{"id":101,"date":"2016-04-13T14:36:18","date_gmt":"2016-04-13T14:36:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/?p=101"},"modified":"2023-06-03T08:43:20","modified_gmt":"2023-06-03T08:43:20","slug":"la-critique-professionnelle-a-lheure-dinternet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/la-critique-professionnelle-a-lheure-dinternet\/","title":{"rendered":"La critique professionnelle \u00e0 l\u2019heure d\u2019Internet*"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jean-Pierre Han<\/strong> <a href=\"#end1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>En reprenant presque mot pour mot l\u2019intitul\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du colloque pour mon intervention, je pensais me faciliter la t\u00e2che. Or, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, ce n\u2019\u00e9tait l\u00e0 qu\u2019un leurre. Car le titre propos\u00e9, \u00ab La critique professionnelle \u00e0 l\u2019heure d\u2019Internet \u00bb, pose un certain nombre de probl\u00e8mes. Le premier concerne le terme m\u00eame de professionnel. En effet, qu\u2019est-ce que la critique professionnelle ? Au point o\u00f9 nous en sommes aujourd\u2019hui concernant cette activit\u00e9 que nous exer\u00e7ons tous ici, mais de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, et avec plus ou moins de r\u00e9gularit\u00e9, il serait bon de la red\u00e9finir, \u00e0 d\u00e9faut de parler de profession. Cela est d\u2019autant plus important que, dans la mesure o\u00f9, avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Internet justement, c\u2019est bien la question du professionnalisme et de l\u2019amateurisme, surtout de l\u2019amateurisme, qui est pos\u00e9e. L\u2019une des critiques r\u00e9currentes concernant ce qui se passe sur ce que l\u2019on appelle la \u00ab toile \u00bb, c\u2019est bien l\u2019intrusion d\u2019amateurs, c\u2019est-\u00e0-dire de personnes n\u2019ayant aucune notion de ce qu\u2019est le th\u00e9\u00e2tre et le spectacle vivant sur le r\u00e9seau, et encore moins de ce qu\u2019est l\u2019\u00e9criture tout simplement. N\u2019importe qui, en effet, peut \u00e9crire une \u00ab critique \u00bb sur le Net. Je sais, \u00e0 lire l\u2019intitul\u00e9 de certaines contributions, que cette question devrait \u00eatre abord\u00e9e. Je pense notamment aux interventions d\u2019Asen Terziev : \u00ab <em>Can anyone be a critic in the virtual world <\/em><em>? <\/em>\u00bb, ou \u00e0 celle de Jonathan Abarbanel qui intervient imm\u00e9diatement apr\u00e8s moi : \u00ab <em>We are not in charge anymore <\/em>\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Donc, qu\u2019est-ce que le professionnalisme, avec tout ce que cela induit, en mati\u00e8re de critique dramatique ?<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me point, ou une deuxi\u00e8me question qui d\u00e9coule de la premi\u00e8re, est de savoir ce qu\u2019est la critique. \u00c0 partir de l\u00e0, bien \u00e9videmment, s\u2019ouvre devant nous un champ de r\u00e9flexion infini ! Vous aurez \u00e9galement compris que ce n\u2019est pas aujourd\u2019hui, et surtout pas moi qui vais m\u2019aventurer \u00e0 apporter des r\u00e9ponses \u00e0 ces questions !<\/p>\n<p>Autre interrogation touchant cette fois-ci \u00e0 l\u2019explication qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e pour accompagner le titre du colloque : <em>\u00c0 l\u2019heure d\u2019Internet, la critique dit adieu aux \u00ab traditions \u00bb. De profonds changements dans la profession de critique accompagnent la cr\u00e9ation de nouveaux paysages dans les arts du spectacle vivant, o\u00f9 se rencontrent th\u00e9\u00e2tre, danse, spectacle musical, son et arts visuels. <\/em>Ce \u00e0 quoi je r\u00e9pondrai qu\u2019il ne faut pas aller trop vite en besogne. Bien s\u00fbr, l\u2019arriv\u00e9e de nouvelles technologies change d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 les donn\u00e9es aussi bien dans les contenus que dans les formes, ainsi d\u2019ailleurs, ne l\u2019oublions pas, que dans son \u00e9conomie, de notre fonction (et non profession) de critique. Mais si j\u2019ai pris soin de parler de nouvelles technologies et non seulement de l\u2019Internet, c\u2019est pour bien pr\u00e9ciser que nous avons d\u00e9j\u00e0 connu des \u00e9volutions-\u00ab r\u00e9volutions \u00bb sinon du m\u00eame type, du moins d\u2019une importance aussi radicale, avec l\u2019arriv\u00e9e de la radio, puis de la t\u00e9l\u00e9vision. Notre fonction en a-t-elle \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e pour autant ? Avons-nous su vraiment apprivoiser ces nouveaux \u00ab outils \u00bb ?<\/p>\n<p>Pour avoir exp\u00e9riment\u00e9 et l\u2019un et l\u2019autre, je puis r\u00e9pondre par la n\u00e9gative. Alors, soyons prudent avec Internet, m\u00eame si l\u2019apparition de cette derni\u00e8re merveille technologique s\u2019accompagne cette fois-ci de la disparition (enfin ce n\u2019est quand m\u00eame pas tout \u00e0 fait act\u00e9) du papier, de l\u2019\u00e9criture-papier. Est-ce la r\u00e9volution de Gutenberg \u00e0 l\u2019envers \u00e0 laquelle nous allons assister ? Rien n\u2019est moins s\u00fbr. Ce qui est vrai, c\u2019est que pour l\u2019heure, en 2014, quelque chose se dessine, mais quoi ? Essayons d\u2019aller y regarder de plus pr\u00e8s. Il serait quand m\u00eame bon de rappeler ici, au passage, que certains pays \u00e9mergents comme on les appelle avec beaucoup de pudeur, ne sont pas encore vraiment \u00e9quip\u00e9s avec ces nouveaux appareils, d\u2019autres (ce fut m\u00eame le cas de la France) accusant un certain retard dans l\u2019\u00e9quipement des foyers, etc. Mais enfin, on me dira que cela ne change rien au mouvement nous conduisant vers l\u2019in\u00e9luctable\u2026 \u00e0 savoir la disparition du support-papier et donc d\u2019un certain type d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>Ce qui, dans un deuxi\u00e8me temps, est int\u00e9ressant, c\u2019est d\u2019\u00e9tablir une sorte de correspondance temporelle, une v\u00e9ritable liaison entre l\u2019apparition d\u2019Internet et les \u00e9volutions techniques et technologiques de l\u2019art th\u00e9\u00e2tral. \u00c0 vrai dire cette liaison, si liaison il y a, m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre discut\u00e9e et analys\u00e9e. Quant \u00e0 l\u2019adieu aux \u00ab traditions \u00bb, j\u2019aimerais bien savoir ce qu\u2019est la tradition en mati\u00e8re de critique dramatique. M\u00eame remarque pour les profonds changements dans l\u2019exercice de notre profession. Plut\u00f4t que de profond changement, je parlerai plut\u00f4t de glissade vers le n\u00e9ant. Que je sache, pour l\u2019heure et en France tout au moins, notre \u00ab profession \u00bb fonctionne toujours \u00e0 l\u2019ancienne. Elle est encore, dans les journaux par exemple, extr\u00eamement compartiment\u00e9e. Ce n\u2019est pas le m\u00eame critique qui parlera des spectacles avec textes, de ceux concernant les marionnettes, la musique, l\u2019art du cirque, la danse. Il existe m\u00eame aujourd\u2019hui une nouvelle cat\u00e9gorie de spectacles et donc de critiques que j\u2019appellerai \u00ab fourre-tout \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une cat\u00e9gorie qui regroupe les spectacles que l\u2019on ne sait pas trop caract\u00e9riser, et dont on confie les comptes rendus \u00e0 des journalistes-critiques particuliers inconnus comme critiques dramatiques traditionnels, et donc non rep\u00e9r\u00e9s ! Il est vrai aussi, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, et d\u2019une mani\u00e8re paradoxale qui semble contredire la premi\u00e8re assertion, que la crise \u00e9conomique s\u00e9vissant \u00e9galement dans la presse, les journaux ont tendance d\u00e9sormais \u00e0 confier \u00e0 une seule et m\u00eame personne la t\u00e2che de rendre compte de tous les spectacles (et m\u00eame parfois de ce qui n\u2019appartient pas au domaine du spectacle vivant\u2026), m\u00eame ceux pour lesquels elle ne pr\u00e9sente aucune comp\u00e9tence, pour des questions de pure \u00e9conomie.<\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 Internet et aux \u00ab critiques \u00bb qui y s\u00e9vissent. Il convient de distinguer les diff\u00e9rents types d\u2019\u00e9criture sur les spectacles, types qui ne sont pas tous d\u2019un ordre critique. Il s\u2019agirait aussi de distinguer ce qui est de l\u2019ordre du blog et ce qui appartient \u00e0 un site. Passons rapidement sur les blogs, r\u00e9dig\u00e9s par une seule et m\u00eame personne et ainsi personnalis\u00e9s : ils \u00e9voluent dans la sph\u00e8re de l\u2019intime. D\u2019o\u00f9, dans ces articles, des consid\u00e9rations et de petites anecdotes qui n\u2019ont souvent pas grand-chose \u00e0 voir avec le spectacle annonc\u00e9. On est bien loin de la critique \u00ab traditionnelle \u00bb, celle qui s\u00e9vit dans les organes de presse, dans ce qui plut\u00f4t d\u2019un ordre de journal de spectateur.<\/p>\n<p>Restent les sites o\u00f9 l\u2019on retrouve tr\u00e8s exactement les m\u00eames articles que l\u2019on peut lire dans la presse-papier. Et pour cause. Dans une majorit\u00e9 de cas les auteurs de ces critiques sont des personnes qui continuent \u00e0 \u00e9crire dans la presse \u00e9crite ; on retrouve ainsi des retrait\u00e9s de la presse \u00e9crite (connus dans le milieu au temps de leur activit\u00e9), qui entendent ne pas interrompre leur activit\u00e9\u2026 critique. Leur nom peut encore faire \u00ab autorit\u00e9 \u00bb. Il n\u2019y a, entre ce que l\u2019on peut alors lire sur le Net et ce que l\u2019on pouvait lire dans la presse-papier, pas l\u2019ombre d\u2019une diff\u00e9rence ! Autre ph\u00e9nom\u00e8ne : tous les critiques de la grande presse \u00e9crite ont d\u00e9sormais qui leur blog, qui leur site. Double usage, double critique et double \u00e9criture ? Pas forc\u00e9ment. Le Net pallie le manque de place dans les journaux. Il serait bon de faire une \u00e9tude comparative des articles ainsi produits. Tout au plus pouvons-nous dire, pour l\u2019heure, qu\u2019il semble bien que le critique (professionnel) se permet d\u2019\u00e9crire d\u2019une mani\u00e8re plus rel\u00e2ch\u00e9e sur le Net (plus libre pour le dire noblement), et qu\u2019il n\u2019est plus toujours contraint de respecter un calibrage donn\u00e9. Le cas de figure le plus parlant concerne celui tenu par la critique du grand quotidien <em>Le Figaro<\/em>. Alors qu\u2019elle continue \u00e0 \u00e9crire de mani\u00e8re \u00ab traditionnelle \u00bb dans son journal, Armelle H\u00e9liot (c\u2019est d\u2019elle dont il s\u2019agit) se contente souvent dans son blog d\u2019\u00e9num\u00e9rer point par point (texte, sc\u00e9nographie, jeu des acteurs, musique, etc.), sans se soucier v\u00e9ritablement de r\u00e9diger son texte, les diff\u00e9rentes qualit\u00e9s (ou d\u00e9fauts) du spectacle trait\u00e9, le tout en soulignant en gras les phrases importantes ! Ce type d\u2019\u00e9criture ressortirait plut\u00f4t du carnet de notes. Et nous sommes alors dans le registre d\u2019une pr\u00e9conisation qui se montre au grand jour. Pour le reste, sur le mode de l\u2019organisation du travail sur un site, on reste dans les m\u00eames eaux que celui de la presse-papier, avec la m\u00eame hi\u00e9rarchie et le m\u00eame mode de fonctionnement.<\/p>\n<p>Souvenons-nous de ce qu\u2019\u00e9crivait le grand critique fran\u00e7ais des ann\u00e9es 1970-80 Gilles Sandier, bien connu pour son franc-parler et ses prises de position, lorsqu\u2019il expliquait que dans la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019alors (qui est juste devenue un peu plus lib\u00e9rale aujourd\u2019hui), \u00ab n\u2019importe quel jobard (c\u2019est-\u00e0-dire quelqu\u2019un qui se laisse duper facilement selon la d\u00e9finition du dictionnaire \u2013 N. de l\u2019A.) maniant plus ou moins la phrase \u2013 souvent fort mal d\u2019ailleurs \u2013 peut s\u2019arroger le droit de juger le travail des cr\u00e9ateurs, quand il ignore tout de l\u2019exercice du th\u00e9\u00e2tre, de son histoire et de son mode d\u2019op\u00e9ration \u00bb. Que dirait-il aujourd\u2019hui, avec l\u2019invasion des \u00ab critiques \u00bb sur Internet dont souvent la seule finalit\u00e9 est de pouvoir assister gratuitement \u00e0 un spectacle ? Ne nous \u00e9tendons pas sur la m\u00e9diocrit\u00e9, parfois proprement scandaleuse, de tous ces \u00e9crits, ce serait par trop facile et\u2026 long. Contentons-nous de souligner que cette situation pose de mani\u00e8re encore plus aigu\u00eb la question de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de la formation de ceux qui pr\u00e9tendent \u00e9crire, sur le Net ou ailleurs. La formation : un autre sujet majeur que l\u2019AICT pourrait traiter dans un de ses colloques\u2026<\/p>\n<p>Nous sommes \u00e0 un moment crucial du d\u00e9veloppement de la critique dramatique destin\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre ou \u00e0 \u00e9voluer de mani\u00e8re radicale. Que faire devant et dans cet espace pour le moment vide que nous procure Internet ? Il y a une v\u00e9ritable r\u00e9flexion \u00e0 mener concernant l\u2019\u00e9criture dans ce nouvel espace. Une r\u00e9flexion \u00e0 mener de pair avec celle de la lecture, car on ne lit pas de la m\u00eame mani\u00e8re un article dans un journal-papier que sur un \u00e9cran. \u00c0 partir de l\u00e0 d\u2019ailleurs, on peut regretter que certains se croient oblig\u00e9s de s\u2019\u00e9tendre de mani\u00e8re compl\u00e8tement incons\u00e9quente sur la toile. Qui va les lire jusqu\u2019au bout ? N\u2019est-on pas plut\u00f4t dans un rapport de pr\u00e9conisation plus que d\u2019analyse critique, etc. ? \u00c0 qui s\u2019adresse-t-on en fin de compte ?<\/p>\n<p>Nous nous interrogeons aujourd\u2019hui sur la critique dramatique \u00e0 l\u2019heure d\u2019Internet. Mais il faut d\u00e9sormais s\u2019interroger sur la critique dramatique \u00e0 l\u2019heure du tweet et de Facebook. Mais oui, lors d\u2019un colloque que j\u2019avais organis\u00e9 en Bolivie il y a plus d\u2019un an, \u00e0 l\u2019instigation de notre amie Alvina Ruprecht, j\u2019avais invit\u00e9 \u00e0 intervenir une critique des \u00eeles Bardanne (c\u2019est dans les Cara\u00efbes), Icil Philips, que je salue ici. Cette dame tr\u00e8s s\u00e9rieuse et qui en imposait (l\u2019ami Matti Linnavuori s\u2019en souvient), nous expliqua dans son expos\u00e9 comment elle pratiquait la critique dramatique sur Facebook !\u2026 Et elle ne plaisantait pas. Affaire \u00e0 suivre, donc.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me point auquel renvoie le sujet du colloque concerne la nature m\u00eame des spectacles (une nature qui aurait chang\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es), devenus \u00ab pluridisciplinaires \u00bb, \u00ab transversaux \u00bb, \u00ab transdisciplinaires \u00bb, etc., bref les qualificatifs ne manquent pas. La question qui se pose alors est de savoir si la critique dans sa forme m\u00eame, dans ses descriptions et ses analyses, ne devrait pas, elle aussi, se transformer, ne plus se contenter de fonctionner de mani\u00e8re \u00ab traditionnelle \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire en dissertant dans un premier temps sur le texte et l\u2019histoire (texte et histoire ayant tendance \u00e0 dispara\u00eetre dans bon nombre de spectacles), avant d\u2019aborder timidement les questions de plateau sur lesquels personne ne nous a appris \u00e0 \u00e9crire (toujours la question de la formation ou plut\u00f4t de la non-formation \u00e0 la critique).<\/p>\n<p>Un dernier mot rapide sur les nouveaux paysages du spectacle vivant \u00e9voqu\u00e9s. Qu\u2019il soit bien entendu qu\u2019ils sont pour l\u2019heure loin d\u2019\u00eatre fix\u00e9s. Je veux dire par l\u00e0 que la \u00ab transdisciplinarit\u00e9 \u00bb, qui n\u2019est apr\u00e8s tout qu\u2019un retour aux sources m\u00eames du th\u00e9\u00e2tre, est loin d\u2019\u00eatre chose ma\u00eetris\u00e9e. Qu\u2019il suffise de voir l\u2019utilisation plut\u00f4t sommaire pour ne pas dire convenue et souvent gratuite, donc inutile, des nouvelles technologies comme la vid\u00e9o, pour ne prendre qu\u2019un exemple. C\u2019est bien tout un syst\u00e8me qu\u2019il s\u2019agit de repenser, aussi bien du c\u00f4t\u00e9 des plateaux que du c\u00f4t\u00e9 du commentaire critique, et en cette mati\u00e8re, il convient de se m\u00e9fier des id\u00e9es re\u00e7ues.<\/p>\n<p>* <em>Discours present\u00e9 \u00e0 la conference de congr\u00e9s de l\u2019 AICT, \u201cUn nouveau monde: La critique professionelle \u00e0 l \u2018heute d\u2019 internet\u201d (\u201cA New World: The Professional Criticism in the Internet Era\u201d). Bejing 2014<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"236\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/france-une-nouvelle-generation-dauteurs-de-theatre-en-france\/han\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Han.jpg\" data-orig-size=\"796,531\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Han\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Han.jpg\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-236\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Han-150x150.jpg\" alt=\"Han\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Han-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Han-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/11\/wp-content\/uploads\/sites\/13\/2016\/04\/Han-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/p>\n<p><strong><a name=\"end1\"><\/a>[1] Jean-Pierre Han<\/strong> est journaliste et critique dramatique. Directeur de la revue <em>Frictions<\/em>. R\u00e9dacteur en chef des <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em>. Vice-Pr\u00e9sident de l\u2019AICT. Directeur des stages pour jeunes critiques. Ancien pr\u00e9sident du Syndicat de la critique fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2015 Jean-Pierre Han<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Pierre Han [1] En reprenant presque mot pour mot l\u2019intitul\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du colloque pour mon intervention, je pensais me faciliter la t\u00e2che. Or, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, ce n\u2019\u00e9tait l\u00e0 qu\u2019un leurre. 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