Margareta Sörenson[1]

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It is a great pleasure to present the different perspectives of “femininity” exposed in the symposium Redefining Femininity in Today’s Teatre during the IATC congress held in June 2010 in Yerevan, Armenia. The contributions form a rainbow of cultures, social and historical patterns that all together give new backgrounds and frameworks for today’s theatre in different parts of the world. The fact that IATC is becoming more global than ever before has opened up the possibility of including presentations from India, China, Iran, Korea and Japan as well as from Latvia, Hungary, Georgia or Canada. A historiographic perspective dominated the debate and it is obvious that feminism—taken as either a social and political ambition or an effective struggle, as well as a theory—, is perceived as a kind of mother to such notions as “femininity.” Moreover femininity is clearly understood and interpreted differently according to the various cultures and languages. Should “femininity” be a way to describe how women are pictured on stage? Does it represent mental or moral qualities—like the strength of Greek classical theatre’s female roles? Should it be presented as physical and body signs changing in nature together with new life conditions of modern men and women? Should it be regarded as a political resistance or an aesthetical choice? Could it be a result of hundred years of individualism, where the reduction of the human being to a member of a class, sex or country is no longer enough as an identity?

Discussing femininity does not necessarily confront the contradictions that exist between men and women on a social and economical level, let alone in their relation to power. Contradictions remain, of course, in many ways, but the notion of femininity allows us to clarify structures shared by men and women alike; it also allows us to note tendencies in the relations, behaviours and exposures in theatre.

The initiative taken by IATC president Yun-Cheol Kim to launch the theme of “femininity” for the symposium was a self-critical one. “Unfortunately, empirically, theatre critics are generally suffering from a fear of change,” he stated in his opening speech of the symposium Redefining Femininity in Today’s Theatre. “We have to find some ways to achieve social relevance,” he continued, and pointed out: “This is why we will be talking about femininity.”

The richness exposed during the symposium of different roads to approach contemporary theatre also forces me to agree with the note of self-criticism of Yun-Cheol Kim when he opened the symposium. Indeed, after a century of active feminism in the world—after decades of experiments, new theories and of efforts to make theatre reflect modern women and up-dated femininity—how come that this is the first time that the topic of anything related to women in theatre is taken up by IATC? Maybe the crisis of criticism, which we so often deplore, should be seen as connected to the lack of, or a weak interest in, criticism’s social relevance.

Nevertheless, we now are able to present a wide range of interesting reports and reflections over what femininity staged could contain: from Geisha culture as misunderstood by westerners to female writing or, never spoken of in public, the different layers of open or hidden resistance to patriarchal structures wherever they have existed before or are still dominating today’s society.

We invite the reader to take a tour around the world with new and cleaned glasses. The journey will inspire us to other trips in other directions; our hope is that the articles will work as appetizers. The unique capacity of IATC is the possibility of crossing boundaries. Many of the facts and aspects of femininity might be locally or regionally well known, but exposed side by side, they show us new structures, patterns and ideas to explore.

Redéfinir la féminité dans le théâtre d’aujourd’hui

Il me fait grand plaisir de présenter les diverses perspectives abordées au cours du colloque « Redéfinir la féminité dans le théâtre d’aujourd’hui » qui a lieu à Erevan, en Arménie, en juin 2010. Ces contributions forment un arc-en-ciel de cultures et de motifs sociaux et historiques qui, pris ensemble, brosse un portrait de l’état du théâtre d’aujourd’hui dans différentes parties du monde. Le fait que l’AICT devienne plus internationale que jamais permet d’accueillir tant des communications en provenance de l’Inde, de la Chine, de l’Iran de la Corée et du Japon que la Lettonie, de la Hongrie, de la Géorgie et du Canada. La perspective historiographique domine dans les présentations et il est évident que le féminisme considéré aussi bien dans ses ambitions sociales et politiques que comme militantisme ou théorie, est désormais perçu comme ayant donné naissance à des notions comme « féminité », assurément comprise et interprétée différemment selon les langues et les cultures. Cette notion peut-elle aider à décrire la façon dont les femmes sont dépeintes sur scène ? La féminité représente-t-elle une qualité mentale ou morale, telle que mise en relief par la force accordée aux rôles féminins dans la tragédie grecque ? Doit-elle présenter les signes physiques et corporels d’une nature qui évolue avec les conditions de vie des hommes et des femmes ? Doit-on envisager la féminité en tant que résistance politique ou comme un choix esthétique ? Peut-elle être le résultat de centaines d’années d’individualisme où la réduction de l’être humain à une classe, un sexe ou à un pays ne peut plus tenir lieu d’identité ?

Discuter de la féminité ne demande pas de s’appesantir sur les oppositions qui existent entre les hommes et les femmes au niveau social et économique, ni d’insister sur les relations de pouvoir. À bien des égards, ces oppositions demeurent, bien entendu, mais la notion de féminité nous permet de clarifier les structures communes aux hommes et aux femmes et d’observer les tendances dans les relations, les comportements et leur traitement, par exemple, au théâtre.

L’initiative du président de l’AICT, Yun-Cheol Kim, d’aborder le thème de la féminité au cours de ce congrès participe d’une autocritique. « Malheureusement, empiriquement, les critiques de théâtre souffrent généralement d’une peur du changement, a-t-il déclaré de son discours d’ouverture du colloque « Redéfinir la féminité dans le théâtre d’aujourd’hui ». Or, nous avons besoin de retrouver notre pertinence sociale, a-t-il poursuivi, et c’est pourquoi nous allons discuter de la question de la féminité. »

La richesse des voies par laquelle le théâtre contemporain a été abordé durant ce colloque m’oblige à convenir du bien-fondé de l’autocritique formulée par Yun-Cheol Kim lors de son discours d’ouverture. Après une centaine d’années de féminisme actif dans le monde, après des décennies d’expérimentation, de nouvelles théories et d’essais afin que le théâtre reflète les femmes et une féminité actuelles, comment se fait-il que c’est la première fois qu’une question reliée aux femmes au théâtre soit abordée par l’AICT ? Après tout, la crise, souvent déplorée, que traverse actuellement la critique, ne devrait-elle pas nous sensibiliser à l’égard de son manque de pertinence sociale ?

Le lecteur est invité à entreprendre ce tour du monde avec des yeux neufs. Ce périple lui inspirera sans doute d’autres voyages dans d’autres directions. Puisque l’AICT nous offre justement la possibilité de traverser les frontières, il est à espérer que les articles qui suivent lui en donnent le goût. En effet, si plusieurs dimensions de la féminité peuvent être connues à une échelle locale ou régionale, les faire figurer côte-à-côte révèle à coup sûr des structures, des patterns et des idées nouvelles à explorer.


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[1] Margareta Sörenson is a Swedish theatre and dance critic. She has directed the Seminars for young critics for some time and, recently, at the Congress of the IATC in Yerevan (Armenia), she was appointed Vice-President, as well as Director of Colloquia, of that same Association.

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