{"id":93,"date":"2016-04-13T14:34:21","date_gmt":"2016-04-13T14:34:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/?p=93"},"modified":"2023-03-22T21:22:19","modified_gmt":"2023-03-22T21:22:19","slug":"la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/","title":{"rendered":"La Cara\u00efbe francophone \/ cr\u00e9olophone &#8211; Nouvelle g\u00e9n\u00e9ration: Trois dramaturges de la Cara\u00efbe francophone \/ cr\u00e9olophone"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alvina Ruprecht <a href=\"#end1\">*<\/a>, Christiane Makward <a href=\"#end12\">**<\/a> and Mich\u00e8le Montantin <a href=\"#end13\">***<\/a><\/strong><\/p>\n<p>La Cara\u00efbe francophone \/ cr\u00e9olophone est une r\u00e9gion qui comporte plusieurs d\u00e9partements (\u00eeles et archipels) de la France (Guadeloupe, Martinique) ainsi qu\u2019Ha\u00efti, ancienne colonie fran\u00e7aise ind\u00e9pendante depuis 1804. L\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 le traumatisme fondateur de ces entit\u00e9s g\u00e9ographiques, mais chacune a son histoire particuli\u00e8re. Ga\u00ebl Octavia (Martinique) vit actuellement en France et Guy R\u00e9gis Jr (Ha\u00efti) y passe souvent, tandis que Frantz Succab est tr\u00e8s ancr\u00e9 en Guadeloupe. Voici trois perspectives qui d\u00e9terminent l\u2019orientation de leurs textes car il va de soi que les conditions de cr\u00e9ation et les pr\u00e9occupations des auteurs de la sc\u00e8ne diff\u00e8rent. Du point de vue de la langue, le cr\u00e9ole ha\u00eftien est une des langues officielles du pays alors que les cr\u00e9oles de la Martinique et de la Guadeloupe sont toujours des langues de cr\u00e9ation employ\u00e9es de diverses mani\u00e8res selon la mati\u00e8re. Il est certain que ces auteurs sont attir\u00e9s par le milieu th\u00e9\u00e2tral de la France-Europe et par les possibilit\u00e9s de participer au festival d\u2019Avignon. Dans beaucoup de cas, \u00eatre produit sur une sc\u00e8ne parisienne et invit\u00e9 au Festival des Francophonies en Limousin sont per\u00e7us comme des cons\u00e9crations artistiques, suite aux rapports coloniaux et \u00e0 l&#8217;exigu\u00eft\u00e9 des lieux d&#8217;origine, facteurs qui ont une incidence sur l\u2019activit\u00e9 cr\u00e9atrice. On note cependant des changements importants car cette toute nouvelle g\u00e9n\u00e9ration est davantage \u00e0 l\u2019\u00e9coute du \u00ab Tout-Monde \u00bb et ces trois auteurs en sont des exemples remarquables. (<strong>Alvina Ruprecht<\/strong>)<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Gael Octavia (Martinique)<br \/>\n<\/strong>Christiane Makward <a href=\"#end12\">**<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_259\" aria-describedby=\"caption-attachment-259\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"259\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/octavia\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Octavia.jpg\" data-orig-size=\"402,387\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Octavia\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Gael Octavia Photo: Christiane Makward, Paris 2015&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Octavia.jpg\" class=\"size-medium wp-image-259\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Octavia-300x289.jpg\" alt=\"Gael Octavia Photo: Christiane Makward, Paris 2015\" width=\"300\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Octavia-300x289.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Octavia.jpg 402w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-259\" class=\"wp-caption-text\">Gael Octavia Photo: Christiane Makward, Paris 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p>N\u00e9e en 1977, elle a des racines en Martinique, une formation scientifique et des responsabilit\u00e9s administratives \u00e0 Paris dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Elle exerce sa cr\u00e9ativit\u00e9 en peinture et en po\u00e9sie, du c\u00f4t\u00e9 du r\u00e9cit \u00e0 l\u2019occasion, et surtout au th\u00e9\u00e2tre pour lequel elle \u00e9crit depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Elle a trouv\u00e9 plaisir d\u00e8s l\u2019adolescence aux textes et aux mises en sc\u00e8ne, citant Sartre et surtout Anouilh comme montreurs de dialogues. Elle estime que le th\u00e9\u00e2tre se pr\u00eate \u00e0 montrer la violence, qu\u2019il \u00ab va droit au but, d\u00e9teste le bavardage\u2026 \u00c9conomie de mots, asc\u00e8se, caract\u00e9risation rapide des situations et des personnages\u2026 \u00bb (<em>Africultures<\/em> 80-81, 2010, p. 248).<\/p>\n<p>En 2015, l\u2019\u0153uvre dramatique compte huit textes dont trois sont publi\u00e9s (<em>Le Voyage<\/em>, <em>Congre et homard<\/em>, <em>Cette guerre que nous n\u2019avons pas faite<\/em>)*. Violence et action, violence verbale surtout (et langage \u00ab fleuri \u00bb \u00e0 l\u2019occasion), menaces cr\u00e9dibles, d\u00e9tails sinistres, une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, Ga\u00ebl Octavia ma\u00eetrise la cr\u00e9ation d\u2019une tension dramatique de fa\u00e7on impressionnante. Mais elle recourt \u00e0 l\u2019humour dans presque toutes ses pi\u00e8ces, \u00e0 l\u2019exception d\u2019<em>Une vie familiale<\/em> (2008), pi\u00e8ce grin\u00e7ante qui explore sur un mode parfois surr\u00e9aliste les dessous de la sexualit\u00e9 adulte et juv\u00e9nile ainsi que la souffrance conjugale dans une famille disloqu\u00e9e et tr\u00e8s contemporaine. La fable politique intitul\u00e9e <em>Moisson d\u2019avril<\/em> (2004) ne rel\u00e8ve gu\u00e8re non plus du registre comique car elle fut inspir\u00e9e par le coup de tonnerre du 21 avril 2002 qui porta J.-M. Le Pen au second tour des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Ce texte a \u00e9t\u00e9 mis en ondes sur RFO en 2005, mais il devrait trouver une \u00e9quipe de cr\u00e9ation et un public car l\u2019analyse est carr\u00e9ment pr\u00e9monitoire de l\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<p>Quatre des textes sont situ\u00e9s dans des espaces qui \u00e9voquent la Cara\u00efbe, mais sans pr\u00e9cision (<em>Le Voyage<\/em>, <em>Congre et Homard<\/em>, <em>Cette guerre\u2026, S\u00e9raphin p\u00e9ri en mer <\/em>[pi\u00e8ce radiophonique] et <em>Les Vieilles<\/em>). Si les intrigues semblent relever de situations locales, elles sont transposables (except\u00e9 le comique li\u00e9 \u00e0 l\u2019emploi du cr\u00e9ole dans <em>Congre et Homard<\/em> qui reste cependant tr\u00e8s ponctuel et limit\u00e9). Que la probl\u00e9matique soit la psychologie de l\u2019amour et du couple, une histoire de gr\u00e8ve qui tourne \u00e0 l\u2019\u00e9meute, celle d\u2019un va-t\u2019en-guerre en qu\u00eate de virilit\u00e9 (et qui s\u2019en revient pacifiste convaincu), ou encore, avec <em>Le Voyage<\/em>, la trag\u00e9die des migrants \u00e0 la merci du passeur-n\u00e9grier, un drame en prise directe avec l\u2019actualit\u00e9, les situations et drames sont de port\u00e9e universelle. Cette derni\u00e8re pi\u00e8ce, qui fut prim\u00e9e en 2004, \u00e9tait inspir\u00e9e par le sort des <em>boat-people<\/em> ha\u00eftiens mais, ici encore, elle devrait trouver sans tarder une \u00e9quipe de cr\u00e9ation pour sa magnifique \u00e9vocation de l\u2019esclavage transatlantique et sa r\u00e9sonance avec l\u2019actualit\u00e9 catastrophique en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans les pi\u00e8ces de Ga\u00ebl Octavia, la distribution varie du monologue de <em>Cette guerre<\/em>\u2026 \u00e0 la complexit\u00e9 d<em>\u2019Un proc\u00e8s \u00e9quitable<\/em> (\u00e9crit en 2005), avec sept personnages peu hi\u00e9rarchis\u00e9s plus un mannequin muet et deux voix off. On en trouve six dans <em>Une vie familiale<\/em>, trois et des voix dans <em>Le Voyage<\/em> et cinq, fortement hi\u00e9rarchis\u00e9s (dont un \u00ab N\u00e8gre \u00bb), dans <em>Moisson d\u2019avril<\/em>. Pour ce qui est de leur structure, les textes sont souvent divis\u00e9s en trois ou quatre actes, subdivis\u00e9s ou non en sc\u00e8nes distinctes ou simplement ponctu\u00e9s de \u00ab noirs \u00bb. Le d\u00e9veloppement peut \u00eatre strictement lin\u00e9aire (<em>Moisson d\u2019avril<\/em>, <em>Les Vieilles<\/em>), en spirale comme dans <em>Le Voyage<\/em> o\u00f9 la cruelle travers\u00e9e a bien une fin mais o\u00f9 les trois actes se superposent avec le retour d\u2019une femme qui pr\u00e9tend qu\u2019elle n\u2019est pas la m\u00eame. On peut parler de structures ouvertes sans conclusion d\u00e9termin\u00e9e pour <em>Une vie familiale<\/em>, et de pirouette finale dans le cas d\u2019<em>Un proc\u00e8s \u00e9quitable<\/em>, qui est une com\u00e9die grin\u00e7ante, et de <em>Congre et homard<\/em>, impressionnant dialogue psychodramatique.<\/p>\n<p><em>Congre et homard<\/em> (Etc_Cara\u00efbe \/ Lansman, 2012) a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e en 2006 par Textes en Paroles qui en a aussi assur\u00e9 la production : lecture au Festival des Abymes en 2009, et mise en sc\u00e8ne en 2011 par Dominik Bernard, avec comme interpr\u00e8tes Jo\u00ebl Jernidier et Dominik Bernard, travail pr\u00e9sent\u00e9 au TOMA, en Avignon. La m\u00eame ann\u00e9e, Axe Sud a sonoris\u00e9 et enrichi vid\u00e9ographiquement une captation pour en publier un DVD particuli\u00e8rement sophistiqu\u00e9. Le drame est un huis-clos, un mari ayant pi\u00e9g\u00e9 l\u2019amant pr\u00e9sum\u00e9 de sa femme dans un bar, un jour de fermeture\u2026 Les animaux du titre donnent leur initiale aux personnages qui resteront, comme l\u2019\u00e9pouse, anonymes. Le premier mouvement d\u00e9veloppe la m\u00e9taphore non d\u2019un pr\u00e9dateur et d\u2019une proie, mais de deux pr\u00e9dateurs avec le poulpe (l\u2019\u00e9pouse absente) comme potentielle proie ou victime. On compte un nombre r\u00e9duit d\u2019accessoires qui assurent certains jeux et rebondissements : lettre de rendez-vous, rhum que consomme m\u00e9thodiquement le mari, soutien-gorge ensanglant\u00e9, cl\u00e9 qu\u2019on ne verra jamais et revolver pour finir. La tension est d\u2019abord li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9nigme du rendez-vous et \u00e0 l\u2019alcoolisation du mari, mais ses brillants mensonges, manipulations et feintes, et par la suite la r\u00e9volte ouverte de son rival, m\u00e9nagent pas moins de six ruptures ou revirements de situation \u2013 c\u2019est vraiment intense pour une dur\u00e9e de spectacle de 70 minutes environ \u2013 et l\u2019angoisse est ressentie car le dialogue est men\u00e9 tambour battant.<\/p>\n<p><em>Les Vieilles<\/em>, pi\u00e8ce en 25 tableaux dont chacun porte un titre, fut \u00e9crite \u00e0 la faveur d\u2019une r\u00e9sidence en Limousin en 2014. Con\u00e7ue \u00e0 l\u2019\u00e9poque des \u00ab printemps arabes \u00bb de 2011, les gens de la Cara\u00efbe croiront y trouver l\u2019esprit de l\u2019hiver 2009 autour du LKP avec la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale en Guadeloupe. Cependant, ici, ce sont les femmes qui tiennent le devant de la sc\u00e8ne, ce sont m\u00eame des triplettes septuag\u00e9naires flanqu\u00e9es de la jeune docteure Nina, amoureuse et secr\u00e8tement enceinte du h\u00e9ros r\u00e9volutionnaire ; elle refuse de quitter son pays pour assurer son avenir.<\/p>\n<p>On pense aux <em>Belles-S\u0153urs<\/em> de Michel Tremblay et aux <em>M\u00e9moires d\u2019\u00celes<\/em> d\u2019Ina C\u00e9saire, pour les sc\u00e8nes d\u2019intimit\u00e9 domestique, les aveux de lointaines entorses \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 et la centralit\u00e9 de la solidarit\u00e9 f\u00e9minine. C\u2019est cependant une sc\u00e9nographie d\u2019une modernit\u00e9 manifeste : \u00e9loge des portables, critique et manipulation des m\u00e9dias, moments d\u2019hallucination, onirisme, r\u00e9cits de r\u00eaves qui tiennent de la BD ou des films d\u2019action, vivacit\u00e9 et verdeur du langage des \u00ab vieilles \u00bb, emploi consubstantiel de l\u2019humour. La pi\u00e8ce demandera des moyens relativement complexes car ces dames se m\u00ealent d\u2019aller pr\u00eater main forte aux manifestants afin que Nina puisse rester tranquille avec son ventre soudain devenu \u00e9norme.<\/p>\n<p>\u0152uvre ambitieuse et riche dont l\u2019intrigue se d\u00e9roule sur au moins deux mois, <em>Les Vieilles<\/em> illustre les id\u00e9es et valeurs dont se r\u00e9clame Ga\u00ebl Octavia lorsqu\u2019elle d\u00e9clare : \u00ab Ma conscience est celle d\u2019une citoyenne, f\u00e9ministe et &#8220;de gauche&#8221;. \u00bb (<em>Africultures<\/em>, 80-81, p. 248). L\u2019amour et le couple, la politique et la d\u00e9tresse \u00e9conomique des ouvriers, la violence et les valeurs de vie, la n\u00e9cessaire autonomie des femmes, c\u2019est le discours stimulant d\u2019une jeune femme qui sait d\u2019o\u00f9 elle vient et allume des feux d\u2019espoir.<\/p>\n<p>* Je remercie Ga\u00ebl Octavia de m\u2019avoir accord\u00e9 un entretien informel le vendredi 13 f\u00e9vrier 2015 \u00e0 Paris, en la sereine compagnie de son b\u00e9b\u00e9, et de m\u2019avoir confi\u00e9 trois de ses pi\u00e8ces in\u00e9dites.<\/p>\n<figure id=\"attachment_260\" aria-describedby=\"caption-attachment-260\" style=\"width: 181px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"260\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/makward\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Makward.jpg\" data-orig-size=\"234,387\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Makward\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Christiane Makward Photo: Mireille Makward&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Makward.jpg\" class=\"size-medium wp-image-260\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Makward-181x300.jpg\" alt=\"Christiane Makward Photo: Mireille Makward\" width=\"181\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Makward-181x300.jpg 181w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Makward.jpg 234w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-260\" class=\"wp-caption-text\">Christiane Makward Photo: Mireille Makward<\/figcaption><\/figure>\n<hr>\n<p><strong><a name=\"end12\"><\/a>[2] Christiane Makward<\/strong>, professeure \u00e9m\u00e9rite de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Pennsylvannie, a publi\u00e9 de nombreux articles dans des revues savantes, des encyclop\u00e9dies et dictionnaires, un essai biographique (<em>Mayotte Capecia<\/em>), un <em>Dictionnaire litt\u00e9raire des femmes de langue fran\u00e7aise, de Marie de France \u00e0 Marie Ndiaye<\/em>. Elle a construit l\u2019autobiographie de Corinna Bille, \u00e9dit\u00e9 deux volumes de th\u00e9\u00e2tre (Corinna Bille et Ina C\u00e9saire), et deux volumes de co-traductions en anglais (Corinna Bille et th\u00e9\u00e2tre de femmes francophones).<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Frantz Succab (Guadeloupe)<br \/>\n<\/strong>Mich\u00e8le Montantin <a href=\"#end13\">***<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_261\" aria-describedby=\"caption-attachment-261\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"261\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/succab\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Succab.jpg\" data-orig-size=\"342,259\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Succab\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Franz Succab Photo: Alvina Ruprecht, Guadeloupe, 2009&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Succab.jpg\" class=\"size-medium wp-image-261\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Succab-300x227.jpg\" alt=\"Franz Succab Photo: Alvina Ruprecht, Guadeloupe, 2009\" width=\"300\" height=\"227\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Succab-300x227.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Succab.jpg 342w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-261\" class=\"wp-caption-text\">Franz Succab Photo: Alvina Ruprecht, Guadeloupe, 2009<\/figcaption><\/figure>\n<p>Journalise pamphl\u00e9taire, auteur de chansons, Succab, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, s\u2019affranchit du dogmatisme du mouvement patriotique mais continue \u00e0 militer, \u00e0 sa mani\u00e8re, dans son th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 ses personnages n\u2019en finissent pas de m\u00e9diter sur la question de l\u2019identit\u00e9, de la cr\u00e9ation et de la dignit\u00e9. Sans pour autant th\u00e9oriser ce qu\u2019il \u00e9crit : \u00ab Je fais mes affaires sans me demander ni qui ni quoi. \u00bb<\/p>\n<p>Succab est inspir\u00e9 par un imaginaire qu\u2019il a c\u00f4toy\u00e9 intimement, car il appartient \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration qui a connu la lampe \u00e0 p\u00e9trole, pendant les vacances, chez son grand-p\u00e8re \u00e0 Saint-Fran\u00e7ois. Au cours des veill\u00e9es qui rassemblaient la famille et les voisins, le conteur investissait plusieurs r\u00f4les, incarnait plusieurs personnages : La Diablesse, femme vengeresse s\u00e9ductrice et mal\u00e9fique, Ti sapotille roublard et survivant gr\u00e2ce \u00e0 sa d\u00e9brouillardise, et le N\u00e8g Mawon <a href=\"#endi\"><sup>[i]<\/sup><\/a> dont on mena\u00e7ait les enfants d\u00e9sob\u00e9issants, paraissaient plus vrais et plus proches lorsque les t\u00e9n\u00e8bres \u00e9taient palpables et que la Nature investissait une parole avec la mer qui ne cesse de bavarder.<\/p>\n<p>\u00c9crire pour le th\u00e9\u00e2tre est une occupation continuelle. Il se d\u00e9crit comme \u00ab un imaginaire qui se balade dans un corps \u00bb. Il \u00e9crit en voiture, dans la rue, sans stylo, dans sa t\u00eate\u2026 \u00ab Ensuite, tout vient tr\u00e8s vite et en une semaine, la pi\u00e8ce est \u00e9crite. \u00bb Il dresse le tableau d\u2019un monde toujours enracin\u00e9 dans la culture cr\u00e9ole telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 produite par l\u2019esclavage, la p\u00e9riode coloniale et les combats pour la dignit\u00e9, mais cependant en perte de l\u2019identit\u00e9 que cette histoire a cr\u00e9\u00e9e.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de consommation et \u00e0 l\u2019individualisme actuel, l\u2019auteur exprime son malaise devant le spectacle d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 pareille aux \u00ab fourmis folles \u00bb qui courent de tous c\u00f4t\u00e9s, donnant l\u2019impression de n\u2019avoir ni but ni chemin. Il ne b\u00e2tit ni personnages ni situations ; selon lui, ce sont les mots qui transfigurent le r\u00e9el et ce sont les discours qui donnent corps et \u00e2me \u00e0 ses personnages. Plus qu\u2019un th\u00e9\u00e2tre de la \u00ab loquance \u00bb et du \u00ab bagoulage \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire de la virtuosit\u00e9, de la r\u00e9partie et du double sens, sa langue, que certains ont d\u00e9crite \u00e0 tort comme \u00ab un fran\u00e7ais m\u00eal\u00e9 de cr\u00e9ole \u00bb, est en fait une cr\u00e9ation originale qui puise dans la fr\u00e9quentation des deux idiomes pour ensemencer l\u2019un et l\u2019autre, et finalement pour la jouissance d\u2019un langage invent\u00e9 \u00e0 sa sauce.<\/p>\n<p>Dans <em>Conte \u00e0 mourir debout<\/em>, pi\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e les 10 et 11 juin 2009 \u00e0 l\u2019Artchipel Sc\u00e8ne Nationale de la Guadeloupe dans une mise en sc\u00e8ne d\u2019Antoine L\u00e9onard-Maestrati, \u00e9dit\u00e9e par Lansman en 2009, il nous conduit dans un espace-temps qui est \u00e0 la fois celui du conte, du r\u00eave et des limbes. Roberval, ma\u00eetre tambouy\u00e9 <a href=\"#endii\"><sup>[ii]<\/sup><\/a> mourant, peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 mort, ou r\u00eavant sa mort, est entour\u00e9 de sa femme et des voisines de celle-ci, tandis qu\u2019un journaliste nomm\u00e9 Tcharly est aux aguets dans l\u2019attente de cette mort qu\u2019il est charg\u00e9 de chroniquer.<\/p>\n<p>Chacun tour \u00e0 tour prend la parole, pour raconter le pass\u00e9 et augurer de l\u2019avenir. \u00c0 travers la transmission du Gwoka, <em>Conte \u00e0 mourir debout<\/em> illustre la question de la transmission (ou de l\u2019impossibilit\u00e9 de transmission) d\u2019une culture et d\u2019une identit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de <em>Bobo 1<sup>er<\/sup>, Roi de personne<\/em>, sa derni\u00e8re pi\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019Archipel sc\u00e8ne Nationale de la Guadeloupe le 28 f\u00e9vrier 2015, mise en sc\u00e8ne par Guillaume Clayssen et \u00e9dit\u00e9e chez Lansman en 2015, il d\u00e9clare avoir largu\u00e9 les amarres et s\u2019\u00eatre totalement abandonn\u00e9 \u00e0 son amour du verbe. L\u2019auteur s\u2019est librement inspir\u00e9 d\u2019Ibo Simon, animateur pendant plusieurs ann\u00e9es d\u2019une t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9e. Ibo fascinait un large public par son absence totale d\u2019autocensure, s\u2019autorisant \u00e0 d\u00e9nigrer les n\u00e8gres, alors qu\u2019\u2019il est noir. Ses vocif\u00e9rations sid\u00e9raient un public important et de tout bord social et politique. Le texte se pr\u00e9sente comme le flot d\u2019un monologue que Bobo, roi de personne et seul en sc\u00e8ne, adresse \u00e0 son technicien du son et quelques fois \u00e0 son public, en pr\u00e9paration de la balance qu\u2019ils doivent effectuer pour son concert. Des chansons en cr\u00e9ole ou en fran\u00e7ais, ou les deux, interrompent r\u00e9guli\u00e8rement le discours.<\/p>\n<p>Bobo se r\u00e9v\u00e8le comme l\u2019expression d\u2019une conscience et d\u2019une interrogation sur ce qui le rend diff\u00e9rent d\u2019Ibo et de tous les autres. Pour r\u00e9pondre \u00e0 Pauline, la femme qu\u2019il aime et qui r\u00e9clame qu\u2019il utilise le seul cr\u00e9ole lorsqu\u2019il lui \u00e9crit ses textos po\u00e9tiques, Bobo s\u2019explique:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab Si kr\u00e9yol ne sert qu\u2019\u00e0 ne pas parler fran\u00e7ais et fran\u00e7ais qu\u2019\u00e0 emp\u00eacher kr\u00e9yol de se parler, qu\u2019est-ce que tu fais quand tu veux parler dans les deux ?\u2026<\/em> <em>Tu es m\u00eal\u00e9, mon cher \u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab \u00catre m\u00eal\u00e9 \u00bb prend ici le sens qu\u2019il a en cr\u00e9ole d\u2019\u00ab emb\u00eat\u00e9, g\u00ean\u00e9 \u00bb. Mais en m\u00eame temps, ce constat de la difficult\u00e9 \u00e0 parler deux langues en m\u00eame temps en \u00e9voque un autre : \u00ab Tu es m\u00e9lang\u00e9, mon cher\u2026 \u00bb, sousentendu : \u00ab Tu es un \u00eatre m\u00e9tiss\u00e9 et la cr\u00e9ation est ton seul viatique\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Les choix de Bobo sont ceux de Succab :<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab Je suis venu au monde en trouvant autour de moi des mots rang\u00e9s \u00e0 ma disposition dans deux sacs s\u00e9par\u00e9s et pleins de poussi\u00e8re de mots entre eux\u2026 Eh bien, je me les ramasse tous pour en faire ma cuisine \u00e0 moi. J\u2019en prends plus dans l\u2019un ou dans l\u2019autre, selon les situations, ou bien je fais un panach\u00e9, selon la faim du moment. \u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>On a qualifi\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de Succab d\u2019\u00ab intimiste \u00bb parce qu\u2019il parle d\u2019un monde circonscrit \u00e0 un petit archipel de sept \u00eeles portant bien peu d\u2019habitants au regard des m\u00e9tropoles et du monde. Au-del\u00e0 de l\u2019univers culturel et historique qui inspire et nourrit ses histoires et ses personnages, Succab atteint une universalit\u00e9 certaine, par un vrai talent \u00e0 cr\u00e9er des atmosph\u00e8res, des personnages. Il touche par son insistance et sa sinc\u00e9rit\u00e9 \u00e0 s\u2019interroger et \u00e0 nous interroger sur notre rapport au monde.<\/p>\n<hr>\n<p><a name=\"endi\"><\/a>[i] Esclave en fuite.<\/p>\n<p><a name=\"endii\"><\/a>[ii] Ma\u00eetre de tambour traditionnel nomm\u00e9 Ka. Le Gwoka a \u00e9t\u00e9 reconnu en 2014 par l\u2019UNESCO comme patrimoine culturel immat\u00e9riel de l\u2019humanit\u00e9. Dans sa forme traditionnelle, le Gwoka associe les rythmes des tambours, les \u00ab chants en r\u00e9ponds \u00bb, la danse, en valorisant les qualit\u00e9s individuelles d\u2019improvisation. Les participants et le public forment un cercle dans lequel les danseurs et le soliste entrent \u00e0 tour de r\u00f4le, en faisant face aux tambours. Le public frappe des mains et chante le refrain impos\u00e9 par le soliste.<\/p>\n<hr>\n<figure id=\"attachment_262\" aria-describedby=\"caption-attachment-262\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"262\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/montantin\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Montantin.jpg\" data-orig-size=\"300,201\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Montantin\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Mich\u00e8le Montantin Photo: H\u00e9l\u00e8ne Valenzuela, Guadeloupe 2015&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Montantin.jpg\" class=\"size-medium wp-image-262\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Montantin-300x201.jpg\" alt=\"Mich\u00e8le Montantin Photo: H\u00e9l\u00e8ne Valenzuela, Guadeloupe 2015\" width=\"300\" height=\"201\"><figcaption id=\"caption-attachment-262\" class=\"wp-caption-text\">Mich\u00e8le Montantin Photo: H\u00e9l\u00e8ne Valenzuela, Guadeloupe 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p><a name=\"end13\"><\/a>[3] N\u00e9e en Guadeloupe, <strong>Mich\u00e8le Montantin<\/strong> revient au pays en 1973, o\u00f9 elle dirige le Centre d&#8217;Action Culturelle et organise les Rencontres Carib\u00e9ennes de Th\u00e9\u00e2tre. Elle \u00e9crit pour le th\u00e9\u00e2tre (<em>Vie et mort de Vaval<\/em>, <em>Le Chemin des petites Abymes<\/em>, <em>La nuit de la com\u00e8te<\/em>, etc.), produit et\/ou met en sc\u00e8ne diverses pi\u00e8ces marquantes et s\u2019investit dans la vie th\u00e9\u00e2trale antillaise en tant que pr\u00e9sidente du Comit\u00e9 d\u2019Experts pour le Th\u00e9\u00e2tre de la D.R.A.C. (Direction R\u00e9gionale des Affaires Culturelles) et de l\u2019association \u00ab Textes en paroles \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Guy R\u00e9gis Jr. (Ha\u00efti)<br \/>\n<\/strong>Alvina Ruprecht <a name=\"#end1\"><\/a>*<\/p>\n<figure id=\"attachment_263\" aria-describedby=\"caption-attachment-263\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"263\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/regis\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Regis.jpg\" data-orig-size=\"200,115\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Regis\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Guy R\u00e9gis, Jr. Photo: Fabienne Douce, Limoges 2015&lt;\/p&gt;\n\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Regis.jpg\" class=\"size-full wp-image-263\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Regis.jpg\" alt=\"Guy R\u00e9gis, Jr. Photo: Fabienne Douce, Limoges 2015\" width=\"200\" height=\"115\"><figcaption id=\"caption-attachment-263\" class=\"wp-caption-text\">Guy R\u00e9gis, Jr. Photo: Fabienne Douce, Limoges 2015<\/figcaption><\/figure>\n<p>Guy R\u00e9gis Jr., n\u00e9 en 1974 \u00e0 Port-au-Prince, se distingue en tant qu\u2019auteur dramatique par ses nombreuses publications, ses prix, ses traductions, ses adaptations, ses mises en sc\u00e8ne, et par la cr\u00e9ation de sa Compagnie Nous Th\u00e9\u00e2tre<em>.<\/em> Repr\u00e9sentant de la g\u00e9n\u00e9ration qui a connu les derniers vestiges de la p\u00e9riode Duvalier (1956-86), il n\u2019est pas \u00e9tonnant que son \u0153uvre porte les traces du cauchemar que ce r\u00e9gime a inflig\u00e9 sur les artistes pendant 30 ans. Certains de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs ont pu s\u2019enfuir en France ou en Am\u00e9rique vers la fin des ann\u00e9es 1960 (Syto Cav\u00e9, Herv\u00e9 Denis) pour continuer leur travail de contestation par la cr\u00e9ation artistique <a href=\"#end2\">[i]<\/a>. D\u2019autres, tel Frank\u00e9tienne, ont surv\u00e9cu \u00e0 la pers\u00e9cution sur place, gr\u00e2ce \u00e0 un imaginaire f\u00e9roce et un d\u00e9lire verbal par lequel ils ont acc\u00e9d\u00e9 aux hauteurs d\u2019une conscience \u00ab sup\u00e9rieure \u00bb, du mouvement \u00ab spiraliste \u00bb, gr\u00e2ce auxquels ils ont pu se lib\u00e9rer de cette maison hant\u00e9e de bourreaux qui tuaient les artistes <a href=\"#end3\">[ii]<\/a>.<\/p>\n<p>Deux \u0153uvres de Guy R\u00e9gis Jr incarnent merveilleusement son processus d\u2019\u00e9criture: son adaptation du roman de Frank\u00e9tienne, <em>Dezafi<\/em>, (Les Affres d\u2019un d\u00e9fi) <a href=\"#end4\"><sup>[iii]<\/sup><\/a>, une m\u00e9taphore sur la situation ha\u00eftienne inspir\u00e9e d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie de possession vaudou qui transporte le spectateur vers le monde des opprim\u00e9s du r\u00e9gime Duvalier, et <em>Talibans, quel dernier grand conflit pour combler la haine entre les hommes, <\/em>une \u0153uvre originale en cours d&#8217;\u00e9criture <a href=\"#end5\"><sup>[iv]<\/sup><\/a>. Cette \u0153uvre \u00e9voque le rapport entre l\u2019actualit\u00e9 mondiale et le d\u00e9sespoir de l\u2019auteur devant la cruaut\u00e9 dont les \u00eatres humains sont capables. Un parfum apocalyptique \u00e9mane du texte.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9laboration du texte sc\u00e9nique \u00e0 partir de <em>Dezafi<\/em>, par la Cie Nous th\u00e9\u00e2tre, a accompagn\u00e9 la conceptualisation de la mise en sc\u00e8ne <a href=\"#end6\"><sup>[v]<\/sup><\/a> directement sur le plateau, ce qui \u00e9limine la n\u00e9cessit\u00e9 des didascalies. Cette premi\u00e8re version fut suivie d\u2019une deuxi\u00e8me car, comme le th\u00e9\u00e2tre de Frank\u00e9tienne, celui de Guy R\u00e9gis est en constante transformation puisque sa r\u00e9flexion sur l\u2019efficacit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale du texte, et une autre sur les rapports entre le cr\u00e9ole et le fran\u00e7ais, sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019un processus textuel et sont aussi importantes que l\u2019\u0153uvre d\u00e9finitive elle-m\u00eame. Cette pi\u00e8ce porte des traces shakespeariennes d\u2019un King Lear sanglant et \u00ab duvali\u00e9riste \u00bb, soit la fin du r\u00e8gne d\u2019un tyran qui avait transform\u00e9 les habitants en zombis. Comme un ch\u0153ur lugubre, ces cr\u00e9atures en \u00e9tat de transe traversent lentement la sc\u00e8ne, enfouies dans l\u2019obscurit\u00e9, en battant le rythme de leurs pas et en r\u00e9p\u00e9tant les premi\u00e8res phrases du roman en cr\u00e9ole : \u00ab <em>Enchev\u00eatrement de branches d\u2019arbres au fond d\u2019une vieille cour fr\u00e9quent\u00e9e rarement par des \u00eatres humains <\/em>\u00bb (<em>Branch bwa mak\u00f2nen nan fon yon vye lakou kote kretyen vivan de pye pase raman)<\/em>. Cette incantation \u00e9voque des images hyperr\u00e9alistes, de souffrance, de torture et d\u2019humiliation, le r\u00e9sultat de longues ann\u00e9es d\u2019esclavage <a href=\"#end6\"><sup>[v]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Certains personnages, que la potion magique du tyran n\u2019a pas atteints, \u00e9voquent des fragments de narration. Sultana, fille de Saintil, le ma\u00eetre qui pr\u00e9pare les zombis esclaves, est amoureuse du zombi, le beau Clodonis. La passion de Sultana s\u2019exprime par l\u2019accumulation de n\u00e9ologismes et de jeux sonores tir\u00e9s du texte de Frank\u00e9tienne. La belle jeune fille hurle : \u00ab Clodonis, [\u2026] Sois mon barbare ! Enivre-toi de ma substance, d\u00e9sentripaille mon ventre. D\u00e9fonce-moi. Fracasse mon navire. Ennaufrag\u00e8le-moi. \u00bb (p.26). Une suite de combats de coqs entre zombis structurent le mouvement lib\u00e9rateur et, alors que Sultana pr\u00e9pare le sel, antidote \u00e0 la zombification, pour r\u00e9animer son amour, Clodonis chasse la femme et offre les grains de sel \u00e0 ses compagnons zombis pour que la r\u00e9volte \u00e9clate contre les ma\u00eetres..<\/p>\n<p>Cette image d\u2019un pays qui se lib\u00e8re de ses tyrans se d\u00e9roule comme une suite de monologues po\u00e9tiques, intercal\u00e9s de dialogues compos\u00e9s de phrases tr\u00e8s courtes, cr\u00e9ant l\u2019impression d\u2019une partition musicale o\u00f9 la parole devient rythmes, intonations, onomatop\u00e9es, une vari\u00e9t\u00e9 de registres vocaux compos\u00e9s de diff\u00e9rentes sonorit\u00e9s lyrico-monstrueuses au passage de ces cr\u00e9atures effrayantes. Et le public, plong\u00e9 dans le noir, entour\u00e9 de ces bruitages \u00e9tranges, partage la d\u00e9tresse des zombis hypnotis\u00e9s puisque la barri\u00e8re entre le r\u00e9gime du tyran et l\u2019espace du public s\u2019an\u00e9antit. Pourtant, on constate que cette adaptation est essentiellement une suite de soliloques et monologues po\u00e9tiques, qui continuent la tradition des grands auteurs po\u00e9tiques du pays (Ren\u00e9 Philoct\u00e8te, Syto Cav\u00e9, Frank\u00e9tienne), de grands monologues adapt\u00e9s du roman de Marie Chauvet (<em>Amour, col\u00e8re et folie<\/em>), de <em>La Nuit juste avant les for\u00eats <\/em>de Bernard-Marie Kolt\u00e8s ou des soliloques de Shakespeare. Les \u0153uvres de Guy R\u00e9gis prof\u00e8rent une langue devenue une substance sonore o\u00f9 les mots agissent autant par leur contenu s\u00e9mantique que par leur force extralinguistique, afin d\u2019assurer l\u2019interaction entre le corps, l\u2019oreille et la voix qui somatisent le sens du texte au moment de leur rencontre sur le plateau. Un travail remarquable.<\/p>\n<p><em>Talibans, quel dernier grand conflit pour combler la haine entre les hommes <\/em>est plus ambitieuse. Cinq com\u00e9diens assument les voix de quatorze \u00ab types \u00bb humains, dans un grand d\u00e9bat provoqu\u00e9 par la perte de l\u2019espoir en l\u2019\u00eatre humain. L\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau monde est annonc\u00e9e par \u00ab le prologue Gen\u00e8se \u00bb lorsque la \u00ab voix s\u00fbre, captivante et convaincante \u00bb de <em>L\u2019Altermondialiste<\/em>, le \u00ab r\u00e9volt\u00e9 \u00bb \u00e9voque un conflit sociopolitique et l\u2019\u00e9mergence d\u2019un monde \u00ab autre \u00bb. \u00ab Au commencement \u00e9tait le verbe \u00bb&#8230; mais voil\u00e0 que le monde de R\u00e9gis est condamn\u00e9 par les abus du verbe, un monde trahi par la langue, puisque tout le monde s\u2019en sert \u00e0 sa mani\u00e8re, comme au th\u00e9\u00e2tre le \u00ab subterfuge \u00bb du r\u00e9el. En effet, tout devient th\u00e9\u00e2tre, faux jeu, fiction puisque les journalistes, les politiciens, les enseignants, et tous ceux qui manient la parole n\u2019ont qu\u2019un seul but : cr\u00e9er un app\u00e9tit insatiable pour le drame, pour les conflits, pour les spectacles d\u2019un quotidien de plus en plus violent qui suscitent la haine, la peur, l&#8217;angoisse et la fascination maladive devant le spectacle du sang humain. C&#8217;est ainsi, affirme la voix du po\u00e8te\/auteur, que nous devenons des cannibales modernes, de vrais \u00ab Talibans \u00bb. Dans ce fouillis de mots, la guerre et la paix, la cruaut\u00e9 et le plaisir sont interchangeables, les mots se brouillent, les id\u00e9ologies s\u2019affrontent, les amis se trahissent, les familles s\u2019entred\u00e9chirent, tout finit en ruines et <em>Talibans <\/em>devient la m\u00e9taphore pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e qui annonce cette destruction massive.<\/p>\n<p>Une litanie de paroles quasi religieuse \u00e9voqu\u00e9e par une accumulation d\u2019expressions sans ponctuation met fin au texte : \u00ab Le fils s\u2019\u00e9rige en p\u00e8re, tue le p\u00e8re qui s\u2019\u00e9rige en fils qui s\u2019\u00e9rige en p\u00e8re qui s\u2019\u00e9rige en fils, tue le p\u00e8re. Et les bras m\u2019en tombent, les bras m\u2019en tombent et les bras m\u2019en tombent. \u00bb (60) La filiation familiale assure la continuit\u00e9 des massacres, \u00ab le sang coule, ils s\u2019entred\u00e9vorent tous, d\u00e9vore, d\u00e9vore, d\u00e9vore \u00bb (61). L\u2019horreur reprend le dessus et continue.<\/p>\n<p>L\u2019auteur \u00e9pure et th\u00e9\u00e2tralise les versions suivantes, gr\u00e2ce \u00e0 sa forme d\u2019\u00e9criture \/ cr\u00e9ation sur le plateau, d\u00e9marche qui lui est fondamentale. Il est \u00e9vident qu\u2019il oriente sa r\u00e9flexion dramaturgique dans le sens d\u2019une vision postnationale, postethnique et postreligieuse, o\u00f9 tout ce qui divise l\u2019homme n\u2019a plus de place : Guy R\u00e9gis Jr est certainement un auteur dramatique \u00e0 suivre.<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Notes de fin<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-size: 13px\">\n<a name=\"end2\"><\/a>[i] Le Groupe Kouidor fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 New York d\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e des Ha\u00eftiens vers la fin des ann\u00e9es 1969. <em>Les Puits errants<\/em> de Syto Cav\u00e9 fut la premi\u00e8re \u0153uvre cr\u00e9\u00e9e au Brooklyn Academy of Music lors du lancement du disque <em>Pierrot le noir.<\/em> Anthony Phelps, \u00c9mile Ollivier, Frantz Coulange, et Jean Richard Laforest ont aussi particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement. La troupe fut parmi les premiers invit\u00e9s au Festival culturel de Fort de France, par son fondateur Aim\u00e9 C\u00e9saire d\u00e8s sa cr\u00e9ation en 1972. \u00ab Haitian Theatre: Incursions into Dramaturgy and Performance \u00bb, <em>Essays in Theatre \/ \u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales,<\/em> 20 :1, (novembre 2001), 51-65.<br \/>\n<a name=\"end3\"><\/a>[ii] Alvina Ruprecht, \u00ab Totolomannw\u00e8l : Frank\u00e9tienne et le &#8220;jeu solo&#8221; \u00bb, <em>Typo \/ Topo \/ Poethique sur Frank\u00e9tienne<\/em>, Dir. Jean Jonaissant, Paris, l\u2019Harmattan, 2008, p.79-95.<br \/>\n<a name=\"end4\"><\/a>[iii] Toutes les r\u00e9f\u00e9rences au texte renvoient au tapuscrit que Guy R\u00e9gis Jr a eu la gentillesse de me remettre. D\u2019Apr\u00e8s <em>Dezafi <\/em>de Frank\u00e9tienne, adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre par Guy r\u00e9gis Jr. Archives personnelles de l\u2019auteur, 59 p.<br \/>\n<a name=\"end5\"><\/a>[iv] Toutes les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 <em>Talibans, quel dernier grand conflit pour combler la haine entre les hommes<\/em>, renvoient au tapuscrit que Guy R\u00e9gis Jr. a eu la gentillesse de me remettre. Il s\u2019agit d\u2019un texte en cours de cr\u00e9ation.<br \/>\n<a name=\"end6\"><\/a>[v] Guy R\u00e9gis Jr, <em>Entretien avec l\u2019auteur<\/em>, Paris, 2 janvier 2015.<\/p>\n<hr>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"264\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-caraibe-francophone-creolophone-nouvelle-generation-trois-dramaturges-de-la-caraibe-francophone-creolophone\/ruprecht\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht.jpg\" data-orig-size=\"525,351\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Ruprecht\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht.jpg\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-264\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht-150x150.jpg\" alt=\"Ruprecht\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/p>\n<p><strong><a name=\"end1\"><\/a>*Alvina Ruprecht<\/strong> est professeure \u00e9m\u00e9rite de l\u2019Universit\u00e9 Carleton et vice-pr\u00e9sidente de l\u2019Association canadienne des critiques de th\u00e9\u00e2tre (CTCA). Cofondatrice de l\u2019Association r\u00e9gionale des critiques de th\u00e9\u00e2tre de la Cara\u00efbe, elle \u00e9tait critique de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Radio-Canada (service anglais) pendant 30 ans et est actuellement rattach\u00e9e au D\u00e9partement d\u2019\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa. Ses nombreuses publications et ses recherches portent sur les th\u00e9\u00e2tres de la Cara\u00efbe francophone.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2015 Alvina Ruprecht<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alvina Ruprecht *, Christiane Makward ** and Mich\u00e8le Montantin *** La Cara\u00efbe francophone \/ cr\u00e9olophone est une r\u00e9gion qui comporte plusieurs d\u00e9partements (\u00eeles et archipels) de la France (Guadeloupe, Martinique) ainsi qu\u2019Ha\u00efti, ancienne colonie fran\u00e7aise ind\u00e9pendante depuis 1804. L\u2019esclavage a<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":264,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-93","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-special-topics","","tg-column-two"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Ruprecht.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7rA5b-1v","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=93"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1021,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93\/revisions\/1021"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/media\/264"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=93"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=93"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=93"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}