La vie des personnes âgées à l’époque néo-libérale

Jisoo Nam*

Comment peut-on définir les personnes âgées? Les employés coréens commencent à prendre leur retraite à la cinquantaine. Bien qu’on pense qu’il est trop tôt pour appeler les cinquantenaires, des personnes âgées, la vieillesse sociale commence tôt, sans considération pour l’état physique. Ironiquement, la maturité des jeunes commence tarde. Les jeunes ont des difficultés à prendre  un travail à cause de la crise économique et du néo-libéralisme. On peut voir les problèmes quotidiens de la société coréenne à travers les deux pièces : jeune immature, âge moyen démissionnaire, et vieillesse désespérée.
Μots-clés: Le Père et La Mère, Florian Zeller, Mihyun YOON, Hyun-ji PARK, Histoire de papiers, Vous prenez un papier, encore

Lorsqu’on m’a demandé d’écrire sur ce sujet, j’ai senti que c’était gênant et étrange, parce que je ne suis pas assez mature pour écrire sur « le théâtre et les personnes âgées ». Le philosophe Confucius a dit que l’on peut surmonter chaque tentation à l’âge de 40 ans : Bulhok. Mais moi, je suis encore jeune et en train de traverser une étape agitée de la vie. Bien que la maturité ne se mesure pas avec des chiffres, la profondeur de la pensée est évaluée par la longueur de la vie. Nous le savons bien en étudiant l’histoire et l’art. Il y a des jeunes connus grâce à leur talent, tandis que beaucoup de chefs-d’œuvre ont été faits à l’âge où la pensée est mature, comme on le voit dans les tableaux de Vinci, dans La Divine Comédie de Dante ou Faust de Goethe.

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Florian Zeller à propos de “La Mère”

Quoi qu’il en soit, j’ai décidé d’écrire ce texte sur la vieillesse parce que pendant des années, j’y ai beaucoup réfléchi. En fait, c’est grâce à mon père. Il a été diagnostiqué Alzheimer au milieu de la cinquantaine et il est mort il n’y a pas longtemps, après 8 ans de lutte contre cette maladie. Elle est arrivée brusquement, ce qui me semblait incompréhensible. Même si je pouvais supporter la difficulté de prendre soin de mon père qui vieillissait vite, il était insupportablement triste de le voir. Il était isolé des autres, dans une extrême angoisse, et a fini par perdre la conscience de soi. Cependant, cette maladie nous a offert un cadeau. Ça a été le moment où nous regardions ce qui lui restait de mémoire. Le moment pendant lequel notre mémoire remplaçait celle qu’il avait perdue et même son for intérieur. Par exemple, je jouais le rôle de sa femme, de sa mère ou d’une gentille personne qui s’occupe de lui en espérant qu’il remplisse sa mémoire de nouveaux souvenirs grâce à chaque situation. Même si son cerveau ne les mémorisait plus, j’espérais que son corps sentirait que sa famille était toujours avec lui. Le temps que j’ai passé avec lui m’a fait comprendre une pensée de Peter Brook : « Tous les drames commencent avec l’espace vide ». En bref, j’ai pu écrire ce texte grâce à la réflexion sur ce qu’est la vieillesse, que m’a apportée l’expérience de vivre les derniers moments de mon père.

La Mère, C.National Theatre Company of Korea

Le souvenir de mon père me rappelle certaines œuvres telles que Le Père et La Mère de l’auteur français Florian Zeller. Après leur succès en France, elles ont été produites au théâtre artistique de Myungdong en 2016 par deux metteurs en scène coréens, Jeong-hee Park et Byung-hoon Lee. Elles racontent la vie d’un père qui est Alzheimer et celle d’une mère qui est déprimée : ces histoires ne sont pas tout à fait nouvelles. Cependant, elles m’ont touchée parce que normalement les autres pièces de théâtre expriment la vie des anormaux à travers les yeux des normaux, tandis que Zeller montre, par un « renversement du regard », le monde à travers les yeux des anormaux[i]. J’ai mieux compris le regard que mon père portait sur le monde après avoir vu ces pièces qui montrent les changements de pensées de la génération de nos parents et le « problème des personnes âgées ». Enfin, je perçois l’idée que le fait que le théâtre puisse changer le monde ou un homme n’est pas une simple idéologie ou une rhétorique.

Je vais maintenant traiter de la vie des personnes âgées et du paysage théâtral en Corée de nos jours, en laissant derrière les souvenirs de mon père.

Le Père de l’auteur français Florian Zeller
Être âgé dans la société coréenne

Comment peut-on définir les personnes âgées ? Généralement, l’âge de la retraite à 65 ans est le commencement. Pourtant, les employés coréens, sauf les fonctionnaires, commencent à prendre leur retraite à la cinquantaine. Bien qu’on pense qu’il est trop tôt pour appeler les cinquantenaires des personnes âgées, la vieillesse sociale commence tôt, sans considération pour l’état physique. Mon père aussi, employé d’une grande entreprise, a pris sa retraite à l’âge de 53 ans.

Ironiquement, si la vieillesse commence tôt, la maturité des jeunes tarde. La valeur de l’expérience devient remplaçable par les qualifications et les capacités des jeunes. L’âge moyen vieillit rapidement après la retraite. En revanche, les jeunes ont de la difficulté à trouver du travail à cause de la crise économique et du néo-libéralisme, si bien qu’ils s’appellent « la génération de N abandon[ii]». Donc ils n’ont pas assez de temps pour préparer leur vieillesse, même s’ils réussissent économiquement. La lenteur de la maturité sociale pour les jeunes et l’accélération de la vieillesse sociale pour les personnes d’âge moyen posent un gros problème pour la société coréenne. De plus, les humains veulent vivre sainement et longtemps. L’époque du Homo-hundred a débuté grâce au développement de la civilisation, mais vivre jusqu’à 100 ans, alors que l’embauche tarde et le départ à la retraite avance, constituerait une sérieuse inquiétude. Cela signifie qu’il faudrait supporter de vivre en tant que personne âgée pendant un demi-siècle. En regardant des publicités télévisées qui parlent de se préparer à avoir 100 ans, je me demande si l’on doit se réjouir ou s’attrister de vivre longtemps.

Certes, mon père a aussi eu l’Alzheimer à la cinquantaine à cause du sentiment de vide après sa retraite. Il est né juste après la guerre civile, dans les années cinquante. Comme ceux de sa génération, il a œuvré au développement de la période industrielle entre 1970 et 1980. Il a appris à avancer seulement pour le succès social et économique, mais non à vivre pour lui-même. Par conséquent, après sa démission, il a connu une période difficile, ponctuée de paniques du fait de l’isolement social. Par ailleurs, l’instabilité de la vie se poursuit depuis les années 1990. La génération de mon père profitait du capitalisme en tant que modèle de croissance économique. Mais cette génération n’a pas su s’adapter au changement après la crise économique du FMI en 1997. Au final, cette génération s’est vue régresser plus vite que la pensée.

Vous prenez un papier, encore, du jeune auteur Mihyun YOON, C. National Theatre Company of Korea

La pièce Vous prenez un panier, encore (2017) du jeune auteur Mihyun YOON révèle la vie quotidienne coréenne : jeune immature, âge moyen démissionnaire, vieillesse désespérée. On peut voir les problèmes quotidiens de la société coréenne à travers la famille de Mimi. Après avoir abandonné ses études à l’école supérieure, Mimi ne sort jamais de sa chambre, comme hikikomori. Son père est absorbé par les séries télévisées après sa démission. Quant à sa mère, elle achète et accumule des aliments dans la maison par crainte de la famine. Sa grand-mère avait nourri ses enfants en faisant du colportage, puis avait donné sa maison à son fils et sa belle-fille. Mais le jour de son anniversaire, elle surprend ses enfants qui se disputent pour éviter de vivre avec elle. (Il faut préciser qu’ayant beaucoup de dettes sur la maison, celle-ci n’a pas de valeur économique.) Elle prend un panier et, pour se venger, vend en cachette les aliments que sa belle-fille achète. Elle rend visite à des malades âgés ou à ceux qui vivent seuls dans un quartier très pauvre afin de les vendre à bas prix. Comme elle réussit bien dans la vente, elle s’aperçoit tout de suite des besoins des clients, ce qui donne à la pièce une dimension comique. Mais cela montre aussi une réalité tragique : crise existentielle des personnes âgées, dépression chez les jeunes et ceux d’âge moyen, problème de la famille décomposée.

La grand-mère montre un aspect comique par l’exécution de petites vengeances dans une situation triste, alors que Mimi et son père semblent plus vieux, sans vitalité. Ils s’enferment dans la maison et sont maladroits dans leur communication. De plus, ils manquent de motivation. Le père ne répond même pas à la mère qui est en colère et Mimi ne discute qu’avec elle-même. Alors que la grand-mère montre une vitalité persistante pour survivre dans une situation de trahison liée à sa fortune (enfants et maison), Mimi et son père semblent plus faibles et plus vieux. Pourront-ils retrouver jeunesse et vitalité ? Après avoir vu sa grand-mère prendre de la nourriture et de l’argent dans une église, Mimi fait la queue avec des personnes âgées aux cheveux gris. Quand elle reçoit enfin un repas et 500 wons (50 cents), elle crie de joie. L’auteur, dans cette scène, ne veut pas montrer l’espérance ou le désir de vivre, mais suggère que la tragédie de ces générations continuera sans capacité ni motivation pour changer la situation.

En bref, cette pièce souligne la réalité en mettant en scène une situation irréelle et contradictoire avec des caractères très réels basés sur une collecte d’informations. Cela signifie que, de ces événements irréels et de ces personnages réels naît une réalité absurde et contradictoire. Pourquoi Mimi ne peut-elle pas être embauchée malgré ses qualifications ? Pourquoi son père est-il amorphe après sa démission ? Pourquoi sa mère pense-t-elle autant au danger de survivre ? Cette œuvre dénonce satiriquement un monde tragique réel, en traitant les problèmes insolubles des Coréens tels que le chômage des jeunes, la démission, l’instabilité du logement et la solitude des personnes âgées. Pourquoi leurs vies sont-elles si instables ? Est-ce seulement un problème individuel ?

La tragédie de la vieillesse issue du néo-libéralisme

À travers l’exemple cité précédemment de la publicité pour l’assurance maladie, on comprend que ce n’est pas une bénédiction de vivre longtemps dans la société coréenne. La plupart des personnes âgées ne sont pas préparées à leur vieillesse sauf dans certaines classes, si bien qu’ils se retrouvent dans l’instabilité économique. De plus ils ne sont pas respectés, mais suscitent plutôt un « rejet » dans cette période économiquement difficile. L’amitié entre le pêcheur et le garçon dans Le Vieil Homme et la mer d’Hemingway ou l’amour brûlant entre le vieux et le jeune dans Zorba le Grec sont perçus comme des « mythes ». Et ce sentiment révèle le tragique de la société coréenne.

De plus, le rejet des personnes âgées et la discorde ont tendance à se radicaliser en réaction aux nouveaux plans gouvernementaux. En effet, le gouvernement prend le chemin du bien-être néo-libéral pour surmonter les problèmes : vieillissement de la société et croissance ultra faible. Pour les personnes âgées, les plans tels que le « travail public pour les personnes âgées », l‘augmentation de la pension des personnes âgées, etc. sont en cours, mais sont considérés comme « des actions arrachant la place des jeunes », ou encore des « plans populistes pour séduire les personnes âgées ». Les jeunes affirment leur mécontentement contre les personnes âgées et le conflit entre les générations est de plus en plus fort. Ce n’est pas qu’un problème coréen, selon lequel les jeunes ne veulent pas partager avec les personnes âgées devenues inutiles. Les jeunes Japonais aussi sont hostiles aux personnes âgées et l’âgisme s’accroît depuis qu’ils dépensent des sommes importantes pour les nourrir. Mais ce phénomène est-il engendré uniquement par l’individualisme, l’égoïsme, le conflit de générations sur les jugements de valeur ? À mon avis, la sauvagerie de notre époque provient du capitalisme, du néo- libéralisme, autrement dit, du système absurde dans lequel nous vivons.

La Corée a souffert de la colonisation japonaise et de la guerre civile durant la première moitié du 20e siècle, pour se développer au cours de la deuxième moitié. L’industrialisation et le capitalisme ont supprimé des mémoires les désastres de l’histoire et la pauvreté en inventant l’expression le « miracle du fleuve Han ». De même, la mentalité et les valeurs des citoyens sont tombées dans le matérialisme. Dans la prompte occupation du capitalisme, le capital prend la place prioritaire de la vie au lieu de la valeur humaine, et ceux qui gagnent beaucoup d’argent deviennent le symbole de la réussite. Cette mentalité, qui devient hiérarchique en fonction de l’aptitude à être productif, condamne la génération des personnes âgées. En perte de capacité physique, la génération du troisième âge est considérée comme la plus dérisoire au regard du système capitaliste. Et s’ils perdent leur productivité, les vieux perdent même jusqu’à leur place de parent et tombent dans la classe la plus basse. C’est le père de Mimi, « samsig-i[iii]» , qui en est un exemple.

Après la crise du FMI en 1997, la Corée a emprunté la voie du néo-libéralisme, bon gré mal gré, si bien que le problème des personnes âgées est de plus en plus grave[iv]. En effet, le néo-libéralisme supprime la réglementation du marché, favorise les problèmes économiques quotidiens tels que la diminution du bien-être et l’augmentation du déséquilibre des revenus. Par exemple, le système de CDD (Contrat à durée déterminé) a augmenté, si bien que les restrictions légales et le licenciement deviennent possibles. Les prestations d’aide sociale diminuent pour les personnes âgées ainsi que pour les faibles, tandis que la vie des jeunes et celle des personnes d’âge moyen devient de plus en plus difficile. En observant la société coréenne, où la virulence du capitalisme et du néo-libéralisme détruit tout, je comprends que la phrase de Yeats, « Ce pays-là n’est pas pour les vieillards », n’est pas que littéraire.

Les Coréens doivent prouver leur valeur par leur présence au travail. D’ailleurs, c’est un sujet récurrent pour toutes les générations. Ainsi, où se situe la fin de ce travail qui épuise la vie ? Une pièce intitulée Histoire de papiers jetés, du jeune metteur en scène Hyun-ji PARK, se penche sur ce phénomène. Il s’agit d’une des œuvres qui traitent de la vie des personnes âgées à l’époque néo-libérale. À partir d’un recensement et sous la forme d’une recomposition, elle met en scène des histoires de personnes âgées qui survivent en vendant des papiers ramassés dans la rue. Comme dans la pièce, il n’est pas rare de voir des personnes âgées qui déambulent dans les rues avec un gros chariot.

Histoire de papiers, C. Doosan Art Center

L’intérêt se situe, non pas tant dans le sujet, mais plutôt dans le point de rencontre entre la vie de ces personnes ramassant des papiers et la mémoire des acteurs nés dans les années 1980 et 1990. Comme je l’ai déjà souligné, l’année 1997 a été l’une des périodes les plus difficiles, pendant laquelle les contradictions cachées de la société coréenne ont éclaté au grand jour. Les pères ont perdu leur travail. Cela provient de la destruction de la classe moyenne et de la non-protection de la classe pauvre. L’expérience vécue par nos anciens de cette crise du FMI réunit la mémoire des jeunes et l’histoire, par l’analyse de documents de l’époque.

La scène, recouverte de papiers, renvoie à l’image du chariot utilisé par ces vieillards ou à leur lieu de travail, ainsi qu’à l’histoire que l’homme crée. Parmi ces papiers, sur un bureau dans un coin de la scène, on trouve des documents personnels comme des prix remis à l’école, des bulletins de notes, des journaux. Entre la mémoire de la vie et les indices trouvés dans l’amas de papiers, les acteurs reconstituent la politique, la société et l’économie coréenne de 1990 à nos jours. Ils se rappellent le ramassage des papiers à l’école ; les souvenirs surgissant des documents trouvés ; les parents licenciés à cause du FMI et l’augmentation exorbitante des frais de scolarité. Ils racontent aussi leurs expériences sur les personnes âgées qui ramassent des papiers jetés dans la rue. Ils discutent de la signification de ces papiers jetés en tant que fin d’une mémoire, la société vieillissante, la vie des générations de N abandons, l’impasse pour l’aide aux personnes âgées, la faillite, etc. La narration rayonne par moment, mais la métaphore des papiers jetés représente la réalité de la vie quotidienne, les expériences et l’histoire. Et pendant ce temps-là, les spectateurs reconnaissent la structure sociale irrationnelle du libéralisme et du néo-libéralisme.

Histoire de papiers, C. Doosan Art Center

Le ramassage des papiers jetés est une question de survie. Pour acheter un rouleau de riz qui coûte 2 500 wons (à peu près 2 euros), ils doivent ramasser 50 kg de papiers jetés. On comprend le poids constant et imminent du lendemain. Mais cette pièce ne concerne pas que la vie difficile des personnes âgées. À travers les systèmes, les régimes ou les idéologies que l’homme a engendrés, abolis et remplacés, les spectateurs constatent à quel point la vie de l’homme a été détruite. Les jeunes, les acteurs, ne peuvent pas s’enfuir de leur CDD ou de leur travail à temps partiel. Ceux d’âge moyen, les parents, s’inquiètent sans cesse de la crise économique. Quant aux personnes âgées, les ramasseurs de papiers, elles s’efforcent de survivre jusqu’à leur mort. Une vie dépensée dans le travail sans interruption. Mais les plus faibles ne peuvent pas rêver d’une meilleure vie par le travail dans le système capitaliste et néo-libéral coréen.

Pourquoi les vieillards doivent-ils ramasser des papiers ? Pourquoi leur nombre augmente-t-il constamment ? Pourquoi les personnes âgées craignent-elles d’aller chez le médecin alors qu’elles ne craignent pas de prendre des médicaments ? Ces interrogations sur les ramasseurs de papiers s’étendent aux questions sur le travail. Pourquoi s’inquiète-t-on pour la nourriture de demain alors même qu’on travaille ? Pourquoi nos labeurs sont-ils discriminés ? Pourquoi notre situation économique ne s’améliore-t-elle pas ?

La réalité/expérience et l’histoire/idéologie se croisent sans cesse. Cela souligne la dystopie de l’angoisse et de l’inégalité. Les plus faibles sont les premiers à être rejetés du monde du travail dans le système néo-libéral. Cette société violente exclut les faibles légalement et adroitement. Notamment, le capital est devenu un pouvoir qu’on ne peut pas contrôler, si bien qu’il utilise l’homme et le labeur comme un produit de consommation déshumanisé. De plus, cet acte fasciste qui change l’homme constitue une violence pour les femmes et les personnes handicapées, sous CDD ou immigrantes.

Les idéologies et les régimes que l’homme a inventés détruisent la vie de l’homme. Alors, que doit-on faire ? Est-ce en raison d’une incapacité personnelle à ne pas se sortir de la pauvreté qu’on ne peut pas se préparer à l’avenir ? Si le futur de tous est pauvre et instable, cela n’est pas notre responsabilité. Si le système politique reste déshumanisé, nous rencontrerons la crise la plus grave pour nos seniors.


[i] Ilsong KIM, « Passé et présent, assemblage des pièces de la fantaisie et de la réalité », Scène Playville, 2016.8.

[ii] Cette expression d’argot décrit la tragédie des jeunes. 3 abandons : de l’amour, du mariage, et du bébé. 5 abandons : de la relation sociale et du logement en plus. N abandons signifie abandonner sans espérance.

[iii] Le mari, qui prend trois repas tous les jours à la maison après sa retraite, est appelé péjorativement « Samsig-i », terme qui se moque de celui qui n’a plus de productivité et révèle l’actuelle inhumanité de la société dans laquelle on estime la valeur par la productivité.

[iv] Le néo-libéralisme a été introduit à l’occasion de la crise du FMI en 1997. Concrètement, on a privatisé les entreprises publiques, les entreprises se sont restructurées, le nombre de CDD a augmenté. Nous ne pouvons pas reconnaître le vrai visage du système adapté au nom de la « globalisation » pendant la crise du FMI. 



 

*Jisoo Nam est critique de théâtre, dramaturge et professeure à l’université Dongguk et à l’Institut des arts de Séoul, en Corée. Comme elle s’intéresse au théâtre contemporain, elle a écrit de nombreux articles sur les pratiques théâtrales coréennes et européennes, en plus de publier un livre intitulé Le Théâtre néo-documentaire.

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