la dramaturgie fran\u00e7aise, textuelle et sc\u00e9nique, se relie in\u00e9luctablement au caract\u00e8re pluridimensionnel du th\u00e9\u00e2tre, tout en optant pour la r\u00e9habilitation des liens entre sc\u00e8ne et salle \u00e0 travers la rencontre de l\u2019imaginaire et du r\u00e9el.Cette n\u00e9cessit\u00e9 fondamentale du th\u00e9\u00e2tre contemporain de recourir \u00e0 l\u2019imagination\u00a0invite le spectateur \u00e0 la r\u00e9ception de l\u2019acte th\u00e9\u00e2tral en tant qu\u2019une demande \u00e0 participation, pas forc\u00e9ment active, mais s\u00fbrement \u00e9motionnelle et imaginaire. Peter Handke l\u2019exprime manifestement\u00a0: \u00ab\u00a0Ces planches ne figurent pas le monde. Elles font partie du monde. Ces planches sont l\u00e0 tout simplement pour nous porter\u00a0\u00bb (Handke 22). Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 regarder sa vie, pas la fiction de sa vie, une \u00ab\u00a0re-connaissance par l\u2019identification des \u00eatres et des choses\u00a0\u00bb (Naugrette, <em>\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales <\/em>175). De m\u00eame, Jean-Pierre Sarrazac formule le concept de <em>drame-de-la-vie<\/em>afin de tresser le contexte de la nouvelle situation o\u00f9 les spectateurs deviennent spectateurs de leur propre vie (Sarrazac, <em>Po\u00e9tique du drame moderne<\/em> 99).<\/p>\n<p>Pommerat invite ses spectateurs, \u00e0 travers le brouillage des limites de l\u2019<em>imaginaire<\/em> et du <em>r\u00e9el<\/em>, \u00e0 une action, voire une r\u00e9action contre les destin\u00e9es prescrites d\u2019un monde \u00e0 la recherche du sens perdu de la vie. Sa dramaturgie tente de produire une surprise esth\u00e9tique continuelle au public, \u00e0 travers le paradoxe de coh\u00e9rence entre l\u2019onirisme et le monstrueux, l\u2019extraordinaire et la banalit\u00e9, en agissant avec son imaginaire. Pommerat ausculte le d\u00e9sir du spectateur de son temps afin de lui d\u00e9voiler un autre aspect de r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est par la convocation de l\u2019imaginaire qu\u2019il m\u00e9taphorise l\u2019effroi du r\u00e9el et oriente son spectateur vers l\u2019immanent (la r\u00e9alit\u00e9) et le transcendant (l\u2019imaginaire) \u00e0 la fois, si nous paraphrasons Alain Badiou (Badiou 62).Chez Pommerat, le drame de l\u2019individu encadr\u00e9 par le drame collectif envisage l\u2019horreur comme un d\u00e9fi de re-connaissance et de conscience\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le Mari de la jeune fille a\u00een\u00e9e\u00a0: [\u2026] La v\u00e9rit\u00e9 est dangereuse, la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est un risque, il y a du danger dans la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est une aventure m\u00eame, d\u2019affronter la v\u00e9rit\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9, de nos jours, et moi je veux vivre avec la v\u00e9rit\u00e9, la r\u00e9alit\u00e9, je veux vivre dans ce risque, dans ce danger, c\u2019est comme \u00e7a que je veux vivre. (Pommerat, <em>Au monde<\/em> 32)<\/p><\/blockquote>\n<h6>Video 2<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/zKktJv9f9es?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>L\u2019univers de Pommerat est le reflet d\u2019un monde o\u00f9 tout est pourri dans sa r\u00e9alit\u00e9 cruelle\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La Seconde fille\u00a0: [\u2026] Il y a quelque chose de pourri, oui, dans le monde, des centaines de millions de personnes vivent dans la mis\u00e8re, meurent dans la mis\u00e8re, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, nous ne faisons rien [\u2026] nous nous regardons mourir les uns les autres, [\u2026] avec notre mentalit\u00e9 de pierre. (Pommerat, <em>Au monde<\/em> 20)<\/p><\/blockquote>\n<p>La peur, la souffrance, la solitude, la tristesse de ses personnages appellent l\u2019introspection qui conduit \u00e0 la conscience \u00e0 travers la d\u00e9monstration. Le monde mutil\u00e9 de personnages ext\u00e9nu\u00e9s, \u00e0 la lisi\u00e8re de la r\u00e9alit\u00e9 et de l\u2019imaginaire, de la vie et de la mort \u2013\u00a0la m\u00e8re dans <em>Gr\u00e2ce \u00e0 mes yeux, <\/em>la m\u00e8re de <em>P\u00f4les<\/em>, la narratrice des <em>Marchands,<\/em> Estelle de <em>Ma chambre froide<\/em>, le pr\u00e9sentateur dans <em>Je tremble 1 et 2<\/em>\u00a0\u2013, constitue \u00ab\u00a0une r\u00e9alit\u00e9 fant\u00f4me comme ces membres fant\u00f4mes, ces jambes ou ces bras qui ont \u00e9t\u00e9 amput\u00e9s\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>Th\u00e9\u00e2tres en pr\u00e9sence<\/em> 27)\u00a0; il s\u2019agit de paroles douloureuses ou terrifiantes, toujours au regard d\u2019une crise, individuelle ou sociale, qui favorisent la cr\u00e9ation de l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9trange dans l\u2019\u00e9criture de Pommerat.<\/p>\n<p>Sans donner des r\u00e9ponses, Pommerat essaye de montrer tout simplement la violence contemporaine de l\u2019humanit\u00e9. Son \u0153uvre enti\u00e8re est structur\u00e9e dans le cadre d\u2019une agonie dramatique impr\u00e9gn\u00e9e aussi de silences, de non-dits. Au sein de mythes, o\u00f9 la catastrophe puise dans l\u2019id\u00e9e de la douleur humaine, voire de la mort, la <em>catharsis <\/em>s\u2019inscrit dans l\u2019univers imaginaire qui vise l\u2019\u00e9veil des sentiments et des pens\u00e9es de son spectateur. Dans <em>Au monde<\/em>, un des personnages, le Mari de la fille a\u00een\u00e9e, attribue une notion plus pr\u00e9cise, plut\u00f4t\u00a0 po\u00e9tique, \u00e0 la <em>catharsis<\/em> au sein d\u2019un monde en confusion\u00a0; c\u2019est la beaut\u00e9, en tant que premi\u00e8re valeur, qui peut nous rendre heureux\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le Mari de la fille a\u00een\u00e9e\u00a0: [\u2026] Nous n\u2019aurons plus qu\u2019\u00e0 vivre. Qu\u2019\u00e0 cultiver notre beaut\u00e9. Qu\u2019\u00e0 faire de la beaut\u00e9 notre premi\u00e8re valeur. Oui, nous ferons du commerce de notre beaut\u00e9 et nous n\u2019aurons plus qu\u2019\u00e0 contempler notre bonheur. (Pommerat, <em>Au monde<\/em> 33)<\/p><\/blockquote>\n<p>En l\u2019occurrence, Pommerat montre l\u2019exp\u00e9rience terrible (r\u00e9alit\u00e9) par le biais de l\u2019art qui distend la fable dans le cadre de l\u2019imaginaire et de la vie \u00e0 la fois, des \u00ab\u00a0r\u00eaves en commun, cauchemars partag\u00e9s\u00a0\u00bb (Gayot, Pommerat69) au sein de \u00ab\u00a0vraies fausses histoires\u00a0\u00bb (Gayot, Pommerat66).<\/p>\n<p>Dans le paysage th\u00e9\u00e2tral de Pommerat, l\u2019imaginaire s\u2019appuie sur des images qui fabriquent soit un monde spectaculaire et magique (le fond d\u2019un music-hall dans <em>Je tremble 1 et 2<\/em>), soit un monde m\u00e9taphysique (l\u2019apparition des morts dans <em>Les Marchands<\/em>), soit la narration d\u2019une Voix off qui d\u00e9crit le c\u00f4t\u00e9 onirique de la vie des h\u00e9ros (dans <em>Ma chambre froide<\/em>), soit le monde des silences (dans <em>La grande et fabuleuse histoire du commerce<\/em>), soit les flash-backs des h\u00e9ros en tant que m\u00e9moire nostalgique (dans <em>P\u00f4les<\/em>).La filtration du <em>r\u00e9el<\/em> \u00e0 travers l\u2019<em>imaginaire <\/em>trace une voie ouverte \u00e0 la consolation, \u00e0 une situation salutaire qui modifie la r\u00e9alit\u00e9 chez Pommerat et fonctionne en tant que moteur de la <em>catharsis<\/em>. Entre l\u2019aspiration au r\u00eave et l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, l\u2019\u00e9crivain retranscrit l\u2019espoir et l\u2019angoisse de l\u2019humanit\u00e9 de nos jours. La r\u00e9plique cit\u00e9e en t\u00e9moigne\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La Femme\u00a0: [\u2026] Avez-vous remarqu\u00e9 comme moi une chose\u00a0? Nous n\u2019avons plus d\u2019avenir [\u2026] Est-ce qu\u2019il est arriv\u00e9 \u00e0 quelqu\u2019un pr\u00e9sent ici ce soir de r\u00eaver\u00a0 s\u00e9rieusement \u00e0 un avenir pour lui et pour notre soci\u00e9t\u00e9, notre belle soci\u00e9t\u00e9 humaine [\u2026]\u00a0? [\u2026]\u00a0 Moi je veux r\u00eaver je vous le dis, car j\u2019y ai droit, comme tout le monde. (Pommerat, <em>Je tremble 1 et 2<\/em>, 7)<\/p><\/blockquote>\n<h6>Video 3<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ooO7BCy7gg0?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>Il est \u00e9vident que le refuge au r\u00eave ne concerne pas seulement les d\u00e9sirs exprim\u00e9s par les h\u00e9ros, comme ci-dessus\u00a0; nous nous r\u00e9f\u00e9rons surtout au style de l\u2019\u00e9criture de Pommerat qui est constitu\u00e9 des passages continus du <em>r\u00e9el<\/em> \u00e0 l\u2019<em>imaginaire<\/em>, une exp\u00e9rience sensorielle tant pour le lecteur que pour le spectateur. Cette plong\u00e9e stylistique dans le monde de l\u2019<em>imaginaire <\/em>a ses propres raisons\u00a0; Pommerat nous les confie\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>[\u2026] Je voulais d\u00e9voiler l\u2019int\u00e9riorit\u00e9. Je souhaitais donner corps, non pas au r\u00e9el ou \u00e0 l\u2019action, mais \u00e0 l\u2019imaginaire. Car je pense que dire le monde et sa r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est entrem\u00ealer l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur. [\u2026] J\u2019avais envie de montrer qu\u2019on pouvait livrer l\u2019int\u00e9rieur, l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 et ce de fa\u00e7on non intellectuelle ou litt\u00e9raire mais de mani\u00e8re sensuelle et sensible (Gayot, Pommerat46).<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans <em>Mon Ami, <\/em>un de ses personnages, L\u2019Amie de Georges, rench\u00e9rit sur l\u2019id\u00e9e des sensations, quand elle parle de bonheur\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] plus personne ne peut \u00eatre heureux s\u2019il ne ressent rien aujourd\u2019hui\u2026 s\u2019il n\u2019a pas de sensations\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>Mon Ami <\/em>100).<\/p>\n<p>Entre l\u2019intime d\u00e9clar\u00e9 des personnages et l\u2019intime des spectateurs s\u2019invente l\u2019id\u00e9e du <em>merveilleux<\/em>, une autre composante de l\u2019<em>imaginaire <\/em>chez Pommerat, en tant qu\u2019investissement de la <em>catharsis.<\/em> Il s\u2019agit d\u2019une vision de la vie \u00e9clair\u00e9e par le po\u00e9tique, au-del\u00e0 des contraintes de la r\u00e9alit\u00e9, une vision nostalgique d\u2019un pass\u00e9 lointain. C\u2019est par la bouche du Vendeur \u00e0 domicile dans <em>Cercles\/Fictions <\/em>que Pommeratpropose\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026] Moi je dis qu\u2019il faut r\u00e9introduire les grandes valeurs de la chevalerie dans nos vies\u2026 Loyaut\u00e9, courage, noblesse, altruisme, courtoisie\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>Cercles\/Fictions <\/em>96).<\/p>\n<p>Nous pourrions rajouter au <em>merveilleux<\/em> l\u2019id\u00e9e de la libert\u00e9 en art qui est un \u00e9l\u00e9ment purement <em>cathartique.<\/em> C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la focalisation sur la diff\u00e9rence essentielle entre les limites de la vie et les limites en art que Pommerat effectue l\u2019\u00e9veil de l\u2019<em>imaginaire<\/em>\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0L\u2019art peut nous permettre de faire l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019incompl\u00e9tude, de l\u2019inachev\u00e9, de l\u2019ind\u00e9termin\u00e9. [\u2026]Dans la vie nous avons besoin de cr\u00e9er nos limites pour ne pas basculer dans la folie. Dans l\u2019exp\u00e9rience artistique, nous pouvons aller vers les zones non pas de folie mais de conscience particuli\u00e8re\u00a0\u00bb (Gayot, Pommerat73).<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans ces conditions, th\u00e9oriquement parlant, on s\u2019aper\u00e7oit, dans l\u2019\u0153uvre de Pommerat, d\u2019un parall\u00e9lisme, d\u2019une part, entre l\u2019allusion imaginaire et la conception n\u00e9o-platonicienne de l\u2019esprit po\u00e9tique, et de l\u2019autre, entre le r\u00e9el et la conception aristot\u00e9licienne de la rationalit\u00e9.<\/p>\n<p>Pommerat s\u2019interroge sur l\u2019action humaine \u00e0 travers le corps et la parole du th\u00e9\u00e2tre afin de \u00ab\u00a0montrer des secrets [\u2026] pas de les d\u00e9voiler\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>UBU Sc\u00e8nes d\u2019Europe<\/em>56), de procurer la r\u00e9v\u00e9lation\u00a0int\u00e9rieure du spectateur\u00a0; en d\u2019autres termes, il fait appel \u00e0 la m\u00e9ditationdu spectateur qui se traduit par son implication intime, surtout apr\u00e8s le spectacle \u00e0 travers la m\u00e9moire. Pommerat met le spectateur face \u00e0 sa responsabilit\u00e9 de se faire sa propre opinion pas dans le sens de donner de le\u00e7on, mais tout simplement en lui montrant la r\u00e9alit\u00e9 de la confusion de son \u00e9poque et de sa vie. De la sorte, le th\u00e9\u00e2tre de Pommerat se distingue par la re-pr\u00e9sentation de diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s, concernant l\u2019existence humaine, susceptibles de motiver la r\u00e9flexion de son spectateur. Cette id\u00e9e de diversit\u00e9 de possibilit\u00e9s au centre d\u2019un univers de solitude et de souffrance esth\u00e9tise le concept de la <em>catharsis<\/em> chez Pommerat qui d\u00e9finit, d\u2019ailleurs, le th\u00e9\u00e2tre comme un lieu de possibles (Pommerat, <em>Th\u00e9\u00e2tres en pr\u00e9sence <\/em>27).<\/p>\n<h6>Video 4<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/7VLaXocDml0?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>Autrement dit, cette m\u00e9ditation pourrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ouverture sans limites, \u00ab\u00a0un \u00e9tat particulier\u00a0\u00bb(Pommerat, <em>Th\u00e9\u00e2tres en pr\u00e9sence <\/em>33). C. Galea l\u2019appelle \u00ab\u00a0myst\u00e8re\u00a0\u00bb (Galea, <em>UBU Sc\u00e8nes d\u2019Europe<\/em> 62), M. Piemontese, actrice de la troupe de Pommerat, la pr\u00e9cise encore plus, en la d\u00e9crivant comme \u00ab\u00a0myst\u00e8re de la narration\u00a0\u00bb(Piemontese, <em>UBU Sc\u00e8nes d\u2019Europe<\/em>\u00a0 82).Pommerat situe la m\u00e9ditation procur\u00e9e dans un cadre \u00e9largi\u00a0afin d\u2019\u00ab\u00a0obtenir une <em>ultrasensibilit\u00e9<\/em>. [\u2026] Rouvrir (ouvrir de nouveau) des sensations, des sensibilit\u00e9s, rouvrir la perception\u00a0\u00bb (Gayot, Pommerat48). Dans cette optique, nous consid\u00e9rons l\u2019effet <em>cathartique<\/em> de la <em>m\u00e9ditation <\/em>comme possibilit\u00e9 provenue de l\u2019inexplicable, de l\u2019extra-ordinaire. Pommerat le confirme\u00a0: \u00ab\u00a0Je vise quelque chose derri\u00e8re l\u2019action, les mots, la situation. [\u2026] Une r\u00e9alit\u00e9 fant\u00f4me\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>Th\u00e9\u00e2tres en pr\u00e9sence <\/em>27).<\/p>\n<p>Mais, outre la r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 chez Pommerat, qui se situe au centre d\u2019une dramaturgie contemporaine de l\u2019<em>intime<\/em>, comme l\u2019a sugg\u00e9r\u00e9e Sarrazac, \u00e0 savoir une approche dramatique du plus profond du profond (Sarrazac, <em>Th\u00e9\u00e2tres du moi, th\u00e9\u00e2tres du monde <\/em>129), la relation de l\u2019individu est avec le monde qui l\u2019entoure. D\u2019ailleurs, le grand objectif du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019intime est la rencontre du moi avec l\u2019autre, avec le monde\u00a0: \u00ab\u00a0On va profond\u00e9ment en soi, mais pour mieux retrouver l\u2019autre et le monde. Ce n\u2019est pas du tout un th\u00e9\u00e2tre priv\u00e9, mais un th\u00e9\u00e2tre du rapport entre le moi et le monde, de la mise en pr\u00e9sence du moi au monde\u00a0\u00bb (Sarrazac, <em>Th\u00e9\u00e2tres du moi, th\u00e9\u00e2tres du monde <\/em>129).Le th\u00e9\u00e2tre de Pommerat gravite autour de l\u2019id\u00e9e du rapport entre l\u2019individu et le monde qui l\u2019entoure. Le concept du mot <em>commerce<\/em>, qui, dans la langue fran\u00e7aise vieillie et surtout litt\u00e9raire, prend le sens de <em>relation<\/em>, de <em>rapport<\/em>, de <em>comportement <\/em>(<em>Le Petit Robert<\/em>, \u00ab\u00a0commerce\u00a0\u00bb), est utilis\u00e9 chez Pommerat pour montrer surtout cette nuance de l\u2019humain. Dans <em>Les Marchands<\/em> la narratrice s\u2019exclame\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Nous sommes pareils \u00e0 des commer\u00e7ants, des marchands. Nous vendons notre travail. Nous vendons notre temps. Ce que nous avons de plus pr\u00e9cieux. Notre temps de vie. Notre vie. Nous sommes des marchands de notre vie. (Pommerat, <em>Les Marchands <\/em>31-32)<\/p><\/blockquote>\n<p>Et tout cela au c\u0153ur \u00ab\u00a0des rapports nouveaux qu\u2019entretient l\u2019homme avec le monde, avec la soci\u00e9t\u00e9. Cette relation nouvelle se place sous le signe de la s\u00e9paration. L\u2019homme du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle [\u2026] c\u2019est surtout un homme \u2018s\u00e9par\u00e9\u2019. S\u00e9par\u00e9 des autres [\u2026], s\u00e9par\u00e9 du corps social [\u2026], s\u00e9par\u00e9 de Dieu [\u2026]. S\u00e9par\u00e9 de lui-m\u00eame, cliv\u00e9, \u00e9clat\u00e9, mis en pi\u00e8ces\u00a0\u00bb (Sarrazac, <em>Lexique du drame moderne et contemporain<\/em>\u00a0 8-9).<\/p>\n<h6>Video 5<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Yd3ceFyWuLg?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>Pommerat ose s\u2019aventurer sur le terrain de la solitude de l\u2019humain, tout en flottant dans la lumi\u00e8re du merveilleux pour respirer. Il interroge la vie, il cherche son sens, mais il le fait en la montrant, sans parler de bien ou de mal. \u00ab [\u2026] C\u2019est triste d\u2019\u00eatre trop tout seul dans la vie\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>Le Petit Chaperon rouge<\/em> 23), dit la Petite Fille, m\u00eame dans un conte de f\u00e9es o\u00f9 le r\u00e9alisme de la parole dans un cadre purement symbolique renforce l\u2019id\u00e9e de la solitude que Pommerat met en avant dans ses pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Le spectateur du th\u00e9\u00e2tre de Pommerat est convoqu\u00e9 \u00e0 m\u00e9diter sur la question cruciale de sa propre existence aux temps de d\u00e9tresse. Le rapport de Pommerat au monde, retranscrit dans sa production textuelle, est impr\u00e9gn\u00e9 par l\u2019id\u00e9e d\u2019une communaut\u00e9 qui vit son exp\u00e9rience de l\u2019humain\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019Homme le plus riche du monde\u00a0: Nous sommes des fils<br \/>\nEt nous sommes li\u00e9s les uns avec les autres<br \/>\nNous formons un grand tissu (Pommerat, <em>Je tremble 1 et 2,<\/em> 21)<\/p><\/blockquote>\n<h6>Video 6<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/xQagXr3J-to?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>En cela l\u2019\u0153uvre de Pommerat impose un nouvel aspect dramatique au sein de la recherche de l\u2019humain, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0[\u2026] l\u2019institution imaginaire d\u2019une \u2018communaut\u00e9\u2019 en perp\u00e9tuelle red\u00e9finition\u00a0\u00bb (Boccon-Gibod12). Dans le contexte de la crise de l\u2019humain aujourd\u2019hui, Naugrette, se r\u00e9f\u00e9rant au chapitre 18 de la <em>Po\u00e9tique<\/em>, r\u00e9v\u00e8le la phrase d\u2019Aristote qui \u00ab\u00a0d\u00e9signe le th\u00e9\u00e2tre comme \u00e9tant le lieu o\u00f9 le po\u00e8te tragique \u2018\u00e9veille le sens de l\u2019humain\u2019\u00a0\u00bb (Naugrette, <em>Paysages d\u00e9vast\u00e9s, <\/em>141)\u00a0; elle confie au th\u00e9\u00e2tre la \u00ab\u00a0mise au service de la red\u00e9couverte de l\u2019humain\u00a0\u00bb (Naugrette, <em>\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales <\/em>176). Bond, \u00e0 son tour, fait appel aujourd\u2019hui plus que nagu\u00e8re \u00ab\u00a0au but ultime du th\u00e9\u00e2tre [\u2026] [qui] est de\u00a0cr\u00e9er l\u2019image humaine\u00a0\u00bb (Bond 8).<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e de sociabilit\u00e9, en tant qu\u2019exp\u00e9rience essentielle de l\u2019existence humaine, est exprim\u00e9e ouvertement chez lui par la place consid\u00e9rable qu\u2019y tient le <em>travail<\/em>. Se pose ainsi une question sociale remarquable dont les composantes illustrent litt\u00e9ralement et m\u00e9taphoriquement son impact sur la vraie vie. Autrement dit, le <em>travail<\/em> ou son absence avec tout ce que cela implique fait \u00e9cho \u00e0 plusieurs \u00e9nonc\u00e9s au niveau \u00e9motionnel ou m\u00e9ditatif. Dans <em>Les Marchands<\/em>, la narratrice se demande \u00e0 la fin, apr\u00e8s avoir essay\u00e9 tout au long de sa narration de rechercher sa part d\u2019identit\u00e9 et celle de son amie\u00a0: \u00ab\u00a0Est-ce donc le travail qui nous lie ainsi si fortement\u00a0?\u00a0\u00bb (Pommerat, <em>Les Marchands <\/em>53). Une question, pas une r\u00e9ponse, pourrait rouvrir une communication particuli\u00e8re entre les personnages et les spectateurs qui partagent en r\u00e9alit\u00e9 le sujet du destin de l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans le cadre des aspects institutionnels du th\u00e9\u00e2tre contemporain o\u00f9 l\u2019intime rejoint le public, Pommerat essaye de franchir le seuil du c\u00f4t\u00e9 politique de l\u2019exp\u00e9rience humaine, fait qui rench\u00e9rit sur l\u2019effet cathartique collectif. Sarrazac, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la dramaturgie de l\u2019intime, confirme cette liaison \u00e9troite\u00a0de la vie priv\u00e9e et la vie politique (Sarrazac, <em>Th\u00e9\u00e2tres du moi, th\u00e9\u00e2tres du monde <\/em>131).Les trois s\u0153urs dans <em>Au monde, <\/em>s\u2019identifiant aux trois s\u0153urs tch\u00e9khoviennes, au croisement du priv\u00e9 et de l\u2019universel, aspirent \u00e0 la reconstruction d\u2019un monde mis en lumi\u00e8re et lib\u00e9r\u00e9 de toute contrainte de cit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La Seconde fille\u00a0: Je vois tr\u00e8s nettement comment nous vivrons\u00a0 bient\u00f4t. [\u2026] Nous d\u00e9passerons bient\u00f4t le monde mat\u00e9riel dans lequel nous vivons. [\u2026] Et les valeurs telles que l\u2019argent, le pouvoir, la domination n\u2019auront plus cours, non. Cet avenir c\u2019est maintenant qu\u2019il faut le construire, le fabriquer, le b\u00e2tir. [\u2026] Il faut continuer. Pour en finir avec la pauvret\u00e9 et les in\u00e9galit\u00e9s entre les personnes, nous avons besoin de donner du travail aux hommes. (Pommerat, <em>Au Monde<\/em>68)<\/p><\/blockquote>\n<p>Il est incontestable que dans le climat singulier de Pommerat, o\u00f9 l\u2019\u00e9tranget\u00e9\u00a0 rejoint le quotidien et la r\u00e9alit\u00e9 rencontre l\u2019imaginaire, les spectateurs, en tant que destinataires privil\u00e9gi\u00e9s, ne restent pas du tout indiff\u00e9rents\u00a0; devant la trag\u00e9die de l\u2019humain, le myst\u00e9rieux du brouillard suscite la <em>catharsis<\/em> infiltr\u00e9e par l\u2019\u00e9motion et la m\u00e9ditation. Pas question de rassurer le spectateur, c\u2019est le motif de l\u2019\u00e9criture textuelle et sc\u00e9nique de Pommerat. Cet \u00e9crivain du plateau de \u00ab\u00a0l\u2019opaque transparence\u00a0\u00bb (Galea62) vise \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un th\u00e9\u00e2tre contemporain o\u00f9 <em>La R\u00e9unification des deux Cor\u00e9es <\/em>(Pommerat) pourrait devenir le symbole par excellence de l\u2019humain.<\/p>\n<h6>Video 7<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/vAynZBbmaVU?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<hr \/>\n<h6>Bibliographie<\/h6>\n<p class=\"hangingindent\">Badiou, Alain, <em>\u00c9loge du th\u00e9\u00e2tre<\/em>, Paris, 2013.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Bond, Edward,\u00ab\u00a0Quelque chose s\u2019est pass\u00e9 sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de la Colline\u00a0\u00bb, <em>Th\u00e9\u00e2tre\/Public, <\/em>no 156, novembre-d\u00e9cembre 2000.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Boccon-Gibod, Thomas, \u00ab\u00a0<em>Je tremble<\/em> et <em>Cercles\/Fictions\u00a0<\/em>: l\u2019utopie th\u00e9\u00e2trale de Jo\u00ebl Pommerat, une politique de l\u2019imaginaire\u00a0\u00bb, <em>Ag\u00f4n<\/em> [En ligne), Revue des arts de la sc\u00e8ne, Horizons politiques de la communaut\u00e9, N<sup>o<\/sup> 3\u00a0: utopies de la sc\u00e8ne, sc\u00e8nes de l\u2019utopie, Dossiers, mis \u00e0 jour le 19\/01\/2011, URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/agon.ens-lyon.fr\/agon\/index.php%5eid=1561\">http:\/\/agon.ens-lyon.fr\/agon\/index.php^id=1561<\/a><\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Galea, Claudine \u00ab\u00a0Ouvrir des puits\u00a0\u00bb, <em>UBU Sc\u00e8nes d\u2019Europe<\/em>, No 37\/38, Avril 2006.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Gayot, Jo\u00eblle, Pommerat, Jo\u00ebl,\u00a0 <em>Jo\u00ebl Pommerat, troubles<\/em>, Paris, 2009.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Handke, Peter<em>, Outrage au public, <\/em>trad. J. Sigrid, Paris, 1968.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Le Petit Robert<\/em>, Paris, Dictionnaires Le Robert, 2000.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Naugrette, Catherine,<em> Paysages d\u00e9vast\u00e9s, <\/em>Belval, 2004.\u00ab\u00a0Une nouvelle dimension du cathartique\u00a0\u00bb, dans <em>\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales, <\/em>no 51-52 (2011).<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Piemontese, Marie, \u00ab\u00a0Nous sommes comme les points d\u2019appui de ces pr\u00e9sences particuli\u00e8res qu\u2019il cherche \u00e0 cr\u00e9er\u00a0\u00bb, Entretien avec Ma\u00efa Bouteillet, <em>UBU Sc\u00e8nes d\u2019Europe<\/em>, No 37\/38, Avril 2006.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Pommerat, Jo\u00ebl, <em>Au monde<\/em>, Paris, 2004.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Mon Ami, <\/em>Paris, 2004.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Les Marchands, <\/em>Paris, 2006.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Th\u00e9\u00e2tres en pr\u00e9sence<\/em>, Paris,2007.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Je tremble 1 et 2<\/em>, Paris, 2009.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Ce<em>rcles\/Fictions,<\/em>Paris, 2010.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>La R\u00e9unification des deux Cor\u00e9es<\/em>, Paris, 2013.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00eatre n\u2019est pas que parole\u00a0\u00bb, Dialogue entre Claudine Galea et Jo\u00ebl Pommerat,\u00a0 <em>UBU Sc\u00e8nes d\u2019Europe<\/em>, No 37\/38, Avril 2006.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Sarrazac, Jean-Pierre, \u00ab\u00a0La reprise du drame\u00a0\u00bb, dans <em>\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales<\/em>, N<sup>o<\/sup> 38-39 (2007).<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Th\u00e9\u00e2tres du moi, th\u00e9\u00e2tres du monde, <\/em>Rouen, 1995.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\">Introduction dans le <em>Lexique du drame moderne et contemporain, <\/em>Paris, 2010.<\/p>\n<p class=\"hangingindent\"><em>Po\u00e9tique du drame moderne<\/em>, Paris, 2012.<a name=\"end\"><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"614\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/la-crise-de-lhumain-chez-joel-pommerat\/exarchou\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou.jpg?fit=378%2C405&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"378,405\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Exarchou\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou.jpg?fit=378%2C405&amp;ssl=1\" class=\"size-thumbnail wp-image-614 alignnone\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou.jpg?resize=150%2C150&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou.jpg?resize=270%2C270&amp;ssl=1 270w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou.jpg?resize=230%2C230&amp;ssl=1 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/p>\n<p><a href=\"#back\" name=\"end\">*<\/a><strong>Kalliopi Exarchou<\/strong> est Professeure Associ\u00e9e au D\u00e9partement de Langue et de Litt\u00e9rature Fran\u00e7aises de l\u2019Universit\u00e9 Aristote. Elle enseigne l\u2019Histoire et la Th\u00e9orie du Th\u00e9\u00e2tre. Elle a publi\u00e9 des ouvrages et des articles \u00e0 des revues grecques et fran\u00e7aises sp\u00e9cialis\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre et aux actes de colloques internationaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2018 Kalliopi Exarchou<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png?resize=88%2C31&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kalliopi Exarchou* R\u00e9sum\u00e9: Dans le contexte de la crise de l\u2019humain aujourd\u2019hui, Pommerat ose s\u2019aventurer sur le terrain de la solitude et de la souffrance. Il interroge la vie, mais il le fait, en la montrant, sans parler de bien<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1382,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[5],"tags":[45],"class_list":["post-610","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essays","tag-by-kalliopi-exarchou","","tg-column-two"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/17\/wp-content\/uploads\/sites\/18\/2018\/05\/Exarchou-featured.jpg?fit=425%2C283&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9Xk3S-9Q","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/610","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=610"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/610\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1451,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/610\/revisions\/1451"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1382"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=610"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=610"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/17\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=610"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}