{"id":105,"date":"2017-03-27T18:23:58","date_gmt":"2017-03-27T18:23:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/?p=105"},"modified":"2023-06-03T08:03:06","modified_gmt":"2023-06-03T08:03:06","slug":"le-theatre-comme-carte-de-la-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/le-theatre-comme-carte-de-la-memoire\/","title":{"rendered":"Le th\u00e9\u00e2tre comme carte de la m\u00e9moire"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ir\u00e8ne Sadowska<\/strong><a href=\"#end\">*<\/a><\/p>\n<p><em>El cart\u00f3grafo <\/em>(<em>Le cartographe<\/em>) de Juan Mayorga, mise en sc\u00e8ne Juan Mayorga, sc\u00e9nographie\/costumes Alejandro Andujar, lumi\u00e8res Juan Gomez Cornejo, musique et espace sonore Mariano Garcia, distribution\u00a0: Blanca Portillo \u2013 Blanca, Ni\u00f1a, Deborah\u00a0; Jos\u00e9 Luis Garcia-Perez \u2013 Ra\u00fal, Samuel, Anciano, Marek, Magnar, Tarwid, Molak, Dubowski, Darko. Au Teatro Matadero, salle Fernando Arrabal, \u00e0 Madrid, du 26 janvier au 26 f\u00e9vrier 2017. Les repr\u00e9sentations \u00e0 Madrid sont suivies d\u2019une longue tourn\u00e9e nationale.<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre de Juan Mayorga est \u00e9minemment politique, mais non pas dans le sens habituel de \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre engag\u00e9\u00a0\u00bb, instrumentalis\u00e9 au service des id\u00e9ologies du pouvoir en place ou des courants de l\u2019opposition. Prenant distance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de toute forme de pouvoir politique, Mayorga probl\u00e9matise dans son th\u00e9\u00e2tre l\u2019id\u00e9ologie dominante et ses pseudo-v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le th\u00e8me fondamental et r\u00e9current dans l\u2019\u0153uvre de Juan Mayorga\u00a0: le th\u00e9\u00e2tre comme carte de la m\u00e9moire, constitue le noyau aussi bien de sa pi\u00e8ce <em>Himmelweg<\/em> (2004, la plus repr\u00e9sent\u00e9e dans le monde) que dans <em>Le cartographe.<\/em> Dans ces deux pi\u00e8ces, il aborde avec le regard d\u2019aujourd\u2019hui l\u2019holocauste, une des plus atroces barbaries du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La m\u00e9moire de l\u2019injustice, de l\u2019extermination, est notre meilleure arme de r\u00e9sistance contre les vieilles et nouvelles formes de domination de l\u2019homme par l\u2019homme\u00a0\u00bb, dit Mayorga dans le programme et dans la conf\u00e9rence de presse le 24 janvier. Une arme contre le mensonge, la falsification, le n\u00e9gationnisme des crimes et des faits historiques.<\/p>\n<p>Dans son th\u00e9\u00e2tre, Mayorga ne se substitue jamais aux victimes, ne s\u2019arroge pas le droit de parler en leur nom, il nous fait seulement entendre leur silence en rendant visible leur absence et en dessinant la carte des lieux \u00e9vapor\u00e9s, disparus des cartes. Il y avait 400\u00a0000 juifs enferm\u00e9s dans le Ghetto de Varsovie qui ne pouvaient pas en sortir. En 1943, apr\u00e8s le soul\u00e8vement du ghetto, les nazis ont d\u00e9truit le ghetto et extermin\u00e9 tous ses habitants.<\/p>\n<p>Mayorga a pu constater cela \u00e0 l\u2019occasion de sa visite \u00e0 Varsovie en 2008. Blanca, la protagoniste du <em>Cartographe<\/em> et alter ego de l\u2019auteur, apr\u00e8s avoir vu dans une exposition \u00e0 la synagogue de Varsovie des photos prises \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans le ghetto et apr\u00e8s avoir entendu l\u2019histoire (ou la l\u00e9gende\u00a0?) du vieux cartographe qui avait entrepris de fixer sur une carte la m\u00e9moire du ghetto en danger, se lance \u00e0 la recherche de cette carte sans savoir que c\u2019est aussi une qu\u00eate d\u2019elle-m\u00eame. Ainsi, la carte invisible des rues et des lieux du ghetto, marqu\u00e9s par une petite fille, mesurant les distances avec ses pas il y a plus de 70 ans, se double-t-elle d\u2019une carte int\u00e9rieure des blessures de Blanca.<\/p>\n<figure id=\"attachment_106\" aria-describedby=\"caption-attachment-106\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"106\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/le-theatre-comme-carte-de-la-memoire\/cart_17\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_17.jpg\" data-orig-size=\"700,463\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"cart_17\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Blanca\u00a0 Portillo joue Blanca et Jos\u00e9 Luis Garcia Perez, le vieux cartographe&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_17.jpg\" class=\"size-full wp-image-106\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_17.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"463\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_17.jpg 700w, https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_17-300x198.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-106\" class=\"wp-caption-text\">Blanca\u00a0 Portillo joue Blanca et Jos\u00e9 Luis Garcia Perez, le vieux cartographe<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour la troisi\u00e8me fois, apr\u00e8s <em>La lengua en pedazos<\/em> (<em>La langue en miettes<\/em>), et <em>Reykjavik<\/em>, Juan Mayorga met en sc\u00e8ne son chef-d\u2019\u0153uvre <em>Le cartographe<\/em> en se r\u00e9v\u00e9lant un metteur en sc\u00e8ne d\u2019un grand talent \u00e0 la fois par son art de traduire son texte dans un langage sc\u00e9nique convoquant sur sc\u00e8ne l\u2019invisible, l\u2019irrepr\u00e9sentable, et de diriger deux monstres sacr\u00e9s de la sc\u00e8ne espagnole\u00a0: Blanca Portillo et Jos\u00e9 Luis Garcia Perez qui interpr\u00e8tent les 12 personnages de la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p><em>Le cartographe<\/em> est une cartographie th\u00e9\u00e2trale du ghetto de Varsovie, un lieu embl\u00e9matique comme l\u2019est dans <em>Himmelweg<\/em> le camp de concentration de Terezin transform\u00e9 par les nazis, au moyen d\u2019une mise en sc\u00e8ne ignoble, en un paisible et agr\u00e9able village o\u00f9 les prisonniers juifs vivent dans des conditions les plus normales. Face \u00e0 l\u2019imposture, \u00e0 la falsification et \u00e0 l\u2019oubli de l\u2019histoire, Mayorga revendique et cr\u00e9e la m\u00e9moire dans son th\u00e9\u00e2tre. Un th\u00e9\u00e2tre qui, comme une carte, rend visible.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La carte n\u2019est jamais neutre, elle prend toujours parti\u00a0\u00bb dit le vieux cartographe dans la pi\u00e8ce. \u00ab\u00a0La carte cr\u00e9e un pays, une nation. Toutes les catastrophes ont commenc\u00e9 avec les cartes.\u00a0\u00bb Mais les cartes peuvent aussi sauver des vies, comme celle que Deborah, dans la pi\u00e8ce, veut dessiner en y indiquant les sorties de Sarajevo bombard\u00e9.<\/p>\n<p>En parlant du fait irrepr\u00e9sentable, l\u2019extermination des Juifs du ghetto, Juan Mayorga explique\u00a0: \u00ab\u00a0Sur la sc\u00e8ne, comme sur une carte, ce qui est le plus important c\u2019est de d\u00e9cider ce qu\u2019on veut rendre visible et ce qu\u2019on veut laisser dehors.\u00a0\u00bb Une des plus importantes questions que pose la pi\u00e8ce est\u00a0: qu\u2019est-ce qu\u2019on peut repr\u00e9senter sans mentir\u00a0? Comment rendre visible l\u2019irrepr\u00e9sentable\u00a0?<\/p>\n<p>Il y a un moment tr\u00e8s puissant, quand le spectacle se suspend, la lumi\u00e8re s\u2019allume dans la salle et Blanca, s\u2019adressant au public, dit avec une sinc\u00e9rit\u00e9 bouleversante qu\u2019il est impossible de repr\u00e9senter la barbarie de l\u2019holocauste. Ce qui est possible, c\u2019est de suivre l\u2019itin\u00e9raire de Blanca, \u00e9pouse d\u2019un diplomate espagnol en poste \u00e0 Varsovie, dans sa recherche d\u2019une carte du ghetto dessin\u00e9e il y a 70 ans par un vieux cartographe malade, aid\u00e9 dans cette t\u00e2che par sa petite fille.<\/p>\n<p>Dans sa mise en sc\u00e8ne cartographique, Mayorga trace, avec peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments, une carte imaginaire de l\u2019absence, de ce qui a disparu. Comme dans une reconstitution par la police, au d\u00e9but du spectacle, les deux acteurs, dans un silence absolu, marquent sur le sol avec une bande adh\u00e9sive blanche la sc\u00e8ne du crime. Un espace rectangulaire o\u00f9 il n\u2019y a que des chaises, une table, une autre table renvers\u00e9e, un tabouret et un banc. Tous ces \u00e9l\u00e9ments, ainsi que les costumes des acteurs, sont de couleur rouge. De sorte que leurs v\u00eatements (pantalon, chemise, robe) se fondent dans l\u2019image sc\u00e9nique, n\u2019attirent pas le regard du spectateur, ayant en m\u00eame temps une valeur symbolique du sang vers\u00e9.<\/p>\n<p>Passant d\u2019un personnage \u00e0 un autre, les acteurs changent juste un \u00e9l\u00e9ment. Blanca Portillo en tant que Blanca porte un sac rouge, remet un bonnet en jouant la petite fille et en Deborah prend un \u00e9tui pour les cartes. Jos\u00e9 Luis Garcia Perez porte une robe de chambre en vieux cartographe et, pour jouer les autres personnages, change sa voix, sa d\u00e9marche, son comportement.<\/p>\n<p>En fonction des situations, les acteurs d\u00e9placent les chaises et la table \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou en dehors du rectangle marqu\u00e9. Ainsi par exemple les s\u00e9quences o\u00f9 Deborah d\u00e9missionne de son travail parce que ses cartes sont falsifi\u00e9es, ou quand elle est interrog\u00e9e par la police, soup\u00e7onn\u00e9e de transmettre ses cartes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, se jouent en dehors du rectangle.<\/p>\n<figure id=\"attachment_107\" aria-describedby=\"caption-attachment-107\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"107\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/le-theatre-comme-carte-de-la-memoire\/cart_18\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_18.jpg\" data-orig-size=\"700,462\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"cart_18\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Blanca Portillo joue Deborah, ici avec son interrogateur Dubovski&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_18.jpg\" class=\"size-full wp-image-107\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_18.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"462\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_18.jpg 700w, https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_18-300x198.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-107\" class=\"wp-caption-text\">Blanca Portillo joue Deborah, ici avec son interrogateur Dubovski<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il n\u2019y a pas de projections dans le spectacle. Rien n\u2019est repr\u00e9sent\u00e9 de fa\u00e7on r\u00e9aliste.<\/p>\n<p>Juan Gomez Cornejo fait un remarquable travail d\u2019\u00e9clairage, ciblant les situations \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du rectangle, \u00e9clairant parfois les parties lat\u00e9rales ou prolongeant l\u2019espace du jeu vers le fond. La musique (un tango polonais \u00e0 la mode dans les ann\u00e9es 1930, une chanson yiddish\u2026) intervient comme une r\u00e9miniscence de cette \u00e9poque. Les s\u00e9quences s\u2019encha\u00eenent avec une grande fluidit\u00e9, les acteurs changent de personnages tr\u00e8s rapidement en les identifiant avec la mimique, les expressions gestuelles, les attitudes.<\/p>\n<p>Parmi les s\u00e9quences inoubliables, il y a celle ou Blanca s\u2019allonge sur le sol, demandant \u00e0 son mari Raul de tracer sa silhouette, une carte de sa vie avec les pr\u00e9sences et les absences des \u00eatres chers, comme celle de sa fille morte, ou encore la sc\u00e8ne finale o\u00f9 Deborah dit qu\u2019elle n\u2019est pas la petite fille du vieux cartographe et met en doute la v\u00e9racit\u00e9 de cette histoire qui\u00a0 peut-\u00eatre n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un conte de vieille femme. En grand dramaturge, Mayorga nous laisse avec des \u00e9nigmes et des questions auxquelles nous devons r\u00e9pondre nous-m\u00eames.<\/p>\n<p><strong>Note<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-size: 13px;\">L\u2019actualit\u00e9 des cr\u00e9ations du dramaturge espagnol Juan Mayorga, Prix des Nouvelles R\u00e9alit\u00e9s Th\u00e9\u00e2trales 2016 dans le cadre du Prix Europe pour le Th\u00e9\u00e2tre, est tr\u00e8s suivie dans <em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em>. Dans le n\u00b0 5 de la revue a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 l\u2019article d\u2019Alvina Ruprecht sur la pi\u00e8ce de Juan Mayorga <em>Lettres d\u2019amour \u00e0 Staline<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en France par Jorge Lavelli. Un article \u00e9crit par moi-m\u00eame sur sa pi\u00e8ce <em>Reykjavik<\/em>, mise en sc\u00e8ne par l\u2019auteur, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans le n\u00b0 12 de la revue.<\/p>\n<h6>Video<\/h6>\n<div align=\"center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/pRNmP-WhkLY?rel=0\" width=\"700\" height=\"393\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p><a name=\"end\"><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"45\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/comment-capter-et-traduire-le-reel-sur-scene-chroniques-de-la-societe-cubaine\/irene-sadowska\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/Ir\u00e8ne-Sadowska.jpg\" data-orig-size=\"400,338\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Ir\u00e8ne Sadowska\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/Ir\u00e8ne-Sadowska.jpg\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-45\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/Ir\u00e8ne-Sadowska-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/Ir\u00e8ne-Sadowska-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/Ir\u00e8ne-Sadowska-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/Ir\u00e8ne-Sadowska-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end\"><\/a>*<strong>Ir\u00e8ne Sadowska Guillon<\/strong>\u00a0: critique dramatique et essayiste, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le th\u00e9\u00e2tre contemporain. Pr\u00e9sidente de \u00ab\u00a0Hispanit\u00e9 Explorations\u00a0\u00bb \u00c9changes Franco Hispaniques des Dramaturgies Contemporaines. Collaboratrice de plusieurs revues dans le domaine de la culture en France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Agent en France et dans les pays francophones de plusieurs auteurs de th\u00e9\u00e2tre espagnols et latino-am\u00e9ricains.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2017 Ir\u00e8ne Sadowska Guillon<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ir\u00e8ne Sadowska* El cart\u00f3grafo (Le cartographe) de Juan Mayorga, mise en sc\u00e8ne Juan Mayorga, sc\u00e9nographie\/costumes Alejandro Andujar, lumi\u00e8res Juan Gomez Cornejo, musique et espace sonore Mariano Garcia, distribution\u00a0: Blanca Portillo \u2013 Blanca, Ni\u00f1a, Deborah\u00a0; Jos\u00e9 Luis Garcia-Perez \u2013 Ra\u00fal, Samuel,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":106,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":true,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[6],"tags":[99],"class_list":["post-105","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-performance-reviews","tag-by-irene-sadowska","","tg-column-two"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-content\/uploads\/sites\/16\/2017\/03\/cart_17.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8ugAy-1H","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=105"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1578,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105\/revisions\/1578"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/media\/106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=105"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=105"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/15\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=105"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}