{"id":143,"date":"2016-04-07T16:39:07","date_gmt":"2016-04-07T16:39:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/?p=143"},"modified":"2023-03-23T15:30:33","modified_gmt":"2023-03-23T15:30:33","slug":"theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre Cara\u00efbe \u2013 Le R\u00e9pertoire : Projet sur la dramaturgie postcoloniale de la Cara\u00efbe."},"content":{"rendered":"<p><strong>Alvina Ruprecht<\/strong><a href=\"#end1\">*<\/a><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"19\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/give-advice-be-a-political-journalist-%e2%94%81-interview-with-finnish-dramaturge-juha-pekka-hotinen\/attachment\/1206560971\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971.jpg\" data-orig-size=\"800,532\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"1206560971\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-300x200.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971.jpg\" class=\"alignnone size-medium wp-image-19\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-300x200.jpg\" alt=\"1206560971\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-768x511.jpg 768w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Depuis quatre ans, Jean-Michel Martial, acteur, metteur en sc\u00e8ne guadeloup\u00e9en et directeur artistique de la Compagnie L\u2019Autre Souffle, travaille sur le <i>Th\u00e9\u00e2tre Cara\u00efbe, le R\u00e9pertoire, <\/i>un vaste projet devenu entreprise collective, o\u00f9 les membres de la Compagnie L\u2019Autre Souffle et certains critiques de l\u2019Association r\u00e9gionale des critiques de th\u00e9\u00e2tre de la Cara\u00efbe ont jou\u00e9 et continuent de jouer un r\u00f4le important. Michael Reckord (Jama\u00efque), Travis Weekes (Sainte-Lucie), Vivian Martinez (Cuba), Rodney Saint-\u00c9loi (Ha\u00efti), Icil Philips (Barbade), soutenus par Alvina Ruprecht (Canada\/Guadeloupe), Christiane Makward (France\/Martinique) et Ir\u00e8ne Sadowska-Guillon (France\/Espagne, ancienne tr\u00e9sori\u00e8re de l\u2019AICT) ont tous contribu\u00e9 au processus de s\u00e9lection des textes et \u00e0 la r\u00e9daction des fiches analytiques de chaque \u0153uvre.<\/p>\n<p>Martial, force motrice de ce rassemblement d\u2019auteurs originaires de l\u2019ensemble des \u00eeles, a voulu cr\u00e9er un terrain propice au dialogue entre auteurs et metteurs en sc\u00e8ne, \u00e0 partir d\u2019une r\u00e9flexion sur la dramaturgie de la r\u00e9gion. Ils recherchent une \u00e9criture \u00e0 la fois lib\u00e9r\u00e9e des conventions de la sc\u00e8ne europ\u00e9enne et des regards impos\u00e9s par les multiples langues, h\u00e9rit\u00e9es de tous les pays colonisateurs qui ont toujours \u00ab fa\u00e7onn\u00e9 des d\u00e9sirs et constitu\u00e9 des imaginaires \u00bb. En effet, \u00ab l\u2019histoire a cr\u00e9\u00e9 des boussoles impr\u00e9vues \u00bb o\u00f9, par exemple, \u00ab la Guadeloupe est encore plus proche de Paris que de Kingston, en Jama\u00efque \u00bb.<a href=\"#end2\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Selon Martial, il faut partir \u00e0 la reconqu\u00eate du spectacle vivant, en \u00e9pousant la grande diversit\u00e9 des formes d\u2019expression issues des nombreuses traditions r\u00e9gionales, et marqu\u00e9es in\u00e9vitablement par quatre si\u00e8cles d\u2019esclavage.<\/p>\n<p>Cependant, il faut savoir aller plus loin et \u00ab l\u2019\u00e9dition plurilingue du r\u00e9pertoire th\u00e9\u00e2tral de l\u2019espace carib\u00e9en rel\u00e8ve ce d\u00e9fi \u00bb, car elle a une fonction \u00ab englobante, qui met l\u2019accent sur une nouvelle mani\u00e8re de penser le monde \u00bb. Martial affirme qu\u2019\u00e0 l\u2019heure de la mondialisation, \u00ab il est plus que jamais question de l\u2019affirmation de soi en y int\u00e9grant collectivement la grandeur humaine \u00bb (pr\u00e9face au premier volume du R\u00e9pertoire, \u00ab Un projet d\u2019\u00e9dition plurilingue du r\u00e9pertoire th\u00e9\u00e2tral de l\u2019espace carib\u00e9en \u00bb,<i>Ton beau capitaine<\/i> de Simone Schwarz-Bart, Paris, \u00c9ditions de l\u2019Amandier, 2013, p.5-7). Il souhaite \u00ab pulv\u00e9riser les cloisonnements \u00bb, d\u00e9passer les r\u00e9seaux culturels inh\u00e9rents aux syst\u00e8mes d\u2019\u00e9ducation h\u00e9rit\u00e9s de France, d\u2019Espagne, de Grande-Bretagne ou de Hollande. La motivation d\u2019une telle aventure pourrait \u00eatre plus forte encore dans les \u00eeles francophones-cr\u00e9olophones, \u00e9tant donn\u00e9 le statut politique qui les relie toujours \u00e0 la France. Par cons\u00e9quent, les rapports entre toutes ces aires linguistiques ne se sont jamais d\u00e9velopp\u00e9s comme ils auraient pu l\u2019\u00eatre, compte tenu de leur proximit\u00e9 g\u00e9ographique, et les artistes ont bien compris que le th\u00e9\u00e2tre offre l\u2019opportunit\u00e9 de devenir le catalyseur de nouvelles relations, de formes nouvelles pour une \u00e9troite collaboration entre l\u2019ensemble des cr\u00e9ateurs de la sc\u00e8ne carib\u00e9enne.<\/p>\n<figure id=\"attachment_149\" aria-describedby=\"caption-attachment-149\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"149\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/1_metellus-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1_metellus-8x6.jpg\" data-orig-size=\"400,266\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"1_metellus-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Jean M\u00e9tellus (auteur dramatique) et Jean-Michel Martial (acteur, metteur en sc\u00e8ne, organisateur du colloque et directeur artistique de la Cie l&amp;#8217;Autre Soufle), au colloque du Th\u00e9\u00e2tre de la Caraibe, au Petit Palais, Paris. Photo Migail Montlouis-F\u00e9licit\u00e9, 11 novembre, 2013.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1_metellus-8x6-300x200.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1_metellus-8x6.jpg\" class=\"size-full wp-image-149\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1_metellus-8x6.jpg\" alt=\"Jean M\u00e9tellus (auteur dramatique) et Jean-Michel Martial (acteur, metteur en sc\u00e8ne, organisateur du colloque et directeur artistique de la Cie l'Autre Soufle), au colloque du Th\u00e9\u00e2tre de la Caraibe, au Petit Palais, Paris. Photo Migail Montlouis-F\u00e9licit\u00e9, 11 novembre, 2013.\" width=\"400\" height=\"266\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1_metellus-8x6.jpg 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1_metellus-8x6-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-149\" class=\"wp-caption-text\">Jean M\u00e9tellus (auteur dramatique) et Jean-Michel Martial (acteur, metteur en sc\u00e8ne, organisateur du colloque et directeur artistique de la Cie l&#8217;Autre Soufle), au colloque du Th\u00e9\u00e2tre de la Caraibe, au Petit Palais, Paris. Photo Migail Montlouis-F\u00e9licit\u00e9, 11 novembre, 2013.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le premier volume du projet devrait comporter toutes les fiches analytiques de chaque \u0153uvre s\u00e9lectionn\u00e9e. Par la suite, les pi\u00e8ces para\u00eetront individuellement, accompagn\u00e9es d\u2019une traduction dans les cinq langues (soit l\u2019anglais, le fran\u00e7ais, l\u2019espagnol, le n\u00e9erlandais et le cr\u00e9ole), d\u2019une fiche analytique, d\u2019un mot du metteur en sc\u00e8ne responsable de la cr\u00e9ation de l\u2019\u0153uvre et d\u2019une bibliographie s\u00e9lective des \u0153uvres critiques les plus importantes. Le r\u00e9sultat offrira un outil susceptible d\u2019int\u00e9resser des chercheurs en litt\u00e9rature compar\u00e9e, des linguistes, des traducteurs, des sp\u00e9cialistes du th\u00e9\u00e2tre, des chercheurs en \u00e9tudes culturelles, des historiens de th\u00e9\u00e2tre et tous ceux qui s\u2019int\u00e9ressent aux questions associ\u00e9es aux \u00e9tudes postcoloniales.<\/p>\n<p>Pour marquer la fin du processus de s\u00e9lection, et pr\u00e9senter la r\u00e9daction et traduction des fiches et la conceptualisation des volumes individuels, Martial et son \u00e9quipe ont organis\u00e9 un symposium \u00e0 Paris, le 9 novembre 2013, au mus\u00e9e du Petit Palais, afin de lancer officiellement le R\u00e9pertoire. Auteurs, metteurs en sc\u00e8nes, acteurs et membres du milieu th\u00e9\u00e2tral se sont r\u00e9unis pour r\u00e9fl\u00e9chir sur les textes s\u00e9lectionn\u00e9s. J\u2019aimerais signaler les moments les plus frappants de ce processus, devenu une extraordinaire exp\u00e9rience d\u2019apprentissage et de d\u00e9couverte pour tous ceux qui ont particip\u00e9 aux discussions, aux \u00e9changes sur le th\u00e9\u00e2tre et sur les sp\u00e9cificit\u00e9s de la pratique textuelle et sc\u00e9nique dans chacun des pays concern\u00e9s.<\/p>\n<p>Cet \u00e9v\u00e9nement culminant a eu lieu \u00e0 l\u2019auditorium du Petit Palais avec interpr\u00e9tation simultan\u00e9e, projections, discussions, communications et lectures multilingues des extraits de la premi\u00e8re \u0153uvre publi\u00e9e : <i>Ton beau capitaine<\/i> de Simone Schwarz-Bart. En pr\u00e9sence de com\u00e9diens, de metteurs en sc\u00e8nes, de sp\u00e9cialistes, de personnages politiques et du grand public, chacun des vingt invit\u00e9s a pr\u00e9sent\u00e9 une des \u0153uvres s\u00e9lectionn\u00e9es, en inscrivant la pi\u00e8ce dans une mise en sc\u00e8ne, en en lisant des extraits, en retra\u00e7ant la vie de l\u2019auteur ou les conditions de cr\u00e9ation de ces textes.<\/p>\n<p>Le souvenir le plus \u00e9mouvant restera l\u2019expos\u00e9 \u00e0 la fois \u00e9rudit, brillant et d\u2019une grande originalit\u00e9 de Jean M\u00e9tellus (Ha\u00efti). Il a expliqu\u00e9 l\u2019arri\u00e8re-plan de son \u0153uvre <i>Anacaona<\/i> \u2013 nom de la reine am\u00e9rindienne du peuple Ta\u00efno \u2013, po\u00e8te, artiste et femme cultiv\u00e9e, devenue le symbole de la r\u00e9sistance anticoloniale avec une mort atroce, br\u00fbl\u00e9e vive par les conqu\u00e9rants espagnols dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la colonisation. L\u2019intervention de M\u00e9tellus rev\u00eat une signification sp\u00e9ciale puisqu\u2019il s\u2019est \u00e9teint \u00e0 Paris au mois de janvier 2014, peu apr\u00e8s que nous ayons pu rendre hommage \u00e0 son chef-d\u2019\u0153uvre. Le choix d\u2019<i>Anacaona<\/i>, qui fut mise en sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre National Populaire par Antoine Vitez en 1988, offrait un caract\u00e8re hautement symbolique, car cette grande sc\u00e8ne parisienne avait ouvert l\u2019espace d\u2019une dialectique troublante, pour que fusionnent une forme de th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais d\u2019inspiration n\u00e9oclassique et la m\u00e9moire d\u2019une femme d\u00e9termin\u00e9e dans son refus de la domination culturelle des Europ\u00e9ens jusqu\u2019\u00e0 en mourir. En effet, apr\u00e8s sa revanche sur ceux qui l\u2019ont tu\u00e9e, en occupant la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot en 1988 gr\u00e2ce \u00e0 M\u00e9tellus et \u00e0 Antoine Vitez, <i>Anacaona<\/i> prenait finalement une ultime revanche dans l\u2019espace du Petit Palais en 2013. Et cela, au sein d\u2019un \u00e9difice culturel \u00e9rig\u00e9 par la France lors de l\u2019Exposition universelle de 1900, \u00e0 la faveur d\u2019un hommage rendu \u00e0 son auteur ha\u00eftien peu avant sa disparition, et cette fois-ci, gr\u00e2ce \u00e0 Jean-Michel Martial. Tout le sens du symposium s\u2019affirmait par cette derni\u00e8re rencontre avec M\u00e9tellus.<\/p>\n<p><b>Crit\u00e8res de s\u00e9lection<\/b><\/p>\n<figure id=\"attachment_148\" aria-describedby=\"caption-attachment-148\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"148\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/3_eli-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/3_Eli-8x6.jpg\" data-orig-size=\"320,213\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"3_Eli-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Eli Stephenson, auteur dramatique de la Guyane, 11 novembre, au Petit Palais, Paris&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/3_Eli-8x6-300x200.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/3_Eli-8x6.jpg\" class=\"wp-image-148\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/3_Eli-8x6.jpg\" alt=\"Eli Stephenson, auteur dramatique de la Guyane, 11 novembre, au Petit Palais, Paris\" width=\"350\" height=\"233\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/3_Eli-8x6.jpg 320w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/3_Eli-8x6-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-148\" class=\"wp-caption-text\">Eli Stephenson, auteur dramatique de la Guyane, 11 novembre, au Petit Palais, Paris<\/figcaption><\/figure>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part, les comit\u00e9s de s\u00e9lection compos\u00e9s de sp\u00e9cialistes et de critiques, qui connaissaient bien les \u0153uvres majeures de leurs r\u00e9gions linguistiques respectives, ont soulev\u00e9 la question des crit\u00e8res. M\u00eame si le consensus semblait aller de soi, nous savions qu\u2019il fallait justifier nos choix et la meilleure solution \u00e9tait de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019envers. \u00c0 partir de listes des auteurs dramatiques dont l\u2019importance \u00e9tait souvent d\u00e9termin\u00e9e par un statut canonique dans leur pays d\u2019origine, il fallait cr\u00e9er des cat\u00e9gories dramaturgiques qui traceraient une hi\u00e9rarchie des conventions, des formes ou des th\u00e8mes r\u00e9currents dans l\u2019ensemble du groupe.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, le comit\u00e9 anglophone, compos\u00e9 de Michael Reckord, Jean Small et Travis Weekes, a propos\u00e9 deux crit\u00e8res : une \u0153uvre de chaque genre de th\u00e9\u00e2tre et un texte au moins de chacune des \u00eeles.<\/p>\n<p>Si les difficult\u00e9s se sont pr\u00e9sent\u00e9es rapidement<b>, <\/b>les solutions nous ont propuls\u00e9s dans une aventure fascinante, nous obligeant \u00e0 reconna\u00eetre un croisement des conventions de la sc\u00e8ne qui s\u2019alimentaient les unes les autres. Choisir un texte de chaque \u00eele s\u2019av\u00e9rait impossible puisque souvent les manuscrits (publi\u00e9s ou \u00e0 l\u2019\u00e9tat de tapuscrit) \u00e9taient introuvables. La conservation m\u00e9thodique des manuscrits n\u2019existait pas dans certains pays et le manque d\u2019archives locales g\u00eanait la recherche dans d\u2019autres. Parfois, nous n\u2019avons pu localiser les auteurs, m\u00eame par l\u2019entremise de hauts commissariats de certaines \u00eeles \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En revanche, les critiques anglophones bien \u00e9tablis dans d\u2019autres pays, ainsi que les Archives du th\u00e9\u00e2tre et du cin\u00e9ma de l\u2019Universit\u00e9 de Puerto Rico (El Ateneo) sous la direction de Roberto Ramos Perea, le CIDIHCA (Centre international de documentation et d\u2019information ha\u00eftienne, carib\u00e9enne et afro-canadienne) situ\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al et \u00e0 Port-au-Prince, les chercheurs et archivistes de la Casa de las Americas (Cuba), et Icil Philips de la Barbarde, nous ont tous fourni des listes d\u2019auteurs et d\u2019\u0153uvres susceptibles de nous int\u00e9resser. Gr\u00e2ce aux stages d\u2019archivage organis\u00e9s par le Professeur Lucie Pradel de l\u2019Universit\u00e9 des Antilles et de la Guyane, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui de la DRAC-Guadeloupe, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Association Textes en Paroles, sous la direction de Jo\u00ebl Jovignot (disparu en 2006) et de Mich\u00e8le Montantin, nous avons pu rep\u00e9rer les \u0153uvres francophones les plus importantes. Jean-Michel Martial, Ghislaine Gadjard, la M\u00e9diath\u00e8que de Basse-Terre et le Fonds Saint-Jacques en Martinique, Rodney Saint-\u00c9loi et Franz Voltaire (directeur du CIDIHCA) ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u2019une aide cruciale. En Martinique, il faut mentionner Daniel S\u00e9guin Cadiche, Marius Gottin (disparu il y a peu), l\u2019auteur et metteur-en-sc\u00e8ne Annick Justin-Joseph et les archives du S.E.R.M.A.C (Service Municipal d\u2019Action Culturelle de la Martinique), les archives du Th\u00e9\u00e2tre de la Soif nouvelle \u2013 th\u00e9\u00e2tre fond\u00e9 par Aim\u00e9 C\u00e9saire \u2013, ainsi que Marcelle Pennont du Centre martiniquais d\u2019action culturelle (C.M.A.C), qui tous nous ont apport\u00e9 un soutien important pendant ces nombreuses ann\u00e9es de travail.<\/p>\n<p><b>\u00c9carter la notion du genre th\u00e9\u00e2tral en signalant la complexit\u00e9 des sources d\u2019\u00e9criture : des syst\u00e8mes linguistiques en pleine mutation, la pr\u00e9sence renouvel\u00e9e du conteur et l\u2019int\u00e9gration des religions syncr\u00e9tiques.<\/b><\/p>\n<figure id=\"attachment_147\" aria-describedby=\"caption-attachment-147\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"147\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/5_maria-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/5_maria-8x6.jpg\" data-orig-size=\"353,263\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"5_maria-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;R\u00e9p\u00e9tition de Maria Antonia au Th\u00e9\u00e2tre City Hall, Habana Cuba, avec Monse Duany (Maria Antonia), Gilbert Laumord (el Santero), Eugenio Hernandez Espinosa (auteur et metteur en sc\u00e8ne).&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/5_maria-8x6-300x224.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/5_maria-8x6.jpg\" class=\"wp-image-147\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/5_maria-8x6.jpg\" alt=\"R\u00e9p\u00e9tition de Maria Antonia au Th\u00e9\u00e2tre City Hall, Habana Cuba, avec Monse Duany (Maria Antonia), Gilbert Laumord (el Santero), Eugenio Hernandez Espinosa (auteur et metteur en sc\u00e8ne).\" width=\"350\" height=\"261\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/5_maria-8x6.jpg 353w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/5_maria-8x6-300x224.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-147\" class=\"wp-caption-text\">R\u00e9p\u00e9tition de Maria Antonia au Th\u00e9\u00e2tre City Hall, Habana Cuba, avec Monse Duany (Maria Antonia), Gilbert Laumord (el Santero), Eugenio Hernandez Espinosa (auteur et metteur en sc\u00e8ne).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le deuxi\u00e8me crit\u00e8re propos\u00e9, s\u00e9lectionner au moins un \u00e9chantillon de tous les genres de textes dramaturgiques originaires de chaque \u00eele, a pos\u00e9 autant de probl\u00e8mes. Il est vrai que depuis la fin du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le \u00ab genre \u00bb n\u2019est plus une forme facilement identifiable. Comment en faire un crit\u00e8re de s\u00e9lection ? La difficult\u00e9 est exacerb\u00e9e dans la Cara\u00efbe o\u00f9 les textes existent \u00e0 travers diff\u00e9rents registres linguistiques : soutenus, populaires, formes dialectales, patois et une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019interlangues. On parle de \u00ab cr\u00e9ole ha\u00eftien \u00bb ou de \u00ab ha\u00eftien \u00bb, d\u2019\u00ab anglais jama\u00efcain \u00bb ou de \u00ab jama\u00efcain \u00bb. Chaque forme a ses particularit\u00e9s et chaque \u00eele a son propre syst\u00e8me linguistique ou registre populaire, qui s\u2019inscrit d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre dans les textes, preuve que tous ces syst\u00e8mes en pleine mutation entra\u00eenent les \u00ab genres \u00bb vers une grande instabilit\u00e9. Par ailleurs, un m\u00eame texte peut comporter des \u00e9l\u00e9ments de farce, de burlesque, de vaudeville ou de sketchs comiques, inspir\u00e9s des jeux du Carnaval o\u00f9 les glissements d\u2019identit\u00e9 sexuelle, les personnages issus des traditions populaires remontent \u00e0 fort loin dans le spectacle populaire de la r\u00e9gion. Des cat\u00e9gories de choix commencent \u00e0 se dessiner.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence du conteur a beaucoup marqu\u00e9 ces th\u00e9\u00e2tres puisqu\u2019il impose un style de r\u00e9cit qui interrompt la structure dramatique et transforme la convention europ\u00e9enne du monologue en po\u00e9sie en incantations du diseur, en jeux de sonorit\u00e9s, en r\u00e9cit historique, en dialogue ludique ou didactique avec un public de toutes les origines qui est tenu de r\u00e9pondre \u00e0 celui qui prof\u00e8re la parole. Le spectacle quasi naturaliste c\u00f4toie le r\u00e9alisme magique, le r\u00eave ou le texte po\u00e9tique. Les voix parl\u00e9es peuvent dialoguer avec des chanteurs, tambourineurs ou corps dansants. Il existe \u00e9galement un th\u00e9\u00e2tre inspir\u00e9 d\u2019actes ritualis\u00e9s traditionnels qui \u00e9vacuent souvent le texte. Et que dire des \u0153uvres o\u00f9 les pr\u00e9sences sc\u00e9niques s\u2019inspirent du panth\u00e9on des religions syncr\u00e9tiques d\u2019origine afro-carib\u00e9enne ? <i>Maria Antonia,<\/i> d\u2019Eugenio Hernandez Espinosa, a crois\u00e9 <i>Carmen<\/i> et les divinit\u00e9s de la Santeria cubaine, les traditions Yoruba profond\u00e9ment ancr\u00e9es dans le monde cubain, alors que le personnage central, la femme d\u00e9sir\u00e9e par tous les hommes \u00ab assume pleinement l\u2019impulsion de la d\u00e9colonisation de la r\u00e9volution cubaine et le renouvellement par l\u2019assimilation de la culture afro-cubaine \u00bb.<a href=\"#end3\"><sup>[2]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><b>Relectures carib\u00e9ennes des grandes \u0153uvres classiques : un des crit\u00e8res marquants de la dramaturgie postcoloniale destin\u00e9e \u00e0 recentrer les regards locaux.<\/b><\/p>\n<figure id=\"attachment_146\" aria-describedby=\"caption-attachment-146\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"146\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/2_boukman-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6.jpg\" data-orig-size=\"800,532\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"2_Boukman-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Daniel Boukman, auteur de th\u00e9\u00e2tre martiniquais, Photo: Alvina Ruprecht, 30 septembre, 2005.&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6-300x200.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6.jpg\" class=\"wp-image-146\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6.jpg\" alt=\"Daniel Boukman, auteur de th\u00e9\u00e2tre martiniquais, Photo: Alvina Ruprecht, 30 septembre, 2005.\" width=\"500\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6.jpg 800w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/2_Boukman-8x6-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-146\" class=\"wp-caption-text\">Daniel Boukman, auteur de th\u00e9\u00e2tre martiniquais, Photo: Alvina Ruprecht, 30 septembre, 2005.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Certains auteurs proposent des relectures locales de grandes \u0153uvres classiques, puisque le regard renouvel\u00e9 sur la tradition d\u00e9finit un geste lib\u00e9rateur quant aux conventions et formes qui ont nourri le th\u00e9\u00e2tre europ\u00e9en. Ces choix se sont impos\u00e9s et nous avons retenu un certain nombre de pi\u00e8ces dont les adaptations comportaient une critique sociopolitique autant qu\u2019un regard fantaisiste sur la culture contemporaine et les classiques du th\u00e9\u00e2tre mondial. Mentionnons<i>La V\u00e9ridique Histoire de Hourya<\/i>, (r\u00e9dig\u00e9 en 1964) de Daniel Boukman, s\u2019inspirant \u00e0 la fois du th\u00e9\u00e2tre populaire arabophone de l\u2019Alg\u00e9rien Kateb Yacine et du texte de Shakespeare (<i>La M\u00e9g\u00e8re apprivois\u00e9e<\/i>) afin de d\u00e9noncer la situation de la femme musulmane qui n\u2019a gu\u00e8re chang\u00e9 malgr\u00e9 la grande r\u00e9volution alg\u00e9rienne en 1962. Un texte o\u00f9 les conflits d\u2019ordre social, politique et culturel s\u2019inscrivent dans une \u00e9criture all\u00e9gorique f\u00e9roce, ouvrant la voie d\u2019une aventure sc\u00e9nique anticoloniale de premier ordre. Aussi puissant est le <i>M\u00e9d\u00e9a en el espejo<\/i> \/<i>M\u00e9d\u00e9e dans le miroir<\/i> (1959) de Jos\u00e9 Triana qui reprend le texte d\u2019Euripide pour que le ch\u0153ur d\u00e9nonce les m\u00e9canismes du pouvoir, la corruption et ceux qui espionnent l\u2019individu.<a href=\"#end4\"><sup>[3]<\/sup><\/a> <i>Antigone <\/i>est une figure r\u00e9currente dont le geste de r\u00e9sistance a beaucoup inspir\u00e9 l\u2019imaginaire dramaturgique sc\u00e9nique. F\u00e9lix Morisseau-Leroy a r\u00e9alis\u00e9 sa r\u00e9volution cr\u00e9ole en traduisant pour la premi\u00e8re fois une \u0153uvre classique, soit <i>Antigone<\/i> (1953) de Sophocle en Kreyol ha\u00eftien, pour mettre en relief la grande richesse de la langue du peuple. Les personnages, resitu\u00e9s dans le panth\u00e9on vaudou, transforment la trag\u00e9die grecque en une \u0153uvre au plus pr\u00e8s de la vie populaire ha\u00eftienne, tout en donnant une l\u00e9gitimit\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre en cr\u00e9ole par la langue et l\u2019esprit de r\u00e9sistance de cette jeune fille. De son c\u00f4t\u00e9, Kamau Brathwaite (<i>Odale\u2019s Choice<\/i>\/La Barbade) transforme cette m\u00eame <i>Antigone<\/i> en drame traditionnel africain o\u00f9 le rituel d\u2019enterrement oblige Odale\/Antigone \u00e0 assumer son devoir et sa libert\u00e9 de choix devant son fr\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9, m\u00eame si elle doit en mourir. \u00c9crite en 1962, la pi\u00e8ce a une port\u00e9e m\u00e9taphorique tr\u00e8s \u00e9vidente puisqu\u2019elle appara\u00eet pendant la p\u00e9riode de lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance du pays advenue en 1966.<\/p>\n<p>Surtout, nous avons compris que les conventions textuelles et sc\u00e9niques autant que les langues \u00e9taient en pleine mutation, constamment r\u00e9invent\u00e9es \u00e0 partir des outils culturels environnants. Nous devions nous y adapter et suivre la pente des auteurs, en restant \u00e0 l\u2019\u00e9coute des rapports entre les langues de l\u2019\u00e9lite, h\u00e9rit\u00e9es des pr\u00e9sences colonisatrices, et des langues de la rue qui \u00e9voluaient librement, par de multiples contacts avec une grande vari\u00e9t\u00e9 de sources.<\/p>\n<p><b>Une dramaturgie qui propose de nouvelles lectures des moments sociaux et historiques les plus embl\u00e9matiques de la vie r\u00e9gionale.<\/b><\/p>\n<figure id=\"attachment_145\" aria-describedby=\"caption-attachment-145\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"145\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/4_m_conde-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/4_M_Conde-8x6.jpg\" data-orig-size=\"800,532\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"4_M_Conde-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"&lt;p&gt;Maryse Cond\u00e9 (auteur dramatique) et Gilbert Laumord (acteur), Avignon, France. Photo: Alvina Ruprecht 18 juillet, 2007&lt;\/p&gt;\n\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/4_M_Conde-8x6-300x200.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/4_M_Conde-8x6.jpg\" class=\"wp-image-145\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/4_M_Conde-8x6.jpg\" alt=\"Maryse Cond\u00e9 (auteur dramatique) et Gilbert Laumord (acteur), Avignon, France. 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Par exemple, Honor Ford-Smith, cofondatrice du collectif Sistren Theatre, a cr\u00e9\u00e9 <i>Bellywoman Bangarang<\/i>(1978), un texte inspir\u00e9 des r\u00e9cits d\u2019un groupe de femmes jama\u00efcaines qui racontaient les difficult\u00e9s de leur vie quotidienne. Cette forme de ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler<i>verbatim theatre<\/i> est \u00e0 la fois une enqu\u00eate sociologique, une pratique th\u00e9rapeutique pour ces jeunes femmes, autant qu\u2019une mani\u00e8re de donner une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 la langue du peuple et op\u00e9rer une transformation de l\u2019image de la femme, objet fr\u00e9quent de ridicule et de mauvais traitements. Dans <i>An tan Revolisyon,<\/i> Maryse Cond\u00e9 f\u00eate le bicentenaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise (1989) en y exposant un fait historique que l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais avait occult\u00e9 pendant de longues ann\u00e9es : le r\u00e9tablissement de l\u2019esclavage par Napol\u00e9on Bonaparte en 1802, apr\u00e8s que la R\u00e9volution avait aboli l\u2019esclavage dans les colonies en 1794. L\u2019arriv\u00e9e de l\u2019arm\u00e9e de Bonaparte avait boulevers\u00e9 toute la r\u00e9gion, provoqu\u00e9 des trag\u00e9dies en Guadeloupe surtout, o\u00f9 le mouvement de lib\u00e9ration n\u2019a pas r\u00e9ussi, poussant au suicide collectif Delgr\u00e8s et ses fid\u00e8les \u00e0 Matouba. L\u2019\u00e9v\u00e9nement a marqu\u00e9 profond\u00e9ment l\u2019histoire du territoire, pourtant cette pi\u00e8ce de Cond\u00e9 est l\u2019unique \u0153uvre \u00e9crite pour la sc\u00e8ne et osant aborder le sujet. Julius Am\u00e9d\u00e9e Laou (<i>Une Autre Histoire,<\/i> 1992<b>)<\/b> raconte l\u2019histoire de la Martinique, en donnant une valeur historique aux monologues situ\u00e9s dans trois espaces\/temps\/perspectives narratifs diff\u00e9rents. Celui du jeune Cara\u00efbe pr\u00e9sent sur la plage au moment du premier contact ; celui du jeune Marrane expuls\u00e9 d\u2019Espagne \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des rois Catholiques et qui part vers le nouveau monde pour \u00e9viter l\u2019Inquisition ; celui d\u2019une esclave d\u2019habitation et t\u00e9moin de la rage du ma\u00eetre qui d\u00e9couvre que son fils est m\u00e9tiss\u00e9. Pr\u00e9sent\u00e9s dans le d\u00e9sordre pour d\u00e9stabiliser l\u2019historiographie officielle, les personnages de Laou racontent les \u00e9v\u00e9nements du point de vue des exclus, des bless\u00e9s et des d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s. <i>Manteca<\/i>d\u2019Alberto Pedro Torriente pose un regard \u00e0 la fois satirique et p\u00e9n\u00e9trant sur la r\u00e9volution cubaine et ses rapports r\u00e9cents avec l\u2019Union Sovi\u00e9tique : un sujet politiquement d\u00e9licat qui tourne autour de la vie d\u2019un cochon ! Le risque \u00e9tait grand, mais l\u2019humour triomphe autant que le fond plus s\u00e9rieux s\u2019impose. Des \u0153uvres telles que <i>The Ruler<\/i> (1976) par Alwin Bully de la Dominique, <i>Couvade<\/i> (la premi\u00e8re version date de 1972) par Michael Gilkes de Guyana, <i>An Echo in the Bone<\/i> (1974<i>)<\/i>, par Denis Scott de la Jama\u00efque, abordent la question de l\u2019\u00e9volution de ces soci\u00e9t\u00e9s avec l\u2019av\u00e8nement des changements politiques des ann\u00e9es 1960. Leur perspective est tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle des \u00e9crits francophones puisque la Martinique et la Guadeloupe sont toujours des d\u00e9partements fran\u00e7ais. Pour cela, leurs \u0153uvres sc\u00e9niques sur l\u2019ind\u00e9pendance s\u2019orientent souvent vers un ailleurs, celui par exemple de l\u2019histoire ha\u00eftienne, seul pays esclavagiste francophone qui a r\u00e9alis\u00e9 son ind\u00e9pendance. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est patent dans la dramaturgie francophone et m\u00e9riterait une longue \u00e9tude.<\/p>\n<p>Une exception exemplaire est l\u2019\u0153uvre d\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire, <i>Une Saison au Congo <\/i>(1966), qui retrace la fin tragique de Patrice Lumumba au moment de la d\u00e9colonisation du Congo Belge. La structure \u00e9pisodique de son \u0153uvre permet \u00e0 C\u00e9saire d\u2019int\u00e9grer les multiples voix d\u2019authentiques personnages politiques et organismes internationaux, qui sont intervenus au moment du d\u00e9part des Belges pour se disputer le pouvoir dans le pays nouvellement lib\u00e9r\u00e9. Cette pi\u00e8ce qui a fait l\u2019objet de sc\u00e9narios de cin\u00e9ma, mais est rarement jou\u00e9e, m\u00e9rite une place dans cet ensemble d\u2019\u0153uvres s\u00e9lectionn\u00e9es. Elle cerne de pr\u00e8s les luttes id\u00e9ologiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, devant la mont\u00e9e d\u2019une des grandes figures de la d\u00e9colonisation africaine qui fut \u00e9limin\u00e9e avec la collaboration de forces mondiales non progressistes.<\/p>\n<p>Quant aux anglophones, Alwin Bully (La Dominique) examine la mont\u00e9e d\u2019une figure corrompue de la politique locale. Ce <i>Ruler<\/i> (1976) illustre les principes de Fanon qui pr\u00e9voit l\u2019\u00e9mergence postind\u00e9pendance d\u2019une bourgeoisie corrompue par sa collaboration trop \u00e9troite avec le pouvoir colonial. Le portrait m\u00e9ticuleux d\u2019un tyran en puissance est bas\u00e9 sur le roman <i>The Ruler in Hiroona<\/i> (1972) de G.C.H. Thomas. Michael Gilkes (<i>La Couvade,<\/i> la premi\u00e8re version date de 1972) examine le r\u00eave d\u2019un Guyana lib\u00e9r\u00e9, le mod\u00e8le d\u2019une nouvelle Cara\u00efbe multiraciale. Tandis que l\u2019\u0153uvre de Denis Scott (<i>An Echo in the Bone, <\/i>1974) examine le fondement africain de la culture locale, les douleurs d\u2019un pass\u00e9 qui hante le temps pr\u00e9sent et les rapports complexes avec les anc\u00eatres. La structure temporelle de multiples retours en arri\u00e8re interrompt la vision lin\u00e9aire du r\u00e9cit pour nous plonger dans le pass\u00e9 et toutes les horreurs de l\u2019esclavage. L\u2019\u0153uvre de Scott a eu des r\u00e9percussions extr\u00eamement importantes sur la dramaturgie de l\u2019ensemble de la Cara\u00efbe anglophone, mais demeure presque inconnue dans les autres aires linguistiques, manquement que le R\u00e9pertoire esp\u00e8re rectifier.<\/p>\n<p><b>L\u2019originalit\u00e9 de certains auteurs qui d\u00e9finissent leurs propres r\u00e9seaux de crit\u00e8res : Syto Cav\u00e9, Frank\u00e9tienne et Ina C\u00e9saire.<\/b><\/p>\n<p><i>Th\u00e9odora<\/i> (1977) de l\u2019auteur ha\u00eftien Syto Cav\u00e9 a su cerner une ambiance d\u2019oppression et de trauma psycho-social, provoqu\u00e9e par la violence du r\u00e9gime Duvalier, resitu\u00e9e dans un jeu th\u00e9\u00e2tralis\u00e9 tant\u00f4t po\u00e9tique, tant\u00f4t m\u00e9tath\u00e9\u00e2tral. Le jeu, ritualis\u00e9 surtout, est hautement exacerb\u00e9 par la parano\u00efa, voire la terreur qui dominaient Ha\u00efti \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Dans le monde de Th\u00e9odora, relations de pouvoir et r\u00e9flexions identitaires sont mises en abyme dans des structures qui caract\u00e9risent le th\u00e9\u00e2tre de Jean Genet. Dans cette \u0153uvre remarquable o\u00f9 le rituel catholique rencontre les forces invisibles, des divinit\u00e9s afro-ha\u00eftiennes<i> <\/i>enfoncent leurs griffes impitoyables dans des femmes victimes d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 devenue invivable ; des couches de signification s\u2019accumulent pour produire un texte d\u2019une tr\u00e8s grande complexit\u00e9 dramaturgique.<\/p>\n<p>Une ambiance psychique aussi pr\u00e9cise que troublante se retrouve dans <i>Foukifoura <\/i>(2000)<i>. <\/i>Le monologue m\u00e9tath\u00e9\u00e2tral de Frank\u00e9tienne, dont le langage th\u00e9\u00e2tral est centr\u00e9 davantage sur l\u2019acteur\/auteur et ses capacit\u00e9s \u00e0 jouer, est mis en abyme afin de montrer les cauchemars d\u2019un po\u00e8te aux prises avec un dictateur qui assassine les artistes. Pour engager le public et viser les tueurs directement sans les nommer, l\u2019auteur a construit son propre tribunal de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation, en d\u00e9non\u00e7ant les horreurs du pass\u00e9. \u00c0 la fois acteur, conteur, voix de la conscience de tous les assassins, Frank\u00e9tienne, dont l\u2019\u0153uvre sc\u00e9nique existe en fran\u00e7ais et en cr\u00e9ole, a laiss\u00e9 des rep\u00e8res inoubliables sur le th\u00e9\u00e2tre ha\u00eftien.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"144\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/theatre-caraibe-le-repertoire-projet-sur-la-dramaturgie-postcoloniale-de-la-caraibe\/6_program-8x6\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/6_program-8x6-e1460046983108.png\" data-orig-size=\"459,648\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"6_program-8&amp;#215;6\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/6_program-8x6-e1460046983108-213x300.png\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/6_program-8x6-e1460046983108.png\" class=\"wp-image-144 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/6_program-8x6-e1460046983108.png\" alt=\"6_program-8x6\" width=\"400\" height=\"565\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/6_program-8x6-e1460046983108.png 459w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/6_program-8x6-e1460046983108-213x300.png 213w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/p>\n<p>Ina C\u00e9saire, dans son texte<i>Rosanie Soleil<\/i>, semble avoir renouvel\u00e9 le r\u00f4le du conteur traditionnel par l\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale. L\u2019auteur, ethnologue de formation, s\u2019inspire des conversations enregistr\u00e9es qui illustrent les mouvements de la m\u00e9moire et de l\u2019histoire afin d\u2019attirer le lecteur\/auditeur dans le r\u00e9cit d\u2019un r\u00e9seau de relations familiales myst\u00e9rieuses. Encore une \u0153uvre qui transgresse la temporalit\u00e9 aristot\u00e9licienne et plonge les personnages dans un monde de transes visionnaires, hommage aux femmes du peuple et \u00ab reformulation du grand r\u00e9cit fondateur de la R\u00e9volution ha\u00eftienne \u00bb. (Makward, in\u00e9dit)<a href=\"#end5\"><sup>[4]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Il reste beaucoup \u00e0 dire sur l\u2019ensemble des auteurs s\u00e9lectionn\u00e9s (une trentaine en tout), mais l\u2019essentiel a \u00e9t\u00e9 accompli. Le symposium et la publication de ces textes auront ouvert des r\u00e9seaux de relations qui permettront que les pi\u00e8ces circulent, qu\u2019elles soient lues, mont\u00e9es, jou\u00e9es et enseign\u00e9es. Le r\u00e9sultat forgera la reconstitution d\u2019un patrimoine th\u00e9\u00e2tral r\u00e9gional qui transcende l\u2019h\u00e9ritage de la g\u00e9ographie coloniale et la fragmentation identitaire de tous les peuples de la r\u00e9gion. Nous aurons alors la mise en place d\u2019un grand corpus de th\u00e9\u00e2tre, marqu\u00e9 par la volont\u00e9 de prendre d\u00e9finitivement des distances avec les structures coloniales qui ont, en partie, aliment\u00e9 ses d\u00e9buts.<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Notes de fin<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-size: 13px\">\n<a name=\"end2\"><\/a>[1] Toutes les citations qui pr\u00e9c\u00e8dent sont de Daniel Maragn\u00e8s, \u00ab L\u2019effraction scandaleuse \u00bb, <i>La v\u00e9ritable histoire de Mary Prince. Esclave antillaise,<\/i> traduit de l\u2019anglais par Monique Baile, Coll. Histoire \u00e0 deux voix, Paris, Albin Michel 2000, p.118.<br \/>\n<a name=\"end3\"><\/a>[2] Vivian Martinez (2013), Fiche analytique de <i>Maria Antonia<\/i>, pour le R\u00e9pertoire Cara\u00efbe. In\u00e9dite.<br \/>\n<a name=\"end4\"><\/a>[3] Vivian Martinez (2013), Fiche analytique de <i>Medea en el espejo<\/i> pour le R\u00e9pertoire Cara\u00efbe, In\u00e9dite.<br \/>\n<a name=\"end5\"><\/a>[4] Christiane Makward (2013) Fiche analytique de <i>Rosanie Soleil<\/i> pour le R\u00e9pertoire Cara\u00efbe. In\u00e9dite.<\/p>\n<hr>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"19\" data-permalink=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/give-advice-be-a-political-journalist-%e2%94%81-interview-with-finnish-dramaturge-juha-pekka-hotinen\/attachment\/1206560971\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971.jpg\" data-orig-size=\"800,532\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"1206560971\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-300x200.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971.jpg\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-19\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-150x150.jpg\" alt=\"1206560971\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-270x270.jpg 270w, https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971-230x230.jpg 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/p>\n<p><a name=\"end1\"><\/a>*<b>Alvina Ruprecht<\/b> is a member of the Board of Directors of the Canadian Theatre Critics Association and head of the Ottawa-based Capital Critics Circle.A reviewer for CBC Radio for 30 years and currently Professor Emeritus from Carleton University, her specialties include francophone theatre. She has published widely on Caribbean French language theatres of the Caribbean.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2014 Alvina Ruprecht<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alvina Ruprecht* Depuis quatre ans, Jean-Michel Martial, acteur, metteur en sc\u00e8ne guadeloup\u00e9en et directeur artistique de la Compagnie L\u2019Autre Souffle, travaille sur le Th\u00e9\u00e2tre Cara\u00efbe, le R\u00e9pertoire, un vaste projet devenu entreprise collective, o\u00f9 les membres de la Compagnie L\u2019Autre<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-143","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-essays","","tg-column-two"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2016\/04\/1206560971.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7qGU1-2j","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/143","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=143"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/143\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":824,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/143\/revisions\/824"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=143"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=143"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/10\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=143"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}