{"id":153,"date":"2016-02-01T20:22:25","date_gmt":"2016-02-01T20:22:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/?p=153"},"modified":"2022-05-29T10:02:25","modified_gmt":"2022-05-29T10:02:25","slug":"lecon-magistrale-decriture-scenique-le-garcon-du-dernier-rang-el-chico-de-la-ultima-fila","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/lecon-magistrale-decriture-scenique-le-garcon-du-dernier-rang-el-chico-de-la-ultima-fila\/","title":{"rendered":"Le\u00e7on magistrale d&#8217;\u00e9criture sc\u00e9nique : Le gar\u00e7on du dernier rang (El chico de la ultima fila)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ir\u00e8ne Sadowska Guillon<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-336\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/Guillon.jpg\" alt=\"Guillon\" width=\"245\" height=\"208\" \/><\/p>\n<p><em>Auteur : <\/em>Juan Mayorga. <em>Traduction :<\/em> Yves Lebeau. <em>Mise en sc\u00e8ne<\/em>: Jorge Lavelli. Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, Paris, 2009. Tourn\u00e9e en France, Belgique, Luxembourg en 2010.<\/p>\n<p>Juan Mayorga, 43 ans, occupe une place singuli\u00e8re dans la nouvelle dramaturgie espagnole. Il propose un grand th\u00e9\u00e2tre du monde actuel, complexe et radical, qui interroge les conflits et les contradictions de notre syst\u00e8me politique et social : rapport du politique \u00e0 l&#8217;histoire, falsification et instrumentalisation de l&#8217;histoire et du pr\u00e9sent, m\u00e9canismes de domination et d&#8217;appropriation de l&#8217;autre, perte de l&#8217;identit\u00e9.<\/p>\n<div class=\"imageblock left\">\n<figure id=\"attachment_156\" aria-describedby=\"caption-attachment-156\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-156\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1367132579.png\" alt=\"Pierre Alain Chapuis (Professeur Germain) et Isabelle Karajan (Jeanne) dans Le gar\u00e7on du dernier rang, Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, 2009 \u00a9 Antonia Bozzi\" width=\"400\" height=\"298\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1367132579.png 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1367132579-300x224.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-156\" class=\"wp-caption-text\">Pierre Alain Chapuis (Professeur Germain) et Isabelle Karajan (Jeanne) dans Le gar\u00e7on du dernier rang, Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, 2009 \u00a9 Antonia Bozzi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre de Juan Mayorga transgresse les codes habituels de l&#8217;\u00e9criture dramatique et de la repr\u00e9sentation sc\u00e9nique, brisant de surcro\u00eet la routine apathique de la r\u00e9ception du fait th\u00e9\u00e2tral par le spectateur qu&#8217;il am\u00e8ne \u00e0 sortir du r\u00f4le de consommateur pour devenir architecte de sa propre lecture du spectacle. Ce th\u00e9\u00e2tre fait figure d&#8217;ovni sur nos sc\u00e8nes pav\u00e9es de \u00ab bien-pensance \u00bb consensuelle et de messages id\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>Il va sans dire qu&#8217;une mise en sc\u00e8ne illustrative, r\u00e9ductrice, substituant les effets \u00e0 l&#8217;imaginaire peut assassiner un auteur et une \u0153uvre la meilleure soit-elle.<br \/>\nPour donner vie aux pi\u00e8ces de Juan Mayorga, il fallait donc traduire dans l&#8217;espace et dans le jeu la singularit\u00e9 et la complexit\u00e9 de son \u00e9criture. C\u2019est ce que nous a propos\u00e9 un artiste d&#8217;exception, Jorge Lavelli qui, apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 en France en 2007 <em>Himmelweg, chemin du ciel<\/em> de Juan Mayorga signe du 3 mars au 12 avril 2009 la cr\u00e9ation du <em>Gar\u00e7on du dernier rang<\/em> au Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Germain, professeur de litt\u00e9rature dans un lyc\u00e9e, tente d&#8217;initier ses \u00e9l\u00e8ves aux arcanes de l&#8217;\u00e9criture et aux rudiments de l&#8217;analyse litt\u00e9raire. Au milieu de copies anodines et sans int\u00e9r\u00eat, il d\u00e9couvre avec surprise dans la r\u00e9daction de Claude, \u00e9l\u00e8ve terne et en retrait, une ma\u00eetrise peu commune de la langue et de l&#8217;\u00e9criture. Il pousse Claude \u00e0 poursuivre l&#8217;histoire entam\u00e9e, ce qui conduit le gar\u00e7on \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer de plus en plus dans l&#8217;intimit\u00e9 de la famille de son ami Rapha dont, sur le mode d&#8217;un voyeurisme malsain, il se nourrit pour \u00e9crire. Le jeu entre le r\u00e9el et la fiction s\u00e9duit peu \u00e0 peu et contamine le professeur et sa femme Jeanne, confidente et complice.<\/p>\n<p>Au gr\u00e9 des \u00e9pisodes successifs \u00e9crits par Claude, des conseils et des remarques que lui prodigue Germain, le r\u00e9cit s&#8217;ordonne et la pi\u00e8ce se construit \u00e0 travers un subtil jeu dramatique dans lequel la fiction et les \u00e9l\u00e9ments du r\u00e9el, la vie et la litt\u00e9rature mutuellement jusqu&#8217;\u00e0 se confondre.<br \/>\nJorge Lavelli transpose avec maestria dans sa mise en sc\u00e8ne du <em>Gar\u00e7on du denier rang<\/em> le processus de l&#8217;\u00e9criture en devenir dont la clef de vo\u00fbte est la relation ambigu\u00eb de pr\u00e9dation et de manipulation r\u00e9ciproque qui s&#8217;instaure entre Claude et Germain, son professeur, devenu complice. Le metteur en sc\u00e8ne conf\u00e8re sur le plateau une continuit\u00e9 au r\u00e9cit fragment\u00e9 de Claude en l&#8217;inscrivant dans un espace-temps dans lequel, comme sur une page blanche, s&#8217;\u00e9crivent et s&#8217;emboitent les histoires des personnages.<\/p>\n<div class=\"imageblock right\">\n<figure id=\"attachment_155\" aria-describedby=\"caption-attachment-155\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-155\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1071003900.png\" alt=\"Isabelle Karajan (Jeanne) dans Le gar\u00e7on du dernier rang, Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, 2009 \u00a9 Antonia Bozzi\" width=\"400\" height=\"341\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1071003900.png 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1071003900-300x256.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-155\" class=\"wp-caption-text\">Isabelle Karajan (Jeanne) dans Le gar\u00e7on du dernier rang, Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, 2009 \u00a9 Antonia Bozzi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>Avec une totale \u00e9conomie de d\u00e9cor, Lavelli cr\u00e9e un espace o\u00f9 seules les relations entre les acteurs, le jeu d&#8217;une absolue rigueur et pr\u00e9cision font advenir les situations qui s&#8217;imbriquent, se superposent et s&#8217;encha\u00eenent avec une extraordinaire fluidit\u00e9.<\/p>\n<p>Une sc\u00e8ne nue avec au fond un rideau de fils de perles permet les apparitions instantan\u00e9es des acteurs qui arrivent parfois aussi depuis la salle et apportent \u00e0 certains moments quelques accessoires : chaises, livres, \u0153uvres d&#8217;art, n\u00e9cessaires au jeu. Deux panneaux mobiles r\u00e9fl\u00e9chissants d\u00e9limitent certains espaces de jeu.<\/p>\n<p>C&#8217;est un espace o\u00f9 les divers plans de jeu simultan\u00e9s ou juxtapos\u00e9s, les diff\u00e9rents niveaux de narration, l&#8217;interpr\u00e9tation de la r\u00e9alit\u00e9 et de la fiction, la multiplicit\u00e9 des points de vue se mat\u00e9rialisent en un instant.<\/p>\n<p>La qu\u00eate initiatique, vampirique, de Claude, l&#8217;\u00e9crivain en devenir, qui traverse les territoires interdits de la vie intime de la famille bourgeoise de Rapha et du couple d&#8217;intellectuels (le professeur et sa femme), est en m\u00eame temps un lieu de r\u00e9flexion sur l&#8217;acte de l&#8217;\u00e9criture, la gen\u00e8se de la fiction litt\u00e9raire, l&#8217;enseignement, la culture bourgeoise, l&#8217;art contemporain.<\/p>\n<p>Lavelli dessine finement l&#8217;\u00e9volution de la d\u00e9marche de Claude qui, pensant dominer la situation, avec un certain cynisme d&#8217;adolescent, provoque chez Esther, m\u00e8re de Rapha, la compassion, le sentiment de protection, cherchant \u00e0 la s\u00e9duire \u00e0 la fois par l&#8217;\u00e9criture (le po\u00e8me qu&#8217;il lui adresse) et par sa propre fragilit\u00e9. En manipulant les personnages de sa fiction, \u00e0 force de les observer de trop pr\u00e8s, contrairement \u00e0 ce qu&#8217;il a pr\u00e9vu, se laissant entra\u00eener dans la fiction qu&#8217;il a cr\u00e9\u00e9e, il finit par devenir amoureux de la m\u00e8re de Rapha.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;oppos\u00e9 de tout r\u00e9alisme, le jeu des acteurs se tient toujours \u00e0 la fois dans l&#8217;artifice et l&#8217;\u00e9motion. Une alchimie du travail sur l&#8217;\u00e9nergie, sur sa circulation, sur la rythmique, la justesse du ton dont seul Lavelli conna\u00eet le secret pour donner corps aux personnages et aux situations.<\/p>\n<p>Tout est organis\u00e9 comme dans une partition musicale et chor\u00e9graphique, en une confrontation de rythmes diff\u00e9rents, chacun des acteurs ayant son propre rythme. Ainsi Rapha bondissant, sportif, dynamique, Rapha p\u00e8re en mouvement constant, en action, Claude dans un registre d&#8217;\u00e9quilibriste, dans une avanc\u00e9e permanente, le professeur et sa femme comme drogu\u00e9s par l&#8217;\u00e9criture de Claude, impatients de lire la suite, Esther disponible, flottant dans un r\u00eave inaccompli, dans l&#8217;attente de quelque chose.<\/p>\n<div class=\"imageblock center\">\n<figure id=\"attachment_154\" aria-describedby=\"caption-attachment-154\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-154\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1087446804.png\" alt=\"Sylvain Levitte (Claude) et Pierre Alain Chapuis (Professeur Germain) dans Le gar\u00e7on du dernier rang, Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, 2009 \u00a9 Antonia Bozzi\" width=\"400\" height=\"295\" srcset=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1087446804.png 400w, https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/1087446804-300x221.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-154\" class=\"wp-caption-text\">Sylvain Levitte (Claude) et Pierre Alain Chapuis (Professeur Germain) dans Le gar\u00e7on du dernier rang, Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, 2009 \u00a9 Antonia Bozzi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p>La distribution est en tout point parfaite. Pierre Alain Chapuis, f\u00e9lin et imposant, qui dans <em>Himmelweg<\/em>\u00e9tait un commandant \u00e9blouissant, inoubliable, cr\u00e9e ici le professeur \u00e0 la fois mentor et rival, pervers et exalt\u00e9. Isabel Karajan conf\u00e8re \u00e0 Jeanne, amatrice inconditionnelle d&#8217;art conceptuel, une \u00e9nergie imp\u00e9tueuse, d&#8217;une combattante. Christophe Kourotchkine (Rapha p\u00e8re), Nathalie Lacroix (Esther) et Pierric Plathier (Rapha fils) forment, sans jamais tomber dans la caricature, une famille de petits bourgeois compass\u00e9s et frustr\u00e9s. Enfin l&#8217;extraordinaire Sylvain Levitte rel\u00e8ve les diff\u00e9rentes nuances et les ambigu\u00eft\u00e9s du personnage de Claude : fragile et manipulateur, obstin\u00e9, cynique et sensible.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne finale, la confrontation de Claude avec le professeur, avec en fond de sc\u00e8ne les personnages de son r\u00e9cit, comme s&#8217;ils assistaient \u00e0 la fin de celui-ci, est sublime et d&#8217;une force inou\u00efe. Claude provoque le professeur, la tension monte et culmine dans la gifle que Germain lui donne. Ce geste de violence d&#8217;un mari humili\u00e9 marque la rupture entre eux et en m\u00eame temps la victoire de l&#8217;\u00e9l\u00e8ve qui, obligeant ainsi le professeur \u00e0 sortir de son r\u00f4le de ma\u00eetre, se retrouve non seulement sur un pied d&#8217;\u00e9galit\u00e9 avec celui-ci mais encore l&#8217;auteur souverain de la fin qu&#8217;il donne \u00e0 son r\u00e9cit.<br \/>\nPar sa virtuosit\u00e9, cette mise en sc\u00e8ne est une le\u00e7on magistrale d&#8217;\u00e9criture sc\u00e9nique, ce que n&#8217;a pas manqu\u00e9 de reconna\u00eetre la critique fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">Copyright <strong>\u00a9<\/strong> 2009 Ir\u00e8ne Sadowska Guillon<br \/>\n<em>Critical Stages\/Sc\u00e8nes critiques<\/em> e-ISSN: 2409-7411<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.critical-stages.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/88x31.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"31\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 14px;\">This work is licensed under the<br \/>\nCreative Commons Attribution International License CC BY-NC-ND 4.0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ir\u00e8ne Sadowska Guillon Auteur : Juan Mayorga. Traduction : Yves Lebeau. Mise en sc\u00e8ne: Jorge Lavelli. Th\u00e9\u00e2tre de la Temp\u00eate, Paris, 2009. Tourn\u00e9e en France, Belgique, Luxembourg en 2010. Juan Mayorga, 43 ans, occupe une place singuli\u00e8re dans la nouvelle<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":336,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-153","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-reviews","","tg-column-two"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2016\/02\/Guillon.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7d79A-2t","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=153"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":686,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/153\/revisions\/686"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/media\/336"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=153"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=153"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.critical-stages.org\/1\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=153"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}