{"id":282,"date":"2016-05-18T16:00:39","date_gmt":"2016-05-18T16:00:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/?p=282"},"modified":"2023-06-03T08:31:35","modified_gmt":"2023-06-03T08:31:35","slug":"richard-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/richard-iii\/","title":{"rendered":"Trois Richard III : trois visions de la pi\u00e8ce"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jean-Pierre Han<\/strong><a href=\"#end1\">*<\/a><\/p>\n<p>Un vent de folie s\u2019est empar\u00e9 cette saison de notre th\u00e9\u00e2tre en France. Un vent de folie qui a charri\u00e9 dans un tr\u00e8s court laps de temps (le seul mois de janvier) plusieurs mises en sc\u00e8ne de <em>Richard III<\/em> de Shakespeare. Certes nous avons l\u2019habitude, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, d\u2019un flot de repr\u00e9sentations d\u2019\u0153uvres de Shakespeare \u2013\u00a0c\u2019est l\u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne auquel nous nous attendons\u00a0\u2013, mais un flot de repr\u00e9sentations de la m\u00eame pi\u00e8ce, voil\u00e0 qui est plus rare. D\u2019autant que ces repr\u00e9sentations de <em>Richard III <\/em>ont eu pour cadre et ont \u00e9t\u00e9 produits et coproduits par deux de nos plus grands th\u00e9\u00e2tres nationaux (nous n\u2019en n\u2019avons que cinq en tout), le Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot et le Th\u00e9\u00e2tre national de l\u2019Od\u00e9on-th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Europe. Une troisi\u00e8me mise en sc\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e dans un Centre dramatique national, celui du Limousin (c\u2019est dans le centre du pays). Je passe volontairement sous silence les spectacles de toutes petites structures qui n\u2019ont gu\u00e8re esth\u00e9tiquement d\u00e9rang\u00e9 l\u2019ordre des choses, mais la pi\u00e8ce du grand Will a aussi eu les honneurs de ces lieux de parfois moins de cent places. Je ne reviendrai pas non plus sur le <em>Richard III<\/em> mis en sc\u00e8ne, avec le succ\u00e8s que l\u2019on sait et sur lequel on pourrait discuter, par Thomas Ostermeier pr\u00e9sent\u00e9 pendant le festival d\u2019Avignon. Restent donc trois \u00ab\u00a0grandes\u00a0\u00bb productions sur lesquelles je voudrais dire un mot. Soyons clair, il me serait simple de reprendre les trois articles critiques que j\u2019ai \u00e9crits sur ces trois spectacles, mais tel n\u2019est pas mon propos que je voudrais, si c\u2019est possible, d\u00e9caler par rapport \u00e0 de simples comptes rendus critiques r\u00e9alis\u00e9s plus ou moins \u00e0 chaud pour des supports diff\u00e9rents les uns des autres (ce qui, \u00e0 mon avis, infl\u00e9chit forc\u00e9ment toujours un peu la pens\u00e9e de celui qui \u00e9crit, surtout lorsque l\u2019on passe de l\u2019\u00e9criture pour un support papier \u00e0 celle r\u00e9dig\u00e9e sur support informatique).<\/p>\n<p>Si j\u2019ai parl\u00e9 d\u2019un vent de folie qui se serait empar\u00e9 de notre th\u00e9\u00e2tre, je n\u2019ai pas pens\u00e9 un seul instant \u00e0 la folie dont on pourrait taxer le personnage principal de <em>Richard III<\/em>. Parti de l\u2019id\u00e9e que l\u2019on ne pouvait gu\u00e8re dire du duc de Gloucester qu\u2019il \u00e9tait fou, comme on le dit sans difficult\u00e9 du roi Lear, je me suis rendu compte que les choses n\u2019\u00e9taient sans doute pas aussi simples que j\u2019aurais voulu qu\u2019elles soient. Fourbe, pervers, retors, cruel\u2026 les adjectifs ne manquent pas pour tenter de d\u00e9crire la personnalit\u00e9 de Richard III, je constate simplement que si le terme d\u2019obsessionnel (du pouvoir) est lui aussi souvent employ\u00e9, celui de fou l\u2019est bien plus rarement, mais je me garderai bien, l\u00e0 aussi, d\u2019entrer plus avant dans ce d\u00e9licat questionnement qui demanderait les lumi\u00e8res de grands sp\u00e9cialistes de la question. Ces rapides r\u00e9flexions nous m\u00e8nent, vous l\u2019aurez constat\u00e9, vers une analyse de la personnalit\u00e9 psychologique intime de Richard III, un personnage saisi dans les rouages de ce que Jan Kott appelle le Grand M\u00e9canisme, celui de l\u2019histoire et du pouvoir. Bien mieux, pour le m\u00eame Jan Kott, \u00ab\u00a0pour la premi\u00e8re fois, Shakespeare a montr\u00e9 le visage humain du Grand M\u00e9canisme\u00a0\u00bb\u2026 Toute la question, on l\u2019aura compris, est de savoir comment les metteurs en sc\u00e8ne, et donc ceux que nous allons \u00e9voquer parviennent \u00e0 trouver un \u00e9quilibre entre ce qui est de l\u2019ordre de l\u2019intime et ce qui de l\u2019ordre de l\u2019histoire, quel est leur choix si choix il y a, sachant qu\u2019\u00ab\u00a0au th\u00e9\u00e2tre (l\u00e0 aussi c\u2019est une citation de Jan Kott) l\u2019histoire n\u2019est le plus souvent rien d\u2019autre qu\u2019un grand d\u00e9cor\u00a0\u00bb, ce qui, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00e9tait le cas dans la mise en sc\u00e8ne d\u2019Ostermeier dans laquelle certains des personnages de cette histoire \u00e9taient m\u00eame repr\u00e9sent\u00e9s par des marionnettes, mais ceci est une autre question surtout si on se r\u00e9f\u00e8re au philosophe Gilles Deleuze qui \u00e9crivit un superbe texte, essentiel, <em>Un manifeste de moins,<\/em> concernant l\u2019adaptation et la cr\u00e9ation de <em>Richard III<\/em> par Carmelo Bene \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Dans son essai, publi\u00e9 conjointement avec l\u2019adaptation de l\u2019artiste italien, Deleuze affirme que celui-ci, et il l\u2019approuve dans sa d\u00e9marche, proc\u00e8de non pas par addition, mais \u00ab\u00a0par soustraction, amputation\u00a0\u00bb pr\u00e9cisant que \u00ab\u00a0ce qui est amput\u00e9 ici, ce qui est soustrait, c\u2019est tout le syst\u00e8me royal et princier. Seuls sont conserv\u00e9s Richard III et les femmes\u00a0\u00bb\u2026 Pourquoi, comment, ce sont quelques questions parmi bien d\u2019autres qu\u2019il tente d\u2019\u00e9lucider dans son analyse\u2026<\/p>\n<figure id=\"attachment_284\" aria-describedby=\"caption-attachment-284\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"284\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/richard-iii\/richard-iii-loyaulte-me-lie\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-1-richard_RISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_121.jpg\" data-orig-size=\"700,466\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;4.5&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D750&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;RICHARD III - LOYAULT\\u00c9 ME LIE - WILLIAM SHAKESPEARE\\rUn spectacle de Jean Lambert-wild, Elodie Bordas, Lorenzo Malaguerra, G\\u00e9rald Garutti, Jean-Luc Therminarias et St\\u00e9phane Blanquet.\\rR\\u00e9p\\u00e9titions au Th\\u00e9\\u00e2tre de l&#039;Union, CDN Limousin.\\rLimoges 04 11 2015\\r\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1446653008&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;160&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;1600&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.01&quot;,&quot;title&quot;:&quot;RICHARD III - LOYAULT\\u00c9 ME LIE&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"RICHARD III &amp;#8211; LOYAULT\u00c9 ME LIE\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-1-richard_RISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_121.jpg\" class=\"size-full wp-image-284\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-1-richard_RISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_121.jpg\" alt=\"\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s\" width=\"700\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-1-richard_RISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_121.jpg 700w, https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-1-richard_RISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_121-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-284\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s<\/figcaption><\/figure>\n<p>Je ne m\u2019appesantirai pas sur le texte de Gilles Deleuze qui \u00e9claire \u00e0 maints \u00e9gards le texte de Shakespeare, mais je le rejoins encore avec sa partie consacr\u00e9e au \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre et au geste\u00a0\u00bb\u00a0: j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 un peu plus haut tous les qualificatifs que les commentateurs employaient pour parler de Richard III. Qualificatifs touchant \u00e0 sa \u00ab\u00a0psychologie\u00a0\u00bb. Il est une autre cat\u00e9gorie qui revient toujours et presque m\u00eame avant celle que je viens de citer. Ce sont les qualificatifs d\u00e9signant le physique du duc. Comme l\u2019\u00e9crit Daniel Loayza, le dramaturge (au sens allemand du terme) du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on\u00a0: \u00ab\u00a0Gloucester est bossu et pied-bot, aussi sanguinaire que r\u00e9pugnant, compar\u00e9 tour \u00e0 tour \u00e0 un chien, un loup, un tigre, un sanglier, ou \u00e0 une araign\u00e9e, un h\u00e9risson, un porc, un crapaud\u2026\u00a0\u00bb. La ou les difformit\u00e9s de son corps fascinent pour atteindre une sorte d\u2019\u00e9tat de gr\u00e2ce. Sa gr\u00e2ce est dans la difformit\u00e9. Comment jouer le personnage, que faire de ses difformit\u00e9s qui, au gr\u00e9 du d\u00e9roulement des repr\u00e9sentations finissent par \u00eatre gomm\u00e9es et oubli\u00e9es par le com\u00e9dien charg\u00e9 du r\u00f4le-titre, ce qui n\u2019\u00e9tait certes pas le cas de Carmelo Bene, puisqu\u2019au contraire celui-ci\u00a0avait \u00e9labor\u00e9 tout un jeu avec des proth\u00e8ses, \u00ab\u00a0toutes les monstruosit\u00e9s du corps humain\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Autant de questions donc auxquelles les trois mises en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce que nous venons de voir en France apportent, m\u00eame en n\u00e9gatif, quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse. Venons-en \u00e0 elles. Premier constat\u00a0: elles sont l\u2019\u0153uvre de trois metteurs en sc\u00e8ne de g\u00e9n\u00e9rations diff\u00e9rentes. Le belge d\u2019origine flamande, Ivo van Hove, le plus c\u00e9l\u00e8bre d\u2019entre eux, en passe de rivaliser avec Ostermeier en ce qui concerne la \u00ab\u00a0starisation\u00a0\u00bb, file vers la soixantaine, Jean Lambert-wild, le directeur du Centre dramatique national du Limousin (son spectacle devrait \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Paris la saison prochaine), a 44 ans, quant au petit dernier, Thomas Jolly, la nouvelle coqueluche du th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais, il est le cadet de Lambert-wild d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Trois g\u00e9n\u00e9rations donc, et trois mani\u00e8res d\u2019appr\u00e9hender la pi\u00e8ce de Shakespeare qui, je le rappelle est une pi\u00e8ce de jeunesse, peut-\u00eatre aussi trois mani\u00e8res d\u2019envisager l\u2019acte th\u00e9\u00e2tral et d\u2019appr\u00e9hender le monde. Trois mani\u00e8res d\u2019incarner le personnage principal de la pi\u00e8ce, car c\u2019est bien Thomas Jolly qui joue dans sa mise en sc\u00e8ne, Jean Lambert-wild dans la sienne, quant au com\u00e9dien charg\u00e9 du r\u00f4le dans le spectacle d\u2019Ivo van Hove, Hans Kesting, \u00e0 55 ans il s\u2019approche de l\u2019\u00e2ge de son metteur en sc\u00e8ne\u2026<\/p>\n<figure id=\"attachment_285\" aria-describedby=\"caption-attachment-285\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"285\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/richard-iii\/richard-iii-loyaulte-me-lie-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-2-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201601tjv_086.jpg\" data-orig-size=\"400,600\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;3.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D750&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;RICHARD III - LOYAULT\\u00c9 ME LIE - WILLIAM SHAKESPEARE\\rUn spectacle de Jean Lambert-wild, Elodie Bordas, Lorenzo Malaguerra, G\\u00e9rald Garutti, Jean-Luc Therminarias et St\\u00e9phane Blanquet.\\rTh\\u00e9\\u00e2tre de l&#039;Union, CDN Limousin.\\rLimoges 15 01 2016\\r\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1452890287&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;102&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;2000&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.0125&quot;,&quot;title&quot;:&quot;RICHARD III - LOYAULT\\u00c9 ME LIE&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"RICHARD III &amp;#8211; LOYAULT\u00c9 ME LIE\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-2-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201601tjv_086.jpg\" class=\"size-full wp-image-285\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-2-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201601tjv_086.jpg\" alt=\"\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s\" width=\"400\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-2-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201601tjv_086.jpg 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-2-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201601tjv_086-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-285\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s<\/figcaption><\/figure>\n<p>Continuons sur la mati\u00e8re chronologique\u00a0: Thomas Jolly que le public international ne conna\u00eet pas encore (faut-il s\u2019en f\u00e9liciter\u00a0?) est, je l\u2019ai dit, la nouvelle coqueluche du th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais et comme tel propuls\u00e9 vers l\u2019international justement, et sur les plus grandes sc\u00e8nes fran\u00e7aises, en l\u2019occurrence le Th\u00e9\u00e2tre national de l\u2019Od\u00e9on. Invit\u00e9 par le festival d\u2019Avignon l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re avec une int\u00e9grale de <em>Henry VI<\/em> de Shakespeare (d\u00e9j\u00e0), il avait connu un succ\u00e8s sur-dimensionn\u00e9. Succ\u00e8s d\u00fb autant \u00e0 la longueur du spectacle, 18 heures, qu\u2019\u00e0 ses qualit\u00e9s intrins\u00e8ques. Fort de ce succ\u00e8s le jeune homme et sa compagnie ont donc d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre l\u2019aventure en pr\u00e9sentant l\u2019int\u00e9grale \u2013\u00a0l\u00e0 encore\u00a0\u2013 de <em>Richard III <\/em>qui ne durait \u00ab\u00a0que\u00a0\u00bb 4 heures 20. Une suite, dans l\u2019esprit du metteur en sc\u00e8ne et dans la chronologie de l\u2019histoire, d\u2019une logique irr\u00e9futable. \u00c0 ce stade, la premi\u00e8re interrogation qui vient \u00e0 l\u2019esprit est de savoir s\u2019il est absolument n\u00e9cessaire de jouer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des textes (je ne parle que de ceux de Shakespeare) pour en rendre parfaitement compte et \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 l\u2019auteur. Au regard du spectacle propos\u00e9 par Thomas Jolly on aurait plut\u00f4t tendance \u00e0 r\u00e9pondre par la n\u00e9gative. Et ce qui ressort le mieux de ce choix c\u2019est la suite de l\u2019histoire trait\u00e9e ici comme dans <em>Henry VI, <\/em>comme une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e tant pris\u00e9e par les jeunes gens des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, s\u00e9ries dans lesquelles le s\u00e9rieux des \u00e9v\u00e9nements se m\u00eale aux blagues de potaches, \u00e0 la d\u00e9rision plus ou moins vulgaire ou <em>trash<\/em> (Jeanne d\u2019Arc dans <em>Henry VI, <\/em>cheveux teints d\u2019une couleur criarde et fluo, finissait par montrer ses fesses au public\u2026)\u00a0: on est jeune, on le fait savoir\u00a0; on a de l\u2019impertinence\u2026 Si l\u2019histoire est bien suivie, une histoire \u00e0 rebondissements, celle de la grande Histoire, pas question en revanche d\u2019\u00eatre dans la moindre parcelle de reconstitution historique. Dans la sc\u00e9nographie qui \u00e9voquait \u00e0 maints \u00e9gards celle de Jan Pappelbaum pour le travail d\u2019Ostermeier, Richard III, interpr\u00e9t\u00e9 plut\u00f4t mollement, c\u2019est-\u00e0-dire sans authentique \u00e9nergie par le metteur en sc\u00e8ne lui-m\u00eame, \u00e9tait une sorte de rock star gothique et punk tout \u00e0 la fois, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 beugler une chanson balay\u00e9 par les feux des multiples petits projecteurs <em>led<\/em> emprunt\u00e9s aux spectacles de music-hall\u2026 Que retient-on d\u00e8s lors de ce <em>Richard III<\/em> de Shakespeare si ce n\u2019est qu\u2019il fut un v\u00e9ritable monstre \u2013\u00a0chose proclam\u00e9e sur tous les tons et \u00e0 maintes reprises pendant le d\u00e9roulement de la pi\u00e8ce, sans que cela suffise pour que nous puissions adh\u00e9rer \u00e0 cette proposition terne et incoh\u00e9rente\u00a0?<\/p>\n<p>Le <em>Richard III <\/em>de Jean Lambert-wild, qui a ajout\u00e9 au titre la devise du roi \u00e9crite en fran\u00e7ais, <em>Loyault\u00e9 me lie<\/em> est, dans son projet m\u00eame, aux antipodes de celui de Thomas Jolly. Pas question de jouer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la pi\u00e8ce \u2013\u00a0une \u00e9tude attentive des coupures, ajouts, condensation, fusion de diff\u00e9rents personnages secondaires en un seul, etc. serait fort utile\u00a0\u2013, et m\u00eame plus, sur le plateau une com\u00e9dienne, superbe \u00c9lodie Bordas, se charge d\u2019interpr\u00e9ter tous les r\u00f4les, sexes confondus, face au seul et unique Richard III jou\u00e9 par Jean Lambert-wild. Les deux com\u00e9diens sont des clowns qui \u00e9voluent dans une sc\u00e9nographie baroque pour le moins surprenante sign\u00e9e par un artiste connu dans le milieu des arts plastiques et de la bande dessin\u00e9e, St\u00e9phane Blanquet. Le d\u00e9cor est celui d\u2019un grand castelet, avec ses mises en perspective forc\u00e9ment infinies, petit th\u00e9\u00e2tre dans le grand th\u00e9\u00e2tre, avec ses rideaux rouges qui s\u2019ouvrent et se ferment comme chez Guignol, avec \u00e9tage et stands pour jeux (de massacre) multiples et vari\u00e9s sur les c\u00f4t\u00e9s, etc. C\u2019est au milieu de ce qui pourrait sembler n\u2019\u00eatre qu\u2019un sacr\u00e9 bazar mais qui est en fait une m\u00e9canique de pr\u00e9cision, qu\u2019\u00e9clate la langue de Shakespeare, assonances et rythmiques enfin retrouv\u00e9es en fran\u00e7ais et rendues \u00e0 leur vertu premi\u00e8re, gr\u00e2ce au beau travail de G\u00e9rald Garutti et de Jean Lambert-wild. La m\u00e9taphore, si m\u00e9taphore il y a, est simple\u00a0: le monde est un cirque ou une f\u00eate foraine. Le paradoxe veut que ce soit dans cet univers que l\u2019aspect tragique de la pi\u00e8ce de Shakespeare apparaisse soudainement dans toute son intensit\u00e9. Car tragique il y a (par opposition \u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e, qui dans le cas pr\u00e9sent serait l\u2019\u00e9pop\u00e9e d\u2019une partie de l\u2019histoire de l\u2019Angleterre). \u00c0 cette constatation il convient d\u2019en ajouter une deuxi\u00e8me qui concerne, comme le remarque et le souligne le philosophe britannique Raymond Geuss qui a suivi le travail de Lambert-wild et a \u00e9crit le petit essai <em>Richard III\u00a0: d\u00e9chirement tragique et r\u00eave de perfection, <\/em>la dimension comique de la pi\u00e8ce\u00a0: \u00ab\u00a0Richard n\u2019est pas seulement entreprenant et rapide, il est irr\u00e9sistiblement dr\u00f4le\u00a0\u00bb. Raymond Geuss poursuit sur ce th\u00e8me\u00a0: \u00ab\u00a0Richard est lui-m\u00eame tout \u00e0 la fois, en une seule et m\u00eame personne, un h\u00e9ros tragique et un clown\u00a0\u00bb, et de poursuivre \u00ab\u00a0Richard est [\u2026] son propre bouffon\u00a0: il est Lear et le Fou en une seule et m\u00eame personne [\u2026] dans la premi\u00e8re partie de <em>Richard III, <\/em>c\u2019est comme si nous \u00e9tions en train de regarder une pi\u00e8ce \u00e9crite et mise en sc\u00e8ne par Richard\u00a0\u00bb\u2026 C\u2019est effectivement tout cela qu\u2019\u00e0 merveille Jean Lambert-wild dessine sur le plateau. Je pr\u00e9cise toutefois que s\u2019il surgit en clown blanc, avec son masque blafard et en pyjama, ce n\u2019est pas forc\u00e9ment uniquement pour <em>Richard III<\/em>\u00a0; ainsi appara\u00eet-il dans ses spectacles et son entr\u00e9e en sc\u00e8ne, valise \u00e0 la main, n\u2019est que la parfaite continuit\u00e9 du r\u00f4le qu\u2019il avait dans son spectacle pr\u00e9c\u00e9dent, <em>En attendant Godot. <\/em>L\u2019\u00e9pure tragique n\u2019en est pas moins dessin\u00e9e avec une belle acuit\u00e9. Daniel Loayza \u00e9voquant le travail de Carmelo Bene et mettant ses pas dans ceux de Gilles Deleuze disait que \u00ab\u00a0\u201dRichard\u201d est le nom d\u2019une machine \u00e0 produire des possibilit\u00e9s th\u00e9\u00e2trales inou\u00efes, proprement impensables\u00a0\u00bb. C\u2019est tr\u00e8s exactement ce qu\u2019est le <em>Richard III<\/em> de Lambert-wild qui rend un juste hommage \u00e0 Shakespeare.<\/p>\n<figure id=\"attachment_286\" aria-describedby=\"caption-attachment-286\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"286\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/richard-iii\/richard-iii-loyaulte-me-lie-3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-3-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_116.jpg\" data-orig-size=\"700,466\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;6.3&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;NIKON D750&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;RICHARD III - LOYAULT\\u00c9 ME LIE - WILLIAM SHAKESPEARE\\rUn spectacle de Jean Lambert-wild, Elodie Bordas, Lorenzo Malaguerra, G\\u00e9rald Garutti, Jean-Luc Therminarias et St\\u00e9phane Blanquet.\\rR\\u00e9p\\u00e9titions au Th\\u00e9\\u00e2tre de l&#039;Union, CDN Limousin.\\rLimoges 04 11 2015\\r\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1446652374&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;\\u00a9Tristan Jeanne-Val\\u00e8s&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;35&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;1600&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.00625&quot;,&quot;title&quot;:&quot;RICHARD III - LOYAULT\\u00c9 ME LIE&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"RICHARD III &amp;#8211; LOYAULT\u00c9 ME LIE\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-3-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_116.jpg\" class=\"size-full wp-image-286\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-3-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_116.jpg\" alt=\"\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s\" width=\"700\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-3-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_116.jpg 700w, https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Photo-3-richard_TRISTANT-JEANE-VALES.201511tjv_116-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-286\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Tristan Jeanne-Val\u00e8s<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au regard de ces deux premiers spectacles, si l\u2019on se pose la question de la fid\u00e9lit\u00e9 au texte original, force est de constater que le plus fid\u00e8le n\u2019est peut-\u00eatre pas celui que l\u2019on croit, ce qui, d\u2019une certaine mani\u00e8re, revient aussi \u00e0 s\u2019interroger sur ce qu\u2019est la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 un texte, sachant que pour ce qui concerne le travail de Thomas Jolly et celui de Jean Lambert-wild, il a bien fallu en passer par le biais d\u2019une traduction, voire d\u2019une adaptation. Le metteur en sc\u00e8ne belge joue cartes sur table, puisqu\u2019il parle d\u2019embl\u00e9e d\u2019un travail <strong>d\u2019apr\u00e8s<\/strong> Shakespeare. D\u2019apr\u00e8s, plus exactement, <em>Henri V, Henri VI et Richard III. <\/em>Le spectacle s\u2019intitule <em>Kings of War <\/em>et donne les cl\u00e9s de l\u2019enjeu de la repr\u00e9sentation\u00a0: il s\u2019agit, ni plus ni moins \u2013\u00a0m\u00eame si cela se passe durant la Seconde Guerre mondiale puisque nous sommes au d\u00e9part dans le QG, le <em>war room<\/em> de Churchill\u00a0\u2013 de faire le portrait crois\u00e9 de trois grands leaders politiques\u00a0; l\u2019oublierait-on qu\u2019Ivo van Hove nous le rappelle vivement avec des images de ce qui se joue sur le plateau film\u00e9 en gros plans, le tout encore alourdi par d\u2019autres images-commentaires, comme si le seul jeu th\u00e9\u00e2tral ne suffisait pas \u00e0 la d\u00e9monstration. Des pi\u00e8ces de Shakespeare, chair enlev\u00e9e, ne reste plus qu\u2019une colonne vert\u00e9brale, qu\u2019une ligne directrice d\u00e9gag\u00e9e de toute gangue. O\u00f9 sommes-nous r\u00e9ellement\u00a0? Dans Shakespeare, vraiment\u00a0? Ou dans un discours qui se veut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de notre temps. On remarque par ailleurs que l\u00e0 aussi la forme du feuilleton joue \u00e0 plein. En un sens, Ivo van Hove rejoindrait \u00e0 sa fa\u00e7on Thomas Jolly. \u00c9trange paradoxe que s\u00e9pare la qualit\u00e9 du travail de l\u2019un, le premier nomm\u00e9, en opposition \u00e0 l\u2019autre\u2026\u00a0Le spectateur, lui, reste loin du compte, avec un v\u00e9ritable sentiment de frustration.<\/p>\n<p>Reste, en d\u00e9finitive, que l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0affaire\u00a0\u00bb <em>Richard III <\/em>semble bien loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e.<\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"283\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/richard-iii\/jean-pierre-han\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Jean-Pierre-Han.jpg\" data-orig-size=\"300,200\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Jean-Pierre Han\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Jean-Pierre-Han.jpg\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-283\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/13\/wp-content\/uploads\/sites\/14\/2016\/05\/Jean-Pierre-Han-150x150.jpg\" alt=\"Jean-Pierre Han\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end1\"><\/a>*<strong>Jean-Pierre Han<\/strong> : Journaliste et critique dramatique. A cr\u00e9\u00e9 et dirige la revue <em>Frictions, th\u00e9\u00e2tres-\u00e9critures<\/em>. R\u00e9dacteur en chef des <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em>. Collabore \u00e0 de nombreuses publications fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res.<br \/>\nA enseign\u00e9 l\u2019esth\u00e9tique th\u00e9\u00e2trale et la critique dramatique pendant quinze ans \u00e0 l\u2019IET de Paris III-Sorbonne nouvelle et \u00e0 Paris X.<br \/>\nAncien pr\u00e9sident du Syndicat de la critique de th\u00e9\u00e2tre, musique, danse fran\u00e7aise. Vice-Pr\u00e9sident de l\u2019AICT (Association internationale des critiques de th\u00e9\u00e2tre). Directeur des stages pour jeunes critiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2016 Jean-Pierre Han<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Pierre Han* Un vent de folie s\u2019est empar\u00e9 cette saison de notre th\u00e9\u00e2tre en France. 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