{"id":153,"date":"2017-10-13T16:41:27","date_gmt":"2017-10-13T16:41:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/?p=153"},"modified":"2022-02-28T21:06:57","modified_gmt":"2022-02-28T21:06:57","slug":"re-connaitre-solitude-de-guadeloupe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/re-connaitre-solitude-de-guadeloupe\/","title":{"rendered":"Re-conna\u00eetre Solitude de Guadeloupe"},"content":{"rendered":"<p><strong>Christiane Makward<a href=\"#end\">*<\/a><\/strong><\/p>\n<p><em>Solitude<\/em>. Adaptation et mise en sc\u00e8ne de Fani Carenco de <em>La Mul\u00e2tresse Solitude<\/em> d\u2019Andr\u00e9 Schwarz-Bart. Avec Marie-No\u00eblle Eus\u00e8be\u00a0: Rosalie\/Solitude, narratrice, Laure Guir\u00e9\u00a0: Bayangumay\/Man Bobette\/narratrice, Laurent Manzoni\u00a0: Homme blanc\/narrateur. Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne\u00a0: Lili Sagit. Chor\u00e9graphie\u00a0: Francis Viet. Sc\u00e9nographie\u00a0: Fani Carenco, Nicolas Natarianni et Christophe Charamon. Lumi\u00e8res\u00a0: Nicolas Natarianni. Son\u00a0: Nicolas Natarianni et Thibault Lamy. Cr\u00e9ation vid\u00e9o\u00a0: Thibault Lamy. Spectacle vu le 11 mai 2017, Salle Boris Vian, Grande Halle, La Villette, Paris.<\/p>\n<p>Le d\u00e9cor ressemble \u00e0 un chantier ou une cour de garage rural\u00a0: lanterne suspendue, cordages, pneus de poids lourds, gros bidons rouges, vieilles planches empil\u00e9es formant plateforme, bobines de c\u00e2bles, caisse, si\u00e8ge d\u00e9cati et deux projecteurs \u00e0 gauche et \u00e0 droite.\u00a0 Par la magie des \u00e9clairages, de la sonorisation, la vie s\u2019installe, la mort r\u00f4de. Ainsi, un discret balancement de la lanterne \u00e9voquera le tangage du bateau n\u00e9grier tandis que Bayangumay \u2013\u00a0Africaine captive qui deviendra l\u2019esclave Man Bobette et donnera naissance \u00e0 la mul\u00e2tresse Rosalie\/ Solitude\u00a0\u2013 tente laborieusement d\u2019avaler sa langue. Ainsi, ce tas de vieilles planches \u00e9voque un cercueil (toujours la funeste embarcation) d\u2019o\u00f9 se redresse la d\u00e9port\u00e9e comme Lazare d\u2019entre les morts\u00a0: elle lance dans les t\u00e9n\u00e8bres et dans sa langue son cri de r\u00e9sistance\u00a0: \u00ab\u00a0Diolas, Diolas, n\u2019y a-t-il pas un seul Diola dans ce poisson\u00a0?\u00a0\u00bb Ainsi, telle bobine de c\u00e2ble sera sublim\u00e9e en socle de statue lorsque Solitude, peu avant sa mort, prendra la pose d\u2019une Libert\u00e9 en grande jupe et ceinture rouge, sans torche et sans drapeau, mais tout aussi splendide et insoumise.<\/p>\n<figure id=\"attachment_155\" aria-describedby=\"caption-attachment-155\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"155\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/re-connaitre-solitude-de-guadeloupe\/photo-73-att00125\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-73-ATT00125.jpg?fit=700%2C497&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"700,497\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;3.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;X20&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1452583755&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;12.7&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;1000&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.05&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"PHOTO 73 ATT00125\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Rosalie devient une poup\u00e9e m\u00e9canique d\u00e9montrant les belles mani\u00e8res des blancs sous le regard cynique de Man Bobette. Photo C\u00e9line Cagnas&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-73-ATT00125.jpg?fit=700%2C497&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-155\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-73-ATT00125.jpg?resize=700%2C497&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"497\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-73-ATT00125.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-73-ATT00125.jpg?resize=300%2C213&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-155\" class=\"wp-caption-text\">Rosalie devient une poup\u00e9e m\u00e9canique d\u00e9montrant les belles mani\u00e8res des blancs sous le regard cynique de Man Bobette. <br \/>Photo C\u00e9line Cagnas<\/figcaption><\/figure>\n<p>Rappelons que <em>La Mul\u00e2tresse Solitude<\/em>, parue en 1972, est un bref et poignant roman historique sign\u00e9 par Andr\u00e9 Schwarz-Bart (prix Goncourt 1959 pour <em>Le Dernier des Justes<\/em>) et que Simone Schwarz-Bart a collabor\u00e9 \u00e0 cette \u0153uvre marquante de la litt\u00e9rature de la Cara\u00efbe.\u00a0 Le spectacle commence par un anachronisme espi\u00e8gle\u00a0: un touriste blanc entre en sc\u00e8ne. Il n\u2019\u00e9chappera pas aux spectateurs avertis que ce personnage narrateur \u00e9voque aussi un certain Andr\u00e9 Schwarz-Bart grisonnant. De m\u00eame, Marie-No\u00eblle Eus\u00e8be fait davantage penser \u00e0 Simone Schwarz-Bart qu\u2019\u00e0 la seule gravure conserv\u00e9e de la malheureuse Solitude. Ceci constitue donc une distribution astucieuse que compl\u00e8te tr\u00e8s bien l\u2019actrice burkinab\u00e9 Laure Guir\u00e9\u00a0: son \u00e9locution marqu\u00e9e concorde avec son incarnation de M\u00e8re-Afrique et d\u2019esclave bossale. Sur le site de l\u2019habitation d\u2019Anglemont avec mornes en arri\u00e8re-plan, le touriste donc s\u2019offre un \u00e9goportrait qui provoque les rires du public\u2026 Il nous explique (comme le faisait Schwarz-Bart dans l\u2019\u00e9pilogue de son r\u00e9cit) que c\u2019est ici, \u00e0 Matouba, que Delgr\u00e8s se fit sauter avec les derniers r\u00e9sistants \u00e0 Richepanse, le 28 mai 1782, honorant la devise\u00a0: \u00ab\u00a0Vivre libre ou mourir\u00a0\u00bb. Puis, une sc\u00e8ne de danse sur une musique qui \u00e9voque le folklore ashk\u00e9naze signe cette introduction.<\/p>\n<p>Entrent bient\u00f4t en jeu des projections qui ponctuent tout le spectacle, avec des effets de surprise et d\u2019incongruit\u00e9, toute une mise en proc\u00e8s de l\u2019histoire coloniale et africaine r\u00e9cente. Il y aura, outre le portrait d\u2019\u00c9lisabeth II, celui d\u2019une famille am\u00e9ricaine ou sud-africaine du d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, o\u00f9 les enfants portent des armes \u00e0 feu automatiques, ou encore un gros plan cauchemardesque de crabe rouge. On verra la photo de 1916 du bel Africain captif de B\u00e9tou, Haut-Oubangui, entrav\u00e9 dans son filet, ou une photo contemporaine d\u2019enfants-soldats congolais. Et l\u2019on verra encore celle d\u2019un <em>vid\u00e9<\/em> de mercredi des Cendres aux Antilles.\u00a0 On aura aussi, dans ce tr\u00e8s beau travail de documentation de Thibault Lamy pour la projection, la photographie s\u00e9pia (plan fixe de film peut-\u00eatre) d\u2019un groupe d\u2019Africains d\u00e9port\u00e9s en guenilles pour illustrer la vente de Bayangumay en Guadeloupe, et l\u2019on pense alors \u00e0 <em>Amistad<\/em>. On ne peut que savourer la pertinence de la plupart de ces images qui soutiennent, illustrent parfois directement, parfois m\u00e9taphoriquement ou par antith\u00e8se, les extraits du texte et l\u2019\u00e9criture somptueuse qu\u2019a voulu honorer Fani Carenco. Voici des gros plans de troncs d\u2019arbres aux branches tortur\u00e9es\u00a0? Nous sommes perdus dans la for\u00eat des songes et l\u2019univers de Wilfredo Lam et nous suivons le r\u00eave de Solitude\u00a0: retrouver la m\u00e8re qui l\u2019a abandonn\u00e9e apr\u00e8s avoir tout fait pour que son enfant \u2013\u00a0fruit d\u2019un viol sur le n\u00e9grier\u00a0\u2013 se d\u00e9tache de cette n\u00e9gritude que la m\u00e8re bossale incarne. L\u2019enfant Rosalie, celle qui a \u00ab\u00a0Deux-\u00e2mes\u00a0\u00bb et les yeux pers, cherche ses racines africaines. Son d\u00e9sespoir est par ailleurs ponctu\u00e9 par la berceuse \u00ab\u00a0Pitite dodo\u00a0\/\u00a0Papa pa la\u00a0\/\u00a0Se manman tou sel\u00a0\/\u00a0Ki dan lanbara\u00bb et sa schizophr\u00e9nie, grand leitmotiv du roman, est bien illustr\u00e9e par le jeu de Marie-No\u00eblle Eus\u00e8be en \u00ab\u00a0chienne jaune\u00a0\u00bb\u2026 Mais comme on sait, Solitude va recouvrer l\u2019Afrique en elle, elle va rena\u00eetre aupr\u00e8s de Maimouni et des marrons qu\u2019elle a rejoints sur l\u2019appel lancinant de \u00ab\u00a0Sanga\u00a0!\u00a0\u00bb qui nous intrigue si nous avons oubli\u00e9 le roman\u00a0: Sanga est le chef des marrons.<\/p>\n<figure id=\"attachment_156\" aria-describedby=\"caption-attachment-156\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"156\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/re-connaitre-solitude-de-guadeloupe\/photo-97-att00127\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-97-ATT00127.jpg?fit=700%2C416&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"700,416\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;X20&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1452674919&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;7.1&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;1000&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.019230769230769&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"PHOTO 97 ATT00127\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Man Bobette en bonnet phrygien chante une parodie discordante de \u00ab\u00a0La Marseillaise\u00a0\u00bb du colon blanc. Photo C\u00e9line Cagnas&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-97-ATT00127.jpg?fit=700%2C416&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-156\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-97-ATT00127.jpg?resize=700%2C416&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"416\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-97-ATT00127.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-97-ATT00127.jpg?resize=300%2C178&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-156\" class=\"wp-caption-text\">Man Bobette en bonnet phrygien chante une parodie discordante de \u00ab\u00a0La Marseillaise\u00a0\u00bb du colon blanc. Photo C\u00e9line Cagnas<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le rythme du spectacle est savamment construit aux d\u00e9pens, dira-t-on, de la lin\u00e9arit\u00e9 chronologique. On peut douter que cette adaptation \u2013\u00a0chef-d\u2019\u0153uvre du genre et incontestablement tr\u00e8s r\u00e9ussie\u00a0\u2013 puisse \u00eatre pleinement appr\u00e9ci\u00e9e par des spectateurs qui ne conna\u00eetraient pas le texte (la lacune est r\u00e9parable et un dossier p\u00e9dagogique a \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 disposition des professeurs). L\u2019horreur alterne avec un peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, que ce soit dans les documents vid\u00e9os ou la sc\u00e9nographie m\u00eame qui inclut plusieurs \u00e9pisodes de danse. Un tr\u00e8s riche r\u00e9seau de r\u00e9f\u00e9rences modernes \u00e0 l\u2019histoire de la diaspora noire et de l\u2019Afrique est ainsi mis en \u0153uvre. La plus m\u00e9morable sans doute est une sc\u00e8ne de cabaret burlesque, sur musique de genre klezmer et boogie-woogie, sc\u00e8ne o\u00f9 le narrateur, le Blanc en histrion, est affubl\u00e9 d\u2019une ceinture de bananes tandis que le collant noir et les gants blancs de la mul\u00e2tresse \u00e9voquent le <em>Blackface<\/em>. C\u2019est d\u2019ailleurs cette sc\u00e8ne qui a \u00e9t\u00e9 retenue pour la bande-annonce qu\u2019on trouve en ligne, de quoi assurer les spectateurs \u00e0 venir qu\u2019on ne va pas s\u2019ennuyer, mais ce choix pour le <em>teaser<\/em>, radicalement \u00e9tranger au roman, ne para\u00eet pas repr\u00e9sentatif de la pi\u00e8ce. On peut cependant interpr\u00e9ter la sc\u00e8ne comme une \u00ab\u00a0traduction\u00a0\u00bb de l\u2019ironie de Schwarz-Bart, laquelle va du ton le plus sardonique au plus doucereux.<\/p>\n<p>D\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de sc\u00e9nographie sont plus faciles \u00e0 d\u00e9coder, tel l\u2019excellent jeu de Marie-No\u00eblle Eus\u00e8be\/Rosalie en poup\u00e9e m\u00e9canique, tandis que le rire cruel de Man Bobette d\u00e9nonce le \u00ab\u00a0devoir de servilit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: elle d\u00e9clare quant \u00e0 elle que le jus de manioc n\u2019est pas mortel que pour les poules. Autre sc\u00e8ne plus attendue, la f\u00eate de l\u2019abolition en Guadeloupe et la jubilation des foules arborant les insignes tricolores pour passer abruptement \u00e0 la catastrophe de 1802. Il faut alors \u00e9voquer le \u00ab\u00a0feu d\u2019artifice\u00a0\u00bb suicidaire de Matouba et la pendaison de Solitude, superbement rendue par l\u2019actrice dans un jeu tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_154\" aria-describedby=\"caption-attachment-154\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"154\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/re-connaitre-solitude-de-guadeloupe\/photo-65-att00123\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-65-ATT00123.jpg?fit=700%2C519&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"700,519\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;4.5&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;X20&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1452586943&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;12.7&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;1000&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.66666666666667&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"PHOTO 65 ATT00123\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Solitude escalade les mornes \u00e0 la recherche de sa m\u00e8re (morte\u00a0?) qui restera introuvable. Photo C\u00e9line Cagnas&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-65-ATT00123.jpg?fit=700%2C519&amp;ssl=1\" class=\"size-full wp-image-154\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-65-ATT00123.jpg?resize=700%2C519&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"519\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-65-ATT00123.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-65-ATT00123.jpg?resize=300%2C222&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-154\" class=\"wp-caption-text\">Solitude escalade les mornes \u00e0 la recherche de sa m\u00e8re (morte\u00a0?) qui restera introuvable. Photo C\u00e9line Cagnas<\/figcaption><\/figure>\n<p>Tandis que le roman s\u00e9parait nettement la vie africaine de Bayangumay-Man Bobette jusqu\u2019au Passage de l\u2019Atlantique et celle de son enfant Rosalie-Solitude, Fani Carenco a choisi de d\u00e9construire partiellement la chronologie du roman pour composer son spectacle. Elle m\u00e9nage en effet un contrepoint soutenu entre d\u2019une part les grands \u00e9pisodes de la vie de Solitude (enfance, adolescence troubl\u00e9e, lib\u00e9ration lors de la premi\u00e8re abolition et qu\u00eate de la M\u00e8re-Afrique, Matouba et ex\u00e9cution), qui respectent la chronologie, et d\u2019autre part les nombreux retours en Afrique (rapt et d\u00e9portation, horreurs du Passage, souvenirs du mariage au vieux Djadju, esclaverie de Gor\u00e9e, souvenir d\u2019une vieille tante qu\u2019elle r\u00e9incarne selon les croyances diola). Apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution de Solitude, le point d\u2019orgue est encore une ultime vision de Bayangumay en Afrique.\u00a0 Ce pourrait \u00eatre l\u2019illustration de cette \u00ab\u00a0Guin\u00e9e\u00a0\u00bb mythique o\u00f9 retournent les \u00e2mes des victimes africaines des crimes de l\u2019Europe dans le Nouveau Monde.<\/p>\n<h6>Video 1<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/nMg__8WjtX4?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>La majeure partie du texte \u00e9nonc\u00e9 par les acteurs est constitu\u00e9e d\u2019extraits du livre de Schwarz-Bart. C\u2019est le parti pris de Carenco. Il s\u2019agissait autant de rendre hommage \u00e0 un chef-d\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire que de c\u00e9l\u00e9brer la figure de Solitude devenue, gr\u00e2ce aux Schwarz-Bart, l\u2019ic\u00f4ne de la r\u00e9sistance guadeloup\u00e9enne et de celle de la Cara\u00efbe (on l\u2019appelle <em>Maroon Nanny<\/em> dans les \u00eeles cara\u00efbes anglophones). Le travail est magnifi\u00e9 dans les \u00ab\u00a0tableaux\u00a0\u00bb savamment \u00e9clair\u00e9s sur sc\u00e8ne qui \u00e9voquent l\u2019esth\u00e9tique des grands peintres de Poussin \u00e0 Delacroix. C\u2019est un splendide travail, digne de sa source litt\u00e9raire et de son h\u00e9ro\u00efne de l\u00e9gende.<\/p>\n<h6>Video 2<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/mlFMkinxTr8?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>Ceci est la troisi\u00e8me adaptation de l\u2019\u0153uvre, la premi\u00e8re \u00e9tant due \u00e0 Patrick Chamoiseau (avec Marie-Line Ampigny, mise en sc\u00e8ne d\u2019Yvan Lab\u00e9jof, en 1977 au Th\u00e9\u00e2tre Beno\u00eet XII, Festival d\u2019Avignon) et la seconde \u2013\u00a0narration th\u00e9\u00e2trale avec deux acteurs\u00a0\u2013 \u00e9tait de Guila Clara Kessous en 2013<strong>, <\/strong>dans le cadre d\u2019une r\u00e9sidence subventionn\u00e9e par l\u2019IMERA (Marseille). La pi\u00e8ce de Fani Carenco, sans la moindre longueur, dure environ 1h 10. Elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Annecy en janvier 2016 et reprise \u00e0 Lyon en avril 2016.\u00a0 Elle a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e sur France O, pr\u00e9sent\u00e9e par Greg Germain.\u00a0 Elle a tourn\u00e9 aux Antilles au printemps 2017, puis a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e au Festival off d\u2019Avignon en juillet 2017. Souhaitons-lui une tr\u00e8s belle carri\u00e8re au nom de l\u2019Histoire et de la R\u00e9publique des Lettres.<a name=\"end\"><\/a><\/p>\n<p>__________<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"161\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/re-connaitre-solitude-de-guadeloupe\/cm-at-perrine-150x150\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/CM-at-Perrine-150x150.jpg?fit=150%2C150&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"150,150\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2.8&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;E3200&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1191627598&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;5.8&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;50&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.0088888888888889&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"CM-at-Perrine-150&amp;#215;150\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/CM-at-Perrine-150x150.jpg?fit=150%2C150&amp;ssl=1\" class=\"alignnone size-full wp-image-161\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/CM-at-Perrine-150x150.jpg?resize=150%2C150&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end\"><\/a>*<strong>Christiane Makward<\/strong>, professeur \u00e9m\u00e9rite de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Pennsylvanie, a publi\u00e9 de nombreux articles dans des revues savantes, des encyclop\u00e9dies et dictionnaires, un essai biographique (<em>Mayotte Capecia<\/em>), un <em>Dictionnaire litt\u00e9raire des femmes de langue fran\u00e7aise, de Marie de France \u00e0 Marie NDiaye<\/em>. Elle a construit l\u2019autobiographie de Corinna Bille, \u00e9dit\u00e9 deux volumes de th\u00e9\u00e2tre (Corinna Bille et Ina C\u00e9saire), et deux volumes de co-traductions en anglais (Corinna Bille et th\u00e9\u00e2tre de femmes francophones).<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2017 Christiane Makward<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png?resize=88%2C31&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Christiane Makward* Solitude. Adaptation et mise en sc\u00e8ne de Fani Carenco de La Mul\u00e2tresse Solitude d\u2019Andr\u00e9 Schwarz-Bart. Avec Marie-No\u00eblle Eus\u00e8be\u00a0: Rosalie\/Solitude, narratrice, Laure Guir\u00e9\u00a0: Bayangumay\/Man Bobette\/narratrice, Laurent Manzoni\u00a0: Homme blanc\/narrateur. Assistante \u00e0 la mise en sc\u00e8ne\u00a0: Lili Sagit. Chor\u00e9graphie\u00a0: Francis<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":913,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[3],"tags":[34],"class_list":["post-153","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews","tag-by-christiane-makward","","tg-column-two"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.critical-stages.org\/16\/wp-content\/uploads\/sites\/17\/2017\/10\/PHOTO-73-200.jpg?fit=300%2C200&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9iUM2-2t","jetpack_likes_enabled":false,"jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=153"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1385,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153\/revisions\/1385"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/media\/913"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=153"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=153"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/16\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=153"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}